27 février 2011

True Grit - De Ethan & Joel Coen

True Grit
Un film américain de
Ethan & Joel Coen
Avec Matt Damon, Jeff Bridges, Josh Brolin, Barry Pepper, Hailee Steinfeld  ...

D'après le roman de Charles Portis "True Grit". (Remake de 100 Dollars Pour Un Sherif ...??? )

L'HISTOIRE :
Mattie Ross, quatorze ans, est déterminée à rendre justice à son père, tué de sang-froid par le lâche Tom Chaney. Elle engage Rooster Cogburn(Jeff Bridges), un Marshall alcoolique réputé pour avoir la gâchette facile, et décide de l'accompagner (malgré ses réticences) à la poursuite de Chaney.  Ils devront  traquer le criminel jusqu'en territoire Indien, et le trouver avant LaBoeuf (Matt Damon), un Ranger également à sa recherche pour un meurtre commis au Texas.
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True Grit
Les frères Coen nous régalent d’une chevauchée fantastique dans l’Ouest. Invitant comme fil (ou fille) conducteur une charmante fillette (Hailee Steinfeld un premier role parfaitement maitrisé, bravo !), sorte d’Alice au pays du western, une enfant n’ayant pas froid aux yeux et surtout une langue bien pendue doublée d’un caractère bien déterminé, bref une farouche volonté : celle de retrouver et châtier l’assassin de son père ! Déboulant dans ce petit boug émergeant de l’ouest, Notre jeune Mattie assiste d’emblée à une triple pendaison, justice expéditive et clin d’œil macabre des deux frangins envers la population indienne. Premières figures, de la bienveillante hôtelière, un sou est un sou, à l’homme d’affaires, trop honorable pour ne pas être un peu filou, la jeune Mattie gère ses affaires avec une maestria toute féminine pour un si petit bout de femme.
Son but, et rien ne l’arrêtera, se lancer sur la piste du meurtrier et engager pour cela le meilleur d’entre les meilleurs. En l’occurrence celui dont le palmarès est conséquent, tellement qu’il se retrouve sur la sellette accusé d’une justice par trop expéditive, trop leste  sur la détente, comme l’atteste son tableau de chasse. Rooster Cogburn Jeff Bridges , plus cabot que jamais) l’homme qui niche parmi les canards laqués dans l’arrière boutique de l’asiatique de service. Ce vieux pirate, borgne mais redoutable, un vieux coyote qui baigne aussi avec allégresse dans le whisky se laisse finalement convaincre, par une prime substantielle et la détermination de la donzelle. Ce qui ne l’empêchera pas, au petit matin de prendre contrairement à sa promesse la route seule, la traque au criminel dans l’ouest de tous les dangers n’est pas l’affaire d’une gamine.
Mais cette dernière a du cran et tôt fait de les rattraper, le vieil ivrogne de Marshall et le jeune ranger LaBœuf ( une caricature , ce ranger texan, magnifiquement campé par Matt Damon,, des bottes aux éperons rutilants jusqu’à son minuscule cheval indien, un appaloosa , n’ont d’autres choix que de l’embarquer sur les traces du « desesperado » !
Commence alors une épique cavalcade faite de rencontres étranges, un pendu, un étrange ramasseur de cadavres, un ours à cheval, incroyable non, et bien sur tout une horde de brutes …le strict minimum pour laisser les Coen s’en donner à cœur joie, et nous aussi, nous arrachant à notre siège pour un sursaut dont ils ont le secret, bien trash évidemment !

L’ensemble dispensé dans des panoramiques immenses, laisse place aussi à de sombres recoins, les nuits dans l’ouest ne sont pas toujours de tout repos, mieux vaut ne dormir que d’un œil !!!
Voilà une œuvre qui n’entrera  pas au panthéon des brothers Coen, de leur collaboration avec Jeff Brigdes ont retiendra encore et toujours l’inoubliable « The Big Lebowski » mais quoi qu’il en soit on fêtera dignement cette incursion dans le western, encore une pièce au tableau qu’ils dressent de l’Amérique, au travers ce qu'elle a de plus vrai et vivant...ses occupants, passés ou contemporains !


