25 septembre 2009

London River - De Rachid Bouchareb


London River
(France / Grande-Bretagne)
Réalisé par Rachid Bouchareb

Avec Brenda Blethyn (Elisabeth), Sotigui Kouyate (Ousmane), Roschdy Zem (le boucher), Sami Bouajila...

Ours d'argent du meilleur acteur à Berlin pour Sotigui Kouyaté

Synopsis
Ousmane, un musulman, vit en France ; Mrs. Sommers, une chrétienne, sur l'une des îles anglo-normandes. Ils mènent tous deux une existence tout à fait normale jusqu'au jour où ils apprennent que leurs enfants sont considérés comme disparus depuis le '7/7', le jour des attentats terroristes de Londres. Une fois arrivés dans la capitale britannique, ils apprennent que leurs enfants y vivaient ensemble. Ousmane et Mrs. Sommers sont certes différents de par leur croyance religieuse et leur milieu culturel - ils partagent toutefois le même espoir de retrouver leurs enfants vivants.

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Elle vit sur l’Ile de Guernesey, un monde paisible, son jardin maraicher et ses visites à l’église protestante rythment ses journées. Il est musulman, noir de peau et arbore de longues dreadlocks grisonnantes, long et maigre, plus tout jeune c’est pourtant à pieds qu’il parcourt la campagne .
Tandis que les médias anglais déversent l’effroi consécutif aux soudains attentats Mrs. Sommers tente en vain de joindre sa fille étudiante à Londres. Peu à peu le doute puis l’angoisse s’installe la poussant à gagner Londres.
Ce même élan qui conduit Ousmane sur les routes, résidant en France il recherche ce fils qu’’il ne connait pour ainsi dire pas.
Ainsi dans Londres, dans un quartier multi ethniques ces deux êtres à la fois si différents et en même temps si semblables vont se croiser. Elle d’abord méfiante, voire effrayée, la ville immense et cette peur idiote de l’étranger, lui calme et stoïque, leurs quêtes respectives de leurs enfants va s’avérer bientôt ne faire qu’une. Les deux étudiants se fréquentaient et apparemment s’appréciaient.


Sur un fond douloureux et ce d’autant plus qu’il se base sur des événements par trop réels, encore présent dans les esprits, Rachid Bouchareb aidé par deux comédiens exceptionnels nous interroge ! Comment percevons-nous l’autre ? Comment l’acceptons-nous ? Et faut-il malheureusement un drame, un événement agissant comme un électrochoc pour briser certaine barrières ?
S’appuyant sur le jeu de ses deux têtes d’affiche, il construit patiemment son histoire, faite d’attente, d’espoir, d’un provisoire soulagement, où de joie nos héros sont transfigurés et tomberaient presque dans les bras l’un de l’autre. Avant de nous soumettre à la douche écossaise in London et de conclure sur un épilogue où chacun à sa façon règle ses comptes avec le destin, travail rageur ou mise à mort d’un orme !
Voila on notera de façon presque choquante l'attitude policière, était-elle dans la réalité aussi démunie vis à vis des familles des supposées victimes? Familles réduites à agir par elles-mêmes, distributions d'affiche avec photo et numéro de téléphone, des moyens bien dérisoires !

Excessif.Com "...Rachid Bouchareb continue de s'interroger sur les rapports entre les nationalités et les communautés, comment elles se conçoivent, se parlent, se déchirent ou s'entraident. London River, déjà touchant dans ses fondements, prend une réelle profondeur lorsque Elisabeth, l'agricultrice chrétienne de Guernesey, va se confronter à Ousmane, le garde-forestier musulman..."
CritiKat.Com "...London River parvient à saisir la souffrance d’êtres confrontés à un drame cataclysmique. Les élans d’espoir et les moments de panique sont transcrits avec finesse par deux comédiens de grande qualité, donnant corps à deux individus totalement antagonistes (dans leur apparence, leur culture, leur appréhension du monde, leur gestion des émotions…)..."
Le Monde.Fr - "London River" : une rencontre sous le signe du deuil

Taking Woodstock - Réalisé par Ang Lee


Taking Woostock ( HOTEL WOODSTOCK) (États-Unis)
Réalisé par Ang Lee

Avec Emile Hirsch (Billy), Demetri Martin (Elliot), Liev Schreiber (Vilma), Imelda Staunton (Sonia), Jeffrey Dean Morgan (Dan), Eugene Levy (Max)...

