28 mars 2011

Dans le collimateur des Irréductibles !

On guettera avec envie et attention
Et pour continuer à faire bonne figure
Nous Princesses de Clèves

Un film de Régis Sauder

Sortie nationale le 30 mars 2011

27 mars 2011

Cirkus Columbia - de Danis Tanovic.

Cirkus Columbia
(Bosnie-Herzégovine, 2010) 
Réalisation de Danis Tanovic.

Scénario de Danis Tanovic & Ivica Dikic
D’après le roman Cirkus Columbia d’Ivica Dikic.
Interprétation : Miki Manojlovic (Divko Buntic), Boris Ler (Martin Buntic), Mira Furlan (Lucija), Jelena Stupljanin (Azra), Milan Strljic (Ivanda), Mario Knezovic (Pivac), Svetislav Goncic (Cpt. Savo)...

Synopsis

Bosnie-Herzégovine - 1991. A l'effondrement du communisme, Divko revient dans son village après 20 ans d'exil à l'ouest en compagnie de la jeune et séduisante Azra qu'il compte épouser, le chat noir Bonny et les poches remplies de Deutschemarks. Il entend retrouver tout ce qu'il a laissé et plus particulièrement son fils Martin qu'il n'a jamais connu.

Mais personne ne s'attendait à son retour et Bonny ne semble pas se plaire dans ce nouvel environnement...
Bref, en 20 ans, les choses ont quand même changé et le retour de Divko ne s'avère pas être celui auquel il rêvait.
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Cirkus Columbia
Voici l’histoire d’un vieux matou de retour au pays, les poches pleines de Deutschemarks, de quoi acheter plein de pâté pour chat, c’est qu’il le bichonne son matou, avec un rien de superstition ! Quasi à la rue avant de tomber sur ce malheureux greffier, c’est alors que la roue a tournée § Depuis il roule dans une robuste Mercedes promène à son bras une poupée blonde très alléchante et veille scrupuleusement sur sa majesté le chat, symbole coïncidant avec sa nouvelle réussite. Vingt années d’exil, le retour sur la terre natale officiellement pour régler les papiers du divorce avec son ex, mais aussi découvrir ce fils qu’il n’a dans sa fuite pas eu le temps de connaitre.
Divko Buntic (remarquable Miki Manojlovic)débarque dans son ancien vilage comme un américain en visite, les poches pleines à craquer, l’attitude ostentatoire, celle de celui qui a une revanche à prendre. Il est ici chez lui, même après vingt ans d’absence, n’a il pas soutenu le parti de la municipalité actuelle, allant semble il jusqu’à leur acheter des armes, bref l’américain teuton est ici chez lui, faire expulser son épouse et par la même son fils par la police locale ne le gene nullement, parader dans les rues, dans le plus pur style bling-bling non plus, non la situation ne se dégradera réellement qu’avec la disparition du chat, la mascotte, le talisman, mettant l’homme aux abois, presque à genoux.
tandis qu’aux alentours de légers signes semblent évoquer une montée de la température, les infos diffusent des images de guerre, les tensions internes dans le village s’exposent…et pendant ce temps le fils de notre héros , grand gamin trop vite poussé, radio amateur passionné, parcourt le village en compagnie de sa jeune  et peut-être future belle-mère. l’été est brulant, les bains dans la rivière tentant, les nerfs sont aussi à fleur de peau. Ne voit on pas les deux amis d’hier, adeptes tous deux de radio et de baignades se disputer et se battre, innocemment d’abord avant que la situation ne s’envenime…balbutiements  d’une guerre annoncée.
Danis Tanovic réalise une chronique de prime abord presque intimiste, reconstituant la vie d’un petit bourg presque tranquille, traversé par les péripéties d’un village presque comme les autres, mais ici le passé à déjà laissé des traces et l’avenir qui se présente ressemble de plus en plus à un ciel qui se couvre…les victimes ne seront pas tout à fait les même, quoique, mais ceux qui hier avait fuit leur destin seront bien présent, ensemble nous disent-ils et chez nous quoi qu’il advienne !
Le manège de la vie tourne alors que retentissent les premières déflagrations, bien assis, Divko et Lucija profitent d’une peut-être dernière récréation après tant de temps perdu !
Voguant vers l’ouest deux autres jeunes tourtereaux s’en vont construire leur nid…pour un jour peut-être revenir au pays !

Voila Danis Tanovic signe un film en tous points remarquable  et si comme entendu de ci de là on lui reproche d’avoir trop développé le coté romance de son œuvre au détriment de l’aspect du conflit qui déjà germer,   montrer qu’avant d’être un champ de fureur et de ruines régnait  ici une fragile mais bien réelle pourtant tranquillité. Oui cela méritait d’être souligné !
Avant que les hommes frères d’hier, ennemis d’aujourd’hui ne l’enfouisse dans le sang et la boue !
« Errare et débilitum humanum est »…je vous dis !
Voilà un film chaudement recommandé ! Coup de Cœur !