Fan de Cinéma.Com - True Grit, un western des frères Coen qui a de la moelle...par Emmanuel Pujol
CritiKat.Com "...Soulignons au passage que les trois protagonistes (Hailee Steinfeld, Jeff Bridges et Matt Damon) honorent leurs contrats et s’adaptent parfaitement au phrasé si particulier, à la limite du compréhensible, des deux frangins. Mais cela ne suffit pas à maintenir un rythme, à intéresser l’œil qui se focalise sur un combat d’acteurs, et l’oreille, saturée par une musique digne des pires morceaux de bravoure eastwoodiens. Sûr de son atmosphère, True Grit néglige son décor humain secondaire, ses péripéties et son combat....
Le Monde.Fr - "True Grit" : les frères Coen ressuscitent le western
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19 février 2011

Santiago 73, post mortem - De Pablo Larraín ( Chili)

Santiago 73, post mortem
(Post Mortem, Chili, Mexique, Allemagne, 2010)
Réalisation de  
Pablo Larraín

Scénario de Pablo Larraín & Mateo Iribarren
Interprétation : Alfredo Castro (Mario Cornejo), Antonia Zegers (Nancy Puelmas), Jaime Vadell (docteur Castillo), Amparo Noguera (Sandra Carreño), Marcelo Alonso (Víctor), Marcial Tagle (capitaine Montes)...

En compétition à la 67ème Festival International Du Cinéma De Venise 2010

Résumé
Santiago du Chili, septembre 73. Mario travaille à la morgue, où il rédige les rapports d’autopsie. Amoureux de sa voisine Nancy, une danseuse de cabaret soupçonnée de sympathies communistes, sa vie va être bouleversée par le Coup d’Etat contre Salvador Allende...
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73, comme le col de chemise, comme les couleurs déjà démodées avant de l'être, 73 année d'un certain basculement au Chili.
Pourtant tout semble réglé comme un triste et eternel papier à musique dans la vie de Mario, ses allées et venues au boulot au volant de sa minuscule voiture, sa vie monotone de célibataire, cet homme au look étrange, un faciès au couteau, barré d’une frange de longs cheveux blondasses, il porte un costume trois pièces de l’importance du fonctionnaire. Mario travaille à la morgue de Santiago et rédige tant bien que mal des rapports d’autopsie, qu’il note au crayon avant de les faire taper à la machine par un petit voisin. Son hobby, sa passion, observer sa voisine, une artiste de cabaret, il guette ses entrés sorties et soulage d’inévitables pulsions érotiques en songeant à elle.
Alors qu’il ose enfin l’aborder, l’ayant suivi jusque dans les entrailles, coulisses, du spectacle, il découvre une femme sur le point d’être virée.
Pablo Larraín plante un décor, à grand renforts de couleurs ternes, cette rue, ce vieux music hall, les très rares scènes d’extérieur, faite de grisaille ou de couleurs atones, le logement tristounet de Mario  servant de terrain de rencontre entre deux solitudes, est-ce un amour naissant. Mario voudrait tant y croire, lui qui déjà formule sa demande, alors que dehors les manifestant défilent.
Quand il reviendra après une journée de travail harassante, après avoir croisé parmi tant de cadavres un homme sortant du lot, pour la dépouille duquel tout un état major semble s’être déplacé…celle qu’il chérit se serait-elle évaporée, alors que dans les rues , nombre de maisons paraissent dévastées, pillées, incendiées !

