25 mai 2010

J'ai voté pour ...allez savoir pourquoi..!


AVANT PREMIERE LUNDI 14 JUIN A 20H30
Seance suivie d'un debat en presence du réalisateur et comédien
MATHIEU AMALRIC


En attendant




Very Amazing ! Ce film me file déjà la pêche et le sourire..Des filles et Amalric !
Que demander de plus.. "Un Prix du Scénario "..Bien vu !

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24 mai 2010

Les Secrets - De Raja Amari


Les Secrets
(Tunisie, France)

Réalisation & Scénario De
Raja Amari

Avec Hafsia Herzi (Aïcha), Soundes Bel Hassen (Radia), Wassila Dari (la mère), Rim El benna (Selma), Dhaffer L’Abidine (Ali)...

SYNOPSIS
Aicha, Radia et leur mère vivent à l’écart du monde dans une maison à l’abandon dans laquelle elles ont déjà travaillé comme domestiques.
Leur quotidien vacille le jour où un jeune couple vient s’installer dans la maison. Les trois femmes cachent leur existence aux nouveaux venus de peur d’attirer l’attention sur leur situation et d’être chassées.
En effet, elles cachent un secret inavoué...
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Les Secrets
Trois femmes, apparemment deux générations vivent quasi recluses dans une dépendance d’une ancienne résidence à l’allure abandonnée. Une ancienne et imposante demeure de style mauresque perdue dans le maquis. Entourée par la nature un modeste potager leur fournit les denrées essentielles, le reste elles l’obtiennent en troquant des travaux de broderies contre quelques espèces, lors de leurs seules et uniques échappées hors de leur territoire restreint. Elles se sont érigés au sein même de la gigantesque maison ouvertes au courant d’air ,des barrières invisibles se limitant à l’ancien carré des domestiques, oublié, abandonné, nous comprenons vite que ce lieu leur est familier, relié à un quelconque passé dont nous ne savons rien !La première alerte deux ouvriers s’étonnant d’un raccordement électrique sauvage, puis l’irruption dans la maisonnée d’un homme jeune et de sa compagne, un ancien occupant des lieux de retour dans une maison familiale, bien décidé à s’y installer. Commence alors une partie de cache-cache et l’irruption dans le monde clos de ces trois femmes d’un élément perturbateur, agissant comme un révélateur, réveillant peurs et pulsions féminines.Filmé dans un cadre somptueux, la maison décrépite révèle des couleurs passées explorant une palette variée, quand dehors la nature est luxuriante, une quasi oasis malheureusement encombrée par la tension et les refoulements internes de ses occupants. A l’image de ces trois femmes vivant dans le déni, désir insurmontable et coupable pour l’ainée, envie de liberté pour la plus jeune à l’esprit semble-il fragile, l’ensemble chapeauté par la mère marâtre nourricière et protectrice, mais aussi gardienne du temple, de la pureté, de la virginité allez savoir !
L’extérieur s’invitant dans ce repaire par trop tranquille, tensions et désirs vont se dévoiler, de manière anodine avant de basculer vers un horizon plus mouvementé, tel une marmite bouillonnante sur laquelle le couvercle finit par céder.
Raja Amari dépeint un univers de frustration dans lequel le silence finissant par voler en éclat laisse échapper un long soupir de violence. Avec talent la réalisatrice laisse percer des indices sans toutefois répondre tout à fait aux questions du spectateur, l’obligeant à un effort d’imagination.
A noter une interprétation en tout point parfaite à commencer par la jeune Hafsia Herzi (La graine et le mulet), symbole ici presque malgré elle d’une émancipation féminine nécessaire mais douloureuse, voir les dernières images refermant le film !
CritKat.Com "...Le plan final du film, troublant dans la manière de rendre un geste ultime porteur d’une symbolique à différents niveaux de lecture, est très certainement ce à partir de quoi tout le film s’est construit. Pour la réalisatrice, associer le sang féminin, la négation de la sexualité, la virginité et la prise à témoin de la société tunisienne dans un seul et même plan relevait d’un pari un peu fou. Les Secrets le relève haut la main."
Excessif.Com - Le Pour...Et Le Contre
Le Monde.Fr - "Les Secrets" : inquiétant et cruel 'Cendrillon' du Maghreb

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Film Socialisme - De Jean-Luc Godard


