30 mars 2009

Tokyo Sonata - De Kiyoshi Kurosawa


Tokyo Sonata
De Kiyoshi Kurosawa

Avec Teruyuki Kagawa, Kyoko Koizumi, Haruka Igawa, Yu Koyanagi, Kai Inowaki...

Prix du Jury Un Certain Regard - Cannes 2008
Synopsis
Tokyo Sonata dresse le portrait d'une famille japonaise ordinaire. Le père, licencié sans préavis, le cache à sa famille. Le fils aîné est de plus en plus absent. Le plus jeune prend des leçons de piano en secret. Et la mère, impuissante, ne peut que constater qu'une faille invisible est en train de détruire sa famille ...
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Ou quand vacillent les murs d’une famille japonaise ! Au commencement était le père(Kagawa Teruyuki), pilier de celle-ci, contraint d’abandonner sa place au sein de la société qui l’emploie et cachant sa situation soudaine à sa famille. Commence pour lui un étrange parcours, celui du mensonge, sauver les apparences, continuer d’être aux yeux de sa famille. ..le chef de celle-ci !
Oui mais quand on doit pour se faire, passer ses journées dehors, manger à la soupe populaire, affronter les queues interminables de l’agence pour l’emploi. Sous la calme attitude les nerfs souffrent. Et la relative harmonie, qui règne sur cette famille, dans cette maison, à l’instar du souffle d’air froid, du coup de vent et des bourrasques de pluie des images d’ouverture, lentement se désagrège sous l’œil efficace de la caméra de Kiyoshi Kurosawa.
Quand le fils ainé (Yu Koyanagi) éternellement absent annonce son intention de se joindre aux troupes américaines (nous sommes à la veille de l’intervention en Irak) et ce avec ou sans l’accord paternel, quand le fils cadet(Kai Inowaki), légèrement rétif à la scolarité traditionnelle souhaite coute que coute apprendre le piano, ce que le père refuse, évidemment sans pouvoir avancer un seul argument, situation financière oblige, et finit par se mettre dans une fureur noire…
Quand la femme au foyer finit également ressentir le changement qui doucement mais surement touche l’ensemble des quatre membres de la famille..
Nous sommes au bord de l’explosion, elle touchera chacun d’une manière différente, l’exil pour l’un engagé volontaire, le plus jeune bravera lui les interdits et n’est-il pas le plus à même d’être dans le juste aussi vrai que l’avenir repose sur la jeunesse. Le père, ancien cadre rétrogradera sur l’échelle sociale, sonné, hébété, jusqu’à son étrange découverte..Le choc..
La mère (Haruka Igawa) vivra aussi son aventure, drôle d’intermède, qui peut sembler saugrenu je l’ai trouvé génial, sur sa route un personnage halluciné ou hallucinant (Koji Yakusho), un intermède à la poésie douce et amère .Une aventure pour dire j’existe. Toute cette dernière partie est marquée du sceau du destin, de l’espoir comme du rêve envolé.
Toucher le fond pour mieux remonter, s'égarer pour mieux repartir, sur un meilleur et plus aisé chemin ?
Jusqu’au final, le réveil avec dans les oreilles une petite musique celle qu’un gamin doué les doigts sur le clavier d’un piano de concert propulse dans l’espace ! Magique !
Excessif.Com "... Ses plans-séquences ne servent plus à faire joujou ni même à tester les résistances du spectateur, mais traduisent plus que les mots qu'il s'agisse de capter une balade improvisée mue par le syndrome de Stockholm ou de filmer comme une mauvaise blague une longue file d'attente des actifs au chômage..."
CritiKat.Com "...Tokyo Sonata, qui est une œuvre de transition, amène le cinéma de Kurosawa vers des horizons plus engagés socialement..."
Le Monde.Fr - "Tokyo Sonata" : une famille au Japon, c'est aussi un film d'épouvante

27 mars 2009

UN CHAT UN CHAT - De Sophie Fillières


UN CHAT UN CHAT
Un film de Sophie Fillières
Avec Chiara Mastroianni, Agathe Bonitzer, Malik Zidi, Dominique Valadié, Sophie Guillemin..
Résumé
Célimène a trente-cinq ans. Elle est écrivain mais n’écrit plus. Pas d’inspiration. Classique... Célimène préfère se faire appeler Nathalie. Normal...
Son fils de sept ans, Adam, l’oblige à garder les pieds sur terre. Tout juste... Son appartement est en travaux, Célimène, en attendant, vit chez sa mère. Difficile...
Anaïs a dix-sept ans. Elle est fraîche, neuve, elle a l’arrogance de sa jeunesse. Tout un programme... Elle poursuit Célimène, dérobe son courrier, l’attend partout. Inquiétant...
Anaïs veut convaincre Célimène d’écrire sur elle. Elle se propose comme sujet. Ben voyons... Mais rien ne les réunit, rien ne les oppose non plus, l’entêtement de l’une vient se frotter à la fermeté de l’autre, et pourtant...
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Un véritable plaisir cette rencontre entre Célimène(Chiara Mastroianni), écrivaine asséchée au comportement carrément déphasé que seul son fils Adam de sept ans maintient sur les rails et Anaïs(Agathe Bonitzer),jeune fille qui s’impose à elle, prenez moi comme modèle, écrivez sur moi. Façon de dire, tracez sur le papier ce que doit être ma vie, moi encore jeune fille.
Sohie Fillieres crée une comédie humaine un poil déjanté, l’on ne sait pas trop où on va mais on suit le chemin de l’humour et du langage.
Véritable partition pour deux personnages, un chat un chat est une friandise urbaine et humaine, on y rit, on fronce les sourcils parfois un rien dubitatif.
Célimène et Anaïs suivent un script virtuel issu de l’imagination de la jeune fille, enrichi de sa curiosité, n’a-t-elle pas ouvert le courrier de la première allant jusqu’à apprendre par cœur une lettre des plus intimes destinée à Célimène et ne lui restitue-elle pas celle-ci de façon orale comme on récite une poésie.
Oui poésie, elle est de la partie bien sur, teintée d’absurde, légèrement jamais on ne décroche totalement de la réalité, un petit poème urbain et presque familial où Anaïs serait l’amie de la famille s’invitant d’office.. Où une romancière prise de vertige face au néant, celui de sa feuille blanche, commence à la noircir et y couche des vers de Baudelaire.
A l’écran la confrontation entre une femme à un moment de doute, plus d’inspiration, plus vraiment de compagnon, et un gamin(adorable) à assurer , une femme qui passe par l’âge d’une remise en question et patine dans la semoule tout en gardant une certaine légèreté ,face à elle une jeune fille ,devant elle plein d’autoroutes, ne s’est- elle pas essayé à la danse, la musique, l’aïkido et j’en passe, elle affiche l’assurance de son âge. Celui où l’on ne craint rien..Hormis peut-être la découverte de l’amour et cette toute première fois.
Célimène vient de rompre, mais est-ce vraiment le cas, Anaïs doit franchir le pas .
Célimène doit accoucher d’un roman, des pages de vie couchées sur le papier, Anaïs doit vivre sa jeunesse, écrire sa propre histoire en lettre de vie…