Pablo Larrain ne nous éclaire en rien, ses personnages interprètent dans des décors pouvant aussi bien être de cartons-pate une étrange comédie, tantôt absurde et alors une certaine drôlerie l’emporte. Mais la plupart du temps, alors que les corps s’amoncellent dans cette morgue où l’on se livre désormais à un rapide comptage , le rire vire au jaune et seul notre héros survole tout cela sans sourciller, qu’on lui démontre qu’il vient de prendre le train de l’histoire et le voici auréolé d’une certaine importance. Oui notre héros est un beau et bon crétin, oui même son amour peut se révéler dangereux, cacher cet amour s’il ne peut être mien, ensevelissez le …..Enrage-il !
Pablo Larrain ne cite, ne nomme rien, ni personne pourtant oui il s’agit bien du Chili et l’autopsie si critique est celle de Salvador Allende, les militaires sont ceux aux ordres de Pinochet, …et Mario un petit, tout petit rouage de ce nouveau régime !

L'arrivée au pouvoir d'une dictature militaire à grand renforts de cadavres, quel meilleur endroit qu'une morgue pour évoquer l'horreur sans avoir à l'afficher !

CritiKat.Com "...Pablo Larraín n’a rien laissé au hasard. Une large gamme de teintes brunâtres dépeint l’empâtement maladif, l’automne dépassionné où s’endort la capitale chilienne. Les motifs oppressants des papiers peints, la présence forte des cloisons, la monotonie des lignes verticales et horizontales, la grisaille du climat et du béton dont est construite la ville, tout jusqu’au grain de la pellicule traduit un manque d’air, un manque d’espace, une liberté agonisante. À cette morne anesthésie répond une inquiétude de chaque instant : il ne peut plus s’agir que d’un léger choc pour que tout s’effondre puisque, déjà, tout s’affaisse.
Le Monde.Fr - "Santiago 73, post mortem" : le coup d'Etat chilien vu par un employé de la morgue
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17 février 2011

Black Swan - De Darren Aronofsky

Black Swan
(États-Unis, 2010)
Réalisation de Darren Aronofsky.
Scénario : Mark Heyman, Andrés Heinz et John McLaughlin, sur une histoire d’Andrés Heinz.
Interprétation : Natalie Portman (Nina), Vincent Cassel (Thomas Leroy), Mila Kunis (Lily), Barbara Hershey (Erica Sayers), Winona Ryder (Beth Macintyre), Benjamin Millepied (David), Ksenia Solo (Veronica), Kristina Anapau (Galina)...

Golden Globes 2011 de la meilleure actrice pour Natalie Portman
Bafta 2011 de la meilleure actrice pour Natalie Portman


Résumé :
Nina est ballerine au sein du très prestigieux New York City Ballet. Sa vie, comme celle de toutes ses consoeurs, est entièrement vouée à la danse. Lorsque Thomas Leroy, le directeur artistique de la troupe, décide de remplacer la danseuse étoile Beth Mcintyre pour leur nouveau spectacle, « Le Lac des cygnes », son choix s’oriente vers Nina. Mais une nouvelle arrivante, Lily, l’impressionne également beaucoup. « Le Lac des cygnes » exige une danseuse capable de jouer le Cygne blanc dans toute son innocence et sa grâce, et le Cygne noir, qui symbolise la ruse et la sensualité. Nina est parfaite pour danser le Cygne blanc, Lily pour le Cygne noir. Alors que la rivalité de Nina et Lily se mue peu à peu en une amitié perverse, Nina découvre, de plus en plus fascinée, son côté sombre. Mais s’y abandonner pourrait bien la détruire...
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Elle semble évanescente, Nina(Natalie Portman). Un ange en tutu blanc. Une danseuse abîmée dans sa recherche de la perfection, la danse comme accord parfait, le geste et la musique, émission, retranscription, corps et musique, expression et émotion. ..selon le bon vouloir du maitre de ballet Thomas (Vincent Cassel), ambitieux, désireux de dépoussiérer ce Lac des cygnes , d’en offrir une version où le cygne blanc se mue en cygne noir, où l’innocente blancheur cède place à un démon brulant et fiévreux. Une demande présente donc à sa danseuse, celle qui remplace l’ex-star du ballet, un choix emporté sur le fil par Nina face à la brune et fiévreuse Lily (Mila Kunis ) pour un baiser mordant, une réaction quasi fauvesque dont la blonde réservée ne se serait jamais cru capable, surprenant jusqu’à son directeur lui-même .
En héritant la place d’étoile, la tension et l’exigence, d’elle-même, de son entourage, se fera de plus en plus lourd à porter, le corps suit, même si les pieds souffrent mais la tension nerveuses peu à peu s’insinue dans un esprit peut-être déjà un peu fragile.
Nous découvrons le petit coin maison de poupée, illusoire abri de Nina auprès d’une mère ex danseuse, elle-même un tant soit peu névrosée. Tandis qu’au dehors les mauvais signes assombrissent la situation, l’accident terrible de la précédente étoile sitôt ses adieux au corps de ballet effectués marque Nina !
Alors que se succèdent les éprouvantes séances de travail, l’esprit de Nina semble vaciller, elle devient sujette à d’étranges visions….

