27 juin 2010

Les Irréductibles ont vu Aussi ....

Dog Pound

Réalisation De
Kim Chapiron

Avec Adam Butcher (Butcher), Shane Kippel (Davis), Mateo Morales (Angel), Slim Twig (Max), Taylor Poulin (Banks), Dewshane Williams (Frank), Lawrence Bayne (Goodyear), Trent McMullen (Sands)...


Synopsis
Davis, 16 ans, trafic de stupéfiants.
Angel, 15 ans, vol de voiture avec violence.
Butch, 17 ans, agression sur un officier de probation.Une même sentence : la prison pour délinquants juvéniles d'Enola Vale.
Arrivés au centre de détention, ils devront choisir leur camp, victime ou bourreau.
°°°°°°°°°°°°°
Si la forme et l'interprétation relève de la performance, le contenu s'apparente à une énième vision, peinture de l'univers carcéral. Certes Il s'agit ici de jeunes gens plus ou moins furieux et pour cause et s'ils sont impeccablement captés par la caméra de Kim Chapiron, le propos reste vain et ne propose pas de réflexion hélas !A noter cependant le rôle toute fureur rentrée et mâchoires crispées, sous adrénaline de Adam Butcher. Rien de nouveau derrière les barreaux malheureusement !

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
Les Petits Ruisseaux
Réalisé par
Pascal Rabaté

Avec Daniel Prévost, Philippe Nahon, Bulle Ogier, Hélène Vincent, Julie-Marie Parmentier...


Synopsis
Emile, septuagénaire et veuf, connaît une retraite sans heurts, faite de rituels et de loisirs paisibles. L'instant n'existe pas vraiment, la vie coule comme la Loire où il pèche régulièrement avec un autre retraité, Edmond.
Mais un jour, Edmond, après lui avoir révélé qu'il avait une vie amoureuse et sexuelle cachée, meurt.
Emile, pour ne pas sombrer, tente de se secouer pour retrouver goût aux choses.
Lui viennent des envies oubliées d'adolescent, des envies d'étreintes, des envies d'aimer, mais aussi des envies d'en fini
°°°°
Plus Léger dans le registre comédie ce sympathique road movie, ou presque, à bord d'une voiture quasi sans permis, où un retraité veuf , que son copain vient de lacher ( la rampe) se redécouvre un gout pour l'aventure et les rencontres inopinées. Depuis une danseuse trop endiablée à un passage "reverdoyant" dans une communauté de teuffeurs à l'incident salvateur...
Voilà une mise à l'écran d'un univers de BD .
Un petit coup de jeune pour nos deux héros, une histoire d'amour et de gaule !
Se déguste sans faim et vous laisse tout guilleret…A quand les Tarpés dans les maisons de retraite !
°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

À 5 heures de Paris
(Hamesh Shaot me’Pariz, Israël)

Réalisation De Leonid Prudovsky

Avec Dror Keren (Yigal), Helena Yaralova. Vladimir Friedman (Grisha)...

Synopsis
A seulement 5 heures de vol de Paris, dans la banlieue de Tel-Aviv, deux solitaires se rencontrent. Lui est chauffeur de taxi. Elle est professeur de piano. Lui n'a jamais quitté Israël, elle est en transit entre deux pays. Lui a délaissé toute ambition, elle a abandonné ses illusions. Tout deux redoutent l'avion qui les attend : il a la phobie des airs et doit pourtant s'envoler pour Paris où sera célébrée dans quelques jours la bar-mitsva de son fils, elle ne sait plus si elle doit prendre l'avion qui l'emmènera au Canada où son mari doit s'installer. Leur histoire d'amour est-elle une simple escale sans lendemain ou le point de départ d'une nouvelle vie ?
°°°°°°
Amour toujours en ce mois de juin, celui qui frappe un père divorcé face à la prof de musique de son fils. Une Œuvre toute en légèreté, sur fond de musique, de Joe Dassin à quelques chants russes, entre ce chauffeur de taxi israélien et cette femme d’origine Russe dont le mari œuvre au lointain, le temps d’une rencontre, l’espace d’un karaoké, le souffle d’un amour impossible dans la durée mais si intense dans le moment, bref un petit moment de grâce !!!



Air Doll - De Kore-Eda Hirokazu



Air Doll
(Kuki Ningyo, Japon, 2009)

Réalisation et scénario De
Kore-Eda Hirokazu

D’après le roman graphique de Gouda Yoshiie Philosophical Discourse, The Pneumatic Figure of a Girl.

Cannes Sélection Un Certain Regard

Avec Bae Doona (La Poupée), Arata (Junichi), Itao Itsuji (Hideo), Odagiri Joe (Sonoda, le fabricant de poupées), Takahashi Masaya (Keiichi, le vieil homme), Yo Kimiko (Yoshiko, jeune fille à la réception), Iwamatsu Ryo (Samezu, le patron du vidéo-club), Hoshino Mari (Miki, la jeune fille renfermée), Terajima Susumu (Todoroki, le policier), Fuji Sumiko (Chiyoko, la vieille dame), Maruyama Tomomi (Shinji, le père), Naraki Miu (Moe, la fille), Emoto Tasuku (Toru, l’étudiant)...
Synopsis