Film Socialisme
(France-Suisse, 2008)
Réalisation De
Jean-Luc Godard

Interprétation :
Catherine Tanvier, Christian Sinniger, Agatha Couture, Eye Haidara, Marie-Christine Bergier, Nadège Beausson-Diagne, Mathias Domahidy, Quentin Grosset, Olga Riazanova, Maurice Sarfati, Dominique Devals, Gulliver Hecq, Marine Battaggia, Elizabeth Vitali, Patti Smith, Lenny Kaye, Alain Badiou, Bernard Maris, Elias Sanbar, Robert Maloubier, Dominique

Sélection un Certain Regard Cannes 2010

L'histoire
Une symphonie en trois mouvements.
-Des choses comme ça : En Méditerranée, la croisière du paquebot. Multiples conversations, multiples langues entre des passagers presque tous en vacances...
- Notre Europe : Le temps d'une nuit, une grande soeur et son petit frère ont convoqué leurs parents devant le tribunal de leur enfance. Ils demandent des explications sérieuses sur les thèmes de liberté, égalité, fraternité.
- Nos humanités : Visite de six lieux de vraies/fausses légendes, Egypte, Palestine, Odessa, Hellas, Naples et Barcelone.
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Film Socialisme
Comme ce générique qui s’affiche à vitesse grand V, les premières images les eaux sombres de l’océan puis ce paquebot, monstre d’acier, poli et coloré. Les vues se succèdent, se suivent mais ne se ressemblent pas, plans multiples sur les différents ponts, photos léchées et soignées, qualité haute définition oblige. L’acier offre une ligne fuyant vers l’horizon et son ciel bleu azur et un soleil doré. Autres plans, autres vues, plongée en apnée dans les entrailles du navire, salles de restau où s’affaire un personnel nombreux face à des clients silencieux trop occupés à manger, l’image se fait soudain plus floue, se teinte de couleurs chamarrées volontairement surexposées, les salles se succèdent, de sport, de jeu, piscine de plein air, une ville dans la ville flottante. Sur cette cité aquatique suivant Godard on négocie d’anciennes dettes, l’histoire remonte…et le spectateur que je suis d’attraper au vol les images, souvent fort belles, comme des papillons échappant à ma compréhension. Subsiste juste une énorme impression, celle d’un monde vieillissant à l’image de ces hordes déversées lors des haltes, des touristes grisonnants, chère vieille Europe ! Voilà pour Des choses comme ça

Notre Europe voit un couple se préparer à jouer un rôle actif dans la vie politique locale et à ce titre être soumis au feu croisé des médias locaux, à savoir deux envoyés spéciaux d’FR3, avant d’affronter les journalistes ils doivent se dévoiler devant leur propre enfants, progéniture sans pitié, experte dans l’art d’appuyer là où cela fait mal, on retrouve de nombreux plans fixes, parents et enfants s’observant alors qu’une réponse tarde à se formuler et qu’à l’écran s’affiche dogme sur pensée par exemple « quand la loi n’est pas juste, la justice passe avant la loi. » aussi percutant que la présence d’un lama dans une station service…serions nous chez David Lynch ?
Oui il faut se laisser porter même si cette partie est plus difficile, moins trépidante que le paquebot et son flot incessant d’images et de sons.
Nos humanités achèvent ce voyage, parcours des capitale européennes, des lieux déjà visités, images du passé mêlées au présent, collage radical et qui me laisse un gros point d’interrogation aux creux de mes mirettes
Voilou, ce samedi matin nous n’étions que trois dans la salle du Majestic (le ciné de Lille et non le palace de Cannes hélas !), j’ai adoré le premier volet, le coté par trop statique du second m’a un peu engourdi, une furieuse envie de me dégourdir les jambes ( que j’ai très longues) quand au dernier opus, j’ai avalé les images sans peine à défaut d’en saisir toute la portée…Voilou..Maintenant à vous de Voir !