Tiré des propres mémoires de Elliot Tiber, Taking Woodstock : A true story of a Riot, Concert and a Life.

Synopsis
1969. Elliot Tiber, décorateur d'intérieur à Greenwich Village, traverse une mauvaise passe et doit retourner vivre chez ses parents, dans le nord de l'État de New York, où il tente de reprendre en mains la gestion de leur motel délabré.
Menacé de saisie, le père d'Elliot veut incendier le bâtiment sans même en avoir payé l'assurance alors qu'Elliot se demande encore comment il va enfin pouvoir annoncer qu'il est gay...
Alors que la situation est tout simplement catastrophique, il apprend qu'une bourgade voisine refuse finalement d'accueillir un festival de musique hippie.
Voyant là une opportunité inespérée, Elliott appelle les producteurs.
Trois semaines plus tard, un demi million de personnes envahissent le champ de son voisin et Elliot se retrouve embarqué dans l'aventure qui va changer pour toujours sa vie et celle de toute une génération.
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Woodstock, un mot qui résonne, surtout si l’on a quelques décennies au compteur ! Un mot qui ferait presque mal quand on songe que l’on n’y était pas ! Woodstock , un événement et un documentaire pour partager un peu de cette folie qui régnât pendant trois jours et trois nuits !
Et voici Qu’Ang Lee revient nous en parler, anniversaire oblige ! Oui mais il le fait avec malice et talent , d’abord en optant pour les coulisses , campant le lieu, les habitants, une communauté de fermiers et un jeune peintre new-yorkais pas vraiment florissant qui revient auprès de ses parents, couple tenant un motel pourri, pingre ,véritables caricatures de l’émigrant russo-juif s’estimant persécuté et désargenté !
Pour eux comme pour nombre d’autres habitants du patelin c’est noël avant l’heure, chacun même les plus réticents ayant à gagner financièrement dans l’aventure.
En nous immergeant dans cette communauté, nous faisant par ailleurs croiser des tas d’autres personnages cocasses, ex combattants du Vietnam ayant viré drag-queen, un ex vétéran flippé qui durant quelques jours au moins retrouvera un appétit de vivre. Les parents d’Elliot (Demetri Martin) qui verront s’éloigner leur hypothèque et les dollars s’amonceler dans le tiroir caisse. Tandis que leur fils s’émancipe, se libère du fardeau de son homosexualité ( ou bi… ) pour enfin s’afficher sans entraves. Oui là réside un petit message d’Ang Lee, comme le chantait Gainsbourg , 69 année érotique ! Et liberté sexuelle dans une société américaine encore ( et toujours ???) bien rigide ! Et si en 69 sexe et drogues étaient bien au menu, l’homosexualité si mes souvenirs sont bons ne transparaissait pas, du moins à l’écran
En nous contant cette petite fable (qui cependant repose sur une part véridique), Ang Lee dresse le portrait d’une communauté paysanne s’ouvrant et profitant de la manne qui s’abat sur elle. Il décoiffe aussi tous les protagonistes, hippies débarqués de tous les horizons comme les autochtones encrottés, comme dans un vent d’espoir il fait cohabiter les deux et entrouvre pour Elliot une échappatoire vers d’autres horizons.
Très fort pour restituer une impression de Woodstock comme si vous y étiez, sans archives, quasiment sans bande son, point commun le plus marquant, le procédé de split screen , effet largement utilisé dans le documentaire Woodstock de Michael Wadleigh, repris ici par Ang Lee pour suivre les différents préparatifs qui transforme le motel /ferme familial en « village de vacances hippy!
Au final on obtient un œuvre bien sympathique, au centre le destin d’un jeune homme qui voit sa vie et celle des siens bouleversée, un film sur lequel souffle un vent de liberté comme il devait souffler en 69 dans cette immense prairie, que nous appercevrons que de loin, sous la forme d’un embrassement tandis qu’Elliot s’ouvre avec un couple de jeune beatnicks les portes de la perception ! Lucy in the Sky with Diamonds !
Voilou, après cela une grosse envie, se repasser le film Woodstock si on le possède, sinon piocher parmi ses scuds et en sortir. ..pour moi ce sera, un Who, Un Hendrix..et je m’aperçois que je n’ai pas de Santana..Oups un solo de batterie phénoménal risque fort de me manquer..

