28 mars 2010

White Material - De Claire Denis

White Material
Réalisation De
Claire Denis
Scénario:
Claire Denis & Marie Ndiaye

Avec Isabelle Huppert (Maria Vial), Isaach de Bankolé (le boxeur), Christophe Lambert (André Vial), Nicolas Duvauchelle (Manuel Vial), William Nadylam (le maire), Adèle Ado (Lucie Vial), Ali Bacha Barkai (Jeep), Daniel Tchangang (José), Michel Subor (Henri Vial)...

Synopsis
Quelque part en Afrique, dans une région en proie à la guerre civile, Maria refuse d'abandonner sa plantation de café avant la fin de la récolte, malgré la menace qui pèse sur elle et les siens.
°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
White Material
Là quelque part en Afrique, Là où une certaine effervescence se fait sentir, invisible, juste comme un souffle inhabituel, là où tout ne devrait être que « Calme, luxe et volupté » pour citer le poète. Là où une femme blanche s’agite, une à deux semaines pour récolter son café et les bras manquent. La peur s’est installée, le personnel habituel déserte préférant se mettre à l’abri dans des contrées plus hospitalières : par camions, cars ou motocyclettes c’est l’exode la plantation se vide. Et Maria qui se refuse à quitter les lieux, son prétexte le café. Même exhortée par l’armée qui lui offre une dernière occasion de fuir, elle s’entête, ne veut quitter ce coin de terre où les arbres le dispute aux pistes de latérite.
Alors que Maria embauche une poignée d’hommes parmi ceux qui trop pauvres ne peuvent fuir, le danger se précise, le chaos s’annonce. D’un coté l’armée à la poursuite des rebelles, de l’autre ces derniers, ados ou enfants, armés, inconscients.Ailleurs une radio pirate vante l’insurrection annonce entre deux messages la fin du « White Material » et chante les mérites du chef des rebelles, « le boxeur » (Isaach de Bankolé), que l’on croyait mort…mais le monde est petit…
Le film s’ouvre sur des ruines fumantes, sur un bus qui parcourt la piste, à son bord Maria (Isabelle Huppert) et la caméra remonte les jours celui où insouciante Maria filait sur la piste au guidon de sa moto, celui où son beau-père Henri Vial (Michel Subor) l’assurait qu’elle était ici chez elle, ce matin où enfin elle devait sortir presque de force son fils du lit Manuel Vial (Nicolas Duvauchelle), ce jour encore où son ex-mari André Vial (Christophe Lambert) insiste pour qu’elle abandonne la propriété pour se mettre à l’abri, ce jour encore où Maria surprend un étrange et discret invité dans sa remise..
Claire Denis suit ses acteurs et plus particulièrement son actrice, le long de ce script précis, passant de la plantation au chemin menant à la forêt, d ’Isabelle Huppert aux membres de sa famille qui tous finissent par lui échapper, d’une manière ou une autre. Seule dans son entêtement, aveugle car refusant l’idée que tout s’écroule !
La réalisatrice livre de bien belles images, magnifiquement cadrées, cette colonne d’enfants qui serpente dans les bois, eux que l’on retrouve avachis et défoncés dans un champ ivres de barbituriques et ce final, terrible.
Voilà j’avoue qu’il m’aura fallu deux séances pour appréhender toutes les scènes, tous les plans, les détails de ce film. Je ne savais plus très bien si j’avais rêvé les sinistres détails de fin, pour cela au moins je me devais de le revoir, j’y pris trois jours après autant, voir plus de plaisir savourant alors chaque détail .Quand en plus la bande son émane des Tindersticks..et oui ENCORE* ..ce n’est que pour le meilleur !
* clin d'oeil moqueur mais amical envers qui s'y reconnaitra !
Chez Lo - "...Une femme puissante donc, mais dans un environnement qui l'est tout autant qu'elle et qui nous envoûte..."
Excessif.Com "...On sort de là éberlué, sans prendre conscience qu'on vient de voir un grand film..."
CritiKat.Com "...Claire Denis nous plonge ici dans une Afrique abstraite et cauchemardesque ; White Material est une œuvre rude et remuante, d’une densité cinématographique peu commune..."
Le Monde.Fr - "White Material" : Claire Denis filme l'éviction du corps blanc par le continent
-
-

19 mars 2010

La Révélation - Storm - De Hans-Christian Schmid

La Révélation (Storm)
Allemagne, Danemark, Pays-Bas

Réalisation De
Hans-Christian Schmid

Avec Kerry Fox (Hannah Maynard), Anamaria Marinca (Mira Arendt), Stephen Dillane (Keith Haywood), Rolf Lassgård (Jonas Dahlberg)...