Voilou j’espère que ce petit papier ne vous semblera pas hermétique ou rébarbatif, le film ne l’est aucunement .. On passe au contraire un agréable moment ponctué de nombreux éclats de rires inévitables.
Le poids du film..léger, le choc des mots un délice cette écriture fine et précise !
Excessif.Com "..Les deux têtes d'affiche, Mastroianni et Bonitzer, qui partagent autant la volonté de se voler la vedette que de se l'offrir, parviennent à créer une intimité surprenante... un duo qui ne s'accorde jamais, ou presque, mais qui tend à toujours composer une mélodie charmante.."
Le Monde.Fr - "Un chat un chat" : jeu de cache-cache drôle et absurde entre une ado et une écrivaine

24 mars 2009

The Chaser -De Na Hong-Jin (Corée)

The Chaser
Un film de Na Hong-Jin, (Corée)
Avec Kim Yoon-suck (Joong-ho), Ha Jung-woo (Young-min), Seo Young-hee (Mi-jin)...
Synopsis
L'ex-détective Jung-ho est devenu proxénète. Chaque soir, il reçoit les appels de clients anonymes à qui il envoie ses filles, comme la jeune Mi-jin. Furieux parce que certaines d'entre elles se sont enfuies sans payer leurs dettes, il réalise bientôt qu'elles avaient toutes rencontré le même client avant de disparaître, identifié uniquement par son numéro de téléphone... Jung-ho va reprendre du service et se lancer dans une chasse à l'homme rythmée par l'espoir de retrouver Mi-jin vivante...
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J’ai aimé le personnage d’abord détestable, cet ancien flic devenu proxénète qui tout en luttant pour préserver ses acquis se verra offrir une possible rédemption. J’ai aimé l’aspect inoffensif derrière lequel se dissimule le jeune tueur, qui dans un souci de ne pas faire souffrir ses victimes procède d’une bien cruelle manière…et là j’ai déjà moins aimé cet aspect un peu « Gore », nécessaire peut-être pour mettre tous nos sens en éveil et nos nerfs à vifs pour ce qui va suivre.
J’ai aimé l’environnement, Séoul, ses quartiers chauds hauts en lumières et néons ou à l’inverse sombres comme la nuit inondant les ruelles, et quand la pluie de plus s’en mêle, et le réalisateur ne lésine pas sur l’eau, offrant à nos deux héros, l’ex-cop et le dingue du marteau, de superbes parapluies.
j’ai aimé l’image et l’habile exploitation faite de la police locale, (ici) présentée comme inconséquente, soumise (comme ailleurs) au pouvoir du politique. Le poids des medias aussi faussant le tout.
J’ai adoré enfin le petit vent léger, qui vient à point même s’il s’avère ensuite assez triste, apporté par l’irruption de la môme de Mi-jin.
Puis ce jeu incessant du chat et de la souris, ou plutôt les souris, délivrant des semi-vérités Young-min lance celles-ci sur de fausses pistes..Avant de …Avant d’être ...


Mais n’inutile d ‘en dire trop ! Sinon que cela constitue un bon et même un excellent thriller peut-être un peu poussif sur la fin comme le souffle de notre héros, ce proxo haletant qu’une fillette aura bouleversé !
Notons qu'il s'agit d'un premier film...Joli coup !
Devrais-je revoir " The Chaser " une seconde fois pour en apprécier toute la saveur ? J’ai un gros problème, je suis, (à jamais ?), marqué à vif par « Old Boy » ,ce film au scénario réalisé par l’également sud-coréen Park Chan Wook, c’est ma référence(à moi) .Et instinctivement j’effectue la comparaison ce qui me laisse toujours un peu déçu, évidemment !

Excessif.Com "..Le personnage principal qui est passé de représentant de la loi à voyou sans scrupule est le réceptacle de ce désordre social où la frontière entre le bien et le mal s'avère ténue. En utilisant des méthodes cradingues, seul contre tous, il va pourtant trouver la rédemption. A la manière du Bad Lieutenant, de Abel Ferrara..."

CritiKat.Com "..The Chaser est ainsi l’histoire cruelle et tragique d’un homme détestable qui prend conscience du mal qui le ronge et qu’il doit détruire. Chez Na Hong-jin, véritable cinéaste de la cruauté, la rédemption se fait alors dans la douleur et le sang, sans espoir de connaître la paix intérieure..."

Le Monde.Fr - The Chaser" : course-poursuite nocturne pour ex-flic passé proxénète

20 mars 2009

LINHA DE PASSE - Une Famille Brésilienne


LINHA DE PASSE (Titre original Brésil)
Une Famille Brésilienne
Un film de Walter Salles, Daniela Thomas
avec Sandra Corveloni, João Baldasserini, José Geraldo Rodrigues, Kaique Jesus Santos, Vinicius de Oliveira ...

