23 avril 2010

Mammuth - De Benoît Délépine & Gustave Kervern




Mammuth

Réalisation et Scénario de
Benoît Délépine & Gustave Kervern

Avec Gérard Depardieu, Yolande Moreau, Anna Mouglalis, Isabelle Adjani, Bouli Lanners, Miss Ming, Benoît Poelvoorde , Dick Annegarn ...

Synopsis
Serge Pilardos vient d'avoir 60 ans. Il travaille depuis l'âge de 16 ans, jamais au chômage, jamais malade. Mais l'heure de la retraite a sonné, et c'est la désillusion : il lui manque des points, certains employeurs ayant oublié de le déclarer ! Poussé par Catherine, sa femme, il enfourche sa vieille moto des années 1970, une 'Mammut' qui lui vaut son surnom, et part à la recherche de ses bulletins de salaires. Durant son périple, il retrouve son passé et sa quête de documents administratifs devient bientôt accessoire...
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Mammuth
Charcuterie que j’aimais…Pas bavard le Serge Pilardosse (Gérard Depardieu) d’autant qu’il referme pour la dernière fois son casier après avoir ôté blouse et coiffe blanche réglementaire. L’heure du pot d’adieu a sonné et tandis que le chef déroule un pathétique discours, ses collègues indifférents se goinfrent déjà de biscuits apéro, devrait pas trop leur manquer le Serge.
A la maison Il déballe devant les yeux de sa femme Catherine (Yolande Moreau) son magnifique cadeau de départ, un puzzle d’au moins… mince …enfin un grand puzzle …reste à s’occuper.
Ce géant à la longue chevelure flamboyante , après avoir tourné en rond une bonne partie de la matinée, s’essayera à faire les courses, là dans la superette où travaille son épouse, tachera de bricoler, réparer une porte. Le résultat un désastre à chaque fois. Une bonne partie de rigolade pour nous spectateurs, n’avez-vous jamais râlé au vu de l’étroitesse des places de parking des supermarché, les hyper-supers lieux de grandes solitudes…Vous verrez…
Bref les journées de Serge sont un désastre et comme le dit si bien Catherine, « faut te ressaisir Serge ». A commencer par établir son dossier de retraite, et long moment de solitude à la caisse : il vous manque des points.Commence alors le road-movie, où l’on ressort du placard la fameuse Mammuth, une bécane de type mastodonte, aussi imposante que l’est son patron. Et voici Serge/Depardieu sur les routes remontant son passé, à la recherche d’anciens employeurs. Fossoyeur, videur de discothèque, toujours une affaire de boite, Pilardosse remonte son passé…Pour soit disant préparer son avenir. Il y trouvera surtout son présent. Dépêche-toi semble lui chanter le fossoyeur (Dick Annegarn). De déception en entôlage (Anna Mouglalis), il retrouvera les siens, un rien bargeot, mais si coloré et finalement attachant, oubliant jusqu’au motif de son périple. Alors que du passé remonte une ancienne blessure, visions douloureuses comme le visage marqué d’Isabelle Adjani, à jamais enfuie, pas encore oubliée.
Les siens ce vieux cousin et leurs souvenirs masturbatoires, les siens sa nièce Miss Ming, dont le père est actuellement absent, jeune femme évanescente, incarnation même du flower power,gentiment barrée" lucy à la recherche de ses diamants là quelque part dans le ciel " un océan de fleur et de douceur, un vent d’une douce folie et d’une immense sagesse, « c’est si bon de ne rien faire », lui qui dés le premier jour de sa retraite tournait comme un ours en cage.
Benoît Délépine et Gustave Kervern usent de plans fixes, insérant ici ou là l’absurde dans le champ de leur caméra, comme ce cadavre dans les allées du supermarket, le visage dégouté de l’employé de la caisse de retraite, les deux cousins essayant de retrouver une vigueur qui semble les avoir abandonné. Ils n’abandonnent pas non plus les séquences franchement jubilatoires, les caddies sur le parking ou encore comment réussir à ne pas se faire embaucher par Miss Ming. Ils invitent aussi l’extraordinaire, le surnaturel, l’apparition du fantôme quasi de chair et d’os, ambiance gothique pour une splendide Adjani !
Ils réussissent l’exploit de convier tout un casting d’habitués, souvent amis fidèles de Groland à apparaitre et se fondre le temps d’un sympathique clin d’œil, Boulli Lanners , Siné ou Benoît Poelvoorde s’inscrivent ainsi au générique !
Mammuth, un périple pour des points de caisse , non, pour se repaitre des moments forts de son existence et une fois les batteries rechargées s’en payer encore une tranche, oui certainement , on le leur souhaite à Catherine et Serge !