Musik By The Notwist

Synopsis
2009, Tribunal Pénal International de La Haye... Goran Duric, ex-Général en passe d'accéder à la présidence Serbe, comparaît pour Crimes contre l'Humanité. En charge de l'accusation, la Procureure Hannah Maynard est très vite discréditée par les déclarations mensongères d'Alen Hajdarevic, son unique témoin. Elle réalise alors que Mira, la soeur d'Alen, en sait beaucoup plus sur l'accusé qu'elle ne veut bien l'avouer. Malgré les risques encourus pour sa vie rangée en Allemagne, Mira cède aux pressions d'Hannah et décide de témoigner. Mais c'est là sans compter sur les rouages juridiques du Tribunal et autres collusions politiques auxquels elles se retrouvent bientôt toutes deux confrontées. Jusqu'à mettre à l'épreuve leur complicité...
°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
La Révélation – Storm
La révélation est une plongée au sein du fonctionnement du tribunal international de la Haye. Entre une accusation peinant à réunir des preuves et une défense comptant sur le soutien d’un peuple envers l’accusé. Criminel de guerre à l’aura décuplée auprès de sa communauté, quand une nation s’est déchiré atrocement dans une guerre fratricide.
Des bancs de la Haye où là aussi on se dispute pouvoir et reconnaissance, ainsi des nominations aux postes de procureurs, la Haye et les moyens relativement important qui lui sont alloués.
Mais qui dit international dit aussi frontière, susceptibilité à ne pas froisser, à ne pas passer quand on s’approche du point sensible.
Quand Hannah se voit obliger de reprendre le dossier au début, elle se heurte vite fait à une franche hostilité et subit même quelques intimidations. Que dire alors quand tenant à son tour son témoin, bien plus fiable, donc bien plus menaçant, les pressions se font plus fortes.
Mais plus surprenant encore, ce sont les tractations, judico-politiciennes sur fond d’échanges économiques dans une Europe souveraine.
Pouvoir politique, pouvoir économique, tractations quasi-secrètes marché de grande bassesse quand il s’agit d’occulter une partie des faits.
Sacrifier l’honneur d’une femme ou de tant d’autres disparues ou muselées au nom de l’intérêt ! Refuser à la vérité de s’exprimer, elle éclatera, là dans ce box où elle a juré de dire la vérité, toute la vérité à des hommes qui jugeront « leur vérité » celle acceptable pour un soit disant bien commun..Foutaises !
Ce Film remarquable, vivement mené, de l’arrestation musclée de Duric aux premières confrontations avec un témoin qui n’était pas le bon, du drame qui s’en suit. De la persévérance d’un Procureur têtu et qui ne se laisse pas démonter, jouant de tous ses atouts . De l’intrusion dans la vie de Mira, du refus préalable à la confession, premier pas vers la délivrance, mais sur un bien long chemin semé de doutes. Le film bascule alors sur le portrait de deux femmes, leur point commun la détermination, parfois entachée de doute. De laisser tomber pour Mira, de céder à la facilité telle qu’on l’a lui propose pour Hannah …Deux femmes décidées à aller jusqu’au bout, quel qu’en soit le prix… !Car victime directe pour l’une et refus de la soit disant prédominance masculine au sein de la justice pour elles deux!
Quand à la justice internationale, qui plus est concernant des actes terribles serait elle plus faillible, plus influençable que les droits et devoirs les plus communs ?