Prix d'interprétation féminine pour Sandra Corveloni au Festival de Cannes 2008

Résumé
Sao Paulo, une ville aux contours d'une terrible noirceur, étouffée par une pauvreté générant une très grande violence, chacun cherchant à s'en sortir. Cleusa, femme de ménage, y élève seule ses quatre garçons nés tous de pères différents qu'ils ne connaissent pas. Enceinte d'un cinquième enfant, elle mène sa vie courageusement, entourant affectueusement ses enfants, les protègeant et s'efforçant de leur inculquer certaines valeurs fondamentales, à commencer par l'honnêteté et le respect d'autrui. Au-delà du lien les unissant à leur mère, ces quatre frères évoluent différemment, nourrissent leurs propres rêves, cherchent leur identité et tentent d'avancer, mais au coeur de cet univers rongé par une crise sociale oppressante, il est devenu difficile de se construire. Dario l'aîné voudrait mener une carrière de footballeur, Dinho s'est laissé entraîner par une soudaine et intense ferveur religieuse qui finit par le désarmer, Denis, déjà père d'un petit garçon s'efforce de gagner dignement sa vie mais il se laisse dépasser par la misère qui l'entoure et Reginaldo, le plus jeune, erre désespérément à la recherche de son père qu'il pressent être un chauffeur de bus.(source Excessif.com)
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Le film s’ouvre sur une immense bande d’étoffe sous laquelle des formes s’agitent, image surréaliste , il faut le recul de la camera pour s’apercevoir qu’il s’agit d’un gigantesque drapeau au couleur du club de foot local, soutenu par des milliers de bras, dans un stade survolté, parmi ceux-ci une femme venue voir son fils qui enfin apparait sur le terrain à un instant critique…
une femme Cleuza(Sandra Corveloni) , quatre enfants, une fratrie où quasiment la mère semble être le seul point commun et où le petit dernier, à la peau noire s’interroge vivement sur ce père de passage.
Cleuza de nouveau enceinte, nous suivrons au fil des mois de grossesse, le destin de cette mère courage en parallèle avec celui de ses quatre fils, trajets se recoupant parfois. tout un pan du Brésil, ici Sao Paulo. D’un match de foot à l’autre, le décompte des mois démarre. Et nous faisons plus ample connaissance avec les fils de Cleuza. Dinho( José Geraldo Rodrigues) employé le jour dans une station service et qui pense trouver le salut et la paix au sein d’une mission évangélique....Résistera-il à la tentation, Denis (Joao Baldasserini) qui bosse comme coursier, père d’un enfant, un peu coureur, un peu magouilleur et prêt apparemment pour la grande glissade, y échappera-t-il ? Dario(Vinícius De Oliveira)prodige footeux mais qui à 18 ans est déjà trop âgé pour intégrer une équipe espoir malgré son talent, comme de plus les joueurs talentueux ne manque pas..
Quand au plus jeune Reginaldo(Kaique Jesus Santos)gamin à la moue sympa et au parler franc qui fait mouche, le petit dernier qui croit deviner en un chauffeur de bus le père qu’il recherche..
Suivons avec plaisir le destin, la vie de ces cinq personnes, dans la mégapole de sao Paulo où la misère côtoie la richesse, où on emprunte le fils(Dario )de la bonniche(Cleuza) pour s’imposer le temps d’un match en "futsal " dans une résidence des quartiers aisés, huppés, où la soirée se termine ivre et défoncé.
Alors que Dinho se trouve confronté à la réalité de sa foi et à sa limite, que Denis s’égare sur des chemins dangereux, que Reginaldo « roule » sur les traces du père rêvé, désiré, Cleuza ressent les premières contractions. ..et Dario se retrouve en fin de partie la balle de match au bout du pied...ou non ! Et le stade vibre et communie. Tourné vers l’avenir aussi dur et misérable soit il, avec joie, foi et peine…Comme un mach de foot, la passion et la tension durant, le bonheur ou le désespoir d’un temps après c’est selon..et toujours la certitude..il y aura d’autres rencontres !
Un film remarquablement découpé, le ballet des différents personnages, autour de la mère, entre les frères et leur destin individuel, en fond la mégapole, les axes routiers modernes, les résidences avec portier, et les petites maisons à l’évier bouché, au seul et modeste canapé, deux mondes à l’opposé.
CritiKat.Com "...il enquête à nouveau sur la situation critique de son pays, alterne entre documentaire et fiction, à travers le portrait d’une famille atypique, dans une détresse pourtant si semblable au peuple qu’elle représente. Un tableau sensible, de quatre frères, qui malgré les dissemblances concourent à la même chose : trouver un père..."
Le Monde.Fr -"Une famille brésilienne" : chronique familiale d'un Brésil en crise
Avec Bande-Annonce

17 mars 2009

Welcome - De Philippe Lioret


Welcome
Un filmde Philippe Lioret
avec Vincent Lindon, Audrey Dana, Firat Ayverdi, Patrick Ligardes, Thierry Godard ...

Présenté à la Berlinale 2009

Synopsis
Pour impressionner et reconquérir sa femme, Simon, maître nageur à la piscine de Calais, prend le risque d'aider en secret un tout jeune réfugié irakien qui veut traverser la Manche à la nage...
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Comédie dramatique, histoire d’une rupture, des quelques liens tenus et fragiles qui subsistent, de l’espoir, du désespoir que ne peut s’empêcher d’éprouver Simon(Vincent Lindon). Un homme sonné, bras ballants face à son destin d’être abandonné.
Parce qu’il croise un jour un aussi malheureux que lui, il va s’intéresser à ce nouveau venu, cet étranger. Un intérêt au départ un peu malsain, revanchard car ce qu’il essaye de saisir, c’est l’altruisme, ce courant qui pousse son ex-compagne Marion(Audray Dana) à adhérer, à donner de son temps et dans la mesure du possible de ses moyens aux migrants. Cette population qui croise aux alentours et dans Calais, porte éventuelle vers l’eldorado nommé Grande-Bretagne.
Tel un geste, un lien pouvant le rapprocher, le rabibocher avec celle qu’il aime toujours, Simon va s’intéresser, du bout des actes d’abord, puis de plus en plus franchement au jeune Bilal(Firat Ayverdi)
Lui voudrait » ramer » auprès de son ex, Bilal veut lui rejoindre sa future, Mina(Derya Ayverdi), là-bas de l’autre cote du Channel. Dans sa jeune tête un projet fou, puisqu’il ne peut emprunter des moyens terrestres il traversera la manche à la nage. Simon l’entrainera tout en tentant de le dissuader, il fera aussi l’expérience de nos drôles de loi. Nous pays des droits de l’homme, où aider son prochain peut vous apparenter au statut de malfaiteur.