Darren Aronofsky crée une atmosphère de plus en plus oppressante, est-le reflet de la tension étreignant son héroïne alors que le grand jour approche. Les nombreuses déformations de la réalité ne sont-elles dues qu’à elle seule ?
Sa doublure Lily, ne cherche-elle pas à s’approprier le rôle, sa propre mère jalouse ne tient elle pas à empêcher sa réussite   ?
Dans une tension qui va crescendo tel un  soir de première, l’instant du verdict a sonné ! Livré à la foule, au public et à son jugement, peut-il  tel ces César s’un geste du pouce délivrer son message et Nina osera –elle l’affronter…
Voila je ne dévoile quasiment rien, le tout étant surtout affaire d’impressions, de capter un sentiment, une sensation dans l’air du film, j’ai longtemps hésité et pourtant comme plus d’une semaine après l’avoir vu son souvenir, les images restent, bien installées et les faits, certains actes s’éclaircissent…Car on ne déchiffre pas toujours aisément une névrose sous de tels atours artistiques !
Aronofsky monte son film , passant alors en revue la personnalité dérangée de sa diva, usant de multiples procédés pour évoquer le malaise l’enveloppant et l’on son songe à Deneuve captée par Polansky dans « Répulsion » et à son personnage à l’esprit malade. Jouant alors du talent de sa danseuse, étoile d’un soir, extraordinaire Natalie Portman, prude virginale puis noire déesse de ce ballet dédoublé, le réalisateur manie alors les codes du film d’angoisse procédé dans lequel il excelle!
A voir !

CritiKat.Com "...À son meilleur, Black Swan poursuit la douloureuse exploration entamée avec The Wrestler. Le spectacle est un ogre qui hume la chair fraîche, dévore ses enfants et en recrache cruellement les restes sur le carreau. Il prélève sur ses victimes un lourd impôt de sang. Aronofsky scrute les altérations de son actrice, les rougissements de son épiderme et ne s’en écarte qu’à de rares occasions. Ce ne sont ni la danse, ni même le travail, qui l’intéressent. C’est la performance et ce qu’il en coûte. Le sacrifice se mesure précisément en stigmates : plus que la lourde symbolique des ailes qui lui poussent, on repère cette terrible dîme aux rougeurs qui naissent sur la peau de Nina, au bruit de ses os qui craquent lors des étirements, à ses ongles qui se fissurent et tombent..."
Le Monde.Fr - "Black Swan" : pas de deux terrifiant pour danseuse schizophrène
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13 février 2011

Carancho - De Pablo Trapero (Argentine)

Un « carancho », c’est un rapace, un charognard. Un bel oiseau beaucoup plus gracieux que son cousin vautour et qui pourtant se nourrit, le long des immenses routes de la pampa, des nombreux animaux renversés par les voitures. 
Carancho
(Argentine, 2010)
Réalisation de  
Pablo Trapero
Interprétation : Ricardo Darín (Sosa), Martina Gusman (Luján), José Luis Arias (Casal), Carlos Weber (El Perro), Fabio Ronzano (Pico)...

