31 janvier 2010

Mother - De Bong Joon-ho

Mother
Titre Original : Madeo (Corée du Sud)
Réalisation De
Bong Joon-ho
Avec Kim Hye-ja (La mère), Won Bin (Do-joon), Jin Goo (Jin-tae), Yoon Je-moon (le lieutenant)...

Synopsis
Une veuve élève son fils unique Do-joon qui est sa seule raison d’être.
A 28 ans, il est loin d'être indépendant et sa naïveté le conduit à se comporter parfois bêtement et dangereusement ce qui rend sa mère anxieuse.
Un jour, une fille est retrouvée morte et Do-joon est accusé de ce meurtre.
Afin de sauver son fils, sa mère remue ciel et terre mais l’avocat incompétent qu’elle a choisi ne lui apporte guère d’aide. La police classe très vite l'affaire.
Comptant sur son seul instinct maternel , ne se fiant à personne, la mère part elle-même à la recherche du meurtrier, prête à tout pour prouver l’innocence de son fils…
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Mother
Un champ d’herbes folles parsemé de fleurs, au loin une silhouette vétue de mauve s’avance, vers nous jusqu’à nous apparaitre en gros plan. Le visage fermé elle entreprend un étrange ballet, à mi chemin entre une danse sacré ou un exercice de tai-Chi allez savoir ? Cette femme a- elle tous ses esprits ?
Retour au début, où comment une femme vit avec son fils, tout jeune adulte à l’esprit légèrement limité. Un garçon qui souvent s’absente pour trainer avec quelques mauvais garçons du coin. Quand quelqu’un doit payer, que ce soit pour un rétroviseur arraché ou une autre babiole, ce dernier est la victime idéale, incapable de réellement se situer dans le temps comme dans l’espace. Un autre gros défaut, dans l’esprit de Do-joon un terme agit comme une clé, le mot idiot suffisant à déchainer sa fureur. Facilement influençable, ouvrant la plupart du temps des grands yeux hébétés et hagards, la simple insulte le rend pourtant furieusement agressif.
Aussi lorsque dans son quartier, une jeune lycéenne est assassinée, la police trouve en lui un coupable tout désigné.
En plantant le décor d’un crime trop vite élucidé, Bong Joon-ho ne fait que nous mettre le pied à l’étrier, sous sa direction empruntons le chemin de la quête, de la traque, bref de l’enquête que va mener la mère. Veuve elle n’a que lui, deuxièmement elle n’ignore ou le croit-elle rien de la fragilité de ce dernier. Incapable de se rappeler ce qu’il a bien pu faire le jour précédent.
Mère courage part donc en guerre, suppliant que l’on reprenne l’affaire si vite classée, engageant un avocat, aussi efficace et peu zélé que les flics furent rapide pour trouver le soit disant coupable.
Quand les méthodes officielles ne donnent rien, reste à mener ses propres recherches, avec des moyens plus radicaux, aidé en cela par l’ami de Do-joon, vénal mais efficace.
Remontant la piste de la lycéenne et de ses fréquentations le film prend alors une autre tournure, dressant un rapide portrait acide la jeunesse coréenne et de la société environnante.
Bong Joon-ho épingle son petit monde, tout en noyant l‘ensemble dans un esprit qui s’approche parfois de la comédie, il fustige les travers de quelques uns, policiers aux méthodes peu orthodoxes, avocats plus soucieux de leur tiroir-caisse que du pauvre client ,ou riches golfeurs n’hésitant pas à commettre un délit de fuite pour frapper la balle plus vite.
Personnage central, en femme d’un certain âge qui n’hésite à enfreindre les lois, (ne prépare-elle pas des décoctions de plantes, aussi mystérieuses qu’efficaces, ne pratique-elle pas l’art de l’acupuncture, celle ancestrale qui apparemment se pratique sans diplôme et surtout sans autorisation ?), l’actrice Kim Hye-ja prête ses traits à cette mère qui surmonte et affronte tous les défis qui se dressent devant le chemin pouvant mener à la libération de son fils …jusqu’à l’extrême ! Fils et Mère dans une relation fusionnelle dérangeante, quasi malsaine, est-elle à l’origine du quasi handicap du garçon ou n’est-elle que la conséquence…
Bref sur le chemin d’une éventuelle vérité, à coups de retournements, fausses pistes, et brides de vérité Bong Joon-ho nous entraine dans un virevoltant polar, une presque tragi-comédie aux images travaillées car lourdes de sens! Une mère prête à tout ...quitte à devoir l'oublier, tel le héros d' "Old Boy" chez Park Chan-wook choisissant d'effacer la vérité après avoir pourtant tant bataillé pour l'obtenir !
Décidément le cinéma Coréen ne manque pas de souffle, pour notre plus grand plaisir
CritiKat.Com "...Bong Joon-ho, loin de tout discours abêtissant, a su dénicher le caractère démoniaque de l’instinct maternel dans ce que, par ailleurs ... on a trop tendance à considérer comme essentiellement bon : son activisme, son assurance, son obstination, sa légitimité. C’est parce que cette activisme-là a partie liée avec les forces obscures (celles de la nature, transfigurées dans la forme du mythe) que la mère − jamais nommée − est prête à tout, y compris au pire..."
Excessif.Com "...Dans Mother, la figure matricielle devient un monstre tentaculaire, un ogre anxieux et possessif obligé d'imposer des barrières à son fils pour ne pas le perdre. La grande force du film est de nous faire ressentir une empathie totale pour un personnage menaçant dans ses actes et intraitable dans ses idées. L'instinct maternel se mue en chasse à l'homme, jusqu'à l'aveuglement..."
Evene.Fr "...Moins impressionnant que ‘Memories (of a murder)…’, ‘Mother’ offre néanmoins au film noir une nouvelle pièce réussie avant un retour à la science-fiction qui s’annonce tout aussi jouissif : l’adaptation de la BD française ‘Le Transperceneige’, coproduite par Park Chan-wook..."
Le Monde.Fr - "Mother" : femme prête à tout pour sauver son fils
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29 janvier 2010

Le Refuge - De François Ozon


Le Refuge
Un film français de
François Ozon

Avec Isabelle Carré, Louis-Ronan Choisy, Pierre Louis-Calixte, Melvil Poupaud, Claire Vernet ...