Simon réussira-t-il à empêcher Bilal de tenter l’impossible, et sinon celui-ci a il une chance de réussir ?
En filigrane, sur le rythme de quelques coups de téléphone se joue un autre drame, de l’autre cote de la manche, le père de Mina décide de marier cette dernière, le temps presse, n’est-il pas déjà trop tard ?
Ainsi le scénario juxtapose deux problèmes, les migrants, coute que coute à la recherche d’un monde un tant soit peu meilleur, leur passage sur notre terre d’accueil, il n’a pas fallu longtemps pour balayer une réputation d’hospitalité, et l’adaptation au sein du pays d’adoption ici où en Angleterre l’avenir de Mina semble tout tracé, contre son bon vouloir, tradition d’ailleurs , importées et bien amères !
Le troisième point et celui-là nous appartient, il est fait de honte, celle qui permet de poursuivre des êtres coupables d’entraide, et je pense à la chanson d’Hubert Felix Thiéfaineexercice de simple provocation avec 33 fois le mot coupable » , de police inquisitrice, traquant jusqu’au peu de chaleur, une soupe, un repas, un toit, un téléphone mis à disposition. Honte de cette justice..Et puis pas très fier de moi non plus, car franchement que fais-je?
Voila un film efficace, fort bien réalisé, des lumières du port et des quais de Calais où clandestins et polices jouent sans cesse la même petite partie, au terrain vague mis à disposition pour distribuer un repas bienvenu quand la même flicaille n’intervient pas afin d’empêcher celui-ci. Des voisins bien franchouliards et efficaces auxiliaire de police, beurk !!
Voila ce conte de l’impossible, ancré dans une sinistre réalité grâce à un scénario habile se suit passionnément, deux histoires d’amour passé ou impossible sur fond de malaise humain..Multiples et indicibles frontières toujours.
Voilou on peut aussi y voir une version édulcoré de la réalité, certainement, souhaitons que d’autres réalisateurs prennent le sujet à bras le corps, avec peut être un réalisme plus insoutenable car telle est je crois la réalité pour ces migrants gisant dans ce qu’ils surnomment la jungle. Terrible !
Excessif.Com "..le coeur du film se trouve dans le regard de Simon, un regard sur le monde, entre autre celui qu'il porte sur sa femme tout autant que celui qu'il porte sur Bilal, qui évoluera alors que sa stabilité sociale vacillera. Car la mise en danger de l'individu est ce qui révèle la nature profonde des êtres, ici la générosité de Simon. Une générosité dont lui-même se croyait incapable, une générosité qui lui a fait défaut dans sa relation de couple..."
CritiKat.Com "...La rencontre du clandestin résolu et du maître-nageur velléitaire est donc moins le sujet de Welcome qu’un prétexte pour rendre hommage aux résistants ordinaires qui combattent sans soutien ni moyens un système sans visage et sans âme, mais elle reste le symbole d’un film qui cherche à mêler le mélodrame social à la Ken Loach à l’habituel drame sentimental français. Si cette greffe ne prend qu’imparfaitement, elle a le mérite d’avoir été tentée, et – qui sait ? – d’ouvrir le passage à d’autres fictions plus fortes et plus engagées encore.."
Le Monde.Fr - "Welcome" : le maître-nageur dans le grand bain des migrants

13 mars 2009

Tulpan - Un film de Sergey Dvortsevoy


Tulpan
Un film de Sergey Dvortsevoy
avec Askhat Kuchencherekov, Ondas Besikbasov, Samal Esljamova..

Cannes 2008:
Prix un Certain Regard Prix de l'éducation nationale Prix de la Jeunesse

Présentation :
Après un service militaire dans la marine, Asa retourne à la steppe kazakhe où sa soeur et son mari berger mènent une vie nomade. Pour commencer sa nouvelle vie, il doit d'abord se marier afin de devenir berger lui-même. Son seul espoir dans la région, c'est Tulpan, fille d'une autre famille, qui hélas le rejette en trouvant ses oreilles trop grandes.
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Dans ou plutôt sur la steppe kazakhe, immense et desséchée, où de minuscules brindilles peinent à nourrir le troupeau de brebis un tracteur fonce dans un raffut d’enfer (cette équipée presque sauvage m’a fait songer à Mad Max..incroyable mais cette image m’a traversé l’esprit je n’y peux rien), Boney M. s’égosillant sur un vieil air disco excitant et entrainant, le chauffeur et son passager Asa penché à l’extrême à l’extérieur de l’engin, le sourire lui mangeant le visage, rutilant dans son costume d’apparat de la marine Kazakhe ou assimilée ! Il vient de souler de paroles les parents de la belle Tulpan, nous ne la verrons pas, tout juste devinons nous un pli de rideau qui s’écarte.


Alors que sur le chemin du retour Asa et son ami, le chauffeur, livreur, épicier relativement prospère à en juger au nombre de dents couronnés d’or, l’ami fidèle d’Asa rayonne. Avant qu’un peu plus loin le beau-frère d’Asa lui annonce que cette dernière ne veut pas de lui comme mari, sous le prétexte qu’il a de trop grandes oreilles.
Adieu veau, vache, cochon. ..Façon de parler, Asa est un des rares jeunes qui de retour au pays envisage d’y rester, il lui faut un troupeau et le chef du secteur ne lui en confiera un que s’il est marié.
Cette plaine, ce plateau immense, Sergey Dvortsevoy en réalise des plans séquences larges et volontairement longs. Il nous laisse ainsi appréhender tout ces petits riens qui font la vie, rude de ces hommes et femmes, mais aussi et surtout le décor qui est le leur. Devant la caméra passe tour à tour une mini tornade impressionnante, dans le temps deux ânes s’accouplent et brayent de plus belle, un chien passe, plus loin le plus jeune des enfants sur son fier destrier, un bâton pour toute monture course on ne sait trop quoi, le vent se lève, le sable et la poussière volent, conditions difficiles !
Le soir sous la yourte le plus jeune des garçons récite à son père les infos du jour, sa mémoire fabuleuse restitue tous les flashs de cette radio qui semble être d’état, rien n’y manque. On partage le frugal repas, parfois on chante si le père l’autorise.
Comment ne pas se rappeler cet autre film tout aussi extraordinaire « Le Mariage de Tuya » , peut-être plus scénarisé, moins proche du documentaire et encore et comme ici ni l’un, ni l’autre ne revendique ce statut.. !
Quand à Tulpan , je sens mes yeux se plisser face à l’infini, face aussi aux quelques séquences franchement pittoresques, le réalisateur avait-il des comptes à régler avec la famille royale anglaise. .Lol !
Et notre ami reviendra à la charge, qu’en sera-t-il ? Et lui que son beau-frère considère comme peu dégourdi finira-t-il par faire ses preuves ?
Et beaucoup de choses à découvrir. ..Si vous aller voir ce film tant qu’il reste encore à l’affiche !