Synopsis
Sosa est un "Carancho" : un avocat spécialisé dans les accidents de circulation à Buenos aires.
Grâce aux assurances et à la corruption, il profite sans scrupules des nombreuses victimes de la route qui enrichissent une poignée d'avocats mafieux. Un soir, à la recherche de potentiels clients, il rencontre Luján, une jeune urgentiste qui cumule les heures de travail et se drogue régulièrement pour tenir. Leur histoire d'amour commence là, dans la rue, la nuit. Elle essaye de sauver la vie d'un homme, il essaye d'en faire son client.
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Carancho
Rencontre nocturne entre une urgentiste et un «  carancho », entre une jeune toubib volontaire encore perclus d’illusions et un avocat, mis sur la touche, radié temporairement de l’ordre il se nourrit du malheur des autres. Avocat usurpé, mi véritable assureur il profite des instants de faiblesse, à l’instant même où ses clients juste accidentés, chamboulés  acceptent n’importe quelle aide illusoire et signent des contrats abandonnant alors la majeure partie de  juteuses primes contre une assistance immédiate.
Tout un système bien rodé dans un pays où les accidents sont légion et où la corruption règne à tous les niveaux, de l’ambulancier de mèche avec le « carancho », aux vrais faux dépanneurs pouvant se transformer en véritable facteur d’accident(le cours du film le démontrera..), alliance quasi mafieuse entre hôpitaux, police et assureurs…tout cela dégage une bien pestilentielle odeur.
Que Sosa (Ricardo Darín) entrevoit une possible échappatoire à la condition qui est désormais la sienne, un possible amendement et la possibilité de revenir au barreau, que sa motivation se nomme désormais Luján ( Martina Gusman)..et tout irait pour le mieux.
Seulement le prix à payer est élevé, la situation plus complexe que prévu, est-ce que deux volontés face à une quasi pègre organisée seront suffisantes ? l’amour peut-il tout..soulever des montagnes..peut-être…mais ne dit-on pas que qui a vécu par…le glaive…etc….


Pablo Trapero signe un film absolument pas anodin, d’abord parce qu’il traite d’un sujet bien réel , le problème soulevé par les caracho emerge enfin au grand jour et devrait donner lieu à un projet de loi *, deuxièmement  porté par deux acteurs brillants  Ricardo Darín récemment dans « Dans ses yeux » et Martina Gusman dans « Léonéra »   caracho dégage une vraie puissance dramatique et mêle habilement une passion amoureuse à un quasi polar sur fond de vrai problème social !

*Ce n’est pas pour rien que le film a rencontré un succès considérable en Argentine, où un projet de loi, dit justement « anti-carancho », est depuis en préparation. Il y a trois ans, grâce à Leonera, Pablo Trapero avait déjà réussi à ce que les mères condamnées par la justice puissent élever leurs enfants chez elles plutôt qu’en prison : une nouvelle fois, ce réalisateur prouve qu’un cinéma à la fois populaire et exigeant peut, parfois, faire bouger les lignes.
Sébastien Chapuys (Article complet ICI   )


CritiKat.Com "...La structure de Carancho emprunte ouvertement au film noir et au thriller. La même sensation de fatalité s’y déploie, tandis qu’une menace diffuse ne cesse de planer sur le couple d’amoureux pris dans un engrenage tragique. Par son atmosphère nocturne trouée de couleurs chaudes et sa description d’un système de santé confronté à une violence sociale qu’il n’a pas les moyens de traiter, Carancho n’est pas sans rappeler À tombeau ouvert ..."
Excessif.Com "...idylle urgente entre un vautour cueilli par ses sentiments (Ricardo Darin, acteur fétiche du regretté Fabián Bielinsky et récemment à l'affiche de Dans ses yeux) et une jeune urgentiste (Martina Gusman, déjà dans Leonera et femme amoureusement filmée de Trapero)...."
Le Monde.Fr - "Carancho" : accidents de la circulation, amour et magouilles
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06 février 2011

Un ChicType - EN GANSKE SNILL MANN (Norvège)

Un chic type (Norvège)
Titre original : EN GANSKE SNILL MANN
Réalisation de Hans Petter Moland
Scénario de Kim Fupz Aakeson.
Interprétation : Stellan Skarsgård (Ulrik), Bjørn Floberg (Rune Jensen), Gard B. Eidsvold (Rolf)...