Excessif.Com "...Dans cette affaire, il est question de combat, de considération pour l'être humain. En temps de guerre, qui bafoue tous les droits fondamentaux, comme dans les antichambres du Tribunal Européen, il est question d'être à la hauteur. La Révélation, dont l'intrigue se déroule en 2008, est aussi le reflet du cynisme de notre société. « Tu as de telles exigences. Tu es toujours à la hauteur ? », demande l'ami à la procureure Hannah Maynard. Réponse négative. C'est l'histoire d'un constat douloureux, le regard sur une grande instance interétatique autant que sur le cœur des tourments des desseins humains..."
CritiKat.Com "...La Révélation pose également des questions très pertinentes sur la justice et la reconstruction – d’un pays, d’une identité. Lorsque Mira se laisse convaincre de témoigner contre Duric, elle prend non seulement le risque de se voir traquée par des hommes de main sinistres, mais également celui de chambouler sa nouvelle vie et de rouvrir ses propres blessures – sans être assurée d’obtenir justice ou même d’être entendue. Le parcours de ce personnage à la fois fragile et déterminé, confronté à la froideur de l’administration internationale, perdu dans des couloirs et des chambres à l’atmosphère impersonnelle et aseptisée, se révèle poignant..."

18 mars 2010

Soul Kitchen - De Fatih Akin


Soul Kitchen
(Allemagne, France, 2009)
Réalisation de
Fatih Akin
Scénario De
Fatih Akin & Adam Bousdoukos.

Avec Adam Bousdoukos (Zinos Kazantsakis), Moritz Bleibtreu (Illias Kazantsakis), Birol Ünel (le cuisinier Shayn Weiss), Anna Bederke (la serveuse Lucia Faust), Pheline Roggan (Nadine Kruger)...

Prix spécial du Jury Venise 2009
Synopsis
Zinos, jeune restaurateur à Hambourg, traverse une mauvaise passe. Sa copine Nadine est partie s'installer à Shanghai, les clients de son restaurant, le Soul Kitchen, boudent la cuisine gastronomique de son nouveau chef, un talentueux caractériel, et il a des problèmes de dos !
Zinos décide de rejoindre Nadine en Chine, et confie son restaurant à son frère Illias, fraîchement sorti de prison. Ces deux décisions se révèlent désastreuses : Illias perd le restaurant au jeu contre un promoteur immobilier véreux, et Nadine a quelqu'un d'autre dans sa vie ! Mais les deux frères ont peut-être encore une chance de sauver le Soul Kitchen, s'ils parviennent à s'entendre et à travailler en équipe...
°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
Soul Kitchen, comme un air de « Turkishploitation ».
Si pour sa première comédie, l’auteur exprime un besoin de souffler après des œuvres plus dramatiques comme "Head-On" ou le très primé "De l’Autre Coté", "Soul Kitchen" et sa pléiade d’acteurs divertit avec succès tout en laissant ici et là transparaitre quelques traces indiquant que Fatih Akin n’abandonne son soucis social et humain.

Réunir tout son petit monde dans un vieil entrepôt (on en fait actuellement des espaces à vivre ou à créer très tendance….), dans cet endroit décati cuisiner une popote nourrissante mais il faut l’avouer assez infâme. D’ailleurs les services d’hygiènes, anonymement averti par une vieille connaissance, ami fourbe doublé d’un spéculateur ne lui laisserons qu’un maigre sursis. Un espoir surgit comme par enchantement en la personne de Shayn Weiss (sucullent Birol Ünel ), cuisinier talentueux, chef émérite autant que caractériel, habile(trop ?) du couteau. Alors que le restau s’envole sur la piste de la prospérité, devenant le lieu branché, où bonne chair et soirée animées se côtoient. Comme toujours Chez Fatih Akin la musique est partout, la fête aussi..même si notre restaurateur n’y est pas précisément, fusillé par un mal de dos atroce et le cœur en lambeau depuis le départ de sa petite amie pour la Chine. Les liasses de biffetons s’entassant dans le tiroir caisse soulage mais ne suffisent pas..D’où l’idée de confier l’affaire à son frangin, lequel est en conditionnel, est ce vraiment une idée brillante…???
Sur les docks d’Hambourg, Au Soul Kitchen, la petite troupe s’anime, vit, des soirées mémorables sur du bon son, des rythmes chauds, l’esprit peut, pour un soir, se lâcher, le corps bien nourri s’enflammer dopé par une cuisine aphrodisiaque, séquence hot, fou rire garanti…
Fatih Akin met toute son affection pour cette communauté, et même au delà cette marge bienveillantes, ces oiseaux de nuit, la faune d’Hambourg qu’il connait bien. Musicos, squatteurs qu’il opposent aux promoteurs trop polis pour être honnête mais là rien de nouveau ...quand à moi j’irai bien passer une soirée ou deux au « Soul Kitchen »..mais attention les couteaux du cuistot volent bas..lol..
On se quittera sur un générique très coloré, style seventies, je vous le disais Blaxploitation in Deutschland sauce Turkey…Cosmopolite quoi de plus normal ! En tous cas un excellent moment…malgré ce mal de dos !