L'Express.Fr - Cirkus Columbia, le retour aux racines de Danis Tanovic
"...Très inspiré (sûrement par des souvenirs), Danis Tanovic tisse sa propre toile sans emprunter la cocasserie d'un Kusturica. Mieux, l'humour vient du réalisme et la tristesse de l'excès. Miki Manojlovic, qu'on avait l'habitude de voir en chien fou chez Kusturica, trouve ici des accents de vérité et de maturité, et l'un de ses plus beaux rôles."..."
Critikat.Com "...La toile de fond sur laquelle Cirkus Columbia se raconte dégage un intérêt bien supérieur à la trame elle-même. L’intrigue amoureuse développe des ficelles assez convenues, et on regrette parfois que la pierre angulaire du récit soit le jeune Martin et ses doutes de fin d’adolescence. Sa mère, pourtant au second plan, fait face à la barbarie qui se répand, la violence qui dort et peu à peu se réveille, l’équilibre de la paix qui se désagrège irrémédiablement. Elle est le dernier témoin lucide de cette transition dramatique, s’obstinant jusqu’à la fin à ne pas croire que les pompistes puissent devenir des assassins. Pendant ce temps là, son fils se baigne à la rivière, où les hanches de sa belle-mère nourrissent copieusement ses fantasmes...."
Le Monde.Fr - "Cirkus Columbia" : retour d'exil dans la Bosnie de 1992
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The Adjustment Bureau ( L'Agence) - De George Nolfi

L’Agence
(The Adjustment Bureau, États-Unis, 2010)
Réalisation de
George Nolfi
 Scénario : George Nolfi d’après la nouvelle Adjustment Team (Rajustement) de Philip K. Dick.
 Interprétation : Matt Damon (David Norris), Emily Blunt (Elise Sellas), Terence Stamp (Thompson), John Slattery (Richardson), Anthony Mackie (Harry)...

synopsisSommes-nous maîtres de notre destin ? Ou sommes-nous manipulés par des forces invisibles ? David Norris entrevoit l'avenir que le Sort lui réserve et se rend compte qu'il aspire à une autre vie que celle qui lui a été tracée. Pour y parvenir, il va devoir poursuivre la femme dont il est tombé follement amoureux, à travers les rues de New York et ses réseaux souterrains.David Norris est un homme politique ambitieux qui s'apprête à siéger au Sénat quand il fait la connaissance d'une éblouissante danseuse étoile, Elise Sellas. C'est le coup de foudre, mais David s'aperçoit rapidement que de mystérieux hommes conspirent à le séparer de l'objet de son affection.Il prend conscience que ses adversaires ne sont autres que les agents du Sort lui-même - les hommes de L'Agence - qui feront tout ce qui est en leur pouvoir pour empêcher son union avec Elise. Face à une adversité écrasante, David doit choisir entre perdre l'être aimé et accepter le destin qui lui est dicté ou tout risquer pour défier le Sort et conquérir Elise.
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 "Reality is that which, when you stop believing in it, doesn't go away."
(La réalité est cela qui, quand vous cessez de croire à elle, ne part pas) - Philip K. Dick
L’Agence, il a suffit de trois critiques emballées, entrevues, ouïes plutôt sur une chaine privée pour que mon premier film de la journée soit celui-ci . Pas bien au courant de ce qui m’attendait mais là réside tout le piquant et le charme de la découverte. Matt Damon constitue il est vrai une valeur sure et sa prestation dés le départ en homme politique nouveau style, presque nouvelle vague convainc et s’il n’évite la bourde , remontée d’un passé pas si lointain, cela nous semble étrangement familier habitué que nous sommes de voir les vies des candidats et futurs  gouvernants passés à la moulinette, passé épluché à la recherche de la moindre caballe. Et elle figure ici sous la forme encore une fois très actuelle ,une photo potache, sur un postérieur de futur sénateur, à l’heure du 3W vous en comprenez tout l’interet ou le désagrément c’est selon !
Et l’homme donné gagnant pour un cul dévoilé se retrouve dans la position de l’outsider, battu, contraint de modifier un chant de victoire en discours de défaite avec malgré tout une promesse de revanche ! Alors qu’isolé dans les toilettes spacieuses et luxueuses du grand hôtel de campagne, il déclame à voix haute son allocution : excuses et promesses de futur combat, apparait face à lui curieusement tapie dans les toilettes pour hommes une bien agréable créature, bouteille de champagne à la main et une langue bien pendue, une jeune et jolie demoiselle, jouant au jeu de l’incruste ,discipline qui consiste à s’inviter dans des cérémonies, de mariage notamment auxquelles vous n’avez jamais été convié, ..et à ingurgiter max de petits fours et coupes de bons vins pétillants avant généralement de vous faire virer avec perte et fracas !
A cette première rencontre, écoutée par la sécurité de l’hôtel, il faudra le hasard, le destin, d’un bus pour que nos deux tourtereaux se retrouvent à nouveau. Quoi de plus hasardeux qu’in coup de foudre, quoi de plus aléatoire qu’une encontre amoureuse. Cette dernière devrait suivre un court tout à fait ordinaire, amours et péripéties amoureuses ? oui mais le hasard ici obéit à de drôles de régles, le hasard, le destin semble être chapeauté par d’étranges membres d’une agence aux fonctions et pouvoirs bizarres.