Synopsis
Mousse et Louis sont jeunes, beaux et riches, ils s'aiment. Mais la drogue a envahi toute leur vie. Un jour, c'est l'overdose et Louis meurt. Mousse survit, mais elle apprend qu'elle est enceinte. Perdue, elle s'enfuit dans une maison loin de Paris. Quelques mois plus tard, le frère de Louis la rejoint dans son refuge.
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Le Refuge

François Ozon nous conte à nouveau une délicate histoire de vie et de mort. Le deuil d’entrée de jeu, conséquence d’une fuite quasi perpétuelle dans des paradis opiacés....
“When I put a spike into my vein
Then I tell you things aren't quite the same.” Lou Reed - Heroine

Parce qu’elle survit à son compagnon Louis (Melvil Poupaud), alors qu’ils se sont injectés la même came frelatée, Mousse (Isabelle Carré) se réveille seule et enceinte.
La rapide séquence d’ouverture, le quotidien d’un couple de junkies, retranchés dans un appart vide, livraison et shoots express et brutaux, au réveil terrible dans une chambre d’hôpital, obsèques empruntées où elle, compagne d’infortune, se retrouve isolée et priée avec des gants de bien vouloir un se faire discrète et deux se débarrasser de l’enfant qu’elle porte désormais.
Par défi, (par dépit) nous la retrouvons quelques temps plus tard, le ventre déjà rebondi, isolé, au vert et au bord de mer, dans un chalet isolé du pays basque, son refuge. Alors qu’elle y vit seule, elle reçoit la visite du frère de Louis, Paul (Louis-Ronan Choisy).
Le refuge, quelle titre à la fois si simple et si lourd de signification, refuge dans l’héroïne , puis dans un milieu verdoyant et tranquille avec comme seule alternative le passage obligé à la pharmacie pour se voir délivrer les produits de substitutions, méthadone aussi nécessaires pour la mère que pour l’enfant à venir…
La caméra d‘Ozon capte les reliefs vallonnant, et juste un peu plus bas la mer, océan tour à tour calme ou agité . Les débuts un peu abrupts entre Mousse et Paul vont peu à peu laisser place à une acceptation de l’autre, une certaine complicité même ! Une femme parfois un peu à cran, le passé encore bien présent d’héroïnomane combiné à ce statut bien particulier d’être enceinte et le deuil du compagnon. Paul dont le personnage reprend un thème récurrent chez Ozon l’homosexualité. Que ce soit dans « Le temps qui reste » ou le personnage principal, photographe réputé incarné par Melvil Poupaud devait, se sachant condamné renoncer à son amour pour son assistant, et désireux de laisser une trace, accomplir une transmission poignante et émouvante, signée devant notaire et consommée dans un lit conjugal tripartite. Une fois encore transmettre, passer le flambeau, gage aussi d’une confiance en l’autre retrouvé auront ici leur importance.
Ozon filme des personnages se découvrant des forces qu’ils ne se connaissaient pas, toujours un peu hésitants cependant mais heureusement conscients, peut-être pour certains est-ce là la première fois !Conscient de la nécessité des autres.
Au final, mais y a-t-il une véritable chute, des vies qui se poursuivent, commencent, éclosent !
Un film lumineux, irradiant, comme une vague sur la cote basque, comme un tag coloré et vif sur un blockhaus à moitié enfoui dans le sable, un film doux comme un ventre tendu !
Une fin comme je les aime, terriblement humaine donc incertaine !
Le Refuge, je crois que bon nombre de centre de post-cures portent ce nom, rassurant, besoin de s'y sentir protegé, comme dans la chaleur d'un ventre maternel !


Chez Lo - "...Il y a dans ce film de François Ozon beaucoup de délicatesse, de pudeur..."

Excessif.Com "...Mais, une fois qu'Ozon change d'environnement et resserre l'intrigue sur l'héroïne enceinte et le frère du défunt, il convainc. Ce qu'il raconte au fond, c'est la même histoire de fantôme que Sous le sable. Ici, la femme endeuillée voit la réincarnation de son mari mort dans les yeux d'un proche. La figure du double et donc du manque hurle à chaque plan, dans des miroirs ou à travers l'acteur Louis-Renan Choisy qui se métamorphose en Poupaud des jours heureux et emprunte le phrasé désincarné des acteurs de la Nouvelle Vague. Au détour d'une séquence, Marie Rivière, égérie du cinéma de Rohmer et mère de Poupaud dans Le temps qui reste, surgit au bord de la plage, comme si elle sortait d'une vague de souvenirs..."
Evene.Fr "...Irrésistible objet du regard, de curiosité et de désir, son ventre rond est statufié, pivot du récit mais aussi berceau de la rédemption. En fuite, perdant volontairement les repères de son ancien quotidien, l’héroïne junkie désenchantée devient une Vierge épanouie porteuse de vie. L’appréhension de la maternité dans ‘Le Refuge’ s’assimile au deuil du père disparu ainsi qu’au portrait d’une femme qui tait sa propre souffrance par amour. Déjà avec ‘Le temps qui reste’, François Ozon exposait l’obsession physique de la descendance comme moteur et source d’espoir, comme une arme indestructible contre l’absence, la maladie et la mort..."

Le Monde.Fr - "Le Refuge" : une méditation sereine sur la maternité
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26 janvier 2010

Gainsbourg, vie héroïque - De Joann Sfar


Gainsbourg, vie héroïque
Réalisation et scénario de
Joann Sfar

Avec Éric Elmosnino (Gainsbourg), Laëtitia Casta (Brigitte Bardot), Lucy Gordon (Jane Birkin), Sara Forestier (France Gall), Anna Mouglalis (Gréco), Mylène Jampanoï (Bambou), Yolande Moreau (Fréhel)...