Excessif.Com "...Fatih Akin se raconte à travers un restaurateur qui lui ressemble beaucoup (Adam Bouskoudos, à la fois acteur et scénariste) en déréglant sa vie avec des choix sentimentaux et professionnels ...Ce combat pour sauver un restaurant de sa ruine et du rachat ressemble à une lutte engagée contre le capitalisme - auquel Fatih Akin oppose une vision baba de fantasme communautaire. Au niveau de la narration, il s'attache à faire glisser imperceptiblement des petites histoires éclatées vers celle, plus grande, d'un portrait de groupe, en mêlant habilement un humour décapant et une émotion sous-jacente, toujours prête à affleurer. .."
CritiKat.Com "...On n’est pas surpris si comme dans toute la filmographie d’Akin, la musique prend une fois encore une place prépondérante. C’est elle qui fera renaître le Soul Kitchen de la faillite. Les standards du funk, de la soul américaine créent l’ossature de certaines séquences, notamment celles des soirées dansantes qui deviennent de véritables clips musicaux insérés dans la narration. Ces morceaux ne sont jamais plaqués et on sent que la musique était déjà présente sur le tournage..."
Le Monde .Fr- "Soul Kitchen" : la cuisine à l'huile, c'est pas difficile
-

16 mars 2010

Le Guerrier silencieux - De Nicolas Winding Refn

Le Guerrier silencieux
(Valhalla Rising, Danemark, 2010)
Réalisation De
Nicolas Winding Refn

Avec Mads Mikkelsen (le Borgne), Maarten Steven (Are), Jamie Sives (Gorm), Ewan Stewart (Eirik), Gary Lewis (Kare)...