Excessif.Com "...Le cinéaste se concentre donc ici avec intelligence sur une petite histoire dans la grande histoire, un délicieux épisode, le cheminement d'un homme ayant permis que tout cela prenne forme, sans réellement y participer directement, le récit d'une libération personnelle s'inscrivant avec pertinence dans le parcours d'Ang Lee...."
CritiKat.Com "..Au lieu de fondre une collectivité dans une époque, la sensation lourde de la reconstitution pèse parfois. C’est pourtant dans la fantaisie légère qu’Ang Lee excelle .."
Le Monde.Fr - "Hôtel Woodstock" : la philosophie Woodstock vue avec le regard généreux d'Ang Lee

16 septembre 2009

Fish Tank - De Andrea Arnold


Fish Tank
Scénario et réalisation de Andrea Arnold

Avec Katie Jarvis (Mia), Michael Fassbender (Connor), Kierston Wareing (Joanne), Rebecca Griffiths (Tyler), Harry Treadaway ( Billy), Sydney Mary Nash (Keira)

Prix du Jury Ex-equao Cannes 2009
Synopsis
A 15 ans, Mia est une adolescente rebelle avec une unique passion : la danse hip-hop. Un jour d'été, sa mère rentre à la maison avec un nouvel amant, Connor, qui s'installe chez elles. Est-ce enfin une promesse de bonheur ou bien un leurre ?

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Andrea Arnold possède un style, une façon bien à elle d’appréhender la cité,voir Red Road ,de pénétrer en ses murs, de forcer la porte d’un appartement, ici celui de Mia et les siens, à savoir sa mère qui semble voler d’homme à homme, et de la petite sœur bien jeune mais qui n’a déjà pas la langue dans sa poche et nous assènera d’ailleurs quelques réplique culte, véritables touches d’humour !
Entre les murs de ce « Fish Tank » , minuscule appart où l’espace est rare, un autre poisson va venir se glisser, dernier amant en date pour la mère de Mia, Connor (Michael Fassbender) va se faire adopter, révélant au passage la féminité naissante de Mia , d’abord hostile au nouvel amant de sa mère!


Rien n’est tout blanc ou noir, entre Mia et Connor, méfiance d’abord puis naissance d’une complicité..Intéresse-toi à ce que je fais, ce que personne dans cette famille ne prend vraiment au sérieux, à savoir ma passion pour la danse, prête moi une caméra et l’ado s’éveille, et sans quitter ses joggings révèle sa féminité, une touche de maquillage, un choix de disque bien particulier. Et le terrain devient glissant, surtout quand comme Mia on possède une personnalité entière.
Caractère fort et brut de décoffrage, capable d’en remontrer aux garçons comme aux filles, le coup de tête du début, ou la lutte acharnée accompagnée de maintes injures sur le terrain vague, là où traine ce vieux cheval , non loin de quelques caravanes qu’occupent quelques jeunes bohèmes.
De l’un d’eux Mia s’en fera un ami, après midi à courir la cité, les parkings, les casses le tout noyé dans un flot de bière et d’alcool, point commun entre la génération punk (celle d’Andrea Arnold) et du trip-hop, celle de Mia !
Andrea Arnold capte la cité, les terrains vagues, les endroits plus résidentiels à merveille. Elle balaye les murs pour ensuite lever sa caméra au ciel captant au passage un vol d’oiseaux sauvages, plus avant un ciel de nuit aux couleurs si particulières, ces tons déjà entrevus dans Red Road. Elle oppose, ou plutôt imbrique le béton et la nature, les apparts clapiers aux vastes prairies noyées sous l’eau.
Elle oppose enfin l’amour qui vient d’exploser dans le cœur et le corps de Mia à la lâcheté des hommes, hésitant ensuite sur le chemin du drame, se rattrapant aux branches au dernier moment. Pour enfin nous quitter, après un denier instant au sein de cette famille, trilogie féminine, mère et filles sur un mouvement de trip-hop, l’amour familial ici ne se montre pas, tout juste s’éructe-il ! Je t’injure, moi non plus, les corps dansent, harmonie familiale, où l’amour est un luxe trop précieux pour être étalé ! Et dans le ciel s’envole….