Entre une ascension vers les plus hautes sphères de l’état pour David Norris  (Matt Damon) et son irrésistible attirance pour Elise Sellas (Emily Blunt) , l’agence entrevoit une incompatibilité totale. Quand par un pur hasard (mais en est-ce vraiment un ?) David découvre l’existence presque irréelle car difficilement concevable de L’agence, il ne peut en parler à quiconque, qui le croirait…
Une première puis une seconde tentative pour s’opposer à eux , mais toujours tel un boomerang la menace revient, l’affectant lui puis Elise, son tendon d’achille, pour elle, il l’oubliera ou feindra de la rayer des ses pensées, encore une illusion…
Finalement l’espoir viendra de là où on l’attend le moins, l’opposant d’hier l’allié d’aujourd’hui…et si tout cela avait un sens …
Rentré dans ce cinéma, l’esprit libre de tout à priori sur ce que j’allais voir, les premiers effets visant à déformer la réalité, à la manipuler, et un gros et grand tilt se faisait dans mon esprit, là régnait  la patte du maitre (du haut château ) Philip K.Dick ! En effet qui d’autre peut-aussi bien vous emmener dans un univers où la réalité tangue, oscillant entre vision paranoïaque ou schizophrénie, où le tangible se dérobe, vous laissant seul égaré. K .Dick excelle dans la mise en place de ces univers mentaux le plus souvent  fruit de longues et propres expériences, d’une observation aigue des failles et des doutes des humains. K . Dick ancre  ses histoires sur la ligne fragile entre le réel et le pas que l’on peut faire pour sortir de celui-ci !
Ainsi de David Norris, suffisamment lucide pour savoir ne pas pouvoir être pris au sérieux, mais qui mu par l’amour fera voler en éclat le miroir ( smash the mirror !)..Oui un film pas vraiment majeur, mais gouter une adaptation de Philip K.Dick  est une chose bien trop précieuse pour que l’on fasse la fine bouche surtout quand l’ensemble s’avère être plus qu’honorable !
CritiKat.Com "...Adapté d’une nouvelle de Philip K. Dick (décidément une vraie banque d’idées pour le cinéma américain), L’Agence met en scène un ancien candidat au Sénat qui découvre que sa vie est coordonnée par une étrange agence, manipulant à l’envi les destins de l’humanité. Entre conspirationnisme effréné, quête de liberté et romance à l’eau de rose, le film a du mal à trouver un équilibre scénaristique malgré un jeu d’engrenages malins et des trouvailles visuelles pertinentes...."
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14 mars 2011

Fighter - De David O.Russell

 Respectueux des codes immuables des grandes sagas de la boxe, David O. Russell raconte avec brio le retour inattendu d'Irish Micky Ward (Mark Wahlberg) entraîné par son demi-frère Dicky Eklund (Christian Bale).
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Fighter 
(The Fighter, États-Unis, 2010)
Réalisation de 
David O. Russell

Scénario : Scott Silver, Paul Tamasy et Eric Johnson,
sur une histoire de Keith Dorrington, Paul Tamasy et Eric Johnson.
Image : Hoyte Van Hoytema (Morse)
Interprétation : Mark Wahlberg (Micky Ward), Christian Bale (Dicky Eklund), Melissa Leo (Alice Ward), Amy Adams (Charlene Fleming), Jack McGee (George Ward), Mickey O’Keefe (lui-même)...

Oscars 2011 du meilleur acteur dans un second rôle pour Christian Bale
Oscars 2011 de lameilleure actrice dans un second rôle pour Melissa Leo


Synopsis
Micky Ward est un jeune boxeur dont la carrière stagne. Il va rencontrer Charlene, une femme au caractère bien trempé, qui va l'aider à s'affranchir de l'influence négative de sa mère, qui gère maladroitement sa carrière, et de ses sœurs envahissantes. Son demi-frère Dicky Eklund, lui, a connu la gloire sur le ring, il y a bien longtemps. C’était avant qu’il ne sombre dans la drogue, avant son séjour en prison. Entre le sportif en quête d’un second souffle et l’ex-toxico, il y a longtemps que le courant ne passe plus. Trop de non-dits, d’échecs et de souffrances. Pourtant, parfois, les hommes changent, et Micky et Dicky vont peut-être avoir ensemble, la chance de réussir ce qu’ils ont raté chacun de leur côté…
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Fighter
Evidemment au premier plan, en filigrane figure la boxe mais fort heureusement elle n’accapare pas tout l’écran, loin s’en faut !
Bien sur  il s’agit d’un biopic, inspiré car remarquablement adapté, de l’histoire des frères Ward, mais plus encore car se greffe sur l’histoire de ces deux frangins, demi-frères pour être précis, celle de leur famille et de la petite ville qui les a vu grandir Lowell, cité industrielle textile à l’agonie dans le Massachussetts.
Ce film parvient avec une redoutable efficacité à nous emmener sur les pas des deux frères, l’un Dicky Eklund qui connut une relative et courte heure de gloire surfe sur son aura locale et sur une tchatte à toute épreuve mais s’oublie trop fréquemment dans les volutes de crack (formidable Christian Bale) faciès émacié du drug-addict et élocution survoltée. Censé entrainer son frangin Micky (Mark Wahlberg) ses absences à répétitions sont sources de problèmes. Micky qui entre deux entrainements  bosse comme cantonnier (voir la splendide séquence d’ouverture, le balai-râteau raclant les graviers, plan au ras du sol  avant d’élargir le champ jusqu’au deux frérots et d’emprunter la rue principale élargissant celle-ci jusqu’à son point de fuite, images d’une petite cité américaine, elles seront nombreuses et toutes forts  justes et à propos ces images superbes que nous devons  au  responsable de la photographie Hoyte Van Hoytema (Morse) .
Pour chapeauter le tout ,la mère Alice Ward (Melissa Leo),  clamant les louanges du frère ainé et son (ancienne) gloire, véritable tiroir caisse de la famille, elle manage et parle bizzness tant bien que surtout mal, envoyant son cadet dans des combats merdiques et n’hésitant pas à le faire boxer dans une catégorie qui n’est pas la sienne , l’envoyant ainsi véritablement au casse-pipe.
Qu’il proteste et l’on évoque l’esprit de famille, l’ex-gloire du frère. Pourtant après une sévère défaite dans un combat par trop inégal, Micky va remporter un autre défi, aborder une bien  jolie barmaid, obtenir un rencard et de séance de ciné (imparable le cinéma d’auteur français) en rendez-vous, se trouver une allié dans cette fille lucide et déterminée. Charlene (Amy Adams) va lui ouvrir les yeux(et son cœur...et son lit..), le réveiller, l’émanciper, bousculer la famille …