Maintenant que la question se pose : Ne devrait on pas une fois pour toute commencer par la fin, la retraite, vérifier si on s'y habitue avant de bêtement entrer dans le monde du travail..Comme disait Coluche "..Gagner sa vie ! pourquoi donc puisqu'on l’a.." je ne garantie pas la citation au mot prêt mais l'idée est là...et comme la douce Miss Ming je prêche "le droit à la paresse" !

Excessif.Com "...Kervern et Delepine ne mentent pas lorsqu'ils disent être passionnés par les caractères qui ont du cœur et se réaniment au contact des autres, dans la marge. .."
CritiKat.Com "...Les deux trublions grolandais reviennent à la réalisation en grands pourfendeurs des travers d’une société capitaliste. Après un Louise-Michel en forme de charge contre les grands patrons, Mammuth s’attaque à un nouveau sujet à la mode : la pénibilité du travail et le problème des retraites. Mais cette fois-ci, l’humour rentre-dedans qui caractérise leur univers se double d’une candeur assez suspecte, plongeant le film dans une douce naïveté post soixante-huitarde assez mièvre..."
Evene.Fr "...Soucieux de ne jamais se répéter, Benoît Delépine et Gustave Kervern donnent à leur nouveau film une direction toute autre : sans totalement délaisser l'aspect revendicatif inhérent à leur cinéma, la quête de leur héros devient vite prétexte à une errance pleine de poésie. Chaque image est travaillée ; chaque plan est, comme toujours chez Delépine et Kervern, composé comme un tableau..."
Le Monde.Fr - "Mammuth" : né pour être sauvage, sur les routes des Charentes

A lire (Avant ou peut-être bien après mais à lire ! Quand à voir le film,
la question ne se pose même pas..Courez y ! Dites que vous venez de ma part !
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20 avril 2010

Nuits d’ivresse printanière - De Lou Ye


Nuits d’ivresse printanière
(Chun feng chen zui de ye wan- Chine)

Réalisation De
Lou Ye

Avec Qin Hao (Jiang Chen), Chen Sicheng (Luo Haitao), Tan Zhuo (Li Jing), Wu Wei (Wang Ping)…

Prix de Scénario Cannes 2009

Synopsis
Nankin, de nos jours. Luo Haitao a été engagé par la femme de Wang Ping pour espionner la relation passionnée que celui-ci entretient avec un homme. Mais la situation lui échappe : Luo Haitao et Li Jing, sa petite amie, sont aspirés dans cette relation, submergés par le tourbillon des nuits d'ivresse printanière. Ils sont tous bientôt possédés par une exaltante folie des sens, un mal dangereux qui soumet les coeurs et égare les esprits..
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Rencontres complices en campagne, à l’écart de la ville où dans un petit bungalow, alors que tombe la pluie nos deux amants peuvent laisser libre cours à leur amour, leur passion, leur désir, leur sexualité. Wang Ping, marié doit redoubler de précaution tandis que Jiang Chen, libre et insouciant papillonne littéralement, mais nos deux hommes doivent aussi compter sur l’attitude d’une population et d’un régime où l’homosexualité peine à s’imposer, à s’émanciper.
Restent donc les rencontres improvisées, comme ici dans ce lieu calme et spacieux, ou bien encore quelques secondes le temps d’un baiser volé dans la librairie de Wang Ping, les repas que l’on partage au dehors…sans se douter qu’un homme suit, capte sur pellicule les gestes de tendresses et leurs ébats.