Tokyo. Une poupée d'air habite l'appartement sordide d'un homme d'une quarantaine d'années. Elle ne peut ni parler, ni bouger, mais elle est la seule compagne de son propriétaire. Il lui parle, prend son bain avec elle, et lui fait l'amour chaque soir, en rentrant du travail.
Mais un jour, le fantasme devient réalité : la poupée prend vie et développe des sentiments humains. Comme un nouveau-né, elle découvre un monde inconnu qu'elle aspire à découvrir.
Elle s'aventure alors dans les rues de la ville, fascinée par tout ce qu'elle voit, mais les gens qu'elle rencontre sont incapables de lui expliquer ce que veut dire ''être en vie''... C'est en poussant la porte d'un vidéoclub qu'elle obtient enfin une réponse : elle fait la connaissance de Junichi, le vendeur, et tombe aussitôt amoureuse de lui. La poupée est embauchée au magasin et noue chaque jour des liens de plus en plus forts avec Junichi : ils vont ensemble au cinéma et sillonnent la ville ... comme un couple.La poupée est parfaitement heureuse jusqu'au jour où elle se coupe la main par accident et se met à dégonfler devant Junichi...
°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
Air DollSur une idée assez originale, celle d’une poupée de latex qui prend vie à défaut de posséder une âme. Réflexion imagée sur la solitude affective et sexuelle, l’amour sans ses complications relationnelles, seule la principale concernée qui se voit peu à peu investit de sentiments souffre, de sa condition mais aussi de celles des autres car véritable réceptacle de la misère humaine l’environnant.Kore-Eda Hirokazu réalise une œuvre atypique à mi-chemin du manga dont elle est inspirée, truffée, parfois trop, de clins d’œil, notamment au septième art, choisissant ainsi de faire évoluer notre héroïne dans un vidéo-club. Il porte au travers du regard neuf et innocent de celle-ci un regard critique, une vision drôle mais également amère voire cruelle sur notre société. Du jeune amoureux désespéré, au vieil homme sage, du patron et ses drôles de prérogatives, en passant par le modeste employé infortuné Kore-Eda explore ses contemporains notamment masculins et leur rapport aux femmes.
Malgré quelques bons moments le film peut sembler un peu long vu ses presque deux heures, toutefois si vous souhaitez découvrir le point G d’une poupée de vinyle il vous faudra en passer par là !

Excessif.Com "...Une fable étrange et lunaire, par le réalisateur de Still Walking..."

CritiKat.Com "...À conter cette histoire d’un objet rendu vivant par les carences des hommes, il s’avançait vers une fin terrible, absurde et grand-guignolesque, possiblement magnifique s’il avait pris soin de s’arrêter à temps. Mais il gâche tout par l’affreux retour de la Poésie. Le cinéaste aurait dû retenir ceci des surréalistes − qui n’auraient pas boudé le sujet − que s’en tenir simplement à l’incongruité d’une poupée gonflable, lancée dans un processus de vie en société, en renvoyait mieux que tout le code, les vices, le protocole ritualisé et les dysfonctionnements..."
CineMovies.Fr - Air Doll - Les notes de production
-

22 juin 2010

Année bissextile - de Michael Rowe



Année bissextile
(Año bisiesto, Mexique)

Réalisation de
Michael Rowe

Avec Monica Del Carmen (Laura), Gustavo Sánchez Parra (Arturo), Marco Zapata (Raúl)...

Quinzaine des réalisateurs

Caméra d'Or Cannes 201O

Synopsis
Laura a 25 ans. Elle est journaliste, célibataire et habite un petit appartement à Mexico.
Après une longue série d'aventures sans lendemain, Laura rencontre Arturo. La première fois qu'ils font l'amour, Arturo a pour Laura des gestes qui la bouleversent. Ils débutent une relation intense, passionnelle et sexuelle, où plaisir, douleur et amour se mêlent.
Au fil des jours, qu'elle raye consciencieusement sur son calendrier, le passé secret de Laura refait surface, poussant Arturo à l'extrême.
°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
Des fenêtres de son appartement sur lesquelles courent de minuscules cafards qu’elle écrase soigneusement, cette vue sur l’immeuble d’en face, là où un couple ne fait rien d’autre que de s’offrir à sa vue. Cette chaleur qui l’envahit, cette masturbation qui la laisse pantelante, effondrée et pleurante. Honteuse ou simplement malheureuse, une intense solitude pour celle qui se fait incendier pour un article erronée dans sa rubrique, difficile absence quand il faut s’inventer pour ses proches, une mère inquiète une existence heureuse faite d’amis et de sorties. Elle qui ne se pare, se maquille longuement que pour sortir et invariablement ramener un amant d’un soir, d’une nuit qui s’enfuit au petit matin son plaisir pris sans l’avoir elle véritablement comblée.
Pourtant alors qu’elle barre minutieusement les jours sur son calendrier ayant entouré de rouge le dernier jour du mois, elle ramène de ses pêches nocturnes un amant qui pour un soir la comble sauvagement, brutalement avant d’avec elle reposer presque tendrement.Commencera alors un cycle fait d’attentes pour Laura, celles des visites de son silencieux partenaire sexuel qui l’entraine à chaque fois un peu plus loin. Nul besoin de la soumettre, elle s’offre, victime consentante d’une relation qui vire au sadomasochisme, les laissant finalement ivre d’une souffrance jouissance sans égal !
Les jours passent, se rapprochant de cette date, soulignée de rouge, étrange évocation et dernière supplique …