Le film de David O. Russell  restitue à merveille une  certaine Amérique, les décors  et la photo fantastique créent  une ambiance très réaliste ou du moins qui semble telle pour ceux qui comme moi ne connaissent les states qu’en images ! Il faut voir ce cinéma, ce bar, et cette maison à crack d’où Dicky s’évacue presto chutant de deux étages sans problèmes atterrissant toujours sur le  même tas d’ordures.
Fighter reste un film sur la boxe, mais que dire de cette histoire d’amour, que dire de la dégringolade du frangin et sa possible rédemption, enfin toute cette galerie de personnages, ceux qui font la vie d’une petite cité, où le shérif  endosse la tenue d’entraineur-soigneur  assistant par exemple .
Fighter ménage son lot de suspense et constitue en cela un film prenant et malgré les coups rempli d’humanité ! Les amateurs du « noble art » apprécieront eux le combat final et même si l’on nous a maintes fois fait le coup force est de reconnaitre que cela marche toujours !!!


Fighter offre enfin de magnifiques numéros d’acteurs, ceux qui furent primés, Christian Bale évidemmentstupéfiant ! Melissa Leo prête à faire le coup de poing ou de talons aiguille à la tête de sa bande de harpies ! Et ceux qui ne le furent pas, Mark Wahlberg  sans doute victime du choix cartésien qu’il fallut faire face à Bale ! Et puis pour sa jolie frimousse mon petit oscar du joli sourire ira à Amy Adams bien sur !
Oui voila un film fort bien agréable, de par son sujet mais d’autant plus de par l’univers qu’il nous fait pénétrer, une plongée in America le tout emmené par une troupe d’acteurs au top de leur forme !
Allez je glisse une pièce dans le juke- box et tout à l’heure j’irai trainer mes guêtres du coté du boxing-club, à moins que j’me fasse un bowling (tiens si le Duke était par là ) …

CritiKat.Com "...e film se distingue par une relative et peut-être trompeuse économie de moyens, qui mêle style documentaire et codes du ciné indé, privilégiant caméras portées ou steadicam, du moins dans ses séquences "socio-dramatiques" ; plus inédites que la parabole du champion qui se relève, ces dernières rognent donc (comme sa famille) sur la reconquête de Micky, quand bien même les combats, cadrés par les équipes de HBO (pas des inconnus pour Wahlberg), atteignent une vérité pas si fréquente. S’adjoignant le talent du directeur photo de Morse, Russell étouffe l’esbroufe et développe son élégant réalisme, servi par des interprètes pas toujours subtils mais souvent bluffants. Il touche ainsi dans ses moments les plus réussis à la simplicité émouvante,...."
Le Monde.Fr - Entre réel et fiction, le cinéma vainqueur aux points


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12 mars 2011

Jimmy Rivière - De Teddy Lussi-Modest

Jimmy Rivière
Réalisation de 
Teddy Lussi-Modest

Scénario de  
Rebecca Zlotowski & Teddy Lussi-Modeste

Interprétation : Guillaume Gouix (Jimmy Rivière), Béatrice Dalle (Gina), Hafsia Herzi (Sonia), Serge Riaboukine (José)...