Un privé mandaté par l’épouse soupçonneuse ! Quand celle-ci apprend la vérité, son sang ne fait qu’un tour, touchée dans son amour propre, n’avance-elle pas cet argument absurde : qu’il me trompe avec une femme cela j’aurais pu le comprendre…Mais avec un homme…
A défaut de reconquérir son époux, elle lui gâchera son amour, le conduisant vers une terrible extrémité.
Et comme les lois, les jeux de l’amour et du hasard sont ma foi bien mystérieux, c’est Luo Haitao l’enquêteur arrosé, oubliant un temps sa petite amie pour sombrer dans la volupté douce amère mais si tentante de l’univers de Jiang Chen : Etablissement de nuit riches en couleur, maquillage et travesti le tout en karaoké, le monde de la nuit version Chinoise…c’est aussi une nouvelle façon d’aimer..
Tandis que Jiang Chen ne s’écarte jamais d’un iota de ce qui fait sa vrai nature, fier et digne, Luo Haitao se découvre …et partent accompagné de Li Jing pour une longue virée.

Lou Ye filme caméra à l’épaule, dans l’urgence, de façon quasi illégale pour un sujet plus que sensible en Chine où l’homosexualité est plus que tabou ! Il tisse aussi une histoire résolument moderne, une relation gay où l’un est quasi dépendant, accro à l’autre au point d’y perdre la vie et une icône sans cesse désirée, mais dont l’âme semble s’être forgée une carapace…tant et tant d’amours et d’illusions perdues !
Un film formidable, où la beauté des images, scènes de nuit, néons et cabarets me rappellent Mendoza.
La violence de la condition amoureuse aussi avec ses funestes et terribles fins !
En Chine comme ailleurs on ne badine pas avec l’amour…homosexuel aussi notamment !


CritiKat.Com "...le nouveau film de Lou Ye est un poème des amours secrets où les corps se caressent, s’entrechoquent et se libèrent. Condamné à filmer clandestinement pour cause d’interdiction de tournage sur le territoire chinois suite au passage d’Une jeunesse chinoise sur la Croisette en 2006, Lou Ye transcende son sujet par une mise en scène alerte et à fleur de peau, et grâce à des acteurs qui se donnent corps et âme au film..."
Excessif.Com "...Difficile de ne pas être sensible à sa poésie de matin blafard, éblouissante comme un lendemain de cauchemar, chuchotée et évanouie dans un tumulte urbain qui atomise les secrets et ne laisse aucune chance aux histoires d’amour épuisées avant même d'avoir été consommées. Sans que l'on sache réellement pourquoi, Nuits d'ivresse printanière et tout ce qu'il porte en lui (le spleen inguérissable, les émotions refoulées, le minimalisme discret, le doute sur la personne aimée) hantent comme des souvenirs intimes et persistants..."
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19 avril 2010

Iggy & The Stooges - Zénith de Lille

IGGY & THE STOOGES - ZENITH DE LILLE
FESTIVAL LES PARADIS ARTIFICIELS



En (Sa)Voir Plus
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11 avril 2010

AJAMI - De Scandar Copti et Yaron Shani


Camera d'or Festival de Cannes 2009

AJAMI
Un film de
Scandar Copti et Yaron Shani

Avec Shahir Kabaha (Omar), Ibrahim Frege (Malek), Youssef Sahwani (Abu Elias), Scandar Copti (Binj)...