L'histoire
La vie de Gainsbourg, du jeune Lucien Ginsburg dans le Paris occupé des années 1940, jusqu'au poète, compositeur et chanteur célébré dans le monde entier. Le film explore son itinéraire artistique, du jeune homme épris de peinture à la consécration de sa musique dont l'avant-gardisme en a fait une véritable icône de la culture française. Mais aussi la complexité de sa vie adulte à travers ses amours tumultueuses.
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Joann Sfar a couru un terrible risque, se lancer sur un sujet aussi casse gueule, Gainsbourg, même si l’auteur réfute le terme de biopic, s’autorisant ainsi une certaine liberté, la vie du personnage, si intense, si connu ne serait-ce que pour ses frasques, ses femmes, dresse elle-même un cadre dans lequel l’auteur devra évoluer.
Au sein d’un casting adéquat, Eric Elmosnino entre avec aisance dans la peau de celui qui sera peintre (maudit), musicien de cabaret avant de rencontrer le succès et la gloire. L’argent et les femmes, l’amour fou déçu et le cœur à vif sombrant dans une dégringolade vertigineuse. Et toujours ses musiques semblant couler de source mais plus encore ses textes, poésie surréaliste, peuplée de rimes riches.
Gainsbourg le Genius écorché vif couche sur le papier des textes parfois brefs tels des ritournelles enfantines aux rimes exquises, parfois des poèmes de sable et de soleil, de sexe aussi, des chansons sans appel !
Les femmes autour de lui s’agitent, et difficile de garder la tête froide quand un petit démon ; il est en fait assez grand, un autre Gainsbourg en fait le versant noir, le fameux Gainsbarr toujours prêt le pousse à s’enivrer, amateur de femmes et de débauches.
Cette marionnette, ce personnage dessinée, le docteur Hyde en quelque sorte, la descente aux enfers pour Gainsbourg, dans cette matérialisation du penchant destructeur du poète, Joann Sfar réussit à renouveler un peu ce que nous croyons connaitre de l’individu.
Oui j’utilise le terme poète, et pourtant si le film et ses deux heures se sont agréablement passés la bande son, les chansons qui n’attendent qu’à être fredonnées en ce sens se suffisent presque à elle-même, car il faut avouer que les frasques du génie sur la fin, encore bien présentes dans nos mémoires finissent par lasser.
Voilou habituellement je claque la porte de tout biopic, ici si ce n’en est un cela y ressemble furieusement mais la mise en scène plus qu’originale de ce réalisateur venu de bande dessinée vaut le coup d’œil…Et puis y a la musique, prétexte plus que suffisant !
Un peu plus d’audace, puisque nous mêlions BD et Ciné, j’aurais bien vu les paras en colère convertis en pittbulls dégoulinant de rage face à un Gainsbarr le joint aux lèvres, hilare ! Et quelques autres petites trouvailles de cet acabit auraient ici eu leur place !
Revoilou en attendant je me replonge par intervalles dans « L’intégrale et cætera » soit un énorme pavé, tous les textes du Monsieur, à lire au hasard des pages et selon l’humeur.
J’alterne sur la platine « Melody Nelson » et « L’homme à tete de chou » .
[A noter prochainement
L'Homme à tête de chou :
À la façon des films noirs américains, la narration est construite en un long flashback : « moitié légume, moitié mec », L’Homme à la tête de chou revit l’histoire tragique de son amour fatal pour Marie-Lou, petite shampouineuse délurée, qui l’aura conduit à la folie et au crime. Le chorégraphe Jean-Claude Gallotta met en scène cette histoire en différents tableaux, interprétés par quatorze danseurs. Les chansons de l’album-concept de Serge Gainsbourg qui date de 1976, sont chantées par Alain Bashung sur une bande son inédite d’une heure trente, avec de nouvelles orchestrations et des musiques additionnelles de Denis Clavaizolle.
Ce spectacle événement sera créé à l’automne à la Maison de la Culture de Grenoble. Il restera plusieurs semaines au Théâtre du Rond-Point avant de faire halte dans quelques
, .grandes villes]
Voila Gainsbourg et Baschung réunis, pour l’accord posthume et la rime : éternels et rebelles ! ( j'y serai !)
CritiKat.Com "...Malgré les jeux de miroir et de lumière, on reste dans le noir, dans le facile d’une émotion de gros plans insistants, d’une chanson annoncée à grands renforts de clins d’œil (Bardot : « Écris-moi la plus belle chanson d’amûûûûr » / Retentissent alors les premières notes de Je t’aime moi non plus). Tant d’efforts dans le traumatique, d’ingéniosité dans la reconstitution d’un Paris noirci par les uniformes puis égayé par l’alcoolisme de Boris Vian -on croirait pourtant qu’Amélie Poulain va débarquer à chaque instant-, tant de didactisme martelé pour en arriver... où cela ? Mais au résultat précis que l’on attendait : un produit totalement consensuel qui se pique de controverse, qui attisera la curiosité et fera revendre d’anciens disques (tiens, tiens, le label des compilations est justement Universal, producteur du film). Sans surprise, sans regard, Gainsbourg, vie héroïque est parsemé de tics..."
Excessif.Com "...Gainsbourg (vie héroïque) fait partie de ces grands films, dont l'ambition hors-norme va de pair avec une certaine maladresse. Tout comme son héros, le film de Joann Sfar est envoûtant et mystérieux, enfumé et fragmenté..."
Le Monde.Fr - "Gainsbourg (vie héroïque)" : la vie imaginaire de Lucien devenu Serge
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25 janvier 2010

A Serious Man - De Joel & Ethan Coen


A Serious Man
Réalisation De
Joel & Ethan Coen

Avec Michael Stuhlbarg (Larry Gopnik), Richard Kind (Oncle Arthur), Fred Melamed (Sy Ableman), Sari Lennick (Judith Gopnik), Aaron Wolff (Danny Gopnik), Jessica McManus (Sarah Gopnik), David Kang (Clive Park), Benjamin Portnoe (le copain de Danny), Amy Landecker (Mrs. Samsky), George Wyner (Rabbi Nachter)

L'histoire
Nous sommes en 1967, et Larry Gopnik, professeur de physique dans une petite université du Midwest, vient juste d'apprendre que sa femme Judith allait le quitter. Elle est tombée amoureuse de l'une de ses connaissances, le pontifiant Sy Ableman. Aux yeux de Judith, Sy est un homme plus important que son insignifiant mari. Arthur, le frère de Larry, est incapable de travailler et dort sur le canapé. Danny, son fils, a des problèmes de discipline à l'école hébraïque, et sa fille Sarah pioche en cachette dans son portefeuille pour accumuler de quoi se faire refaire le nez.