Synopsis
Jimmy Rivière est un jeune Gitan, solaire, nerveux, parfois trop. Sous la pression de sa communauté, il se convertit au pentecôtisme et renonce à ses deux passions : la boxe thaï et Sonia.
Mais comment refuser le nouveau combat que lui propose son entraîneur ? Et comment résister au désir si puissant qui le colle à Sonia ?
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Jimmy Rivière
Aujourd’hui Jimmy fait son entrée dans le monde de Jésus. Là au milieu de ce grand rassemblement (impressionnant) des voyageurs, des caravanes rutilantes en veux tu en voila, un immense chapiteau destiné aux sermons du pasteur et à tous ceux qui sont là pour l’écouter, ces prêches assénés avec la ferveur d’un marchand de foire !
Aujourd’hui Jimmy dénonce ce qui était sa vie hier, sa violence bien qu’en partie canalisée grâce la pratique de la boxe thaï, ses soirées de débauches et beuveries en tout genre, bref dans un sens Jimmy semble renoncer à une vie de jeune mec pour devenir soit un époux convenable soit ce à quoi son pasteur semble le destiner, en faire un guide, un berger, un autre lui-même en quelque sorte !
Aujourd'hui Jimmy est plongé dans les eaux du fleuve pour son baptême !
Si dans un tout premier temps  Jimmy apparait grisé par sa nouvelle respectabilité, au grand dam de son ancienne coach (Béatrice Dalle…que j’aimais !!!) , cette dernière goutte la plaisanterie assez mal d’autant qu’elle vient d’obtenir un combat lucratif et à la porté de son vaillant poulain…Seulement voila  encore auréolé de sa nouvelle respectabilité celui-ci ‘est pas prés de changer d’avis !
De même quand relancé par son ancienne copine  Sonia (Hafsia Herzi) la tentation se précise, la pente devient savonneuse, et rapidement le sang chaud qui coule dans ses veines l’emporte, il cède à Sonia, facile  quand on est amoureux, et reprend en catimini les entrainements.


Voici le film lancé, survolant la condition des gens du voyage, le film s’arrête plus précisément sur la difficulté de respecter tradition et possibilité d’être simplement soi-même. Un gitan amoureux d’une gadjo, un sportif qui a besoin de laisser sa hargne s’essouffler sur un ring de boxe. Bref des actes et sentiments proscrit par la communauté, en désaccord avec son baptême même, et pourtant, assis entre deux chaises, Jimmy choisira d’être simplement lui-même et de se présenter tel devant les siens, amoureux d’une gadjo et jeune chien fou pour encore quelque temps, nous parions ?
Jimmy Rivière , Film né sous la plume et la caméra d’un gars du voyage : Teddy Lussi-Modest trouve en la personne de Guillaume Gouix  le personnage  parfait, criant de vérité. Le trouble, l’hésitation qui est la sienne parfaitement rendus, la fusion charnelle  entre les deux êtres de feu que sont Jimmy et Sonia accouche d’une passion torride magnifiquement rendue à l’écran.
Jimmy retournera devant les siens, entendre ce qu’ils ont à lui dire ? S’expliquer et faire valoir son droit..D’exister  et d’aimer…très certainement !
La dernière image est sublime, démarche chaloupée, libre mouvement des mains vers le ciel, « un fils du soleil et du vent»   !
Voila impossible de ne pas rapprocher cette fiction de l’excellent  presque documentaire « La B.M du seigneur » de Jean Charles Hue   , merveilleuse façon d’appréhender l’autre et chasser des peurs que l’on voudrait nous inculquer ! Et pourquoi ne pas revoir aussi "Liberté" de Tony Gatlif  , se rappeler du lourd tribut payé par ce peuple !

CritiKat.Com "...la scène où Sonia débarque dans le vestiaire des boxeurs pour crier sa colère à celui qu’elle aime est une des plus surprenantes déclarations d’amour qu’il ait été donné de voir ces derniers temps au cinéma..."
Le Monde.Fr - "Jimmy Rivière" : candide tête brûlée
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11 mars 2011

Never let me go - De Mark Romanek

Never Let Me Go 
(Grande-Bretagne, États-Unis)
Réalisation de
Mark Romanek 
Scénario d'Alex Garland,

D’après le roman Never Let Me Go (Auprès de moi toujours) de Kazuo Ishiguro.

Interprétation : Carey Mulligan (Kathy), Andrew Garfield (Tommy), Keira Knightley (Ruth), Isobel Meikle-Small (Kathy enfant), Charlie Rowe (Tommy enfant), Ella Purnell (Ruth enfant), Charlotte Rampling (Miss Emily), Sally Hawkins (Miss Lucy)...

Synopsis
Trois amis, élevés dans un pensionnat à l'écart du monde, vont découvrir qu'ils sont en réalité des clones dont l'existence a pour unique objectif le don de leurs organes...
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Never let me go
Cela commence comme une simple mais profonde amitié entre un gamin Tommy (Andrew Garfield )que les piètres performances en sport comme en dessin mettent un peu à l’écart et une gamine Kathy( Carey Mulligan), touchée et déjà secrètement amoureuse. l’amitié progresse alors que les années passent, un professeur nouvellement arrivé, apprécié des élèves vendra la mèche et se verra aussitôt renvoyé, sans que le secret dévoilé n’affecte outre mesure l’intellect, le moral des pensionnaires. Comme s’ils savaient leur destin inéluctable, pire normal comme une chose coulant de source.
Ces enfants élevés ici dans l’enceinte stricte de l’immense pensionnat, sans contact avec aucune famille constituent un réservoir, un stock de pièces détachées pour futurs malades, ces gamins devenus ados puis jeunes adultes alimenteront le vivier où l’institution puisera le matériel nécessaire aux futurs dons d’organes selon un processus bien établi !
Alors que le destin, aidé il est vrai, voit Ruth (Keira Knightley) ravir son compagnon à une Kathy meurtrie,  nos trois amis cependant continuent le chemin qui est le leur. Passant de l’internat à la ferme, air pur et premier contact avec le monde extérieur. Au compte goutte presque, elle semble pourtant effarante cette résolution, cette résignation, cette acceptation qui est la leur. Seule une (légende ?) un couple véritablement amoureux échapperait aux dons multiples, obtiendrait du moins un sursis.
Tandis que le couple Ruth-Tommy espère en ce possible sursis, Kathy intègre les accompagnateurs, auxiliaires censés faciliter et préparer moralement chaque « élu » avant un nouveau, voir l’ultime don.
Viendra un jour l’heure des retrouvailles pour nos trois amis, l’heure d’une bien amère vérité aussi !