SYNOPSIS

Ajami est un quartier de Jaffa, en Israël, où cohabitent Juifs, Musulmans et Chrétiens. Omar, arabe israëlien, et toute sa famille sont en danger depuis que leur oncle a tiré sur un membre important d’une autre famille ; mais Omar peine à trouver une solution pour réparer ce drame. Malek, un jeune réfugié Palestinien, doit travailler illégalement en Israël pour financer l’opération que sa mère doit subir. Quant à Dando, un policier juif, il ne désire qu’une chose : se venger de la mort de son frère... Des destins croisés au cœur d’une cité où le chaos s’installe
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Ajami
Un film surprenant, un thriller qui prend sa source à Jaffa, dans le quartier d’Ajami. Cela démarre comme le plus sombre des polars, une exécution sonore et violente, dans le vrombissement d’un scooter deux hommes en abattent froidement un autre, occupé à changer une roue de voiture. Froide sentence d’autant qu’il y a erreur sur la personne !
Bienvenue à Ajami, où les rancœurs sont tenaces, l’honneur à fleur de peau, les différences multiples. Omar, arabe et israélien, à la place de qui un autre vient de mourir et qui doit s’acquitter d’une dette énorme héritée de son oncle et fixée de manière très arbitraire. Malek palestinien qui passe le check-point clandestinement pour venir gagner en Israël l’argent nécessaire pour soigner sa mère. Binj arabe et un peu flambeur amoureux d’une belle israélienne. Tous ces personnages vont se croiser, se télescoper, ils se connaissent tous pour la plupart. Et comme si la trame telle quelle semblait trop simple nous rajouterons un policier israélien en quête de son jeune frère porté disparu durant son service militaire, et puis les tensions idiotes qui valent là un coup de couteau pour une histoire de moutons par trop bruyants. Oui la cohabitation n’est pas aisée, difficile aussi de s’aimer comme quand pour Omar la jeune fille est d’une autre confession et surtout la fille de son mentor.

Ajami oscille entre rires et drames, les soubresauts d’une jeunesse insouciante, pas trop flippée et le prix qu’elle paye parfois, sur un malentendu, sur une tension tout d’un coup survenu et que l’on n’aura pas su faire retombée.
Ajami déroule sa trame avec une complexité du scénario tout à fait surprenante. Passant d’un individu à un autre, effectuant ici où là un retour en arrière pour revivre la même scène mais juste plus étendue et donc plus explicite, c’est ainsi un gigantesque puzzle, scénarisé et humain qui s’offre à nous, obligeant à une extrême attention pour ce film très riche.
Un film qui ne vous lâche pas, vous oblige à une attention soutenue, d’une manière fascinante. Une œuvre monumentale que je reverrais avec un immense plaisir !
Sachant que les deux réalisateurs sont tous deux de confessions différentes, qu’ils ont passé plusieurs années à recueillir des bribes de vécu pour tisser la trame de leur film et que les acteurs sont des habitants d’Ajami, que peut on dire de
plus, sinon s’incliner devant cette totale réussite !
CHAUDEMENT RECOMMANDE !

Excessif.Com "...D'une réalité cruelle, Ajami vous scotche de la première jusqu'à la dernière image. Au delà de sa violence, jamais gratuite, toujours saisissante, le film se présent e également comme une véritable leçon de cinéma. Incontournable !.."
CritiKat.Com "...les réalisateurs Yaron Shani et Scandar Copti ont eu l’idée bienvenue de compenser la pesanteur d’un scénario très écrit par une mise en scène très vive et fluide – avec caméra à l’épaule –, et surtout par des méthodes de tournage fondées sur la spontanéité..."
Le Monde.Fr - "Ajami" : un film noir jaillit du cœur d'Israël
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09 avril 2010

Les Arrivants - De Claudine Bories & Patrice Chagnard


Les Arrivants
France, 2009)
Réalisation De
Claudine Bories & Patrice Chagnard.
Image : Patrice Chagnard.
Son : Pierre Carrasco.
Montage : Stéphanie Goldschmidt.
Musique : Pierre Carrasco.
Production :
Les Films d’Ici, Serge Lalou.
Sortie : 7 avril 2010.