Alors que son épouse et Sy Ableman font allègrement de nouveaux projets domestiques et que son frère devient un fardeau de plus en plus lourd, quelqu'un écrit des lettres anonymes pour saboter les chances de Larry d'être titularisé à l'université. Un de ses étudiants tente de le soudoyer pour obtenir son diplôme tout en le menaçant de l'attaquer pour diffamation. Et sa superbe voisine le tourmente en prenant des bains de soleil entièrement nue…

Luttant désespérément pour trouver un équilibre, Larry cherche conseil auprès de trois rabbins différents. Quelqu'un pourra-t-il l'aider à faire face à ses malheurs et à devenir un mensch, un homme bien ?
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A Serious Man
En des temps reculés…voila pour « l'apologue* », qui voit un bon samaritain bien mal récompensé, mais n’était-ce donc pas le diable sous des allures humaines prêt à offrir ses bons services . Brave bougre ou fieffé malin nous ne le saurons car dans son corps, dame méfiante planta son couteau qui vit s’enfuir l’animal. Derrière ce court prologue se cache une morale ou une leçon à retenir, bien habile celui qui la déchiffrera
Années soixante, Middle-west, pendant que son père s’escrime à aligner des formules mathématiques sur le tableau, son fils disc-man sur les oreilles ignore brillamment le cours d’hébreu jusqu’à être pris la main dans le sac…
Bienvenu dans la petite cité pavillonnaire, tout confort, standardisée et en mot vaguement déprimante. Entrez dans ce qui est encore la maison de Larry Gopnik. Venez partager le « Ying et le Yang » de ce dernier. Un coup sur la cafetière (sa femme veut le divorce), un lot de consolation, la jolie voisine d’en face, au mari style G.I souvent au match ou à la pèche.
Poussé voir quasiment piégé dans une tentative l’amenant à falsifier des notes d’examens, lui si intègre , en même temps peut-être une solution à ses problèmes d’argent. Et puis l’avenir, sa titularisation soumise à caution de ses pairs, et cette date marquante la « bar mitzvah » de l’ado, grand fumeur devant dieu et le Jefferson Airplane !(si le Dead a marqué son époque de sa musique, dieu est encore à démontrer ;o)
Entre deux rendez-vous avec les avocats divorce hébraïque oblige et ses cours à la fac, Larry sur des conseils avisés, se résout à consulter un rabbin, du premier jeunot aux métaphores macadamisées, au second à « la dent dure » au troisième, le nec plus ultra mais tellement busy..
Surprenant ce dernier opus des Brothers Coen, d’abord pas vraiment folichon, l’on sourit plus que l’on ne rit, cette avalanche de semi catastrophes s’abattant sur le placide Larry…
On a vraiment envie de lui prendre la main pour avec force la flanquer dans la tronche de ses tourmenteurs bien intentionnés !


Difficile aussi pour l’athée de plonger dans cette jeunesse reconstituée, reste cependant des atmosphères enfumées où plane le Gratefull Dead ..Là juste au dessus de cet autel juif…pour la bar mitzvah du fiston envapé !
Franchement il fallait bien s’en évader de cette contrée résidentielle affligeante ? Vous l’aviez jusqu’à ce retour à la source très joliment et audacieusement fait Messieurs Coen ! vite très vite emportez nous vers d’autres contrées-délires..
Nous avons tous un grand besoin de galoper dans la plaine, libre à vous de la peupler des créatures que bon vous semblera !
* merci wikipedia !
CritiKat.Com "...Après le sursaut de No Country for Old Men, et l’oubliable Burn After Reading, les frères Coen ne remontent pas la pente. En se penchant sur leurs souvenirs d’enfance, ils composent une comédie moins grandiloquente que l’univers de leurs débuts. Le père de famille juif du Middle West dont la vie apparaît tout à coup très compliquée fait sourire, le film suit une route monotone, sans grande folie et presque sans surprises. S’ils ne s’assagissent pas, Ethan et Joel Coen ronronnent. Symptôme ou maladie ?..."
Le Monde.Fr - "A Serious Man" : Larry emporté par ses drôles de drames
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20 janvier 2010

Invictus - De Clint Eastwood


Invictus
Réalisation de
Clint Eastwood

Scénario d' Anthony Peckham.
D’après le livre Playing the Enemy de John Carlin

Avec Morgan Freeman (Nelson Mandela), Matt Damon (Francois Pienaar), Tony Kgoroge (Jason Tshabalala), Patrick Mofokeng (Linga Moonsamy), Matt Stern (Hendrick Booyens), Julian Lewis Jones (Etienne Feyder), Adjoa Andoh (Brenda Mazibuko)...