Synopsis
Pendant des années, One-Eye, un guerrier muet et sauvage, a été le prisonnier de Barde, un redoutable chef de clan. Grâce à l'aide d'un enfant, Are, il parvient cependant à tuer son geôlier et ensemble ils s'échappent, s'embarquant alors pour un voyage au coeur des ténèbres. Au cours de leur fuite, ils montent à bord d'un bateau viking en partance pour Jérusalem mais le navire, pendant la traversée, se retrouve perdu dans un brouillard sans fin qui ne va se dissiper que pour révéler une terre inconnue. Alors que ce nouveau territoire dévoile ses secrets, les Vikings se retrouvent à affronter un ennemi invisible, terrifiant et mortel, et One-Eye va découvrir au cours du combat ses origines et sa véritable nature...
°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
Le Guerrier Silencieux
Un homme, un prisonnier, une machine à tuer que les chefs de clan s’échange à prix d’or, misant sur lui leur or. Un être invaincu, pulvérisant ses adversaires dans des luttes sans merci , dans la boue, lui-même enchainé, pour éviter toute tentative de fuite, un fauve que l’on n’approche pas, le gardant enchainé, dans sa cage. Là dans ces montagnes, « One-Eye » ce guerrier tatoué, à l’orbite couturée triomphe immanquablement de ses adversaires en deux temps, trois mouvements sauvagement, aussi cruellement que la façon dont il est gardé. Nourri et pansé par un enfant, sans un mot l’homme est muet autant que borgne.
Objet de troc entre hordes il explose dés la première occasion de recouvrer la liberté dans un déchainement de chairs et d’os brisés. Libre, suivi de près par ce gamin, au loin les collines vallonnées laissent entrevoir des croix de bois et des étoffes blanches et rouges, des vikings sur le long chemin des croisades. Alors qu’ils se joignent à eux embarquant sur un bateau tandis que des eaux monte un brouillard épais, quasi surnaturel. Commence un long voyage, silencieux, sans repères, à l’aveugle, sans nourriture et sans eau douce..jusqu’à ce que..s’installe le doute..Est-ce l’étranger porteur de malheur…trop redoutable…l’enfant…à leur dépens ils apprendrons qu’il est sous sa protection…alors que voici enfin l’eau douce et la terre…oui mais où sont ils ?Il plane sur ce film une atmosphère irréelle, sauvage et infernale. deux images viennent à l’esprit « Aguirre, la colère de Dieu » de Werner Herzog pour l’expédition dans la forêt impénétrable, mais aussi pourquoi pas « Antichrist » De Lars Von Trier pour le coté sombre et presque maléfique de cette dernière, de son impact sur ces hommes égarés dont un seul semble conscient de ce qui se trame et curieusement entame la lente construction d’un étrange autel, un monticule de pierres empilées dédiées à on ne sait trop quel force ou divinité !!!
Nicolas Winding Refn nous bouscule d’emblée, par la violence suggérée des premiers échanges, par ces images bleutées, ou ces flots de rouge et de bleu qui semblent envahir l’esprit du Guerrier, prémonition ou état permanent dans lequel baigne celui-ci !
Le Guerrier, l’enfant interprète de celui-ci, comme une étrange parenté, les ennemis du début passés à trépas, les porteurs de la foi, dangereux civilisateurs autant que barbares s’éteignant un à un au long du chemin et partout ,toujours personnage à part entière cette nature primaire ,sombre aussi dure que les hommes qui la traversent, cette nature qui ne se soucie guère de paganisme ou de foi !
NWR plonge l’homme au sein de celle-ci, condition violente. il filme sous une lumière tour à tour cru et naturelle, puis utilise des filtres amplifiant le malaise. Un trip sombre et difficilement pénétrable, mais qui ne peux laisser insensible !
Et puis cette hallucinante interprétation de Mads Mikkelsen déjà remarqué dans « After The Wedding » de Susanne Bier dans un tout autre genre cela va de soi !
Quand à NWR si j’ai adhéré à la dérangeante trilogie « Puscher », « Bronson » m’avait laissé sur le bord du chemin, ici je cautionne à 100 % !

Excessif.Com "...."...Pourtant, il a réfléchi à chacun de ses plans, à leur signification et à leur pouvoir de fascination. Il a su capter l’essentiel, invoquer une magie sorcière, enregistrer l’éclat mystique, cerner les cercles de Dante, filmer les paysages rocheux des Highlands écossais comme possédés. Ce voyage d’une âme au cœur des ténèbres ne vient pas à nous mais il importe que l’on vienne à lui. De bout en bout, on est dans un coma, ébloui, en transe, suspendu entre le paradis et l’enfer. ...".."
CritiKat.Com "...Quel que soit le message que l’on veut bien prêter au film, le moins que l’on puisse dire est qu’il n’est pas humaniste : païen ou croisé, l’homme est ici pire qu’un loup pour l’homme. Quant aux femmes, elles sont absentes ; à peine les entr’aperçoit-on, nues et enchaînées, au détour d’un unique plan. Si l’on met de côté le rapport quasi filial entre One-Eye et l’enfant qui l’accompagne et lui sert d’interprète (de prophète ?), il n’y a pas d’amis, pas de confiance ni d’amour dans ce monde-là, mais une haine et une peur d’autant plus inextinguibles que l’on doit non seulement se méfier de son prochain, mais également survivre à un environnement hostile. Dans Le Guerrier silencieux, tourné en Écosse, il n’y a pas une seule scène en intérieur : les personnages sont en permanence inscrits au cœur d’une nature à l’indifférence écrasante. Le talent du réalisateur pour filmer ces paysages majestueux est indéniable, et la Terra Incognita (l’Amérique du Nord ? l’Enfer ?) où échoue le frêle drakkar est montrée comme si jamais aucun être humain n’y avait jamais posé le pied d’une caméra..."
Le Monde.Fr - "Le Guerrier silencieux" : la brumeuse saga d'un Superman borgne
-