L'HISTOIRE :
Assistantes sociales au sein de la CAFDA (Coordination pour l'accueil des familles demandeuses d'asile), Caroline et Colette reçoivent toute la journée des familles en détresse . Leur mission : accompagner ces familles dans leurs démarches de demande d'asile en France.
Caroline est jeune, impulsive. Colette, plus âgée, est compatissante et bordélique. Face à elles, des familles venues du Sri Lanka, de Mongolie, d'Erythrée et d'ailleurs, demander l'asile en France. Chaque jour il en arrive de nouvelles, avec ou sans passeport, avec ou sans bagage, dans des charters ou des camions bâchés...
Comment répondre à ce flot débordant de détresses et de besoins ? Le film raconte ce face à face tendu et explosif, émouvant et drôle, où chacun défend son rôle.
Entre les malentendus, les crises de nerfs ou de larmes, ce face-à-face difficile à vivre au quotidien révèle une réalité complexe quant à nos rapports avec les immigrés.
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Les Arrivants
Bonjour, bienvenue, welcome et bien d’autres encore, tant et tant de différents langages, première mission pour l’homme souriant à l’accueil, tenter d’identifier la langue, le pays qui peut être le leur. Cela peut se faire aisément voire avec plus de difficulté comme dans le cas d’un couple arrivant de Chine ou de Mongolie allez savoir. Mission importante car il s’agit de trouver l’interprète adéquat qui interviendra soit par téléphone soit se déplacera. La difficulté heureusement ne laisse pas place à la morosité, très rapidement l’on devine une longue habitude, expérience et surtout une écoute mêlée de respect et d’une certaine douceur.
Ils viennent des quatre coins, et encore s’agissant d’un globe la notion est plus vaste, leur parcours n’est jamais tout à fait le même, leurs raisons bien souvent se rejoignent pourtant : fuir un régime, une condition devenue insoutenable. Pour certains le parcours fut long, parfois effectué dans la plus totale ignorance du lieu de destination, bien que tout cela parfois reste vague.Une fois le premier contact établi, lorsqu’enfin le dialogue peut s’engager, ce sont les deux assistantes sociales de la CAFDA qui prennent en main les dossiers, établissement d’un dossier, avec à la clé le minima, un logement, une chambre d’hôtel que l’on devine vétuste, mais nous ne les verrons pas, la caméra se contient dans les murs de l’office, ruche grouillante dans la journée, tant et tant de problèmes à régler, de solutions à trouver.De susceptibilités à ménager, entre les nerfs parfois à vifs, ceux des Arrivants, et les barrières à affronter, la langue une fois en dehors des murs, la loi ou ce no man’s land juridique, celui de passer six mois sur le territoire , catalogué comme sans papier et donc menacé d’expulsion au moindre contrôle tatillon, avant de voir son dossier passer devant la commission de l’OFPRA(Office français de protection des réfugiés et apatrides) qui seule décidera du bien fondé de la demande d’asile. A la sortie hélas un bien faible taux de dossiers acceptés, s’ensuit, soit une reconduite au pays d’origine, soit à la frontière du pays ayant effectué la reconnaissance d’origine, pas facile d’y voir clair.
Heureusement le film, oui il s’agit bien d’un « live movie », plus qu’un documentaire, nous allons pénétrer dans l’univers, l'histoire de ces familles en quête d’un chez soi, d’un instant de répit, d’un peu de douceur, voila ce qu’elles demandent et face à elles, Colette dont l’efficacité n’a d’égale que la douceur et une fichue tendance à trop vite épuiser son budget au grand dam de son « Intendant-de chef », mais aussi Caroline la plus jeune, peut-être pas encore assez aguerrie et qui se cache derrière une armure qui la rend agressive, se protège-elle de peur de se faire bouffer toute crue, mais les larmes séchées elle repart au combat. Pour toutes dans le respect d’une certaine équité, apporter aux arrivants, de quoi tenir jusqu’au passage avec Juliette, la juriste qui tapera le rapport, retraçant les faits qui ont conduits ces hommes et femmes jusqu’ici. Ce rapport selon lequel l’OFPRA décidera d’accorder ou non le droit d’asile, six mois d’attente difficile, pour Zahra, une jeune Erythréenne arrivée à Paris enceinte de huit mois, Pour les Kanesha, qui ont fui le Sri Lanka avec deux de leurs enfants suite à des menaces de mort., pour Les Moulougheta, un couple et son bébé victimes de persécutions religieuses en Ethiopie, et les Wong, contraints de quitter la Mongolie après avoir dénoncé les trafics du chef de la police.
La majeure partie de ce film, poignant, ne peut vous laisser indifférent, à l’image de la vie, surtout quand celle –ci soulève trop de problèmes à régler source d’une certaine tension nerveuse, le rire, les sourires naissent de par et d’autres, soupapes de sécurité, chez les Arrivants comme chez leurs interlocuteurs, jamais blindés toujours battants et disponibles pourvu que l’on n’oublie pas certaines règles, car si nous avons suivis quatre dossiers, pénétrer la vie de ces arrivants, d’autres continuent d’arriver…et Colette, Carole, Juliette et tous les autres continuent, coute que coute.
Jamais le temps dans ces bureaux n’aura passé aussi vite, face à ces tranches de vies venues d’ailleurs, face à ses ARRIVANTS et leurs ACCEUILLANTS ! Et à peine quelques plans du dehors, ces territoires inconnus, ce Paris si cosmopolite !
Et impossible de ne pas faire ce rêve étrange et inquiétant , mon réveil là dans un pays inconnu pourrais-je alors trouver une aide adéquate, une oreille attentive, quelqu’un à qui parler…oui l’humanisme est une vertu universelle..Non ?