Synopsis

1994. Alors que Nelson Mandela se fait élire Président de la République, l'Afrique du sud post-apartheid demeure profondément divisée. Le nouveau chef du peuple, conscient des inégalités économiques et des fêlures raciales, va se servir du rugby pour tenter d'unifier son pays. Avec l'aide du capitaine des Springboks, il entreprend de mener l'équipe nationale le plus loin possible au Championnat du monde qui a lieu dans un an...
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Clint Eastwood derrière la caméra, devant Morgan Freeman pour un projet qui tient particulièrement au cœur de ce dernier. Incarner Nelson Mandela, ce au moment de son arrivée au sommet de l’état après avoir longuement moisi dans les geôles de celui-ci. Un Mandela qui doit prendre en charge un pays toujours meurtri par des années d’apartheid. Un état où les blancs sont inquiets, un pays où un désir de revanche, après des lustres d’exploitation et humiliation, habite la population noire.
L’Afrique du Sud en cette période difficile va connaitre un évènement, une opportunité unique dont un seul homme va saisir toute l’importance. Nelson Mandela lui-même, lui seul quasiment à y croire, réconcilier noirs et blancs au travers d’un défi commun, participer et gagner la coupe du monde de rugby puisque pays organisateur.
Sport de l’élite blanche comme le foot est celui de la jeunesse noire, Mandela va se faire l’avocat de celui-ci allant jusqu’à défendre le nom même des Springboks. En fin stratège et homme de bon sens et de consensus, il va réunir à sa cause, et aussi disons le littéralement envouter ses partenaires, à commencer par le capitaine de cette équipe, une « team » en doute, fragilisé par de récents échecs et une mauvaise presse. L’adversité, la pugnacité, ne jamais douter, toujours croire et espérer, Mandela connait, il a eu le temps d’y réfléchir, de se forger un mental d’acier sous une aura de douceur et d’altruisme.
Entre Le vieux et doux lion noir, gigantesque Morgan Freeman et le jeune capitaine blanc, un Matt Damon tout en muscle, un contact d’amitié et de confiance vient de s’installer.
La suite et la stratégie engagée, la découverte des Townships par les Springboks peut sembler un peu angélique, la visite de l’ile pénitentiaire beaucoup moins, ceci compensant cela. Toujours cependant Mandela/Freeman fait preuve d’une vision juste attestant d‘une immense connaissance de l’âme humaine.
Mandela/Freeman , l’acteur s’est fondu dans son interprétation, quand à la réalisation de Clint Eastwood, toujours efficace, elle manie suspense et délivre sur le plan sportif de formidables ralentis, masses de chairs haletantes s’entrechoquant jusqu’au sifflet final .
Et oui « Donnez leur des jeux » en quelque sorte, cela marche encore et toujours…quand cela ne dégénère pas bien entendu…ce qui n’est pas toujours le cas…et pour combien de temps…
CritiKat.Com "...Marqué par ces deux personnages se détachant résolument de leurs propres milieux respectifs, Invictus arrive, dans ses meilleurs moments, à sortir des ornières de la célébration béate et arpenter un chemin plus discret, hors de l’éclairage du consensus. Eastwood a beau faire : même en racontant une histoire de paix et d’unification en marche, son cinéma trouve, comme souvent, plus sûrement sa sève en traquant les conflits et les individualismes qui renâclent, les survivances des vicissitudes des héros solitaires..."
Excessif.Com "...Il démontre une fois encore sa faculté à traiter un sujet dense en offrant à la fois un divertissement empli de panache et habité par ses acteurs. Mettant en images une adaptation d'un roman de John Carlin, Déjouer l'ennemi, le cinéaste range les armes et met au placard le personnage misanthrope de Gran Torino pour enchaîner avec un long-métrage où bons sentiments et noblesse du propos s'entremêlent. .."
Le Monde.Fr - "Invictus" : réconciliation raciale sur une pelouse de rugby
Coup de coeur Ciné de Zem !
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15 janvier 2010

La Dame de trèfle - De Jérôme Bonnell


La Dame de trèfle
De Jérôme Bonnell

Avec Malik Zidi (Aurélien), Florence Loiret Caille (Argine), Jean-Pierre Darroussin (Simon), Marc Barbé (Loïc), Nathalie Boutefeu (Judith Novitch), Marc Citti (Pujol)...

Synopsis
Aurélien et Argine n'ont jamais réussi à se quitter. Frère et soeur, ils vivent ensemble depuis toujours. Aurélien arrondit secrètement leurs fins de mois en fourguant du métal volé. Argine n'y voit que du feu. Une nuit, survient Simon, complice d'Aurélien. Traqué par la police, il réclame de l'argent et se révèle vite menaçant. Pour Aurélien c'est l'engrenage. Ou la rencontre avec sa propre violence.