Michael Rowe
réalise son premier film, choisit un cadre unique, un appartement, et un couple d’acteur, Monica Del Carmen (Laura) au corps rond et sublime . Elle vit dans le mensonge, elle ne sera elle-même vis-à-vis de l’autre que dans sa rencontre avec Arturo (Gustavo Sánchez Parra vu récemment dans « Rabbia » « un superbe mélodrame dont la dernière image impressionne durablement la rétine.» nous dit FredMJG» ) .
Partenaire plutôt que réelle victime, s’abandonnant, s’offrant, amenant son partenaire à son réel et dangereux désir, fruit d’un complexe et inexpliqué trauma… Mais lui le voudra-il ?
Pour le savoir il vous faudra voir ce film, ce quasi huis clos remarquablement filmé, où même les scènes les plus crues échappent à la vulgarité.
Vous veillerez à la dernière image.. Lourde de sens !

Excessif.Com "...Année Bissextile est le coup d'essai de Michael Rowe, un dramaturge Australien ayant migré au Mexique. C'est surtout un de ces films qui ne demandent pas de seconde vision, qui disent tout au premier choc et qui vont jusqu'au bout d'une certaine logique paranoïaque..."
CritiKat.Com "...Quand elle rencontre Arturo, elle se laisse envoûter par le charme d’un homme, du sexe, de l’amour, jusqu’au sadomasochisme et même jusqu’à la mort. Année bissextile devient alors une subtile analyse de la complexité des relations humaines..."
Le Monde.Fr - "Année bissextile" : les charmes discrets d'un amour de bourreau

-

19 juin 2010

L’Illusionniste - De Sylvain Chomet

L’Illusionniste

Réalisation De
Sylvain Chomet

Scénario de
Jacques Tati
& Sylvain Chomet.
Film d'Animation

À la fin des années 50, une révolution agite l'univers du music-hall : le succès phénoménal du rock, dont les jeunes vedettes attirent les foules, tandis que les numéros traditionnels - acrobates, jongleurs, ventriloques - sont jugés démodés. Notre héros, l'illusionniste, ne peut que constater qu'il appartient désormais à une catégorie d'artistes en voie de disparition. Les propositions de contrats se faisant de plus en plus rares, il est contraint de quitter les grandes salles parisiennes et part avec ses colombes et son lapin tenter sa chance à Londres. Mais la situation est la même au Royaume-Uni : il se résigne alors à se produire dans des petits théâtres, des garden-parties, des cafés, puis dans le pub d'un village de la côte ouest de l'Écosse, où il rencontre Alice, une jeune fille innocente qui va changer sa vie à jamais.
°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
L’Illusionniste
Impossible bien sur de ne pas reconnaitre Jacques Tati lui-même dans ce personnage longiligne aux pantalons trop courts ce prestidigitateur de cabaret, sur le déclin alors que le rock’n’roll et la vague yéyé envahit la France. Ce magicien que la scène parisienne déserte, Sylvain Chomet le met en œuvre recréant de son crayon les chaudes lumières des néons prestigieux des salles parisiennes. Mais quand vient le tour de l’artiste, la salle s’est vidée, les tours de chapeau claque d’où il extrait encore et toujours son belliqueux et ventripotent lapin, ne font plus recette.
Et puisque le vent semble souffler d’outre-manche, le voici en Angleterre, toujours devant une salle quasi vide. Il passe ainsi du music hall à la garden-party. Dans le parc d’un château succédant à une cantatrice tout droit échappée de l’univers de Dubout, il jongle multipliant les verres et lie connaissance avec un écossais divinement saoul qui lui glisse sa carte et une invitation. Voici notre enchanteur voguant pour une ile, sa cage et son lapin sur les genoux tandis que l’hôte enfin sobre pilote l’embarcation, véritable instantané reproduisant à peu de choses prés la couverture du Tintin « L’Ile noire », était-ce voulu je ne sais pas ! Quoiqu’il en soit les paysages, ceux de cette nature sont sublimes, des couleurs tirant sur les pastels, les ocres, des traits légers à peine appuyés font merveille. Ce petit village, son pub où l’on installe juste l’électricité compose une carte postale plus que naturelle , ce petit bout du monde où notre héros enchante la galerie juste avant que l’on n’y installe un jukebox tout rutilant !Dans ce petit bout du monde s’escrime une cosette, aux chaussures trouées mais à magicien rien d’impossible et ainsi voila notre princesse chaussée de neuf quand vient l’heure de partir. Sans le savoir notre ami emporte dans ses bagages un bien drôle de souvenir. La jeune fille ne le quittera plus , durant un bon moment tout au moins.Alors que vivre du Music-hall semble définitivement impossible, pour lui et sa jeune protégée le grand escogriffe au grand cœur, s’essayera à maints métiers, garagiste nocturne, publiciste d’un genre bien particulier, mannequin. Comme tous les pensionnaires du petit hôtel où il loge avec la jeune « cosette » de plus en plus belle, de plus en plus citadine, les temps s’avèrent difficiles. Le clown du dernier étage à des pensées suicidaires, le marionnettiste à mis son gagne pain au clou.
Viendra l’heure de libérer les oiseaux, les tourtereaux, notre jeune demoiselle dont le cœur vient de croiser l’amour, notre lapin rendu à l’appel de la plaine et des kilos à perdre….et pour notre Illusionniste, le regard d’un enfant qu’un simple petit tour illumine….
Illuminer, Illusionniste…les deux mots vont très bien ensemble je trouve !
Sylvain Chomet ranime la flamme et l’esprit Tati, s’octroyant quelques libertés avec le script original pour mieux l’enrichir et rendre un hommage flamboyant et non nostalgique car bien vivant à Jacques Tatischeff, voir l’apparition de Tati en scope sur le grand écran de cette animation !
Excessif.Com "...C'est peu dire que le film d'animation respire l'univers d'un cinéaste majeur, Jacques Tatischeff lui-même dans le rôle principal, tout en silhouette longiligne, pantalon trop court et gestes mesurés. Le magicien de cabaret traverse les nuits parisiennes en silence, rompu à une gamme qu'il connaît sur le bout de ses longs doigts..."
CritiKat.Com "...L’Illusionniste met en scène Jacques Tati mais un Tati passé sous le filtre de la fiction, tamisé par son propre double réel (le scénario original est de Tati) et par un continuateur devenu géniteur, Chomet. Respectant dignement le texte, ce dernier s’est permis quelques chemins de traverse, quelques libertés, dont la plus réussie est formelle : l’animation en deux dimensions est un écrin fabuleux pour rendre compte de la si singulière silhouette de l’homme à la pipe et de sa gestuelle empruntée..."