Grand Prix au Festival de cinéma Européen des Arcs
Synopsis
A peine sorti de prison, Ulrick tente de se réinsérer.
Il n'a pas d'ambition particulière, il veut juste prendre un nouveau départ.
Mais entre son ex patron mafieux, sa logeuse qui le harcèle sexuellement, son fils qui ne veut pas le voir et bien d'autres péripéties, Ulrick a du mal à trouver sa place.
C'est un chic Type.... Mais jusqu'à quel point ?
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Encore un petit ovni venu du grand nord, l’histoire d’un gaillard qui voit les portes de la maison d’arrêt s’ouvrir devant lui après y avoir passé douze ans. Au gardien bienveillant qui lui conseille de ne pas se retourner et de regarder droit devant ( c'est-à-dire vers l’avenir ) , il ne trouve rien à redire, et après un rapide coup d’œil en arrière il s’éloigne dans ce paysage de banlieue désertique .
Commence alors une longue aventure sur le chemin de la réinsertion, ses retrouvailles avec son mafieux  de boss et ses pieds nickelés, voir la scène mémorable où une conductrice imprudente finit dans un container à ordures.  L’installation du libéré dans un sous-sol minable, un lit de métal et une table, loyer  et papier toilette payables d’avance le tout géré par une matrone aussi gracieuse qu’un pitbull ! Le boulot de réinsertion, encore un coup de pouce du boss dans un modeste garage et son patron au grand cœur et son aimable secrétaire.
D’abord hébété, effet secondaire de la liberté après une si longue absence, Ulrik (formidable Stellan Skarsgård) aux cheveux rares ,gras et longs se réapproprie peu à peu sa vie. Entre les petits plats de sa logeuse et leurs rapports épiques, entre une parenthèse enchantée avec la secrétaire du garage, entre un souvenir du bon vieux temps avec son ex-épouse notre homme se remet véritablement d’une trop longue abstinence sexuelle et nous offre des moments d’une frénésie héroïque!
Tout irait presque bien pour notre homme sur le chemin de la réadaptation s’il ne lui manquait la présence de son fils, un gamin a qui on a fait croire que son père était mort…
Une rencontre inévitable, autant que douloureuse, ce fils dont la femme attend un enfant et ce grand-père assassin. Une faute payée mais un héritage impossible…à moins que…le hasard ne s’en mêle…
Alors que la frontière se fait mince, entre vengeance et  replonger, entre pardon et reconnaissance les faits vont se bousculer…pas vraiment comme on pouvait s’y attendre…


Hans Petter Moland réalise une comédie à mi-chemin entre le film noir et l’humour grinçant s’il n’est caustique. Affichant une belle brochette de personnages tous plus ou moins borderline, notre chic type s’avère finalement être le plus équilibré de tous…Quand à l’intrigue elle s’avère croustillante et surprenante jusqu’à la fin ! Une réussite !
Un chic type, Un chouette film !

Excessif.Com "...Une comédie norvégienne teintée d'humour noir..."
CritiKat.Com "
...Aussi, et un peu à la manière des frères Coen, le physique ingrat, décrépit, de tous ces personnages restent une manière de délocaliser les figures du film noir pour les rendre aussi pathétiques que drôles. Enfin, axé vers la marge, l’objectif d’Un chic type glisse entre tous, sans jamais surplomber ceux qui se démènent avec leurs stratagèmes mesquins et leurs chiennes de vie...."
Le Monde.Fr - "Un chic type" : l'humour au Nord

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Le Discours D'Un Roi - The King’s Speech - De Tom Hooper