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La Dame de trèfle
Une petite ville de province, un peu à l’écart en pleine campagne, dans une vaste maison isolée vivent Aurélien (Malik Zidi) et sa sœur Argine (Florence Loiret-Caille) . Le jour il est fleuriste, elle , glande dans la baraque chantonnant ou ressassant des éternelles phrases d’anglais tirées d’une quelconque méthode genre Assimil !
La nuit, les soirées s’enchainent au bistrot local, Argine picole pas mal, semble fille facile et fantasque, Aurélien vielle ou s’absente, assurer un revenu supplémentaire en refourguant des métaux volés. Quand le receleur qu’il est, se trouve pressé par son fournisseur, Simon (Jean-Pierre Darroussin) de vendre vite suite à un coup foireux. La mécanique s’enraye. Simon est dangereux et tout s’emballe, tourne mal…
Que l’on suive les routes sombres où seuls les phares illuminent la nuit, que l’on emprunte les rues mal éclairées du bourg où le bistrot clignote comme un phare dans la nuit. Escale le temps d’un verre, d’un semblant de chaleur teintée de désespérance. Que comme Argine on rentre à la fermeture quasi défaite, où que comme Aurélien on avale les kilomètres pour trouver une solution avant de finalement s’enfoncer d’avantage.
Que comme l’une insouciante, inconstante mais finalement peut-être pas si dénuée de ressources, que comme l’un jusqu’à lors forteresse pour lui et sa sœur, tout d’un coup ébranlé, taraudé par l’angoisse et le doute, les positions doucement s’inversent !
Mais toujours l’un réconforte l’autre, et vice versa, sans un grand mot, par sa présence, une aura corporelle fraternelle quasi incestueuse, là dans cette grande maison, perdue dans la nature.
Jérôme Bonnell réalise un film qui tient dans un mouchoir, un bourg, un frère et sa sœur, quelques personnages autour, l’amant occasionnel de la frangine, la femme rencontrée par le frangin, un petit truand Jean-Pierre Darroussin (assez inquiétant donc réussi) , la population réduite mais bruyante du bars de nuit, les demis qui se suivent, le groupe rock qui anime la soirée et l’inévitable accrochage, baston vite interrompue ! Dans cette semi pénombre un roman noir se déroule, sans excès, par malheur et imprudence presque. Dans cette tragédie presque silencieuse qui va se jouer, frère et sœur vont inverser les rôles, et chacun de s’offrir une liberté nouvelle, une indépendance vis-à-vis de l’autre…
Ne conquiert on pas sa liberté dans la souffrance et les larmes ? Comme une réaction à un traumatisme parfois nécessaire ?
Voila un bien bel ouvrage, toujours vacillant, sur le fil du rasoir, et puis c’est beau la nuit, quand à l’interprétation Florence Loiret-Caille, « La dame de trèfle » illumine son personnage de différents aspects, gamine un peu foffole, ou jeune femme secrètement torturée, voir l’avortement, puis femme déterminée. ..voir la fin…et c’est elle qui cette fois assure pour Aurélien (Malik Zidi avare de mots tout en sentiment rentré, angoisse, peur, culpabilité restitué avec justesse ! ha ce regard vers celle qu'il vient de decouvrir mais envers qui il ne peut s'engager !), juste retour des choses quand celui-ci vidé s’écroule !
Ne leur restera plus qu’à pousser quelques portes !
Excessif.Com "...Avec sa dame de trèfle, Jérôme Bonnell s'inscrit dans une tradition de cinéma d'auteur français qui respire par ses personnages et relègue l'action au second plan. Peuplé de gens plus ou moins borderline - le gangster impulsif, le quinquagénaire alcoolique, la divorcée exilée - et situé dans le cadre « glauquissime » d'un petit village de province rythmé par les rendez-vous quotidiens au bar du coin, l'histoire flirte avec le film noir et le drame familial..."
CritiKat.Com "...Comme dans ses précédents films, Bonnell plante le décor : la province pas très glorieuse, napée pourtant d’une attachante mélancolie. Des bars un peu miteux où traînent quelques piliers au cœur gros, aux maisons trop grandes pour contenir le vide de vies déboussolées, tout semble dénudé, dépouillé de tout charme et tout artifice. Ici, le genre (le polar, donc) détermine le choix de codes visuels qui, d’emblée, plongent le film dans une ambiance attendue..."
Evene.Fr "...Cinéaste portraitiste, presque naturaliste, Jérôme Bonnell offre avec 'La Dame de trèfle' un film en clair-obscur. Un genre nouveau, qui utilise les intrigues policières des films noirs comme alibi pour mieux dépeindre des personnages sur le fil..."
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12 janvier 2010

Bright Star - De Jane Campion


Bright Star
De Jane Campion

Avec Abbie Cornish (Fanny Brawne), Ben Whishaw (John Keats), Paul Schneider (Mr. Brown), Kerry Fox (Mrs Brawne), Edie Martin (Toots), Thomas Brodie Sangster (Samuel), Claudie Blakley (Maria Dilke), Gerard Monaco (Charles Dilke), Antonia Campbell-Hugues (Abigail)...

L'HISTOIRE : Londres, 1818. Un jeune poète anglais de 23 ans, John Keats, et sa voisine Fanny Brawne entament une liaison amoureuse secrète.
Pourtant, les premiers contacts entre les deux jeunes gens sont assez froids. John trouve que Fanny est une jeune fille élégante mais trop effrontée, et elle-même n’est pas du tout impressionnée par la littérature.
C’est la maladie du jeune frère de John qui va les rapprocher. Keats est touché par les efforts que déploie Fanny pour les aider, et il accepte de lui enseigner la poésie.
Lorsque la mère de Fanny et le meilleur ami de Keats, Brown, réalisent l’attachement que se portent les deux jeunes gens, il est trop tard pour les arrêter. Emportés par l’intensité de leurs sentiments, les deux amoureux sont irrémédiablement liés et découvrent sensations et sentiments inconnus. « J’ai l’impression de me dissoudre », écrira Keats.
Ensemble, ils partagent chaque jour davantage une obsédante passion romantique qui résiste aux obstacles de plus en plus nombreux. La maladie de Keats va pourtant tout remettre en cause...
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Elle travaille, brode, coud et pique d’une aiguille assurée son morceau de tissu créant ainsi ses propres atours colorés et originaux. Il arrive de Londres, loge chez son ami Mr. Brown, se rend fréquemment au chevet de son cadet malade pour ne pas dire mourant. Il cisèle les mots, les assemblent, les fait sonner, la parution d’un premier recueil s’il attire la reconnaissance d’un cercle d’initiés ne permet pas de vivre, ou alors chichement. Ainsi va la poésie...
Entre ces deux jeunes gens, Fanny Brawne (Abbie Cornish) et John Keats (Ben Whishaw) et malgré une opposition multiple et farouche… L’ami Mr. Brown (Paul Schneider) voit là une perte de temps et une menace pour l’œuvre du poète, n’a-t-il pas mieux à faire ? La mère qui redoute les commérages et puis surtout n’est il pas grand temps que lors des soirées où son carnet de bal affiche complet celle-ci trouve son futur fiancé..
Mais l’amour est imprévisible, la jeune fille amourachée de fanfreluches plongera dans l’œuvre du poète, lui demandant même de lui enseigner celle-ci, ce qui ne manque pas de provoquer rires et courroux de Mr Brown…quand ce dernier accepte…un ange vient de passer…
C’est au cœur d’une nature merveilleuse, colorée, magnifiquement rendue par la photographie des assistants de Jane Campion que l’œuvre se déroule, les saisons rythmant les sentiments .
Les scènes de tendresse entre nos deux tourtereaux, discrètement chapeauté par le jeune frère et la petite sœur, coup de cœur pour cette dernière et son visage au sourire mutin dans une abondante chevelure flamboyante. La séquence que je nommerais de « Jacques a dit « , sur le principe du jeu du même nom, improvisé, remarquablement filmée sur la profondeur du champ, le visage de la gamine complice en premier plan, m’a littéralement fait craquer ! La juvénilité de nos deux héros aussi, deux gamins, gamines insouciants et ou parce qu’ »In Love ».
Oui il n’y a ici rien de bien nouveau sur ce sentiment amoureux, ces instants de détresse sans nouvelles de l’autre, cette force qu’il vous donne, capable de renoncer au destin tel que prévu par la famille. Un acte de bravoure féminine s’il en est !
Voilà au final un film dans un écrin de nature, sublime en ce sens, une histoire d’amour classique pour deux destins pas si ordinaires, un des plus grands poètes anglais et une fiancé éternelle, « Bright Star » !
« A thing of beauty is a joy for ever... » (« Un objet de beauté est joie pour l'Éternité » -Endymion -