Le Monde.Fr
- "L'Illusionniste" : Jacques Tati, héros d'un hommage animé

-

15 juin 2010

Tournée - de Mathieu Amalric







Cinéma Le Majestic - Lille

LUNDI 14 JUIN
en présence du réalisateur et comédien

MATHIEU AMALRIC

Tournée
Un film de et avec

Mathieu Amalric

Avec Mathieu Amalric(Joachim Zand ), Miranda Colclasure(Mimi Le Meaux),Linda Maracini(Dirty Martini),Angela de Lorenzo(Evie Lovelle ), Suzanne Ramsey(Kitten on the keys ), Julie Ann Muz(Julie Atlas Muz), Alexander Craven(Roky Roulette), Damien Odoul, Anne Benoît, Ulysse Klotz...

Prix de la mise en scène Cannes 2010
et Prix Fipresci de la critique internationale du 63ème Festival de Cannes 2010

Synopsis
Producteur de télévision parisien à succès, Joachim avait tout plaqué - enfants, amis, ennemis, amours et remords - pour repartir à zéro en Amérique à l’aube de ses quarante ans. Il revient avec une tournée de strip-teaseuses «New burlesque» à qui il a fait fantasmer la France… Paris ! De port en port, l’humour des numéros et les rondeurs des filles enthousiasment les hommes comme les femmes. Et malgré les hôtels impersonnels, leurs musiques d’ascenseurs et le manque d’argent, les showgirls inventent un monde extravagant de fantaisie, de chaleur et de fêtes. Mais leur rêve d’achever la tournée en apothéose à Paris vole en éclats : la trahison d’un vieil «ami» fait perdre à Joachim la salle qui leur était promise. Un bref aller et retour dans la capitale s’impose, qui rouvre violemment les plaies du passé...
°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
Tournée
Sur la route, en train, en voitures, d’hôtels, plutôt confortables sans pour autant lorgner du coté du palace, les valises encombrées, chargées, déchargées, remplies de strass, de quelques plumes et une bande de filles, de plantureuses shows girls, généreuses presque excessives, la bouche en cœur, le sourire clin d’œil, outrageusement mais si délicieusement maquillées. Le verbe et le rire haut et facile, gentiment moqueur jamais vulgaire. Comme leur pastiche de strips, des numéros inventifs, coquins et chauds, échappant aux canons de la beauté traditionnelle pour mieux rendre la chair, la peau humaine et jouissive. Femmes et hommes assistent à leur numéro avec la même bonne humeur, réactif à l’humour coquin ou à la tendresse d’une chanson venue du fond de l’âme et transpirant par la peau dénudée !
Face à elle un public, mixte conquis par tant de fraicheur, de bonne humeur et de spontanéité, par l’humour dont elle ne sont pas avares, leur seconde nature ! Amusé, séduit comme nous spectateurs privilégiés, coté public et coté coulisse. Là où leur jeune coursier homme à tout faire, chauffeur, costumier, et j’en passe met les bouchées doubles pour suivre le rythme de ces dames qui amusées ne manquent pas de le charrier, avec pour l’apaiser un baiser expédié du bout des doigts, et le gamin repart vaillant en diable, heureux !Oui c’est l’atmosphère qui règne sur cette tournée, de ville en ville, de grand hôtel en bouteilles de champagnes d’après spectacle. a leur coté, toujours vigilant, bienveillant, Joachim Zand veille au bien être de sa troupe, surtout qu’elles soient en forme pour le lendemain. Au loin un but, une prestation parisienne, qui …se dédit à la dernière minute, enfin pas vraiment, laissant le temps à Joachim de foncer sur la capitale essayer de renouer des contacts…mais son ancien milieu semble se souvenir de lui, et pas précisément en bien, il traine derrière lui une ardoise semble-il conséquente. De quel ordre, y arrivera-il ?
D’autant que le voici escorté par ces deux gamins, pas vraiment ravi du retour du père prodigue…Le retour auprès de ses girls, de sa troupe s’impose, son chez soi en fait…Oui mais la solitude, même bien entouré, il suffit parfois d’un bras d’une épaule où un soir, une nuit au moins pouvoir y souffler !!!