Excessif.Com "...La chronologie des rendez-vous offre par ailleurs une formidable dramaturgie naturelle, puisqu'aux entretiens avec les assistantes sociales succède la mise en français du récit des familles par une juriste. Une étape destinée à apporter la preuve des persécutions subies afin de transmettre un dossier convaincant à l'OFPRA (Office français de protection des réfugiés et apatrides). Ce passage dans le bureau de Juliette nous permet ainsi d'en apprendre davantage sur les différents protagonistes, tandis que leur parole se libère peu à peu. Il dévoile aussi le climat de suspicion qui règne à l'égard des étrangers. En effet, comment ne pas s'interroger sur la vérité de leur récit, alors qu'eux-mêmes se gardent de tout raconter par crainte des représailles ? Une méfiance aggravée par les difficultés de communication dues à la langue, qui donnent également lieu à des situations burlesques. .."
CritiKat.Com "...Les Arrivants n’est pas strictement un film politique. Son ton n’est pas militant. Il n’assène pas, il montre, il suggère. Une vérité complexe, celle de l’immigration, qui dérange, dont on ne sait, parfois, que faire, qui nous confronte à notre capacité d’accueil, en tant que société, mais aussi en tant qu’individu. Le contexte politique est bien présent, mais en arrière plan. L’objet de Claudine Bories et de Patrice Chagnard, c’est l’humain, en premier plan de leur film. Des hommes et des femmes dont on découvre les bribes de leur histoire en même tant que les assistantes sociales. Ce face-à-face complexe confère aux Arrivants un ton plus universel, plus intime. Un ton porté par une confrontation, loin d’être évidente, entre des individualités. Où la frontière du strict rôle professionnel est parfois franchie..."
Le Monde.Fr - "Les Arrivants" : saisissant huis clos
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07 avril 2010

Lignes de front - De Jean-Christophe Klotz


Lignes de front
Réalisation De
Jean-Christophe Klotz

Avec Jalil Lespert (Antoine), Cyril Gueï (Clément), Patrick Rameau (Capitaine Jonassaint), Jean-François Stévenin (Marchand), Philippe Nahon (Père François), Peter Hudson (Général Hillaire), Eriq Ebouaney (Monsieur-la-bête), Jean-Baptiste Tiémélé (Honoré)...
L'HISTOIRE :
Paris, avril 1994. Antoine Rives, journaliste indépendant, tourne un reportage sur les rapatriés du Rwanda. Il rencontre alors Clément, étudiant rwandais d'origine hutue dont la fiancée tutsie, Alice, a disparu. Antoine le convainc de repartir avec lui au Rwanda à la recherche d'Alice, et de le laisser filmer son périple. Un « pacte » qui s'avère très vite intenable face au chaos dans lequel ils vont se trouver plongés. Une traversée de l'horreur dans laquelle Antoine perd ses illusions sur son métier de journaliste et se demande jusqu'à quel point il peut filmer et exposer la tragédie humaine au reste du monde.
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Ce journaliste un peu pied tendre qui débarque au Rwanda avec l’idée en tête de suivre et donc de filmer Clément dans sa recherche de la femme dont il est sans nouvelle, sa fiancé Alice, Tutsi lui -même étant Hutu. Un seul peuple, deux ethnies, la première ayant décidé de rayer l’autre des tables humaines, toute la communauté Tutsi est la proie des Hutu dans une gigantesque razzia sanglante.Accueilli par le seul bastion de l’Onu encore présent, quelques forces sans pouvoir, juste celui d’intervenir si leur propre vies sont menacées, sans moyens, sans troupes, les forces françaises viennent de se retirer une fois l’essentiel de leur ressortissants évacués ( et là on songe à White Matérial ) .Retranché derrière les murs protecteurs, l’occasion leur sera donné de s’aventurer au dehors, sous la conduite d’un officier de l’ONU, la recherche vaine laisse entrevoir les traces du chaos, et ici et là quelques corps abandonnés témoignent de l’horreur. L’occasion aussi de rencontrer ces rebelles Hutu, ivres de la fureur que leur confère un nouveau pouvoir, le droit de vie et de mort. Tandis que Clèment poursuit sa recherche, suivi par la caméra d’Antoine, les rencontres sont rares, si ce n’est cette paroisse, camp retranché où le père François cache un nombre important de Tutsi avec de maigres moyens.