Tenez si je vous dis un dromadaire dans un side-car de la croix rouge, une tortue qui bouffe de la poussière et sert de « dinky toys » au gamin, un agneau qui pointe enfin le bout de son nez sous le ciel immense sur la steppe kazakhe..
CritiKat.Com "..Il y a tout au long de Tulpan une sorte d’incertitude pour le spectateur quant à la nature des éléments en présence. La tendresse de la très belle scène où les enfants, à cheval sur le dos monumental de leur père, lui font une séance de soins de la peau laisse ainsi imperceptiblement la place à un sentiment de pesanteur de la promiscuité. C’est cette ambivalence qui fait la beauté du film : la nature n’est pas tour à tour bienfaisante et rageuse, mais les deux à la fois ; la famille, dans une même séquence, apparaît comme un cocon et comme une prison..."
Le Monde.Fr - "Tulpan" : une jolie fable en Asie centrale

11 mars 2009

DELTA - Un film de Kornél Mundruczo


DELTA
Un film de Kornél Mundruczo
Hongrie
Avec Félix Lajkó, Orsolya Toth, Lili Monori...

Aperçu :
Un jeune homme taciturne regagne la nature isolée et sauvage du Delta, un labyrinthe de voies navigables, d'îlots et de végétation luxuriante qui coupe la population locale du reste du monde. Le jeune homme, qui avait quitté le Delta dans son enfance, y rencontre une soeur dont il ignorait l'existence. Frêle et timide, elle est pourtant résolue lorsqu'il s'agit de le rejoindre dans la hutte délabrée qu'il habite. Eloignés de tous, ils se lancent alors ensemble dans la construction d'une maison sur pilotis au milieu de la rivière. Un jour, ils invitent les gens du pays à partager un dîner, mais les villageois n'acceptent pas leur relation 'contre-nature'.
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Le Delta du Danube, comme magnifique écrin, un frère de retour on ne sait pas bien d’où se découvre une sœur qu’il ne connaissait pas. Celle-ci en profite pour fuir mère et beau-père entreprenant.
Le début est lourd, flotte dans l’air comme une chape de plomb, l’atmosphère du Delta. Peut-être, ilot de verdure entouré d’une immensité d’eau, mais aussi l’accueil peut amène de la mère et son nouveau compagnon.


La suite offrira une bouffée d’oxygène, loin de l’atmosphère étouffante et que l’on devine viscéralement mauvaise du village. Haine de l’étranger, de celui qui est différent et enfin ce mot prononcé, imaginé par le beau-père, relation contre nature entre frère et sœur, inceste. Accusation injuste à ce moment là et d’autant plus répugnante qu’il vient de violer bestialement sa « belle-fille » !
A l’opposé, règne sur le delta, une ambiance apaisé, les pontons, les murs se montent, la cabane y prend une allure idyllique. Le frère et la sœur laisse enfin échapper quelques mots et partage enfin tout laisse à le croire la chaleur, le réconfort de leur peau, de leur chair !
Capter avec pudeur, suggérer, laisser même une place au doute, frère et sœur, les voici là dans cette magnifique nature apaisés et libres, même le sort leur sourit quand les filets posés par Mihail ramène une pêche miraculeuse.
L’occasion de convier le village à une immense grillade, pain, alcool et poisson…à suivre
Si le Delta, hormis une averse ou deux, luisant sous le soleil ressemble à un havre de paix, il s’apparente aussi à un lieu difficile et limite peu accueillant, il faut avoir une mentalité d’ermite pour vouloir y vivre.
Et ceux qui s’écartent de la norme archaïque….En payent le prix fort ...Et C’est la tortue qui s’en sort le mieux, animal antédiluvien qui regarde passer les hommes et leur drôle de comportement.
Un film un peu pesant, un peu déprimant, esthétiquement parfait sinon… !
A noter la procession des canots sur le fleuve, fabuleuse image….que j’ai aussitôt associée dans mon esprit au morceau de Noir Désir « Le fleuve », pas vraiment de rapport avec les paroles, non juste une question d’ambiance….Sombre !
CritiKat.Com "..Mihail et sa sœur Fauna se rapprochent physiquement jusqu’à effleurer l’inceste – on ne saura jamais s’il est réellement commis – sous l’œil peu amène des juges du village, une population plus déviante que les deux “amants” puisqu’elle n’accepte aucun dépassement, aucune sortie de son îlot de non-droit. Kornél Mundruczó explore bien davantage la déviance morale d’un pays que la déviance sexuelle d’un couple peu commun : étonnant de simplicité, son regard n’est ni moralisateur, ni complaisant. Il laisse ses personnages se débattre dans la tranquillité d’une terre ceinte d’eau..."
Le Monde.Fr - "Delta" : à l'embouchure du Danube, un conte qui a la force d'un mythe

09 mars 2009

Harvey Milk - Réalisation de Gus Van Sant.


Harvey Milk
Réalisation de Gus Van Sant.
Avec Sean Penn (Harvey Milk), Josh Brolin (Dan White), Emile Hirsch (Cleeve Jones) James Franco (Scott Smith), Victor Garber (George Moscone), Diego Luna (Jack Lira), Allison Pill (Anne Kronenberg)...