14 mars 2010

L'Homme à Tête De Chou - Gainsbourg - Bashung - Gallotta


Sur les traces de Marilou, de Gainsbourg ainsi que de Bashung. Trop d’absents aurait pu plomber la soirée, sur la scène uniformément grise, juste une chaise à roulettes nous tourne le dos. Un à un les danseurs de ce soir glissent et viennent s’y incliner. Hommage à celui qui aurait du se trouver là, Alain Bashung dont la voix s’élève sur les premières notes et riffs de guitares… « Je suis L’Homme à Tête de chou » moitié légume moitie mec.. »…les mots de Gainsbourg prennent toute leur dimension dans la voix de Bashung et les danseurs sur une chorégraphie nerveuse et sensuelle, quatorze danseurs, exploitent l’espace, en duo, trio ou tous en scène. La sensualité des paroles trouve écho dans les danses quasi lascives, enroulées, frénétiques, sens et désir en avant, costume minima chemise noire ou blanche, corps à demi dénudés. La musique et ses guitares affutées entraine les quatorze danseurs dans une sarabande parfaite, la chorégraphie de Jean-Claude Gallotta est vive parfaite. Une heure et dix minutes plus tard le temps s’est arrêté, nous voici chargé d’émotions de sons et d’une sensualité à fleur de peau, dons d’une troupe inspirée.

Gainsbourg, Bashung, Gallota et une troupe que l’on rappelle trois ou quatre fois sous un tonnerre d’applaudissements. Merci !




-

13 mars 2010

Achille et la tortue - Réalisation De Takeshi Kitano


Achille et la tortue
(Japon, 2008)
Réalisation De
Takeshi Kitano

Avec Beat Takeshi (Machisu, adulte), Kanako Iguchi (Sachiko, adulte), Yurei Yanagi (Machisu, jeune homme), Kumiko Aso (Sachiko, jeune fille), Reo Yoshioka (Machisu, enfant), Akira Nakao (M. Kuramochi ,Le père de Machisu), Mariko Tsutsui (Mme Kuramochi, belle-mère de Machisu)...

Le troisième film de réflexion de Kitano sur sa condition d'artiste.