Voilà Mathieu Amalric réalise un film intense, profondément humain, des faiblesses de son personnage à la générosité de ses filles, cet océan de bonne humeur qui submerge tout, même si parfois ce dernier laisse entrevoir une fêlure, une larme vite séchée, mal du pays, besoin d’une présence ami(e )qui se trouve de l’autre cote de l’atlantique. A peine quelques petites notes obscures vite noyées dans la gaité rapidement revenue, » Show must go on » …
Voilà ce bloc qui pousse, le spectacle toujours vers l’excellence, professionnelle jusqu’au bout des ongles, cette quasi famille, qui ramasse en son sein son instigateur, leur show man, celui par qui tout cela advient…
Celui qui se donne à voir, houspillant une intrépide caissière névrosée, puis découvrant en plein nuit dans une station service, au travers d’un plexiglas, un amour fou possible car justement irréalisable…
La vie vous ouvre parfois ses bras, sachez y plonger, Mathieu Amalric et toute l’équipe de « Tournée » vous invitent à les y rejoindre …
Merci à eux…
Voila pour ce film vu en avant-première, merci au réalisateur pour son extrême sympathie, sa simplicité et sa disponibilité !
Quand à l’œuvre, j’espère pouvoir en dire d’avantage après une seconde lecture, notamment concernant les crédits dédiés à la bande son !

Evene.Fr "...On y pioche un désir de vivre vite et fort, d’oublier ses démons, un mal du pays fugace, des signes d’obéissance bête et facile, des rencontres improbables, une paternité maladroitement assumée… Amalric peint par touches. Libre de ses gestes, il pénètre au coeur des scènes, au creux des personnages. Ces femmes, il les filme comme un adolescent observe à la dérobée sa voisine qui s’effeuille à la fenêtre d’en face..."

Le Monde.Fr - "Tournée" : les plaisirs de la chair et les périls de la route

-

14 juin 2010

Les Mains en l’air - De Romain Goupil


Les Mains en l’air

Réalisation et scénario de
Romain Goupil

Avec Valéria Bruni-Tedeschi (Cendrine), Linda Doudaeva (Milana), Jules Ritmanic (Blaise), Louna Klanit (Alice), Louka Masset (Ali), Jérémie Yousaf (Claudio), Dramane Sarambounou (Youssef), Hippolyte Girardot (Rodolphe), Romain Goupil (Luc)...

Synopsis
En 2067, Milana se souvient d'un épisode de sa vie, près de 60 ans plus tôt. Elle était alors en CM2, et fréquentait Blaise, Alice, Claudio, Ali et Youssef. Mais un jour Youssef, qui n'a pas de papiers, est expulsé. D'origine tchétchène, Milena risque le même sort. Se sentant alors en danger, les enfants décident de réagir. Ils prêtent serment de toujours rester ensemble et organisent un complot pour sauver Milana...
°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
Les Mains en l’Air
Laissez-vous porter, de 2067 où sur un fond blanc, géométriques lignes de construction Milana se souvient, de Paris, de sa classe de CM2, de ses amis surtout en cette année de 2009. Son aventure, son étiquette de sans-papiers dont elle se vit affublée elle ne l’a pas oubliée, incapable de vous dire qui alors présidait l’hexagone, elle se rappelle fort bien tous les événements de ce mois agité. La menace pesant sur elle et sa famille, ses amis compagnons de débrouille, les soirées passées à pirater et reproduire des cd et dvd, une véritable petite entreprise souterraine sise dans les caves et dont l’accès aux stocks de l’épicerie voisine alimente en boisson et autres matières premières nos gamins intrépides. Une collectivité à toute épreuve, les devoirs sont vite expédiés, grâce au net et à la solidarité collective.
Un bloc d’autant plus soudé que l’arrestation et l’expulsion de Youssef a glacé et déterminé la petite bande à ne plus jamais se laisser séparer.Romain Goupil tisse une aventure à hauteur de demi-bonhommes/femmes, il y inclut tous les ingrédients d’une vie, l’amour naissant même s’il est secret entre Milana et Blaise, la tension et la peur qu’il finit par retourner vers ses adultes inquiets de la disparition de leurs enfants.
Tout aussi intéressant et révélateur les réactions adultes, mais celles-là il nous est facile de les imaginer, ce sont les nôtres. Voulons nous obtenir un passe-droit comme Luc, refuser d’accueillir toute la misère du monde comme Rodolphe ou intransigeante comme Cendrine (Valéria Bruni-Tedeschi exceptionnelle jusque dans ses moments de doutes, de flottement pour mieux rebondir, avec un cœur gros comme cela..) refuser tout compromis accueillir, partager puisque nous le pouvons !
Chez les enfants, la résistance s’est organisée, ils possèdent leur propre maquis, leurs codes et un sens de la communauté bien à eux, vital et presque inné comme cette famille de rongeurs qui nait et vit là sous leurs yeux, passagers sans passeport…Ira-on un jour aussi leur en demander un à ces minuscules bestioles.
Oui un film succulent, la jeunesse de l’interprétation nous arrachant facilement un sourire, voire aussi une certaine émotion, la plus jeune des starlettes ira un jour j’en suis sur gravir les Pyrénées (gare à moi si j’y glisse une faute d’orthographe !) .
Romain Goupil a choisi de fabuleux ambassadeurs pour cette cause qui ne dit pas vraiment très fort son nom, mais nous sommes en 2067 et il ne s’agit que d’un inoubliable souvenir pour des enfants qui auront découvert la force de l’action passive !
Formidables images du dénouement !
Formidables images de deux souvenirs, l’un dans le cœur de Milana, puis dans celui de Blaise bien sur !
Chaudement conseillé