Titre original Milk - Etats-Unis

Oscars 2009 :
Meilleur Acteur pour Sean Penn Meilleur scénario original pour Dustin Lance Black.

Aperçu :
Le film retrace la véritable histoire des huit dernières années de la vie de Harvey Milk. Dans les années 1970, il fut le premier homme politique américain ouvertement gay à être élu à des fonctions officielles à San Francisco, en Californie. Son combat pour la tolérance et et l'intégration des communautés homosexuelles lui coûta la vie. Son action a changé les mentalités et son engagement a changé l'histoire.
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Des images d’archives, années 50 sans doute, des hommes qui se cachent le visage menottés comme de vulgaire malfrats sont embarqués par la police, leur crime, leur orientation sexuelle.
Ainsi s’ouvre ce film, avant de basculer vers la couleur, vers la rencontre entre Harvey et Scott (James Franco) là dans un couloir de métro. Coup de foudre et départ pour San Francisco, les années hippies riment avec libération sexuelle et pour Harvey et son compagnon le début d’une sacré révolution, d'un amour puissant aussi. Là le" 575 Castro St." va devenir le port d’attache de tout la population homosexuelle de San Francisco .


Gus van Sant met en image le combat d’Harvey Milk et son entourage. Du petit local va démarrer un véritable mouvement, pour l’emmener un homme au charisme extraordinaire Harvey Milk, pour l’incarner un acteur tout aussi extraordinaire Sean Penn formidable, pétillant, fragile et fort à la fois, transcendé par son destin , une histoire vraie, un combat ordinaire car juste. Et là le talent de GVS fait mouche, il filme avec véracité, sans gros effet, sauf parfois quelque ingénieuse trouvaille, les coups de téléphone en cascades qui peu à peu envahissent l’écran de leur multiples couleurs, tout comme ce final, cette immense procession, ce fleuve de lucioles !
Ce film traversé par un casting impeccable, atteint son but raconté fidèlement ce destin helas tragique mais qui annonça le début d’un changement considérable.
Mais aujourd’hui encore le chemin vers une véritable tolérance doublé d’une égalité des droits semble encore bien loin. Et fréquemment certains dressent encore des murs au nom de principes périmés, de religions étriquées obsolètes ou simplement au nom de la bêtise et des œillères qui peuvent être les leurs !
Quand à l’impact du film, ce biopic, aussi forte soit l’émotion, l’empathie qu’il engendre, il lui manque peut-être la force d’un véritable électrochoc, de ces films qui vous laissent à genoux, le souffle coupé et des interrogations plein l’esprit, forçant le spectateur à une véritable et parfois douloureuse remise en question.
Mais je le dis et le redis Gus van Sant , Sean Penn , James Franco ,Emile Hirsch méritent que vous passiez les voir !
Excessif.Com "..Dans un souci historique, Gus Van Sant a utilisé des images d'archive, parfois retouchées avec la complicité des acteurs, pour situer le contexte. ... De manière plus générale, le cinéaste rend une culture underground accessible à un public lambda. Le discours de Milk évolue dans le même sens : son combat stigmatise toutes les formes d'exclusions. Afin que Harvey Milk ne soit pas résumé à un symbole désincarné, Gus Van Sant s'intéresse autant à son parcours politique que sentimental, à la façon dont son engagement (plaider pour les minorités qui n'ont pas les moyens de s'exprimer) prend le pas sur une vie personnelle plus floue
CritiKat.Com "...Gus Van Sant a la finesse de mettre en scène son protagoniste sans surenchérir son héroïsme, l’interprétation qu’en fait Sean Penn (dont la prestation vient d’être récompensée d’un Oscar) nous faisant en outre pleinement adhérer au personnage, crédible et émouvant, et en conséquence, au film qu’il porte..."
Le Monde.Fr - "Harvey Milk" : icône gay révélée par Sean Penn (et je rajouterai Gus Van Sant)

Boy A - Un film de John Crowley


Boy A
Un film de John Crowley
Avec Andrew Garfield, Alfie Owen, Katie Lyons, Peter Mullan, Taylor Doherty, Shaun Evans, Anthony Lewis, Siobhan Finneran, James Young, Skye Bennett, Victoria Brazier, Madeleine Rakic-Platt
Festival du film britannique de Dinard 2008 :
Grand Prix du jury,
le prix du Public,
le prix du Meilleur scénario
Meilleure photographie.

Synopsis
À 24 ans, Jack a passé presque toute sa jeunesse en prison. Relâché dans un univers d'adulte parfois déroutant, Jack a une nouvelle identité, un nouveau boulot, un nouveau foyer, une nouvelle vie. Mais l'anonymat est à double tranchant, car Jack se voit obligé de cacher aux personnes qu'il apprend à connaître et à aimer, son passé et le crime monstrueux qu'il a commis étant enfant ...
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Peut-on adulte échapper à son passé. Ce dernier si lourd, qu’il a fait d’un enfant un criminel. Acte odieux certes mais dans quelle mesure le presque encore enfant influençable en avait-il conscience ?
Mais ce n’est pas cette question qui aujourd’hui nous est posée. Si nous revivons par de fréquents flash-back, presque trop net, les faits, l’engrenage ayant conduit à la tragédie. Retours en arrière trop nets et aussi trop nombreux peut-être, à moins qu’il ne faille y voir une marque indélébile laissé dans la mémoire de Jack. Témoin ce rêve qui revient le hanter, son compagnon d’alors et son tragique destin.
Un film sur le signe d’une culpabilité inoubliable ? Non absolument pas, car jack, son nouveau prénom, guidé par Terry (l’inoubliable Peter Mullan de « My Name is Joe » de Ken Loach), magistral éducateur accompagnateur pour ce retour à la vie hors barreaux, prend petit à petit et même assez rapidement ses marques dans sa nouvelle vie, en fait la même qui continue sous une autre identité, ce jeune homme qui a tout à découvrir. Là est sa vrai renaissance, son travail, ses amis, la découverte des substances chimiques. Sublime séquence où l’esprit se déchaine et se manifeste par la dance, on croit voir Ian Curtis de Joy Division..
Des amis, une petite amie qui s’invite dans sa vie, début d’une tendre et douce love story puis ce sauvetage, presque improbable, sur la route, cette fillette miraculée. Ce geste impossible de ne pas y voir un rachat, une véritable rédemption. Cet acte fera de lui un heros local et ce qui aurait du le mettre en paix avec lui-même, avec le monde, parce qu’un autre gamin, que le père a trop longtemps ignoré va finalement tout bouleverser.
John Crowley filme avec justesse, avec une certaine tendresse cette jeunesse, cadre ses personnages avec attention. Il capte Terry qui reconstruit un môme encore légèrement vacillant sans voir le sien. Ce dernier qui souffre d’être ainsi délaissé au point de..mais chut..
Mettons simplement les mots.. tabloïds, …de ceux qui conduisent à l’abattoir !
CritiKat.Com "..Le jeune acteur prend certainement son envol sous la direction de John Crowley dans le rôle-titre, à hauts risques, de ce sombre Boy A. Une interprétation remarquable pour un film difficile, sans faux-semblants, et moralement audacieux..
Excessif.Com "...Le soin apporté à développer le sens de la fraternité de Jack et son attachement à ses proches parviennent alors à nous offrir un portrait quasi complet de cet homme énigmatique, dont l'ultime blessure, impossible à guérir, est au final le seul trait pouvant le caractériser. Comment oublier son passé quand son existence s'est construite autour de multiples traumatismes ?