Excessif.Com "...Cependant, Godard restant Godard, l’avenir reste incertain et Film Socialisme répond à ce qu’il souhaitait : il propose, il questionne, il envisage et par d’autres moments, embarrasse. Il fait front avec la question palestinienne, parle des espoirs d’une jeunesse qui devra pour assumer les retraites de ses parents, débloquer autant d’argent que ce que les compagnies d’assurance gagneront. Il s’amuse aussi à tromper, à perdre son spectateur et à l’égarer pour mieux le surprendre autrement. Dans le fond et dans la forme. Ainsi, peut-on s’émerveiller de plans en HD dont la beauté plastique est à tomber, noyés qu’ils sont de lumière et de vie, pour ensuite être contraints d’endurer la pixellisation d’une image faiblement éclairée..."
CritiKat.Com "...Il y a deux manières de regarder un Godard. Se laisser aller à le faire venir à nous, ou bien vouloir tout retenir ; dans ce cas il faut se munir d’un crayon et papier, comme si l’on retranscrivait en direct les notes de musique en assistant à un concert..."
Le Monde.Fr - "Film Socialisme" : Jean-Luc Godard, déçu d'une Europe qu'il voudrait revoir heureuse
"..Le thème central de Film Socialisme est l'Europe, ce continent dont il dit qu'il ne veut pas mourir sans l'avoir revu heureux, comme il prie de voir à nouveau associés "Russie" et "bonheur"..."

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23 mai 2010

Policier, adjectif - De Corneliu Porumboiu



Policier, adjectif
(Politist, adjectiv, Roumanie, 2009)
Réalisation & Scénario De
Corneliu Porumboiu

Avec Dragos Bucur (Cristi), Vlad Ivanov (Anghelache), Cosmin Selesi (Costi), Irina Saulescu (Anca), Adina Dulcu (Dana).

Synopsis
Cristi est un jeune policier. Lors d'une filature, il voit un garçon vendre du haschich à ses copains de lycée. Il refuse de l'arrêter alors que la loi l'y oblige. Il ne veut pas avoir la vie du jeune homme sur la conscience. Mais pour son supérieur, le mot conscience a un autre sens.
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Policier, adjectif
De longues filatures suivies de guets et attentes plus interminables encore, serions nous sur la piste de dangereux ennemis de droit commun voire du régime, cette bureaucratie pesante ayant succédée depuis longtemps déjà à l’ancienne dictature de Ceausescu.
Corneliu Porumboiu filme un dilemme, un cas de conscience où l’impossible pour un encore tout jeune flic de faire entrer le chaos dans la vie de trois malheureux lycéens adeptes du petit joint d’après les cours. Nous ne verrons pas un dealer se faire serrer avec une importante cargaison mais plutôt Cristi récoltant après leur passage le malheureux mégot et ses traces de THC.
De longs plans séquences, interminables scènes d’attente, compte rendu détaillé mais hésitant à la hiérarchie, le cinéaste filme une débauche de temps et d’énergie pour un cas si bénin, avec quand même à la clé vis-à-vis des jeunes gens des existences brisées, les peines se chiffrant à parier à quelques années d’enfermement, cher payé pour quelques joints d’après-cours.
C’est du moins l’avis de Cristi, qui effrayé voir dégouté par cette démesure essayera de plaider la clémence face à son commandant, ce dernier bien décidé à donner avec forces moyens l’assaut final, le flagrant délit dans une débauche d’effectif.
Nous ne verrons pas cette scène présumée, quasi ubuesque autant que burlesque et intéressant est le raisonnement, la démonstration entreprise par le commandement à l’égard de Cristi, dictionnaire à l’appui, où tour à tour défileront les définitions de policier, loi, justice, droit raisonnement à la dialectique implacable n’y manque que le terme clémence et seconde chance, hélas.
Voilà un film de peu de moyens au résultat exceptionnel. Des longues stations dans la rue aux incontournables rapports écrits," Policier, adjectif "…une certaine culture…du résultat… ! Brillant !
CritiKat.Com "...Policier, adjectif est une œuvre épurée, véritable relecture low-fi du film policier, qui stigmatise l’immobilisme et l’incommunicabilité gangrénant la Roumanie. Le cinéma de ce pays est décidément en grande forme grâce à une génération d’auteurs qui s’évertue à décrire l’évolution de sa société par le biais d’un travail pertinent sur les formes cinématographiques..."
Le Monde.Fr - "Policier, adjectif" : le policier, la morale et la sémantique
"..La réflexion sémantique à laquelle le soumet son chef nous vaut un final digne de Ionesco, séance d'humiliation et de philosophie morale. Le Littré local devient l'accessoire homérique d'un film fait avec presque rien, sauf l'essentiel : l'art de vivre ensemble et d'en communiquer les règles."