Excessif.Com "...Car, c'est l'une des originalités de ce film, Les mains en l'air privilégie le point de vue d'une bande de gosses hauts comme trois pommes, niveau CM2. Blaise, Alice, Claudio, Ali, Youssef sont les amis de Milena, la narratrice d'origine tchétchène, sans papiers. Mais..."
CritiKat.Com "...La force d’un prologue et d’un épilogue futuriste tient dans la capacité du film à rendre indigne les agissements de répression et d’expulsion que le gouvernement actuel entretient. Le regard des enfants permet déjà de dresser une absurdité de la situation mais le décalage temporel tient à confirmer le point de vue de l’auteur, que le débat pourrait devenir inacceptable jusque dans sa formulation, ce qui renvoie indéniablement à la question d’identité nationale ou autres irritantes formules. Reste une question pour le réalisateur : combien de temps faudra-t-il afin de prendre conscience de l’irrecevabilité de la situation ? Les Mains en l’air, en déployant un récit solide, tantôt joyeux et véloce, tantôt grave et sec, constitue une œuvre humaniste et militante – jamais l’un sans l’autre..."
Le Monde.Fr - "Les Mains en l'air" : enfants sans papiers, unissez-vous !


"...Quelle était la nécessité du prologue et du final dans le futur ?
S’extraire de la gangue nauséabonde dans laquelle nous sommes plongés en ce moment, et qui fait que nous risquons de finir par réfléchir dans des termes inacceptables, d’entrer dans un débat dont il est évident que dans 50 ou 60 ans il sera considéré comme une indignité totale, dans sa formulation même..."

-

12 juin 2010

When You're Strange - de Tom Dicillo




When You're Strange
A Film About The Doors
Un film de Tom Dicillo
Voix Off de Johnny Depp

L'HISTOIRE
S'appuyant exclusivement sur des images d'archives tournées entre 1966 et 1971, Tom Dicillo évoque l'histoire du groupe et l'Amérique des années 60 avec un sens de l'urgence très contemporain. Accompagné par un texte de Tom Dicillo, auquel Johnny Depp prête sa voix, le film nous fait pénétrer dans l'univers des Doors, où l'expérience de la célébrité côtoie la drogue et l'alcool, mais souligne aussi le rapport viscéral de ces artistes à la musique. Si les combats et les excès de Jim Morrison assurent un fil rouge au film, When You're Strange parle également de Ray Manzarek, Robby Krieger et John Densmoredes musiciens dont l'attachement à la liberté de création et le refus des compromis ont inspiré toute une génération – et plus encore.
°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
A l'origine, il y a Les portes de la perception, le livre d'Aldous Huxley sur son expérience de la mescaline et d'autres drogues hallucinogènes. La citation de William Blake, qui lui a fourni le titre de ce livre, inspira également Jim Morrison et Ray Manzarek pour le nom du groupe - The Doors - qu'ils fondèrent en 1965 à Venice Beach avec John Densmore et Robby Krieger. Ils allaient devenir l'un des groupes les plus importants et les plus influents du rock américain.

« If the doors of perception were cleansed, every thing would appear to man as it is: infinite » (« si les portes de la perception étaient purifiées, toute chose apparaîtrait à l'homme telle qu'elle est : infinie » William Blake

When You’re Strange
Si voir et revoir la chute de Jim Morrison, sa dégringolade alcoolisée n’apporte rien de vraiment neuf, il faut voir tout au long de ce bout de route, à l’origine un film réalisé par Jim Morrison lui-même, où ce dernier se filme au volant le long des routes californiennes, un long clip sauvage et coloré pour corvette survoltée, l’occasion de multiples breaks pour un retour aux images d’archives de ce groupe unique The Doors. Du début, de la rencontre entre deux étudiants en cinéma, Ray Manzarek et Jim Morrison, rejoint par un batteur de formation Jazzy, John Densmore et un guitariste Robby Krieger nourri d’influences indiennes autant que de flamenco . Voila rassemblé pour notre plus grand bonheur trois musiciens performants puisant dans des courants divers pour en extraire un blues, psychédélique et à nul autre pareil , enfin les textes ciselés, véritables poèmes de Morrison, chanteur qui vaincra une timidité naturelle pour finalement se griser du succès le tout dans une consommation effrénée de psychotropes, Lsd pour ensuite sombrer dans une alcoolisation grandissante . Il faudra toute la patience, l’affection du groupe pour le maintenir un instant à flot !
Mais ne retenir que ces débordements, aussi spectaculaires soient ils, serait trop facile alors que la gloire et l’éclat des deux premiers albums l’éponyme « The Doors » et « Strange Days » les imposent comme le groupe incontournable dés 1967.
Des ballades sur la plage, aux répétitions et compositions dans un garage au bord de la mer, des premiers albums à la fin tragique, cette fin évoquée dans le clip alors que Morrison roule, la caméra filmant, le réalisateur se permettant de rajouter un flash info, la radio annonçant la mort prématurée de Jim Morrison, dans son domicile parisien …
Voila rien de bien neuf, toutefois j’ai apprécié la part faite à la musique et au processus de création, cette alchimie, qui entre musiciens débouche sur ce style incroyable permettant à la voix pas toujours parfaite mais tellement envoutée de Morrison de nous emporter ..ailleurs .. «Wake Up»!
Les Doors, un groupe ,une expérience !
« “… When You’re Strange
Faces come out of the rain
When You’re Strange
No one remembers your name
….” » People are strange - Strange Days