Ce film remarquable d’austérité, propice à créer le malaise sans avoir recours au moindre effet qui serait propre à l’anticipation-fiction s’appuie sur la destinée de ses trois héros, destin inéluctable , une vie bien courte pourtant  une certaine chaleur mêlée de mélancolie se dégage de l’ensemble, mourir jeunes mais non sans avoir gouté au suc de l’existence, privilège de la jeunesse, cela même qui sera refusé on l’imagine aux futurs receveurs, sans doute richissimes et..vieux !
Voilou, on abandonne Kathy et Tommy leur amour enfin consommé….aux portes de…mais là ce sera à vous de les pousser, j’en ai déjà trop dit !
Un film qui ne vous filera probablement pas une pêche d’enfer mais mérite largement d’être vu !

 CritiKat.Com "...Never Let Me Go peut ainsi être vu, au choix, comme une métaphore sur une génération sacrifiée sur l’autel du progrès ou un pamphlet sur les limites de la science et les questionnements éthiques qu’elle suscite, ou les deux à la fois. On peut aussi choisir de ne pas s’appesantir sur les messages un peu trop « Dossiers de l’écran » que le film inspire mais sur sa belle galerie de personnages. Leur jeunesse et leur beauté donnent à la morbidité de leur avenir une cruauté presque fascinante : cette aberration sociale (dépouiller les jeunes de leurs organes vitaux pour permettre aux mourants de vivre plus longtemps) donne au film une teinte presque militante, d’autant plus efficace qu’elle n’est jamais surlignée (aucune trace de discours politique ici), mais plutôt effacée derrière son scénario romanesque en diable..."
Le Monde.Fr - "Never Let Me Go" : un cauchemar anglais platement illustré
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10 mars 2011

Avant L'Aube - De Raphaël Jacoulot

Avant L'Aube
Réalisation de  
Raphaël Jacoulot

Interprétation : Jean-Pierre Bacri (Jacques Couvreur), Vincent Rottiers (Frédéric Boissier), Ludmila Mikaël (Michèle Couvreur), Sylvie Testud (Sylvie Poncet)...

Synopsis
Frédéric, un jeune en réinsertion, travaille dans un grand hôtel à la montagne. Un client disparaît. Frédéric suspecte la famille qui l'emploie mais choisit de protéger son patron, cet homme qui le fascine. Bientôt, il est mis en danger.
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Pas de véritable suspense ou si peu dans ce faux polar où on se laisse happer malgré tout par l’histoire voir où elle nous conduira ! Facile aussi d’être séduit par les éternels bougonnements de Jean-Pierre Bacri  face à lui le jeune talent déjà bien confirmé de Vincent Rottier (à nouveau exceptionnel !), visage dur et regard froid de celui qui a tâté de la prison. Ce dernier excelle dans le rôle de celui qui ne demande rien mais à qui on offre tout, façon délicate de lui mettre un doigt sur la bouche ! Quand bien plus tard arrive Sylvie Testud en inspectrice style Colombo ayant troqué la 403 pour une Twingo, le basset pour un énorme et maousse toutou et l’imperméable pour des tonnes de tricots et écharpes en tout genre, plus un paquet de kleenex ! Apparemment folklo et  inoffensive…Quoique !!!

CritiKat.Com "...D’ailleurs, le film tire une source encore plus puissante de suspense et d’énergie des zones d’ombre de son autre protagoniste, l’adolescent trouble et troublé incarné tout en respiration et en rage rentrée par Vincent Rottiers. Alors que le personnage semblait voir établi son rôle conventionnel de témoin gênant solitaire luttant pour sa survie et son intégrité, voilà que la mise en scène s’attarde par endroits sur son caractère impulsif et incontrôlable, moins fiable qu’on ne s’y attendait, possible artisan de sa propre destruction et d’autres cataclysmes (la scène où, au volant d’une voiture sous la pluie, il tente de dépasser un camion par jeu devient ainsi un petit moment de suspense implacable)..."
Le Monde.Fr - "Avant l'aube" : face-à-face d'innocents aux mains sales
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Le Voleur de Lumière - De Aktan Arym Kubat

Le Voleur de Lumière 
(Svet-Ake, Kirghizistan)
Réalisation de
Aktan Arym Kubat

Scénario de Aktan Arym Kubat & Talip Ibrahimov
Interprétation : Aktan Arym Kubat (« Monsieur Lumière »), Taalaikan Abazova (Bermet), Askat Sulaimanov (Bekzat), Asan Amanov (Esen), Stanbek Toichubaev (Mansur)...