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14 mai 2010

Enter the Void - De Gaspar Noé

Enter the Void

Réalisation & Scénario De
Gaspar Noé

Avec Nathaniel Brown (Oscar), Paz De La Huerta (Linda), Cyril Roy (Alex), Masato Tanno (Mario), Olly Alexander (Victor)…

Synopsis
Oscar et sa soeur Linda habitent depuis peu à Tokyo. Oscar survit de petits deals de drogue alors que Linda est strip-teaseuse dans une boîte de nuit. Un soir, lors d'une descente de police, Oscar est touché par une balle. Tandis qu'il agonise, son esprit, fidèle à la promesse faite à sa soeur de ne jamais l'abandonner, refuse de quitter le monde des vivants. Son esprit erre alors dans la ville et ses visions deviennent de plus en plus chaotiques et cauchemardesques. Passé, présent et futur se mélangent dans un maelström hallucinatoire.
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Enter The Void
Un petit appart bordélique comme il se doit, partagé par Oscar et sa frangine Linda. Alors que celle-ci enfile sa tenue d'effeuilleuse et file bosser, Oscar teste encore et encore de nouvelles substances chimiques trips et acides en tout genre. Une livraison à faire, il deale pour vivre, pour se défoncer surtout et la machine s’enraye, laissant un Oscar agonisant dans les toilettes sales d’un bouiboui , le « Void »!
Démarré sur les chapeaux de roues, filmé en caméra subjective nous enfilons, pour peu que nous le voulions bien la peau du jeune homme et quand celui s’échappera de son écorce terrestre, ombre planante pour veiller sur sa sœur et s’acquitter d’une promesse faite y il a longtemps, juste après que leur parent ne décèdent dans un effroyable crash automobile, premier claque qui vous colle au fauteuil avant de relâcher vos nerfs pour embarquer dans une longue extase faite de couleurs,de sons et de sensations.Tokyo prête ses couleurs, son architecture et quand cela ne suffit pas, le réalisateur nous bâtit un monde fait de brique et de murs aux couleurs acides et saturées, ainsi du « Love Hotel » ! L’esprit d’Oscar se remémore, entamant la révision de son passé intimement lié à celui de sa sœur, deux orphelins jadis aimés et couvés au sein du giron maternel soudain abandonnés, de force séparé subsiste une promesse, celle qui enverra Linda rejoindre son frangin à Tokyo ! Ne jamais se quitter, juste un lien fraternel lié par le sang !
Pour Oscar, Revivre les faits marquants de son passé, états du karma, pour se libérer et puis renaitre tel qu’il est mentionné dans " le Livre des morts Tibétains " . Et là peu importe que l’on accroche ou pas aux préceptes sur la réincarnation, mais force est de constater que le film ne peine pas à nous entrainer à sa suite. Le magma encore fumant d’images et de couleurs, il n’est que de repasser sur le site officiel pour à nouveau ressentir ce presque vertige.
Du déluge de sensations psychédéliques au retour au passé de ces frère et sœur, de l’ami qui se cache à la renaissance et les séquences hautement érotiques du « Love Hotel », l’imagination débordante, inspirée (acidulée ?) de Gaspar Noé fait mouche et nous emporte deux heures et demie durant, avec peut être ici ou là un soupçon de longueur avant de rebondir tel un retour d’acide. Vertigineux...Bravo !
Voilou ce n’est guère un post qui m’est facile....à retranscrire ce genre d’expérience Gaspar Noé vient lui de très, très bien y parvenir !

Le site Officiel Hallucinant
Un bon aperçu de ce qui vous attend..Perso souvent j'y repasse !

Excessif.Com "...Dépourvu de la volonté de provoquer ou de choquer, Noé est parti dans une autre galaxie en sculptant un univers en apesanteur dont il cherche à cerner le mystère. Peu importe si on ne comprend plus ce qui se passe, lui-même ne contrôle plus ce qui l'anime. Il est dans le même état de transe et de possession fébrile que nous, comme s'il touchait du doigt quelque chose que les mots ne peuvent pas définir..."
Libération.Fr "...c’est le cinéma en entier qui palpite et renaît à chaque plan comme émerveillement enfantin et machine branchée directement sur les nerfs épuisés. L’existence comme tourment, la forme comme déchaînement, ainsi voit et pense Noé. Entrez dans son rêve."
et aussi "«Un film de défonce fait par des gens clean» Gaspar Noé. Libération

Le Monde.Fr - "Enter the Void" : voyage chimique et psychédélique par-delà la mort et le temps

12 mai 2010

Lola - De Brillante Mendoza

Lola
(France, Philippines, 2009)
Réalisation De
Brillante Mendoza

Avec Anita Linda (Lola Sepa), Rustica Carpio (Lola Puring), Tanya Gomez (Ditas), Ketchup Eusebio (Mateo)...