Excessif.Com "...N'utilisant que des images d'archives tournées entre 1966 et 1971, le réalisateur livre une oraison funèbre sans concessions, un hymne empli de grâce et de crasse, une ode à la joie de hurler sa liberté pendant qu'on vous fustige, les battements de coeur d'un groupe qui a atteint l'infini..."
CritiKat.Com "...Les images du réel permettent de mettre beaucoup mieux en exergue la musique en protégeant nos oreilles de la cacophonie des reprises mal interprétées par des acteurs qui ne sont en aucun cas des chanteurs. C’est l’un des points forts de When You’re Strange, dont le montage musical joue talentueusement avec les morceaux des Doors : le cinéaste décrit, à la façon d’un érudit, le style et les influences du groupe, en analysant précieusement le rôle essentiel endossé par chacun de ses membres. Surtout, DiCillo fait preuve de pudeur dans sa mise en scène : bien qu’emporté par sa passion, il choisit de nous montrer les images d’un Jim Morrison aux traits humains, loin de toute l’imagerie glamour et fantasmée habituelle. Il est représenté comme un individu fragile, timide à ses débuts, se laissant progressivement emporter par l’engouement phénoménal suscité par sa personnalité et ses chansons..."
-

05 juin 2010

Les Femmes de mes amis - De Hong Sang-soo

Les Femmes de mes amis
(Jal Aljido Motamyunseo, Corée du Sud, 2009)

Réalisation & Scénario de
Hong Sang-soo

Avec Kim Tae-woo (Ku Kyung-nam), Ko Hyun-jung (Ko Sun), Uhm Ji-won (Gong Hyun-hee)

Présenté à la 41ème "Quinzaine des Réalisateurs" du Festival de Cannes 2009.
Nommé pour le Prix du Meilleur Scénario à la cérémonie des Asian Film Awards 2010.

Synopsis
Ni riche, ni célèbre, Ku Kyung-nam a la réputation d'être un réalisateur de films d'auteur. Alors qu'il est membre du jury d'un festival d'une petite ville, il tombe nez à nez avec un de ses vieux amis, Bu. Après quelques verres, Ku est entraîné chez Bu où il fait la connaissance de sa femme qui prétend connaître tous ses films. Le lendemain matin, après une nuit de beuveries, Ku retourne à son hotel où l'attend un message de Bu lui demandant de « ne plus jamais l'approcher ». Mais il n'a aucun souvenir des événements de la nuit...
°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
Les Femmes de Mes Amis
Ce jeune réalisateur, convié à un festival, presque étonné que l’on qualifie ses films d’auteur. Ce cinéaste qui ne semble pas avoir grand-chose à dire, si ce n’est un singulier penchant pour les boissons frelatées et les femmes de ses amis. Cet ami qu’il retrouve par hasard, sa compagne dont il fait connaissance quelques verres plus tard. Situation burlesque, absurde et totale incompréhension …Qu’est il arrivé pour que son ami ne veuille plus jamais entendre parler de lui ? Pourquoi son épouse pousse elle des cris d’orfraies à la vue de celui-ci ? Le mystère restera entier, noyé dans un lac d’alcool.
Alors que le festival se poursuit, entre migraines, repas et beuveries prolongées…oui ici tout le monde boit, de l’attaché-culturel du festival, charmante jeune femme à la descente rapide qui remet notre jeune artiste à sa place…celle d’un homme peu fiable, à la promesse trop légère en passant par les retrouvailles avec ce vieux professeur d’art plastiques dont l’épouse ne lui est pas tout à fait étrangère.D’autres rencontres aussi plus brèves mais tout aussi éloquentes, cette jeune élève que le « maitre » croit subjuguer de par sa situation de « cinéaste auteuriste» mais que seule la peinture passionne, le chemin inverse de notre « Héros ».
Notre Héros, cet homme à la recherche d’une « âme sœur » quasiment prêt à emprunter celle de son voisin mais qui sans véritable sincérité, sans un amour véritable se vautre quasiment et presque heureusement à chaque fois.
Hong Sang-soo filme son jeune acteur dans un perpétuel mouvement, tel une girouette à l’écoute du vent, de quel coté souffle les femmes semble il dire !
Le film ressemble à une presque comédie, l’auteur semble y croquer une part de son existence avec une douce ironie, mais le trait sait aussi se faire légèrement cruel, la rencontre et ce qui s’ensuit avec son premier amour par exemple.
Voila dans l’ensemble un tableau assez alcoolisé des rapports hommes-femmes selon Hong Sang-soo, assez jubilatoire quand on songe à ce que l'auteur y a mis de lui même !