Présenté en 2010 au festival de Cannes - la Quinzaine des Réalisateurs

Synopsis
On l'appelle Monsieur Lumière ( Svet-ake ). Dans ce village perdu au milieu des montagnes Kirghizes, loin du pouvoir et de l'économie, il entretient les lignes, trafique parfois les compteurs pour venir en aide aux plus démunis.Coeur ouvert et généreux, il ne leur apporte pas seulement l'électricité : il écoute, conseille, conforte les peines et tempère les disputes conjugales de ces villageois oubliés par la civilisation moderne.Monsieur Lumière a un rêve : construire sur les montagnes des éoliennes pour alimenter toute la vallée en électricité. Mais il va devoir faire face à des hommes puissants et corrompus qui sont les nouveaux maîtres du pays.
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Devant sa maison une rudimentaire éolienne fait tourner une bien pauvre courroie et un simple fil électrique mène à une ampoule fragile dont le filament ne rougit pas encore. Oui il a de grand rêve notre voleur de lumière, construire des éoliennes là où souffle le vent …
En attendant il parcourt la contrée sur sa bicyclette, va de maison en maison, rétablit le courant chez les plus pauvres d’entre eux. Ceux qui ne peuvent pas payer l’électricité, il installe de rudimentaires installations, en fait il détourne un peu à la manière d’un bon « Squatteur» « l’électricité publique, allant parfois par inadvertance jusqu’à faire tourner l’ancien compteur dans le mauvais sens, le temps de chauffer à l’aide d’une résistance un peu d’eau et déguster un thé chez celui qui l’a convié.
Il s’aide de crampons pour grimper aux pylônes, et prend ainsi quelques risques il est vrai ! Il s’attire aussi les foudres des autorités et notamment l’agence pour l’électricité régionale, se fait arreter, et après une admonestation du maire (un vieil ami) retrouve la liberté à condition qu’il stoppe ses coups d’éclats anarchiques !
Car s’il peut compter sur l’amitié de tous dans la vallée, le maire en premier, des politiques plus haut placés, gangrénés par l’appât du gain et du pouvoir, ambitions politiques obligent, le récupèrent dans un premier temps lui offrant du travail, électriser une yourte. Symbole local qui accueillera une délégation d’hommes d’affaires chinois….

Démarré sur des images fortes, celles des traditions locales, du rassemblement des anciens à la course de chevaux dont les cavaliers cherchent à monopoliser une carcasse de brebis, le film dénonce ensuite la corruption ambiante. Voulant y échapper notre monsieur Lumière déjà mal à l’aise, explose de colère quand la situation devient scabreuse. A sa façon d’un militant des droits de la femme, simplement le respect et la dignité ! Il en payera le prix…d’une manière typiquement Kirghize hélas !
Voila un nouveau petit voyage dans la steppe plus marqué politiquement mais où la poésie du lieu et des êtres demeure toujours bien présent dans cette immensité !
 CritiKat.Com "..Et si l’apparente légèreté est souvent de mise, Aktan Arym Kubat pose un regard profondément critique sur les dérives de l’économie galopante qui vient gangrener les traditions séculaires...."
Le Monde.Fr - "Le Voleur de lumière" : l'électricité pour les pauvres
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07 mars 2011

J'AIME PAS MA T.V ! SAUF QUAND...

Pour un passage trop bref,
mais si bon ! si rare! d'y voir 

Hubert-Félix Thiéfaine

court coucou au grand Journal 
et l'occasion de replonger avec toujours le même délice, la même folie, la nostalgie, un léger voile de tristesse vite remplacé par un vent rebelle et toujours la puissance des mots, cette poésie étrange, urbaine, bien souvent. Une musique faite de mots, de sang, de vie et de mort ! Sombre mais pas totalement désespéré..juste un peu !
Voila sur la platine tourne ce soir le double live de Bercy 98
"L'ascenseur de 22h43" précede "Exil sur Planète fantôme" pour sur le second cd retrouver "La ballade d'abdallah genonimo cohen" ou bien "Un exercice simple provocation avec 33 fois le mot coupable
et voila 32 titres , émotions et frissons garanties !
was ist das, was ist das rock'n roll  !!!


Et puis mercredi chez votre disquaire favori

Suppléments De Mensonge
d'Hubert-Félix Thiéfaine

Pour une pochette très Stoogienne, Iguannesque !

En attendant  mise en bouche sur le site officiel

Entrée du site


04 mars 2011

Winter’s Bone - De Debra Granik


Winter’s Bone 
(États-Unis, 2010)
Réalisation de 
Debra Granik
Scénario de 
Debra Granik & Anne Rosellini.

D’après  le roman de Daniel Woodrell.

Interprétation : Jennifer Lawrence (Ree Dolly), John Hawkes (Teardrop), Garret Dillahunt (Shérif Baskin), Sheryl Lee (April), Lauren Sweetser (Gail)...