Evene.Fr "...Andrea Arnold signe une des oeuvres majeures du cinéma anglais engagé de ces dernières années..."
Excessif.Com "...Andrea Arnold prend son pied en plongeant dans les arcanes du désir féminin pour refléter l'urgence de l'attraction charnelle et le bouillonnement psychologique chez des poupées brisées. Son premier film, Red Road, dans lequel l'opératrice d'une société de vidéosurveillance traquait un homme lié à son passé, avait pour qualité une intrigue directe, élaguée, sans pitié, construite comme une bombe à retardement. A travers ce portrait Nabokovien de Lolita, Fish Tank paraît plus sinueux, plus indécis..."
CritiKat.Com "...Fish Tank, film britannique qui tient des plus grands, est bien l’œuvre de la réalisatrice Andrea Arnold, déjà remarquée internationalement avec Red Road en 2006. Une cinéaste qui fait décidément montre d’une écriture et d’une sensibilité bien à elle. .."
Le Monde.Fr - "Fish Tank" : les illusions perdues de Mia, ado sauvage rétive au dressage

15 septembre 2009

Cendres et Sang - De Fanny Ardant


Cendres et Sang
Un film de Fanny Ardant

Avec Ronit Elkabetz, Marc Ruchmann, Abraham Belaga, Claire Bouanich, Olga Tudorache ...
Synopsis

Exilée de son pays, depuis l'assassinat de son mari dix ans plus tôt, Judith vit à Marseille avec ses trois enfants. Après avoir refusé pendant des années de revoir sa famille, Judith, malgré ses craintes et ses secrets, se laisse fléchir par le désir de ses enfants et accepte l'invitation au mariage de leur cousine. Ils partent passer un été au pays, à la découverte de leurs racines et de leur histoire. Mais le retour de Judith ravive les vieilles haines entre clans rivaux. Inexorablement, l'engrenage de la violence se met en marche, le sang appelant le sang...

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Passons rapidement sur l’introduction marseillaise et retrouvons nous dans l’est de l’Europe !
Dans une campagne flamboyante gorgée de ton or et ocres, d’une terre légère et lourde à la fois, que l’on peut saisir à pleine main. C’est finalement cela entre autre qui manquait à Judith, regard intense, fière et brune, magnifiquement interprété par Ronit Elkabetz…Et là impossible de ne pas établir un parallèle avec la réalisatrice elle-même ! Deux femmes au regard noir mais malicieux, petillant presque arrogant, une arrogance compensée, effacée par un léger sourire de coin et des yeux soudain rieurs !