Synopsis
Fils unique d'un riche collectionneur d'art, Machisu révèle un talent précoce pour la peinture. Encouragé par ses proches, il peint en toutes circonstances. Mais le malheur met un terme à la vie privilégiée de l'enfant. Quelques années plus tard, le jeune homme pauvre et solitaire parvient à intégrer une école d'art. Il essuie les critiques sévères d'un marchand d'art mais le soutien indéfectible de Sachiko, une jeune employée qu'il épouse, l'encourage à persister dans sa voie. Arrivé à cinquante ans, Machisu n'a toujours pas vendu une toile. Il reste néanmoins dévoué à son art.Avide de reconnaissance, Machisu, tel Achille, arrivera-t-il à dépasser la tortue ?
°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
Epousons le destin de ce gamin, doté d’une boulimie de couleurs et de traits, Il dessine encore et encore. Entend il le propos d’un adulte peintre reconnu, lui confiant un de prendre la nature et toute chose pour modèle, deux son fameux béret rouge, alors trop grand mais que jamais plus il ne quittera. Voici Machisu, gamin gâté d’une riche famille qui investit dans l’art sans d’ailleurs n’y rien connaitre. Une famille bientôt aux abois, revers de fortune et morts tragiques s’ensuivent. Qu’importe le gamin, sans doute marqué s’il n’en laisse rien paraitre continue à colorier, tracer, dans une cour de ferme, puis sur les bancs d’une école, communale puis enfin école d’art pour le jeune homme qu’il est devenu .Les traits de crayons, laissent place aux toiles et toute une équipe vit là mille et une expériences, de l’art plastique..au body painting, voire plus audacieux et périlleux encore . Mille idées folles que n’auraient pas reniées Warhol (de là à y voir un clin d’œil), idée kamikaze et la mort s’invite à nouveau dans l’univers de Machisu, pas vraiment concerné, spectateur non pas innocent allant même parfois jusqu’à chercher l’idée l’expression à glaner dans ces derniers instants, un dernier souffle, une auréole de sang…Maintenant marié, disposant ainsi d’une assistante amoureuse et d’une fan inconsidérée notre peintre continue de plus belle, son mentor lui refuse ses toiles et par conséquent les subsides, l’orientant alors à chaque rencontre sur une nouvelle voie que Machisu emprunte avec une fougue …qui le rend aveugle et quasiment copiste..
Rien ne sert de courir..ho ce n’est pas vraiment l’allégorie de départ mais cela y ressemble..en plus simple !Takeshi Kitano réalise une œuvre tragi-comique, où chaque chapitre, chaque essai pour faire reconnaitre son art, se heurte au refus d’une critique, ici gentiment mais efficacement moquée, n’est-elle pas présentée comme ignare voire avare, et comble de tout prompte à rouler l’artisan, ainsi de ces toiles trônant en bonnes places, réalisées gamin et subtilisées car déclarés sans valeur à un enfant ignare.
Oui Kitano épingle les marchands, les spéculateurs, mais n’oublie pas les artistes, donc lui-même parfois trop têtu, emmurés dans leur art et leur aveuglement, allant jusqu’à faire souffrir ceux qu’ils aiment, où plutôt comme ici ceux qui les aime !
Voila courrez voir ce film, habile mélange de beauté, de drôlerie assurée, relevée par un soupçon de piment qu’est la douleur …avant de finalement prendre conscience du principal..
Voila il m’aura fallu ce film pour me sortir du silence et pondre cette petite note…Suivez les liens notamment sur les deux sites officiels..en Japonais et en Fr..mais croyez moi les deux sont à visiter !
Avant voire après courrez au cinoche…(avant it’s better !)
Ps : Je n’avais pas ri autant depuis bien longtemps, même si l’ensemble n'oublie de conserver une certaine gravité , toute relative il est vrai !
Coup de Maitre Monsieur Takeshi Kitano !

Achille Et La Tortue - Site Officiel

Excessif.Com "...De toute évidence, le cinéaste avait besoin de se mettre en danger pour retrouver l’inspiration et il a gagné en cohérence avec Achille et la tortue qui marque son retour à une narration plus classique..."
CritiKat.Com "...On connaît le tragique habitant le clown triste Kitano et qui n’a de cesse de traverser ses œuvres fragiles, où l’humour masque toujours un réel désespoir et une grande mélancolie. Ce film, malgré ses gags dévastateurs, présente un personnage dont l’art s’est construit sur les expériences âpres et la mort : Machisu assiste, impuissant, aux décès violents d’une grande partie de ses proches ; son acte créatif devient alors suicidaire. Même dans les séquences les plus absurdes du métrage, l’auteur insère des éléments morbides qui ne sont pas toujours décelables aux premiers abords..."
Le Monde.Fr - "Achille et la tortue" : le dernier pied de nez de Takeshi Kitano
-

03 mars 2010

The Ghost Writer - De Roman Polanski

The Ghost Writer
Réalisation De
Roman Polanski

Scénario : Robert Harris et Roman Polanski
d’après L’Homme de l’ombre de Robert Harris

Avec Ewan McGregor (le nègre), Pierce Brosnan (Adam Lang), Olivia Williams (Ruth Lang), Kim Cattrall (Amelia Bly), Tom Wilkinson (Paul Emmett)