Grand Prix au Festival de Sundance 2010

Prix du Jury au 36e Festival Du Cinéma Américain De Deauville 2010

Synopsis
Ree Dolly a 17 ans. Elle habite au coeur du Missouri, dans la forêt des Ozarks et assure seule la subsistance de sa famille:  son frère et sa soeur plus jeunes, sa mère malade.Ses efforts assurent à ce foyer un équilibre précaire.
Celui-ci se trouve menacéquand le père, pour sortir de prison, hypothèque leur maison et prend la fuite.
Ree n'a alors d'autre choix que de se lancer à sa recherche sous peine de tout perdre.Elle va se heurter à la loi du silence qui règne dans cette contrée sauvage.
Elle n'a qu'une idée en tete : sauver sa famille.A tout prix !
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Winter’s Bone
Quand Ree racle le fond du frigo pour assurer un déjeuner minimum  à son petit frère et à sa encore plus jeune sœur, elle ne sait jamais de quoi demain sera fait. Dans l’attente du retour d’un père qui ne vient pas, dans l’absence passive d’une mère présente physiquement mais moralement et mentalement out, elle porte seule le poids du foyer, aidée discrètement par un couple de voisin, car ici on ne quémande pas, mais l’on accepte sans histoires ce que l’on vous offre, elle profite ainsi parfois d’un peu de gibier, et peut laisser sa jument profiter du foin de ses voisins.
Emmener le long du chemin, à travers bois les deux enfants à l’école, rentrer fendre du bois, se mettre à l‘affut et guetter les quelques écureuils qui assureront  le prochain repas, former les deux petiots à l’art de la chasse aussi bizarre que cela puise paraitre pour des enfants aussi jeunes, une question de survie encore plus que de traditions ici dans cette région isolée, faite de forêts où seuls quelques riches éleveurs prospèrent, pour les autres la vie est une lutte ,leur caractère a tous : rude voire rustre. Pour certains la vie se situe toujours à la marge, ici on prospère maintenant grâce à la méthamphétamine, facile à fabriquer quand on ne fait pas exploser tout un labo !
Cela fut-il le destin du père de Ree ? C’est apparemment ce qu’on voudrait lui faire croire, car dans sa recherche du père Ree bouscule et dérange toute une communauté où un mot d’ordre, une presque religion domine, la fermer !
Mais cette gamine accrocheuse a de qui tenir, cette communauté de taiseux, rude, prompt à la bagarre elle y puise ses origines, pour elle une seule chose importe retrouver son père, mort ou vif afin d’empêcher la saisie de leur seul bien , la maison familiale, alors que même le frère de ce dernier, son oncle donc , vieux complice du trafic paternel lui conseille d’abandonner , avant qu’il ne soit trop tard ….
Debra Granik réalise une épopée rurale, sorte de fantasia chez les ploucs, où les honnêtes paysans se partagent avec des trafiquants et consommateurs de narcotiques, où l’éleveur prospère aussi bien dans la viande bovine que dans le marché des amphétamines !


La réalisatrice exploite à merveille les richesses mises à sa portée, des paysages aussi grandioses, forets  à perte de vue qu’inquiétants, les tons bleuâtres d’une lumière tamisée par les arbres donnent à l’ensemble un coté surréaliste. On songe parfois à David Lynch quand tout baigne dans une fausse torpeur, les portraits enfin échappés d’une Amérique profonde faite de semi hors la loi . A ce titre, Teardrop (John Hawkes) excelle dans le trait d’union qu’il incarne entre sa nièce et ce monde inquiétant…et je songe à Denis Hopper
Mais celle qui survole, surclasse le tout, en jeune fille intrépide, Ree Dolly (Jennifer Lawrence) un souffle de tendresse vis  à vis de ses petiots, frère et sœur à elle seule confiés, et sur lesquels elle veille farouchement, terriblement jusqu’à l’impensable (voir la scène de récupération..) prête à tout pour continuer à en assurer la garde, là, Chez Eux !
Un film abrupt mais pourtant vivement conseillé ! 

Excessif.Com "..Autour d'elle, la nature semble posséder une force matérielle et spirituelle - il faut être attentif aux sons, aux bruits, aux murmures. Sa seule arme, c'est la foi inébranlable qui l'anime: elle a des qualités de cœur et un esprit d'indépendance qui lui feraient soulever des montagnes. L'actrice qui l'incarne (Jennifer Lawrence, une révélation) illumine cet univers d'ombres comme un ange, seule bougie d'une Amérique profonde : elle a un visage d'enfant mais s'exprime comme une adulte. A l'image de ce paradoxe, le film est à la fois doux et angoissant..."
CritiKat.Com "...Et c’est probablement à ce niveau-là que Winter’s Bone s’en sort le mieux. Évitant les généralités sociologiques, le film ne déborde pas du cahier des charges que la réalisatrice avait fixé : faire corps avec son personnage principal et le suivre dans sa quête. Mais là où le film se heurte à sa grosse limite, c’est que cette quête n’a en soi rien de bien passionnant, la faute à un scénario qui s’en tient paresseusement à un seul enjeu dramatique là où il aurait été intéressant de multiplier les pistes...."
Le Monde.Fr - "Winter's Bone" : voyage au bout d'une nuit d'hiver
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