Toute ses pistes pour Clèment sont vaines et c’est ainsi qu’un matin sans prévenir il prend la tangente comptant sur son flair et sur la chance, un peu voir beaucoup sur l’amour surement !
Sur l’écran à intervalles réguliers s’affichent sans un son le nombre de jours du conflit et celui de plus en plus astronomique des victimes !
Antoine va continuer son exploration, difficilement, quasiment sur le point de craquer à la vue d’une femme gravement blessée, en fait quasi mourante, ses nerfs lâchent, l’hystérie l’emporte.
Pour finalement se ressaisir, devenir plus pro dans son regard, capable d’y mettre une certaine distance, en fait un minimum. Ce qu’il a sur le cœur il le crachera, de la plus belle des façons, du moins telle que puisse le rêver un journaliste dans son cas, le Général Hillaire dernier responsable des casques bleus lui accorde son entretien dénonçant ainsi l’impassibilité de la communauté internationale, c’est du donnant-donnant : que l’interview passe sur les médias !
Antoine reprendra donc le chemin de l’Europe où à Paris son reportage crée l’exploit, provoque l’admiration …et retombe vite dans l’oubli !
Qu’importe il repartira, atteint du virus, retrouver ces gens avec qui il a partagé peu et immensément à la fois, la peur, l’angoisse, besoin aussi de dire qu’il n’était pas là que pour faire de la copie ou des images.
Là aussi où soudainement basculeront ses certitudes, quand montrer et témoigner peu attirer les foudres de l’ennemi. Quand alors sa responsabilité lui saute aux yeux, et le laisse blessé et psychologiquement anéanti !
Dans le rôle du Jeune Antoine, Jalil Lespert prête son faciès en lame de couteau, fragile et affuté, curieux voir trop presque maladroit, comme il sied au personnage.
Jean-Christophe Klotz réalise cette fiction aux allures de reportage, il couche en fait sur la pellicule , grosso modo, sa propre destinée, cette vie étant quasiment la sienne !
Il en profite pour pousser plus loin et s’interroge sur le rôle des medias : à quoi bon informer quand n’en découle aucune réaction ? Quand qui plus est les intervenants risquent et parfois payent de leur vie le fait de s’être confié ? Cela justifie-il le silence…sans doute que non, mais alors que faire de la vérité ?
Excessif.Com "...On touche ici au sujet fondamental du film : comment retranscrire un tel drame ? Question que s'est posé Klotz lors de son passage au Rwanda. Lignes de front parle ainsi de l'impossibilité à filmer et de l'impuissance du journaliste, qui, malgré ses efforts, n'arrive pas à faire réagir ses concitoyens et la communauté internationale. Cette dernière est d'ailleurs critiquée frontalement par le cinéaste, la France en prenant pour son grade : il dénonce l'attitude détachée et lâche de l'Hexagone, qui a laissé faire les milices hutus, sans porter d'aide efficace aux Tutsis..."
CritiKat.Com "...Quatre ans après le très réussi documentaire Kigali, des images contre un massacre, l’ancien reporter Jean-Christophe Klotz passe à la fiction mais garde le même sujet. Celui de son expérience au Rwanda, il y a seize ans, alors que débutait le génocide des Tutsi. Entre réflexion sur le rôle des médias et évolution d’un homme devant l’innommable, Lignes de front fuit la reconstitution peu signifiante au profit de la captation d’un ressenti indicible..."
Le Monde.Fr - "Lignes de front" : la difficulté de témoigner sur l'horreur et les médias
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06 avril 2010

Daniel & Ana - De Michel Franco


Daniel & Ana
(Espagne, Mexique, 2009)
Réalisation et scénario De
Michel Franco

Avec Dario Yazbek Bernal (Daniel), Marimar Vega (Ana), José Maria Torre (Rafael), Luis Miguel Lombana (Fernando), Montserrat Ontiveros (Galia)...