Synopsis
A Manille, deux femmes âgées se trouvent confrontées à un drame commun : Lola Sepa vient de perdre son petit-fils, tué d'un coup de couteau par un voleur de téléphone portable ; Lola Puring est la grand-mère du jeune assassin, en attente du procès. L'une a besoin d'argent pour offrir des funérailles décentes à son petit-fils, pendant que l'autre se bat pour faire sortir le jeune homme de prison. Déambulant dans les rues de la ville sous une pluie battante, elles luttent infatigablement pour le salut de leur famille...

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Mendoza poursuit inlassable son exploration de Manille et des âmes humaines qui y vivent ! Cette fois c’est avec une certaine tendresse qu’il suit le cheminement parallèle de deux « Lola », grand-mère en Philippin. Deux femmes âgées, à l’apparence fragile mais au caractère trempé, riches d’une volonté affirmée à défaut d’une richesse matérielle qui fait cruellement défaut. La pauvreté étant leur lot à toutes deux. L’une doit s’activer escortée par sa belle fille et ses petits enfants pour trouver les fonds nécessaires au règlement des funérailles, l’autre doit trouver l’argent pour un éventuel arrangement amiable, abandon des poursuites contre un dédommagement matériel…Oui cela peut sembler irréel, et pourtant, les morts brutales semblent nombreuses, à voir les tribunaux de fortune submergés et les prisons misérables surpeuplées.Tandis que d’un bord les funérailles s’organisent, que des trombes d’eau envahissent la ville compliquant tout, Lola Sepa s’évertue à réunir la somme nécessaire au cout de la cérémonie, dons minimes des voisins aussi pauvres qu’eux, démarches alambiquées auprès d’officines de crédit pour finalement se tourner vers un/une chef de secteur influente et apte à négocier les prix, faisant chuter le prix du cercueil de manière fulgurante.
De l’autre Lola Puring met au clou téléviseur, se rend dans la lointaine famille, à la campagne et en revient les bras chargés de victuailles qu’elle s’empresse d’échanger contre espèces sonnantes et trébuchantes…
Les deux Lola arrivent elles à un accord ? Est-il seulement possible, oui ce genre de pratique s’avère courant, là où règnent pauvreté et violence.
Mendoza pose un regard sensible sur ses deux grand-mères (LOLA) Philippines, la famille qui vit ou survit autour et plus particulièrement cette toute jeunesse, ses bambins qui suivent leurs anciens de prés, avec respect même s’il faut parfois les rappeler à l’ordre !
Une des toutes premières scènes, sous une pluie battante et une bougie qui faut à tout prix allumer, ses vielles mains qui dix, quinze fois craque et frotte le bout d’une allumette sans jamais malgré le temps désespérer, pour enfin réussir…tout un symbole..
Voilà, un film non verbeux, un bout de chemin de chacune de ses mères-grands et leurs deux rencontres. Quand à l’issue allez voir ce film, ces deux Lola, véritable hommage au troisième age, véritable tête de proue ici aux Philippines

Excessif.Com "...La caméra à l'épaule de Mendoza se fond dans le quotidien pour transmuer l'ordinaire en extraordinaire et dynamiter les codes et les usages de la compassion. Question survie et esthétique, on a rarement vu autant de choses se renverser en une heure de film, ni connu de cinéaste brûlant à ce point la fiction et le documentaire..."
CritiKat.Com "...Mendoza s’intéresse ici donc bien aux personnages, et aux parcours de ces deux vieilles femmes avec une volonté de filmer au plus près des acteurs. En résulte un style volontairement heurté, avec à-coups dans le cadre, tremblements, comme si la caméra épousait les souffrances corporelles d’une dame âgée. Mais ceci est contrebalancé par le bel éclat du film, qui tient en grande partie à la présence d’enfants, qui accompagnent et assistent nos deux « lola » tout au long du film. Ceux-ci sont à l’origine d’heureux accidents qui viennent apporter spontanéité et fraicheur : des regards caméra impromptus, des circulations fortuites à l’intérieur du cadre qui forcent Mendoza à céder du terrain sur le plan de la mise en place technique. La turbulence des enfants apporte une certaine forme d’indécision, de doute sur ce qu’il faut filmer, et le film y gagne finalement en immersion dans la réalité philippine..."