Excessif.Com "...Mettant en scène une sorte de double bouffon du cinéaste d’une manière bien différente de ce qu’ont pu faire Takeshi Kitano ou Woody Allen avant lui, l’auteur de Conte de cinéma fait ainsi montre de ce que l’on aime particulièrement chez lui, à savoir cette capacité à faire basculer dans l’absurde et le drame léger les situations les plus ordinaires. .."
CritiKat.Com "...triangles sentimentaux explorant les possibles dans une parfaite irrésolution. Toujours bancals, jamais définitifs ; Hong Sang-soo arrêtera vraisemblablement le cinéma lorsqu’il aura épuisé ce motif cinématographique, c’est-à-dire en trouvant la solution du théorème. Mais, à l’image de la science qui a fait la découverte de la relativité et de l’instable, il n’y a pas de résolution définitive : longue vie donc au réalisateur sud-coréen, s’il n’est toutefois pas emporté par le soju, dont on abuse, ici comme dans les autres films, au cours de beuveries monumentales..."
Le Monde.Fr - "Les Femmes de mes amis" : entre désirs et discours, un cinéaste pris au piège d'une drôle de guerre des sexes
-

03 juin 2010

Copie conforme - De Abbas Kiarostami


Copie conforme
(The Certified Copy)
France-Iran-Italie, 2010

Réalisation & Scénario De

Abbas Kiarostami

Avec Juliette Binoche (Elle), William Shimell (James Miller), Jean-Claude Carrière (l’homme de la place), Agathe Natanson (la femme de la place)...

Cannes 2010
Prix d'Interpretation Féminine
pour
Juliette Binoche

Synopsis
James, un écrivain anglais, donne en Italie, à l'occasion de la sortie de son dernier livre, une conférence ayant pour thème les relations étroites entre l'original et la copie dans l'art. Il rencontre une jeune femme d'origine française, galeriste, qui l'entraîne pour quelques heures dans les ruelles d'un petit village du sud de la Toscane. Lorsque la femme s'amuse à le faire passer pour son mari trop souvent absent, l'écrivain accepte de rentrer dans son jeu. Mais c'est un jeu dangereux et bientôt, il devient difficile de démêler le vrai du faux...
°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
Copie Conforme
Un couple qui n’en est pas un ! Deux individus réunis un instant le temps d’une brève conférence sur l’art, son œuvre et de l’importance ou non de la copie ou de l’original ! Deux êtres un homme le conférencier, pas vraiment motivé, qui affirme bien haut que la copie vaut autant que l’original, sur le plan créatif tout au moins. Face à ce conférencier pas plus que cela concerné, dans les premiers rangs une femme (Juliette Binoche) et son enfant un presque adolescent nullement intéressé par ces divagations) guère plus que sa mère d’ailleurs qui rapidement fait passer un message au maitre du moment l’invitant à se rendre dans sa modeste galerie d’art.
Le film est une suite d’échanges verbaux entre l’homme et la femme, durant le court voyage qu’ils effectuent au travers de la Toscane, paysages et lieux à peine aperçus, oppositions sur la forme, de l’origine à la copie, origine de l’amour, copie de celui-ci quand la flamme s’est refroidie voire éteinte.C’est une larme courant sur le visage de Juliette qui ouvre le renversement, le film bascule, les deux acteurs partagent le même langage et non plus simplement l’anglais, celui-ci s’avère comme symbole de leur union, fut elle ancienne, fut elle brisée. Pour elle des souvenirs, presque ceux d’une lune de miel en Toscane, Lui suit tout cela avec une certaine réserve, des plaies, des blessures, une guerre que l’on ne souhaite pas rouvrir, ne pas invoquer une copie conforme d’un moment difficile.
Voilà ce film peut sembler un peu déroutant, surtout si l’on cherche à tout prix à relier logiquement les deux parties, sommes nous en présence d’une Copie Conforme , sans doute mais découpé en deux parties, où de deux « touristes » nous passons à deux presque anciens amants, illusions ou manipulations là est tout l’art de Kiarostami. S’agit il d’un couple jouant au jeu, reprenons dés le début…avec ce terrible constat, l’on refait quasiment toujours les même erreurs, les même choix, une véritable Copie Conforme, qui nous ramène au même point…Elémentaire !
Voilou, un film qui n'emporte pas une adhésion immédiate mais qui petit à petit s'installe dans votre subconscient, ne vous lâche plus de la semaine et finit par rayonner, à juste titre !
Excessif.Com "...Un homme. Une femme. ... Abbas Kiarostami part d’un postulat universel et offre une ballade douce amère aux pays des illusions presque perdues. A ses côtés, Juliette Binoche et William Shimell, copies conformes de couples à la dérive et œuvres originales d’un amour encore possible. Entre faux souvenirs et vraies fêlures, la fiction et la réalité se rejoignent..."

CritiKat.Com "...Le dernier film d’Abbas Kiarostami est comme foudroyé, en plein milieu, par un violent éclair. Ou, disons plutôt, rayé de haut en bas par une larme, s’écoulant doucement sur la joue de son actrice principale, Juliette Binoche. Avant cela, on assistait à une étrange comédie romantique..."

Le Monde.Fr - "Copie conforme" : Kiarostami, un virtuose de l'illusion
-
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...