Oui pour son premier film Fanny Ardant ne s’expose pas mais s’impose dans des choix bien particuliers. Jamais elle ne cède à la facilité, aidée par une photo de grande qualité elle profite du décor naturel qu’offre cette nature, forets et pâturages, puis ces demeures imposantes, chacune appartenant à l’une ou l’autre des deux familles. Et dans ces somptueux écrins couvent la haine, le reproche, toutes ces choses que jamais on ne pardonne, et que l’on aimerait laver encore une fois dans le sang. Fierté et honneur survolté. Pour les jeunes marseillais se plier aux mœurs locales peut s’avérer rude d’autant plus que coule en eux ce fameux sang Slave ! Ha ces images échappées d’un Kusturica ou plus proches encore celle de l’errance d’Asia Argento dans Transylviana de Tony Gatlif.
Parmi les chevaux, et les loups se tissent une histoire, pas vraiment une légende, un drame oui ! Réplique tellurique d’un séisme qui frappa deux familles et subitement les choses deviennent floues alors que le drame approche, en deux temps terrible !
Oui Fanny Ardant opte pour un pari difficile. réussi sur bien des points. Beauté des images, inventivité remarquable, voir le buffet du mariage, avant les agapes, dressé puis après, jamais pendant , alors que seuls les chiens et quelques gallinacées se disputent les reliefs. De même ici ce sont le hommes qui ouvrent la danse formant un étrange ballet aux pas appliqués !
Ces scènes figurent parmi les tableaux qui ornent cette tragédie et jusqu’à l’image de fin, terrible, désarmante, le paroxysme de la comédie..Ici presque Del Arte ! D’une femme, ou du moins ce qu’il en reste anéantie, à l’esprit certainement brisé !
Voilou une première derrière la caméra, on peut aimer ou détester, ne surtout pas rester indifférent !
Moi, vous l'aurez compris actrice et réalisatrice m'emballent...Et puis elles ont toutes deux ce petit quelque chose dans la voix..Juste un peu rauque et sensuelle !
Le Site officiel - Cendres et Sang
àVoir-àLire.Com "..Plongeant sa caméra dans une société repliée sur elle-même, dominée par des traditions ancestrales basées sur l’honneur et le respect de la famille, Fanny Ardant entremêle les fils de son intrigue familiale avec suffisamment de talent pour emporter l’adhésion. Elle est soutenue dans son entreprise par l’interprétation savoureuse de la splendide Ronit Elkabetz et par une jolie photographie qui sait mettre en valeur les paysages ruraux. Certes, l’histoire a un sérieux air de déjà-vu, mais l’ensemble fait preuve de quelques fulgurances poétiques du meilleur effet (les séquences avec les chevaux ou encore la magnifique fin avec les loups) qui compensent les maladresses de la mise en scène. Sans être impérissable, Cendres et sang a le mérite de nous faire découvrir la sensibilité à fleur de peau d’une artiste décidément toujours aussi insaisissable. Curieux et attachant..."
Le Monde.Fr - "Cendres et sang" : la vendetta selon Fanny Ardant

10 septembre 2009

À propos d’Elly - D' Asghar Farhadi



À propos d’Elly
Titre original :Darbareye Elly, Iran

Réalisation D' Asghar Farhadi

Avec Golshifteh Farahani (Sepideh), Taraneh Alidousti (Elly), Shahab Hosseini (Ahmad), Merila Zarei (Shohreh), Mani Haghighi (Amir), Peyman Moadi (Peyman), Rana Azadivar (Nazy), Ahmad Mehranfar (Manouchehr), Saber Abar (Alireza)...

Prix du Meilleur Réalisateur pour Asghar Farhadi au 59ème Festival International Du Film De Berlin 2009 - Ours d'Argent