Excessif.Com "...Jane Campion parvient à capter avec finesse la fraîcheur de la campagne anglaise, la mêlant harmonieusement à sa mise en scène, l’utilisant pour saisir la sensibilité de ses personnages, leur personnalité, leurs blessures ou leurs joies..."
CritiKat.Com "...Avec Bright Star, la cinéaste néo-zélandaise voulait traduire en image le monde de Keats et de Fanny, un monde empreint de lumière à ses yeux. « L’ambition du film est de sensibiliser le public à cette lumière, d’allumer la flamme. » Elle y parvient avec brio..."
Le Monde.Fr - "Bright Star" : la déchirante résurrection de la passion romantique
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08 janvier 2010

Contes de l’âge d’or - (Amintiri din epoca de aur, Roumanie)


Contes de l’âge d’or
(Amintiri din epoca de aur, Roumanie, 2009)
Réalisation de
Hanno Höfer, Răzvan Mărculescu, Cristian Mungiu, Constantin Popescu, Ioana Uricaru

Scénario de
Cristian Mungiu
Avec Emanuel Parvu (l’inspecteur du Parti dans La Légende de la visite officielle), Călin Chirilă (l’activiste de La Légende de l’activiste zélé), Ion Sapdaru (le policier de La Légende du policier avide), Paul Dunca (l’assistant du photographe de La Légende du policier avide)
Synopsis
Inspirés de "légendes urbaines" qui circulaient dans la Roumanie communiste, et que les Roumains se racontaient en riant quand ils étaient sûrs qu’aucun agent de la Securitate ne pouvait les entendre : comment un petit bourg se mit en quatre pour accueillir un cortège de dignitaires (La Légende de la visite officielle) ; comment un membre du Parti partit vaillamment combattre l’analphabétisme dans un village de montagne (La Légende de l’activiste zélé) ; comment une famille de Bucarest tua un cochon dans sa cuisine (La Légende du policier avide) ; comment le quotidien du Parti, Scinteia, dut retoucher en catastrophe une photo du dictateur Ceauşescu, pour ne pas le montrer tête nue aux côtés d’un suppôt du capitalisme (Valéry Giscard d’Estaing !) dûment chapeauté (La Légende du photographe officiel).(Source CritiKat.Com )

La Légende de la visite officielle
La Légende de l’activiste zélé
La Légende du policier avide
La Légende du photographe officiel
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Contes de l’âge d’or
Sur un scénario de Cristian Mungiu (réalisateur de « 4 mois, 3 semaines, 2 jours » ,Palme d'Or à Cannes 2007) quatre cinéastes roumains nous emmènent dans la Roumanie de Ceausescu, pour dresser quatre tableaux à la fois précis et convaincants mais également de par leur vérité même tirant parfois jusqu’à l’absurde. du sérieux d’une situation gravissime sinon importante découle alors un humour irrésistible, véritable soupape de sureté quand on a le malheur de vivre sous un joug..Ici le communisme allié au culte de la personnalité du Tiran Ceausescu.
" La Légende de la visite officielle " ou comment la précipitation et le stress , l’attente finalement inutile mène à une fiesta inopinée et un épisode de « tournez manège » du plus drôle, règne comme un petit parfum de Kusturica même ici en Roumanie. Vient ensuite" La Légende de l’activiste zélé " où comment un petit fonctionnaire se voit porté par une mission quasi divine, si l’on accepte le fait que dieu soit communiste bien sur, bref porter jusque dans les campagnes les plus reculées l’alphabétisation, heureusement il est motivé et goutera au charme des produits locaux avant d’écourter sa mission . Fonctionnaire toujours, police et marché noir, où comment un cochon se révèle difficile à plumer, hilarant ce troisième volet, la Légende du policier! Tout comme ce dernier volet images d’archives à l’appui, on y voit Giscard en visite officielle et l’organe officiel du parti, se démener pour titrer en première page, photos à l’appui à l’occasion de ce « grand » événement, succulent, La Légende du photographe officiel.
Car ce qui unis ces quatre opus, rendant la chose très homogène, tient à l’humour une douce ironie jamais méchante mais cependant bien présente. Une manière de se libérer, d’évacuer le trop pesant d’un régime..et oui totalitaire et oppressant !
Réussir cet exercice difficile qu’est le film à sketchs n’est pas chose aisée. Il faut imprimer un rythme à l’ensemble tout en préservant l’individualité de chaque numéro, Il faut glisser de l’un à l’autre avec aisance et fluidité, Les Contes de l’âge d’or réussissent tout cela, sans doute car portés par une histoire et un proche passé intense, douloureux comme une propension à partager le peu de joie et de folie restant !
Faire de ces quatre farces une œuvre quasi-totale bravo ! Une suite est attendue, nous la guetterons avec impatience !
Excessif.Com "...les presque deux heures de cet ensemble disparate affiche une rare constance et plus encore, une belle complémentarité. Ainsi, réussissant là où d’autres ont échoué, Les Contes de l'âge d'or brille d’un humour renouvelé et d’une capacité à faire ressortir sous des dehors amusés et tordants, la situation d’un pays condamné à subir pauvreté et répression..."
CritiKat.Com "...la Roumanie envoie régulièrement de ses nouvelles aux cinéphiles français. On a un temps craint l’effet de mode, mais film après film, cette « vague roumaine » a prouvé qu’elle savait se renouveler, stylistiquement et thématiquement, sans perdre pour autant sa capacité à manier un humour très noir (mais non dénué de tendresse). Ce que confirme aujourd’hui ces Contes de l’âge d’or, suite de saynètes écrites et produites par Cristian Mungiu, dont les 4 mois, 3 semaines, 2 jours avaient reçu en 2007 une Palme d’or méritée au festival de Cannes..."
Le Monde.Fr - "Contes de l'âge d'or" : la folie du régime de Ceausescu en quatre histoires
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05 janvier 2010