Ours D'Argent 60eme Festival International De Berlin Meilleur Réalisateur
Synopsis
'un célèbre "nègre" littéraire anglais accepte d'achever les mémoires de l'ancien premier ministre Adam Lang, son agent lui assure que c'est la chance de sa vie. Mais le projet semble d'emblée marqué par la fatalité : le "nègre" apprend ainsi que son prédécesseur, fidèle bras droit d'Adam Lang, est mort dans un mystérieux accident...
°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
Y a d’abord ce ferry, ce lourd véhicule, abandonné, personne à son bord. ce n’est que peu de de temps après que la marée rejettera son corps, affaire classé, accident au pire un suicide.
L’homme en question n’était autre que celui chargé d’écrire les mémoires de l’ancien premier ministre britannique Adam Lang (Pierce Brosnan). Au casting instauré pour lui trouver un remplaçant, le jeune londonien (Ewan McGregor) se voit finalement accepter pour un contrat assez substantiel.Il rejoindra Adam Lang et son équipe dans sa propriété, une ile isolée et quasi coupé du monde. Dans cette bulle l’ex politicien, son épouse, sa secrétaire, partagent une luxueuse et moderne villa de style bunker, entourée par les dunes et farouchement gardée ! Dans un premier temps il refuse d’y passer ses nuits et profite le l’auberge du secteur dont il est l’unique client.
L’ensemble, le décor, pourrait faire penser à la série « Le prisonnier », la seule et unique bien sur, s’il n’existait pas des issues ma foi bien ouvertes. ici point de bulles pour ramener l’échappé au bercail , mais un puissant véhicule et un ferry assurant la liaison, peut-être un peu menaçant si l’on songe à son prédécesseur ..Mais où se loge la frontière entre angoisse et parano ? La pression sur ce bout de terre noyé dans la mer n’est elle pas trop forte… ? Ainsi de cet employé qui balaye sans cesse les feuilles sur la terrasse…exposée plein vent, Sisyphe renouvelant sans cesse son ouvrage !L’ensemble, le restant du film est un ballet, entre manège politique, menace de tribunal international pour l’ex-ministre, l’obligeant à se retirer quelques temps pour échapper aux médias. Le temps aussi pour son « nègre » de cerner le personnage mais surtout les siens et de découvrir certaines vérités politiques, jusqu’à finalement mettre le doigt sur le nœud de l’histoire..Mais cela vous devrez voir ce film, cet excellent film…passionnant, esthétiquement parfait !
Au sortir de salle, l’impression, très clairement, une référence , deux maitres, Hitchcock et Polanski dont le style se rapproche ici indéniablement!

Site Officiel Fr ou GB
Excessif.Com "...On peut aussi faire l'économie de l'analyse et apprécier ce film pour ses qualités distractives. La récompense pour ceux qui aiment les rébus policiers, c'est un twist final que l'on ne voit pas venir et qui donne une dimension tragique à tout ce qui a précédé (qui est qui ? Qui manipule ? Qui ment? Qui invente ?). Enfermant l'histoire minuscule dans une boucle majuscule..."
CritiKat.Com "...L’une des excellentes idées de ce scénario est d’avoir choisi, pour nous faire pénétrer dans le monde des puissants, un naïf qui n’est pas non plus un idéaliste : il avoue lui-même ne rien connaître à la politique et ne pas s’y intéresser. Avec ce rôle, Ewan McGregor, acteur longtemps assez fade, confirme...Le reste du casting est également bien campé, jusque dans les rôles les plus secondaires. La trop rare Olivia Williams illumine le film dans un rôle fascinant et ambigu de femme à la fois forte et fragile, tranchante et blessée. Quant à Pierce Brosnan, son sens de l’autodérision, qu’il cultive depuis des années, fait ici merveille..."
Les Inrocks.Com "...A travers l’histoire de ce nègre (Ewan McGregor) qui doit réécrire les mémoires d’un ex-premier ministre britannique (Pierce Brosnan) et se retrouve pris dans une machination qui le dépasse, Polanski demeure fidèle à son cinéma paranoïaque, à son obsession de l’enfermement et du huis clos. Mais il s’inscrit aussi dans la meilleure veine hitchcockienne et en profite pour régler quelques comptes avec les Etats-Unis. ..
Le Monde.Fr - "The Ghost Writer" : Polanski à la poursuite de l'écrivain fantôme
-
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...