07 mai 2010

Femmes du Caire - De Yousri Nasrallah


Femmes du Caire
(Ehky ya Scheherazade)
(Égypte, 2009)
Réalisation De
Yousri Nasrallah
Scénario De
Wahid Hamid

Avec Mona Zaki (Hebba), Mahmoud Hemida (Adham), Hassan El Raddad (Karim), Nahed El Sebaï (Hanaa)...

Synopsis

Femme moderne, Hebba anime un talk-show politique à succès sur les écrans égyptiens. Elle forme avec Karim, journaliste au sein d'un grand quotidien proche du pouvoir, un couple à l'apparence parfaite, jeune, beau, riche et célèbre. Son mari va pourtant la contraindre à mettre de l'eau dans son vin, car la pugnacité de l'émission d'Hebba pourrait bien l'empêcher d'obtenir une promotion. Celle-ci s'exécute, privilégiant dorénavant les faits divers féminins à la politique. Un choix qui se révèle finalement tout aussi subversif et l'amènera à s'approcher bien plus près qu'elle ne l'imaginait des femmes interviewées, victimes de la domination masculine.
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La vérité dort dans la rue, pour la réveiller, la révéler il suffit de s’y intéresser. Voici ce que va faire Hebba. Mettant de coté le volet politique de ses talk-shows pour ne pas nuire aux aspirations de son compagnon elle va s’intéresser de prés à celui de ses concitoyens ou plus exactement concitoyennes !Le déclic une réflexion, lourde de sens, lors d’une flânerie, véritable razzia sur les cosmétiques dans un grand magasin du Caire. L’invitation d’une vendeuse (très chic occidental) à visiter le dehors une fois son boulot fini, le métro bondé, les rues parfois désertes et poussiéreuses, ces regards d’autres femmes, toutes voilées et cette chevelure qu’il faudra finir par couvrir. Rien que de très normal, rien d’agressif juste une autre réalité, celle que ne connaissait pas ou avait-elle oubliée Hebba ?Cette nouvelle inspiration acquise l’animatrice ira à la rencontre des vrais gens, ceux de la vie de tous les jours ou presque. Ceux dont l’histoire n’est pas tout à fait celle de tout un chacun.
De la femme refusant toute soumission et donc tout parti aussi riche et puissant soit-il quitte à finir sa vie dans une maison de santé, à la fratrie de trois sœurs croyant avoir trouvé l’amour à la mort de leur père, modeste quincaillier, et que l’amour trahi conduira à un destin violent. Violence, oui, forcée de gré ou de force, parfois par supercherie à courber l’échine c’est dans tous les cas dans une forme d’explosion que les femmes ici présentes, de la condamnée au célibat à la condamnée pour homicide, en continuant par celle forcée à détruire la vie qu’elle engendre, voient leurs destins, leurs trois et plus encore vies se fracasser.
En face des hommes, faibles, roublards ou de véritables renards (le coureur de dot) mais il est dit que pour tous, ils ne l’emporteront pas au paradis.
Yousri Nasrallah filme sans tabou, ou si peu, se permettant même quelques audaces, les scènes entre les deux jeunes et beaux journalistes dans leur appartement High-tech, celles plus retenues entre les sœurs et l’élu de leur cœur, enfin l’avortement sans concession. Presque à la limite du trash, ainsi de la scène finale, la violence ne saurait être édulcorée semble-il nous dire. Quand on sait que toutes ses mini histoires proviennent d’une réalité à peine déformée …
Tourné tout en plan fixe, les lieux multiples s’y prêtent à merveille, restaurant, bord de plage, arrière pièce du commerce, ou cet appartement symbole de réussite, d’émancipation…moins certain ?
Le réalisateur réussit un film surprenant de par sa liberté de ton, il livre trois histoires, trois puis quatre destins de femmes et puis comment ne pas y voir une réflexion sur nos propres mauvaises habitudes, vis-à-vis des autres et aussi de la place trop importante que nous accordons aux médias !

Excessif.Com "...Cet aspect théâtral et artificiel conduit hélas à maintenir une certaine distance avec le spectateur, mais donne au film une sacrée dose d'originalité. "
CritiKat.Com "...Nasrallah traite d’un sujet grave, terrible, sensible. En optant pour une comédie pétillante, en lieu et place du drame social triste et glauque attendu, le cinéaste fraye avec une forme de militantisme infiniment enthousiasmante..."
Le Monde.Fr - "Femmes du Caire" : quand Schéhérazade conte la vie des Egyptiennes

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