Synopsis
Une bande de jeunes fait route vers la mer, au sein d'une maison louée pour l'occasion, et ce, afin d'y passer quelques jours. Sepideh, qui s'est occupée de l'organisation, a décidé d'inviter Elly, en espérant que celle-ci ne soit pas indifférente au charme de son ami Ahmad, qui sort tout juste d'une rupture. Les vacances se passent donc dans la bonne humeur, jusqu'à la soudaine disparition d'Elly...
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Un clan d’ami, de jeunes iraniens, cultivés et apparemment libérés du carcan religieux et culturel qu’impose le joug du régime iranien , objectif trois jours de liberté, de vacances pas loin du bord de mer, et ce sera même les pieds dans l’eau, malentendu sur la réservation, tache qui incombait à Sepideh , et la petite tribu se voit allouer une maison vétuste, à demi saccagée dont le seul merite est d’avoir les pieds dans l’eau. Une aubaine, pas vraiment pour la mère de famille qui s’inquiéte de savoir sa progéniture si proche de cette mer pas si calme qu’il n’y parait !
Un début de vacances quasi idylliques alors que la tribu mijote, intrigue secrètement : leur idée nouer un fil possible entre Ahmad, récent divorcé et Elly invité de dernière minute et dont on ignore, la suite le démontrera, a peu prés tout , si ce n’est qu’elle est là sur invitation de Sepideh ! Et que cette dernière s’avèrera brouillonne et confuse également bien mal inspirée dans ses initiatives .
En filmant nerveusement, dés l’entrée et cette furieuse déboulée dans le tunnel, sur la route, bordée d’une infinité de minuscules tentes (comme si quechua avait investit les lieux !), puis dans un espace relativement réduit, la demeure mal en point, et puis et surtout cette bande côtière balayée par les vagues, Asghar Farhadi accompagne la montée en tension provoquée par les événements successifs. Semi noyade puis disparition, et tandis que les esprits s’inquiètent, imaginent moult scénarios puis s’échauffent : où et qui est Elly ?
Alors que dans l’esprit du spectateur demeure cette longue séquence d’une jeune femme, le regard vers le ciel, souriante, rigolant tout en halant un cerf-volant.
De l’insouciance du premier jour il ne reste rien et le réalisateur balaye rapidement le sentiment de liberté alors que peu à peu les vieux fantômes font leur réapparitions . les hommes grondent et les femmes subissent quand elles ne se retrouvent pas en situation d’accusée. Ainsi de Sepideh .Ne l’a-elle invitée et puis ne subsistent ils pas quelques cachotteries ?
Voilà un film habile, aux images parfaitement maitrisées, une histoire où chacun se décharge du poids de la responsabilité sur sa voisine plus facilement que sur son voisin.
Voilà je ne vous en ai pas trop dit, à vous de découvrir le reste. ..au Cinéma bien sur !

Excessif.Com "...D'une situation on ne peut plus simple, Asghar Farhadi étudie donc l'âme humaine avec une parfaite minutie. Au final, elle atteint son objectif : celui de nous toucher au plus haut point..."
CritiKat.Com "...Asghar Farhadi est un habile tisseur d’histoires, laissant couler le fil narratif puis le bloquant soudainement, le faisant revenir en arrière, conservant à la fois des nœuds invisibles et de larges options d’interprétation. On pourra ainsi se laisser happer par le film lorsqu’il devient un huis clos efficace, et l’élargir à une analyse d’un pan de la société iranienne par les portraits plus ou moins nets de chaque personnage, aboutissants eux-mêmes à l’esquisse d’un portrait du pays. Farhadi a la prudence de ne jamais vraiment y prétendre, non plus qu’à sa netteté. Tout comme les personnages ne cessent de se mentir pour bien faire, le réalisateur dévoile aussi peu que bien, de manière à ce que chacun puisse librement lire entre les lignes. Il impulse ainsi une double action : premièrement mettre les clichés à distance et deuxièmement faire apparaître discrètement des fonctionnements révélateurs. C’est le cas de la place de la femme..."
Le Monde.Fr - "A propos d'Elly" : un week-end à la mer, trente ans après la révolution islamique

06 septembre 2009

Un Prophete - De Jacques Audiard


Un Prophète
De Jacques Audiard

Avec Tahar Rahim (Malik El Djebena), Niels Arestrup (César Luciani), Adel Bencherif (Ryad), Reda Kateb (Jordi le Gitan), Hichem Yacoubi (Reyeb)