The King’s Speech  
(2010, Angleterre)
Réalisation de Tom Hooper
Interprétation : Colin Firth (George VI), Helena Bonham-Carter (Elizabeth), Geoffrey Rush (Logue), Derek Jacobi (Cosmo Lang)...
Synopsis
Le film raconte l'histoire vraie et méconnue du père de l'actuelle Reine Elisabeth, celui-ci va devenir, contraint et forcé, le Roi George VI (Colin Firth), suite à l’abdication de son frère Edouard VII (Guy Pearce). D'apparence fragile, incapable de s'exprimer en public, considérés par certains comme inapte à la fonction; George VI affrontera son handicap grâce au soutien indéfectible de sa femme (Helena Bonham Carter) et surmontera ses peurs grâce à un thérapeute du langage (Geoffrey Rush) aux méthodes peu conventionnelles. Sa voix retrouvée, il réussira à convaincre le peuple anglais de déclarer la guerre à Hitler.
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Le Discours d’un Roi
Quand on nait  Prince du royaume, dans la vénérable Albion, l’on se doit d’être en tous points parfaits, mais le  discours du Prince avant d’être celui du Roi butte sur une énorme difficulté, un bégaiement pas piqué des hannetons et totalement rédhibitoire !
Que l’on convie à « son berceau » les plus éminents spécialistes, du plus sérieux au plus fantaisiste sans éviter les forbans de service le problème subsiste.
Il faudra l’insistance d’une épouse dévouée (élégante et très  juste Helena Bonham Carter) pour que le futur souverain (il l’ignore encore) daigne tenter une fois encore l’expérience. D’emblée le contact avec ce spécialiste de l’élocution s’avère totalement inhabituel. Dans les actes d’abord, les séances se feront au modeste cabinet du praticien, les méthodes surprennent, l’étiquette ici reste au vestiaire et l’on use des prénoms quand il ne s’agit pas d’un surnom….De quoi rebrousser immédiatement chemin..
Pour tel un boomerang mieux revenir chez ce drôle de thérapeute(australien…) Logue (Geoffrey Rush époustouflant partage la vedette avec Colin Firth , les deux font de ce film une réussite majeure sans aucune hésitation ! ) .

Là dans ce cabinet à l’aspect vieillot, un décor victorien aux couleurs défraichies, mais respirant un charme so british, un  long et assez inhabituel travail va s’enclencher.Jeux et exercices parfois aussi drôles que déroutants  pour acquérir un minimum d’assurance, pas le plus facile, faire abstraction de l ‘angoisse  qui accompagne le doute, maitriser respiration et paroles et plus loin encore remonter aux sources de ces peurs qui bloquent les mots , les empêchant de se dévider en un flot de paroles même lentes et posées !
Plusieurs fois le découragement guettera, gagnera. l’un comme l’autre se devront excuses et explications. Arriveront-ils au bout du parcours …d’autant que les événements se précipitent..?
 Dévidant le fil d’un pan de l’histoire du Royaume Uni , offrant à un Australien une bien belle partition, presque une revanche,  Tom Hooper réalise certes une œuvre assez académique, décors somptueux mais figés, un suivi indispensable du à la réalité des faits, il nous offre cependant un délice de film car porté par des acteurs fantastiques. Colin Firth, Geoffrey Rush  et  Helena Bonham Carter offrent à celui-ci des moments intenses, allant du sourire aux moments de tension et d'émotions ! Fabuleux !
Excessif.Com "..Grâce à la fluidité des mouvements de caméra charriant différentes émotions (la solitude, la nervosité, l'oppression, la plénitude), Hooper évite l'écueil du théâtre filmé sans négliger la rigueur et la patience. La dernière partie du Discours d'un roi, proche de l'exaltation lyrique, ressemble à une récompense..."
CritiKat.Com  "..Tom Hooper réalise un cinéma d’apparat et filme une famille royale mythique, confrontée par le contre-champ à un peuple traité comme un pur décor, et embringuée dans une histoire si généralisante et imprécise qu’elle en devient l’attirail de la fresque commerciale qui ne fonctionnerait pas économiquement sans le label « based on a true story »..."
Le Monde.Fr - "Le Discours d'un roi" : comment faire un roi d'un prince bègue
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01 février 2011

La BM du Seigneur - De Jean-Charles Hue

La BM du Seigneur  
(France, 2010).
Réalisation et scénario de  
Jean-Charles Hue

Interprétation : Fred Dorkel, Joseph Dorkel, Michaël Dauber, Moïse Dorkel, Philippe Martin, Nina Dorkel, Violette Dorkel, Maurice Serge Noyal, Kelly Noyal, Émilie Dorkel...