08 mars 2009

Pour Un Fils - Un film de Alix de Maistre

POUR UN FILS
Un film de Alix de Maistre
Avec Olivier Gourmet, Miou-Miou, Kevin Lelannier, Josse De Pauw, Laurent Capelluto

Synopsis
Depuis l'enlèvement de son fils, Toni, dix ans plus tôt, Catherine(Miou-Miou) tente peu à peu de se reconstruire. Elle vit seule avec son petit dernier, Hugo, âgé de 8 ans. Un soir, Omer(Olivier Gourmet), le policier qui a mené l'enquête sur la disparition de Toni, vient lui rendre visite. Comme elle, il semble encore hanté par le drame... Un jeune homme(Kévin Lelannier) vient d'être découvert mystérieusement. Il prétend être le fils de Catherine et n'a qu'un seul désir : retrouver enfin sa mère...
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Cela commence comme un thriller, sombre. Là dans la nuit un ado se marque le corps, le visage de coups, s’inflige une longue station, nu dans le froid, marche pied nus aussi avant de s’introduire dans une habitation. Là où Catherine(Miou-Miou) ressasse depuis des années déjà la disparition jamais éclaircie de son fils Toni. Depuis son couple a explosé, seul trait d’union leur second enfant, Hugo huit ans, maintient sa mère à flot.
Quand celle-ci abandonne son fils à la garde de son père le temps d’un week-end, elle se retrouve seule, face à des photos et des archives de presse, d’un autre temps celui où Toni était là !
Quand l’angoisse est trop grande, quand elle sent comme une présence roder autour de chez elle, elle appelle l’officier Omer (Olivier Gourmet) qui aussitôt accourt. Lui qui a suivi et faute de résultat fut obligé de classer l’enquête.
Ce film étrange rapidement révèle pour le spectateur l’imposture, mais pour la mère, le père, que l’idée certainement effleure, face à ce nouveau choc, sont-ils aptes à y voir clair, à discerner le vrai du faux et ne préfèrent- ils pas prendre leur désir pour une réalité ?
Ce policier soucieux, perméable(trop ..) à la souffrance d’une mère, d’une femme, lui qui porte seul à bout de bras un frère déficient et sévèrement handicapé qu’il aime plus que tout, n’anticipe-il pas trop en remettant ce jeune à sa famille sans attendre les résultats d’un test ADN devant confirmer l’identité du « recueilli » ?


Assez bien interprété cette petite histoire se déroule soulevant dans nos imaginaires maintes questions, qu’y aura-il au bout ? D’autant plus efficacement si comme moi on voit ce film sur la foi des noms à l’affiche et sans rien connaitre de l’histoire et de son origine.
Bref voila une première œuvre certes un peu maladroite, qui me semblait sans doute inaboutie, mais je n’ai appris que plus tard que le scénario reposait sur un authentique fait divers et cela change un chouia l’optique. par ailleurs quelques jours plus tard le film continue son travail de fond, ne préférons nous pas parfois un bon mensonge à une cruelle vérité ?
Excessif.Com "..Ainsi, le spectateur s'identifie obligatoirement à ces personnages, et se demande, tout au long du film, comment lui aurait réagi en de telles circonstances. C'est dans cette optique que cette oeuvre effraie véritablement. La justesse des apparences vous glace le sang, au point finalement de n'être jamais sûr à cent pour cent de ce qui se passe à l'écran. Cet enfant est-il celui que tout le monde espère depuis des années ou s'agit-il d'un remarquable manipulateur ?.."
CritiKat.Com "..Mais l’excès de pudeur et de retenue dont fait preuve Alix de Maistre étouffe autant l’émotion qu’il désamorce le thriller : son œuvre, en restant à la surface des êtres et des événements, peine à explorer les abîmes qu’elle a su laisser entrevoir.."
Le Monde.Fr risque un bref parallèle avec L'Echange" de Clint Eastwood , oui on peut y songer !
Le Monde.Fr "Pour un fils" : ...et pour une mère

En savoir un peu plus sur l'origine de l'histoire avec Wikipedia..ensuite à vous de creuser !