Grand Prix du Jury Festival de cannes 2009

Synopsis
Condamné à six ans de prison, Malik El Djebena, ne sait ni lire, ni écrire. À son arrivée en Centrale, seul au monde, il paraît plus jeune, plus fragile que les autres détenus. Il a 18 ans.
D'emblée, il tombe sous la coupe d'un groupe de prisonniers corses qui fait régner sa loi dans la Centrale. Le jeune homme apprend vite. Au fil des « missions », il s'endurcit et gagne la confiance des Corses.
Mais, très vite, Malik utilise toute son intelligence pour développer discrètement son propre réseau ...
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Impossible de céder à l’enthousiasme ambiant, quasi sans partage concernant le dernier Jacques Audiard ! Pas plus qu’il me soit possible de le dénigrer d’ailleurs !
Alors quoi ? Un soupçon de battage médiatique trop important commencé avant même la remise de son grand prix du jury à Cannes cette année ? Un peu !
Que le film démarre de façon imposante, le trajet en fourgon cellulaire alors que Malik capte ses dernières visions du monde du dehors est indéniable! Que l’arrivée et la découverte du milieu carcéral et ses règles très particulières constituent des moments captivants, là encore Audiard a travaillé son sujet et remet une copie impeccable !
Mon hésitation, je dois la chercher au sein du duo Niels Arestrup, Tahar Rahim soit César Luciani en parrain corse et le jeune apprenti Malik El Djebena ! Il ne s’agit aucunement d’interprétation, fabuleuse pour l’un comme pour l’autre. Non, le détail, ce petit grain de sable, le truc qui me chiffonne...comment envisager qu’un homme doté d’autant de pouvoir, même si ceux-ci déclinent après l’éclatement du noyau corse, laisse derrière lui, eux si l’on envisage le clan corse, ceux- là même qui ont armé la main de Malik, déployant et démontrant pour cela un immense pouvoir un témoin . …qui aurait pu s’avérer gênant!
Qu’ils préfèrent en faire leur soubrette pour ensuite l’employer à des taches plus délicates et lui ouvrir une route vers un certain pouvoir..Mais bon là réside l’intrigue du film, un novice qui n’a pas oublié d’être malin, observateur et rusé ! ce qui ne me détruit pas me rend plus fort ..Malik avance , nous ne voyons plus que lui, même le grand César doit pousser des coups de gueule pour rappeler qu’il est encore vivant !
Je garderai en tête cette image bien particulière d’un presque gamin, dans un fourgon blindé, assourdi par le bruit de son arme …Et son sourire radieux ! Pour vite rembobiner et retrouver le même, une lame de rasoir entre les doigts…Proche de la nausée !
Voilou il m’aura fallu du temps . ..pour accepter ce film, je n’ai pas vraiment frissonné à la découverte des geôles ici reconstituées, je ne connais pas il est vrai l’univers carcéral. Bien plus abrupt fut la vision de « HUNGER » de Steve Mcqueen mais il s’agissait d’un film, quasiment un témoignage politique, ici nous restons dans le fictionnel ! Et à ce niveau cela fonctionne à plein régime !
Une nuance encore, un regret l’image finale, la sortie, un homme, une femme, un enfant et un long cortège. ..Quasi hollywoodien , presque une image à la Luc Besson !

"les chansons nous racontent que dans les vieilles prisons,
à Nantes ou bien ailleurs y'avaient des prisonniers
qui se la coulait douce dans les filles des geoliers...
...
Je vis dans un pays et c'est aussi le votre ou un gamin perdu pour un vol de bagnole
a Fleury merogis se fait serrer la vis
on la lui sert tellement la vis qu'il en peut plus
un jour la coupe est pleine et on le retrouve pendu
mon dieu quel beau pays, mon dieu quel beau pays .." François Beranger


Chez Lo "..Un prophète est un grand film, une histoire noire, cinglante.."

Excessif.Com "...Un prophète porte l'empreinte d'un cinéaste qui n'a plus peur de ses fantômes et regarde une nouvelle fois des hommes tomber. Dès le premier plan, on retrouve cet effet qui caractérise son style consistant à poser une main devant la caméra pour varier la luminosité. D'autres idées visuelles, connues ou inédites, donnent de l'ampleur à la narration, mais la grande surprise reste les scènes de fusillade, incroyablement maîtrisées, et plus généralement tout ce qui concerne l'action..."

CritiKat.Com "...et c’est sans doute la grande limite du film. La prison, minutieusement reconstituée en studio, et le milieu du grand banditisme sont avant tout utilisés comme de formidables moteurs fictionnels. Ce sont des toiles de fond et des terrains de jeu, un peu comme dans les séries américaines Oz ou Prison Break, qui ne brillent pas par leur réalisme. Rien n’est jamais dit sur la dureté et la solitude de l’enfermement, sur les dérèglements de l’administration pénitentiaire, sur la surpopulation carcérale… Ces problèmes ne sont pas niés pour autant, ils restent juste hors champ, sacrifiés au genre.."
Le Monde.Fr - "Un prophète" : la prison, une école de la vie selon Jacques Audiard

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