Synopsis
Chez les Yéniches, communauté de gens du voyage, le respect des aînés et la ferveur religieuse côtoient indifféremment le vandalisme. Fred Dorkel est l'un d'entre eux : craint et estimé par les siens, il vit du vol de voitures. Une nuit, sa vie bascule : un ange lui apparait. Pour Fred, c'est le signe d'une seconde chance qu'il doit saisir. Il décide de se ranger, mais ce choix va l'opposer à sa famille...
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A la lisière des cités, au milieu de nulle part ou presque, sur un bout de route, de chemin, aire de parking abandonnée envahie par les mauvaises herbes mais où la caméra de Jean-Charles Hue capte au ras du sol dans un éclat de lumière, de soleil la poésie d’une fleur sauvage au milieu des ronces environnantes.
Aux alentours des caravanes, et une voiture en furie qui pousse une pointe au milieu du campement. Réveillé un homme surgit, un fusil à la main furieux contre l’inconscient qui risque la vie des enfants jouant ici ou là !
Les noms d’oiseaux fusent, et le vieil homme menace…et la jeunesse ricane. Suivant un processus qui semble remonter à une lointaine époque, où les clans s’affrontaient suivant des règles bien précises, le léger différent mettant en jeu l’honneur d’une famille se réglera au cours d’un combat à mains nues, le grand père confiant à son petit fils le soin de le représenter.


Combattre, vaincre ou perdre, presque sans importance juste participer pour garder l ‘honneur sain et sauf. Les coups autant que les mots pleuvent et s’envolent vite, s’oublient aussi, sinon comment survivre.
Pour Fred, immense et massif bonhomme, jusqu’ici respecté, les choses vont prendre une tournure étrange ; alors qu’il monnaye l’achat d’un flingue contre la promesse de fournir une BM qui sera fraichement volée. Un soudain décrochage, la caméra se fige, tournoie, un halo de blanc envahit l’écran et l’esprit de Fredo, une visitation, matérialisée  par la soudaine compagnie d’un immense chien blanc ; Fred vient d’être touché par la grâce, par Jésus, il lui faut changer, fini les mauvais coups, il mènera une existence saine et droite. Plus de fauche, plus d’alcool, bref c’est la grosse inquiétude parmi les siens. De quoi vivra-il, et sa famille…
Presque un documentaire, mais aussi une fiction, la vie dans la communauté Yéniche pour la brute réalité, l’étrangeté et l’expérience de Fred pour la fiction, le désir d’un salut divin, d’un possible rachat, un peu comme chez Ferrara une possible rédemption, mais Fred le peut il vraiment ?
Avec peu de moyens, s’autorisant quelques audaces au niveau prises de vues mais toujours avec réalisme Jean-Charles Hue réussit un film prenant, on y parle fort, menace et jure, sort facilement le fusil mais toujours l’esprit de la famille s’impose…peut-être une nécessité quand on n’ a après tout quasiment que cela !

CritiKat.Com "...Jean-Charles Hue a bien raison de ne rien se refuser. Il sait que la pauvreté de la mise n’entame en rien l’audace du coup. Alors, il tente des choses. Il ne lésine pas sur les beaux mouvements de grue qui, à plusieurs reprises, élèvent la caméra au-dessus du camp ou font tournoyer le monde hors de ses repères. Il n’hésite pas à pousser son récit vers les pentes fantastiques ...."
Le Monde.Fr - "La BM du Seigneur" : embardée héroïque chez les gens du voyage

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