04 mars 2009

Bellamy - Un film de Claude Chabrol


Bellamy
Un film de Claude Chabrol
avec Gérard Depardieu, Clovis Cornillac, Jacques Gamblin, Marie Bunel, Vahina Giocante ...
Synopsis
Comme chaque année, le commissaire Paul Bellamy vient séjourner à Nîmes dans la maison de famille de sa femme Françoise qui rêve de croisières au bout du monde... Paul ne peut se passer de Françoise mais il déteste les voyages. Un double prétexte le cloue sur place : l'arrivée inopinée de Jacques son demi-frère, un aventurier à la petite semaine porté sur la bouteille, et
l'apparition d'un homme aux abois qui réclame sa protection. Dans son désir emphatique d'aider les uns et les autres, si possible en restant sur place, Paul leur consacrera son temps et ses efforts. Sa curiosité naturelle à enquêter y trouvera son compte. Sa position de frère aîné lui donnera davantage de fil à retordre...
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Chabrol se sert d’un fil tenu, d’un semblant d’intrigue policière pour dresser, ici dans le pays nimois, le portrait de deux frères que tout semble opposer !
la délicieuse présence de Françoise (Marie Bunel), compagne de Bellamy, imposant Depardieu. Homme curieux, de la chair, de la bonne chère, des hommes et de leur qualité comme de leur travers, reniflant même en vacances tel un bon chien policier, irrésistiblement attiré par l’étrange !
Elle vient toquer à sa porte cette bizarroïde affaire. Pas vraiment convaincante, suffisante pour remuer le bon flic.


C’est pourtant intra-muros que le film se joue, l’arrivée du frère, intenable, pas recommandable, mais remarquable Clovis Cornillac dans le rôle du jeune frère, qui semble avoir hérité de tous les vices. Caïn et Abel revisité, par-dessus tout cela Chabrol semble s’amuser. Associer au flic vertueux, enfin presque, un frère dépravé et secrètement meurtri, en marge le personnage de Gamblin escroc à l’envergure insuffisante, sa personne sème le doute..Jusqu’à la fin et bien plus encore peut-être.
Jusqu’à ce procès où jamais plaidoirie ne fut si épique, désopilante. ..Dans l’ère du temps, la période n’est elle pas aux comédies musicales et autres intermèdes musicaux ?
Comme souvent toute une galerie de portrait, de la caissière de brico-dépot à l’esthéticienne aguichante, au couple d’amis arrivés, gays et bien sympas, voila une petite fresque de portrait signés Chabrol, l’ensemble est assez délicieux.
Mais c’est dans cette villa, entre ces trois personnages Françoise mais surtout Bellamy et son frangin que la pièce se joue. ..Jusqu’à cette fin..Mais Chutt !!!
CritiKat.Com "..Bellamy est un projet ambitieux, et il faudrait plusieurs films pour en épuiser toutes les potentialités et tous les personnages. Chabrol résout ce problème en abandonnant le réalisme au profit d’une approche théâtrale qui lui ouvre de nouvelles possibilités..."
Le Monde.fr - "Bellamy" : le cauchemar du commissaire
"Bellamy" : le cauchemar du commissaire
Vu de Chez Lo : "Un cru pas exceptionnel mais pas mal non plus !"

The Wrestler - De Darren Aronofsky


THE WRESTLER

Un film américain de Darren Aronofsky
avec Mickey Rourke, Marisa Tomei, Evan Rachel Wood, Judah Friedlander, Ajay Naidu ...
Golden Globe 2009 du meilleur acteur dans un film dramatique pour Mickey Rourke Meilleure chanson pour "The Wrestler" (Musiques et paroles de Bruce Springsteen) Bafta 2009 du Meilleur acteur pour Mickey Rourke


Synopsis
Dans les années 1980, Randy «The Ram» («Le Bélier») Robinson était une star du catch professionnel, mais il est peu à peu redescendu de son Olympe. Pendant un match sans envergure, il endure une crise cardiaque ; un médecin lui explique qu'un autre combat lui serait fatal. Il décide alors de se ranger définitivement, prend un petit boulot dans la restauration,frequente une strip-teaseuse vieillissante qui lui conseille d'essayer de renouer avec sa fille....
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Un scénario assez basique, le lutteur, le catcheur star des rings vieillissante doit victime d’un infarctus quitter les cordes et se reprendre en main. Oublier tous les abus, produits dopants, machines chimiques à gonflettes et à risques. Quitter la scène car s’il s’agit bien d’un sport, ici tout n’est que spectacle, requérant force et souplesse, et coordination entre les deux adversaires face à un public de plus en plus exigeant, de plus en plus avide de sensations fortes. Comme dans certaines émissions télévisées, les jeux du cirque reviennent. ;on peut se le demander et avec eux l’obscurantisme aussi !!
Bref ! Un mobile home comme unique logis, et encore lorsqu’il arrive à payer son proprio, sinon il ne lui reste que son van, Randy doit doubler son quota d’heures au magasin qui l’emploie. Il soigne sa solitude dans un bar topless, nouant des conversations monnayés avec Cassidy (Marisa Tomei).Sur les conseils et l’insistance de cette dernière il reprendra contact avec sa fille Stéphanie (Evan Rachel Wood), une jeune femme à présent.
Il l’avait abandonnée en même temps que sa mère, revenir vers elle, se faire accepter, pardonner. ..de là découlera tout l’aspect sentimental, déchirant du film. ..trop important pour que je vous en dise plus..
Trop peu aussi car il me semble que cela aurait gagné à être un peu plus développé, ici en un round le match est expédié.
Et The Wrestler n’est pas bien armé pour la vie, en payera-il le prix fort ?
Voilou Mickey Rourke accomplit d’une assez belle manière son retour au cinéma et souhaitons lui d’autres projets, d’autres rencontres comme celles qui lui font croiser la route de Evan Rachel Wood et Marisa Tomei !
CritiKat.Com "...comment surmonter cette surcharge pondérale, ces muscles gonflés aux stéroïdes et ces fictions « énormes » – la chorégraphie des coups, le déroulement du combat – qui plantent toujours le même décor sans laisser la moindre place à un autre scénario possible, venu de l’extérieur ? The Wrestler trouve une réponse : en attaquant le catch par la voie dont on en sort (le corps usé, l’esprit aliéné), par sa pente descendante..."
Excessif.Com "...Tout dans la trajectoire de Mickey Rourke respire une telle tristesse et un tel sentiment d'échec qu'on ne peut pas contenir son émotion. Le poids du corps déformé par les années, l'extinction de toute grâce, la terrifiante mortalité de la star bouleversent..."
Le Monde.Fr "The Wrestler" : la passion d'un catcheur décavé, la rédemption de Mickey Rourke
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