La Merditude des choses - De Felix Van Groeningen

La Merditude des choses
(De Helaasheid der dingen, Belgique)
De Felix Van Groeningen

Avec Kenneth Vanbaeden (Gunther Strobbe enfant), Valentijn Dhaenens (Gunther Strobbe adulte), Koen De Graeve (Marcel « Cel » Strobbe), Wouter Hendrickx (Lowie « Petrol » Strobbe), Johan Heldenbergh (Pieter « Baraqué » Strobbe), Bert Haelvoet (Koen Strobbe), Gilda De Bal (Meetje), Natali Broods (Tante Rosie)

Amphore d'or au Festival Grolandais de Quend
Quinzaine des réalisateurs - Cannes 2009


D’après le roman de
Dimitri Verhulst

Synopsis ou Pitch si vous le voulez !

Gunther Strobbe, 13 ans, partage le toit de sa grand-mère avec son père et ses trois oncles. Quotidiennement, Gunther baigne dans un climat de beuveries effrénées, de drague éhontée et de glande constante... Tout porte à croire qu'il subira le même sort. A moins qu'il ne parvienne à se 'démerder' de là...
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Trouduc-les-Oies ? Petit village flamand, mais n’importe quel bled suffisamment paumé devrait faire l’affaire. Un trou longé par une voie ferré, épine dorsale sur laquelle se greffent des pavillons médiocres et hétéroclites. Trouduc…là où végète la famille Strobbe, le fils ainé, largué par sa bonne femme élève seul avec l’aide de la grand-mère son fils Gunther, 13 ans..Toujours dans la smala Strobbe je demande les oncles, soit trois personnes de plus à avoir trouvé refuge dans la maison familiale. Que de bouches à nourrir mais surtout que de gosiers assoiffés. Car ici monsieur, « Chez ces gens là » dirait Brel, on ne boit pas monsieur, on se torche littéralement. Avec entrain, dans des éclats de rire, formidable séquence d’initiation à Roy Orbison, ou comment la java des Flandres apprivoise la danse hindoue, séquence intégration.
Difficile à 13 ans de suivre une scolarité faite d’arrivée en retard et d’une longue suite de punitions, est-ce les rédactions punitives laissées au bon vouloir de l’imagination de leur auteur qui des années plus tard engendreront l’auteur et l’écrivain qui ici se raconte et nous dépeint avec tendresse sa famille .


Car le sacré réside dans ce mot famille plus fort encore Strobbe, un clan, un fort sentiment d’appartenance, de force et de protection aussi. Des males principalement, et donc un peu, beaucoup des grands gosses, tuant le temps à coup de farces et de jeux débiles, et quasiment toujours alcoolisés. De la course cycliste annuelle, et à loilpé s’il vous te plait, au concours de la plus grande quantité de chopes avalées en un temps record…l’alcool fait la fête et…la défaite aussi ! Moment épique aussi l'ascension par le tonton et sa troupe de boit sans soif d'un col de 3eme catégorie, version jeu de l’oie (Trouduc...) ..Redoutable !!!
Gunther ne pourra suivre une scolarité normale qu’isolé des frasques familiales, dans un internat, mais son père le supportera-t-il, l’autorisera-t-il surtout, ou rentrera-t-il dans une fureur éthylique ?
Raconté à la première personne pour ainsi dire, l’auteur se penche sur son enfance et sa famille avec une certaine tendresse mais également avec juste retour des choses un certain cynisme, voyez ce que j’aurais du être, ce à quoi j’ai heureusement échappé.
Car enfin si les services sociaux ne s’étaient pas manifestés..et d’ailleurs qui a bien pu les avertir..Grand-mère ? Ou…mais qui alors… !
Voila cette chronique familiale hirsute, déglinguée, défoncée, qui force parfois le sourire avant de vous le faire rentrer, cette enfance qui vous rappelle que l’on n’a généralement qu’une tribu et son importance.
Voila tous ces personnages intenses et brut de décoffrage avec une âme toute sensible, des acteurs attachants..Des figures comme on dit !
Site Officiel - Français ou Flamand

Excessif.Com "...Au premier coup d’œil, il y a quelque chose de familier dans La merditude des choses. Outre le fait que cette « merditude » nous entoure tous plus ou moins, il y a cet environnement, cette vague esthétique qui brasse en une dizaine de minutes ce que de nombreux cinéastes tentent d’atteindre en plusieurs années de carrière : la beauté déchirante de la simplicité. Flirtant avec une fausse épure cinématographique, révélant une infinie complexité, le film de Felix Van Groeningen évoque dès le départ un cinéma du réel ..."
CritiKat.Com "...une sympathie pour les personnages émane à la vue de ce film, une tendresse liée au jeu des acteurs, à ce naturel incontestable que le réalisateur a su saisir. Les Strobbe ont une allure improbable : les cheveux longs et gras, la barbe imposante, le marcel délavé. Rien ne leur fait peur, surtout pas le mauvais goût. Gunther aurait pu devenir comme eux. Il respecte tant ses oncles qu’il a peur d’être lui aussi un Strobbe. Le voilà des années après, seul face à son ordinateur. Ses manuscrits ne séduisent aucune maison d’édition. Il stagne chez lui, assis devant son bureau avec vue sur un chemin de fer. Les mots ne viennent pas mais des images du passé resurgissent, par bribes.."
Le Monde.Fr - "La Merditude des choses" : roman d'initiation au milieu des chopes de bière
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