L'HISTOIRE : Daniel et Ana sont frère et soeur et les meilleurs amis du monde. Tous deux se trouvent à un moment capital de leur vie. Ana est sur le point de se marier. Daniel est un adolescent sociable qui découvre son identité sexuelle. Un jour, ils sont kidnappés, et l'harmonie qui règne entre eux est immédiatement rompue. Un événement choquant les oblige à affronter leurs désirs et leurs peurs. Soudain, la vie qu'ils ont menée jusqu'ici devient un souvenir lointain. Rien ne sera plus jamais pareil.
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Daniel&Ana

S’emparant d’un sujet difficile, voir scabreux, Michel Franco réussit une œuvre forte, dépassant la limite des faits pour sonder leurs conséquences et l’impact sur ces deux jeunes esprits.
Puissant sa trame dans un fait divers, Daniel & Ana ne nous épargne pas les difficiles images, préférant dévoiler crûment en un long plan fixe la séquence proprement dite traumatique.
De l’enlèvement rapide à l’odieux chantage, des images terribles à la libération, tout va très vite bien que déjà difficilement supportable pour le seul spectateur. En une poignée d’heures l’existence d’Ana comme celle de son jeune frère Daniel vient de connaitre un épouvantable cataclysme.
Si le réalisateur nous assène ce terrible passage, véritable choc frontal, il prépare ainsi le terrain ouvrant la porte aux réactions du frère et de la sœur : Longue période d’isolement pour l’une, cloitrée dans sa chambre, longue errance pour lui, séchant les cours et promenant sa silhouette d’ado dégingandé (et ici et pour cause, déglingué) au sein des salles obscures, dans l’anonymat des cinémas.
Cette jeune étudiante, qui lentement tente de reprendre le dessus, osant appeler à l’aide, s’ouvrant de son douloureux secret à une psychologue, premier mais au combien important pas vers un soulagement. Elle tentera mais d’y associer sn frère, en vain, un esprit plus jeune, donc plus fragile.
Autour d’eux règne l’incompétence la plus totale, des parents qui mettent un temps fou à remarquer que quelque chose ne tourne pas rond, et qui bien entendu font fausse route. Dans ce microcosme familial, dans cet écrin de luxe et de modernité, où tout respire la richesse comment concevoir que quelque chose aille mal ?
Ce film fulgurant, en s’attachant aux conséquences et à ses retombés dépasse ainsi l’acte premier aussi terrible soit-il, et dresse le portrait de deux victimes et pour chacune, leurs différentes rémissions.
Un premier film dérangeant mais remarquablement maitrisé ! Impossible, notamment en voyant cet ado désemparé et mutique de ne pas songer à Gus Von Sant !

Excessif.Com "...Dès les premières images, le spectateur est aspiré par ce qu'il voit à l'écran, d'une force indescriptible. La suite donne lieu à une passionnante étude de cas post-traumatique, avec des gestes destructeurs et des regards perdus. Daniel y Ana reprend les thèmes de la dégradation de l'homme par l'homme, de l'exploitation du corps et de la dérive de l'esprit en résumant de façon simple des choses compliquées. .."
CritiKat.Com "...Si les séquences sexuelles auraient pu être suggérées, leur caractère frontal et prolongé étant un peu malsain, on peut cependant comprendre le parti pris du Mexicain, qui souhaite métaphoriser les refoulements violents de Daniel par le biais de ses scènes. Elles sont des représentations brutales des images mentales qui habitent un adolescent plongé dans le vide d’une existence où l’absence de paroles est mortifère..."
Le Monde.Fr - "Daniel et Ana" : inceste contraint à Mexico
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