16 mars 2010

Le Guerrier silencieux - De Nicolas Winding Refn

Le Guerrier silencieux
(Valhalla Rising, Danemark, 2010)
Réalisation De
Nicolas Winding Refn

Avec Mads Mikkelsen (le Borgne), Maarten Steven (Are), Jamie Sives (Gorm), Ewan Stewart (Eirik), Gary Lewis (Kare)...

Synopsis
Pendant des années, One-Eye, un guerrier muet et sauvage, a été le prisonnier de Barde, un redoutable chef de clan. Grâce à l'aide d'un enfant, Are, il parvient cependant à tuer son geôlier et ensemble ils s'échappent, s'embarquant alors pour un voyage au coeur des ténèbres. Au cours de leur fuite, ils montent à bord d'un bateau viking en partance pour Jérusalem mais le navire, pendant la traversée, se retrouve perdu dans un brouillard sans fin qui ne va se dissiper que pour révéler une terre inconnue. Alors que ce nouveau territoire dévoile ses secrets, les Vikings se retrouvent à affronter un ennemi invisible, terrifiant et mortel, et One-Eye va découvrir au cours du combat ses origines et sa véritable nature...
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Le Guerrier Silencieux
Un homme, un prisonnier, une machine à tuer que les chefs de clan s’échange à prix d’or, misant sur lui leur or. Un être invaincu, pulvérisant ses adversaires dans des luttes sans merci , dans la boue, lui-même enchainé, pour éviter toute tentative de fuite, un fauve que l’on n’approche pas, le gardant enchainé, dans sa cage. Là dans ces montagnes, « One-Eye » ce guerrier tatoué, à l’orbite couturée triomphe immanquablement de ses adversaires en deux temps, trois mouvements sauvagement, aussi cruellement que la façon dont il est gardé. Nourri et pansé par un enfant, sans un mot l’homme est muet autant que borgne.
Objet de troc entre hordes il explose dés la première occasion de recouvrer la liberté dans un déchainement de chairs et d’os brisés. Libre, suivi de près par ce gamin, au loin les collines vallonnées laissent entrevoir des croix de bois et des étoffes blanches et rouges, des vikings sur le long chemin des croisades. Alors qu’ils se joignent à eux embarquant sur un bateau tandis que des eaux monte un brouillard épais, quasi surnaturel. Commence un long voyage, silencieux, sans repères, à l’aveugle, sans nourriture et sans eau douce..jusqu’à ce que..s’installe le doute..Est-ce l’étranger porteur de malheur…trop redoutable…l’enfant…à leur dépens ils apprendrons qu’il est sous sa protection…alors que voici enfin l’eau douce et la terre…oui mais où sont ils ?Il plane sur ce film une atmosphère irréelle, sauvage et infernale. deux images viennent à l’esprit « Aguirre, la colère de Dieu » de Werner Herzog pour l’expédition dans la forêt impénétrable, mais aussi pourquoi pas « Antichrist » De Lars Von Trier pour le coté sombre et presque maléfique de cette dernière, de son impact sur ces hommes égarés dont un seul semble conscient de ce qui se trame et curieusement entame la lente construction d’un étrange autel, un monticule de pierres empilées dédiées à on ne sait trop quel force ou divinité !!!
Nicolas Winding Refn nous bouscule d’emblée, par la violence suggérée des premiers échanges, par ces images bleutées, ou ces flots de rouge et de bleu qui semblent envahir l’esprit du Guerrier, prémonition ou état permanent dans lequel baigne celui-ci !
Le Guerrier, l’enfant interprète de celui-ci, comme une étrange parenté, les ennemis du début passés à trépas, les porteurs de la foi, dangereux civilisateurs autant que barbares s’éteignant un à un au long du chemin et partout ,toujours personnage à part entière cette nature primaire ,sombre aussi dure que les hommes qui la traversent, cette nature qui ne se soucie guère de paganisme ou de foi !
NWR plonge l’homme au sein de celle-ci, condition violente. il filme sous une lumière tour à tour cru et naturelle, puis utilise des filtres amplifiant le malaise. Un trip sombre et difficilement pénétrable, mais qui ne peux laisser insensible !
Et puis cette hallucinante interprétation de Mads Mikkelsen déjà remarqué dans « After The Wedding » de Susanne Bier dans un tout autre genre cela va de soi !
Quand à NWR si j’ai adhéré à la dérangeante trilogie « Puscher », « Bronson » m’avait laissé sur le bord du chemin, ici je cautionne à 100 % !

Excessif.Com "...."...Pourtant, il a réfléchi à chacun de ses plans, à leur signification et à leur pouvoir de fascination. Il a su capter l’essentiel, invoquer une magie sorcière, enregistrer l’éclat mystique, cerner les cercles de Dante, filmer les paysages rocheux des Highlands écossais comme possédés. Ce voyage d’une âme au cœur des ténèbres ne vient pas à nous mais il importe que l’on vienne à lui. De bout en bout, on est dans un coma, ébloui, en transe, suspendu entre le paradis et l’enfer. ...".."
CritiKat.Com "...Quel que soit le message que l’on veut bien prêter au film, le moins que l’on puisse dire est qu’il n’est pas humaniste : païen ou croisé, l’homme est ici pire qu’un loup pour l’homme. Quant aux femmes, elles sont absentes ; à peine les entr’aperçoit-on, nues et enchaînées, au détour d’un unique plan. Si l’on met de côté le rapport quasi filial entre One-Eye et l’enfant qui l’accompagne et lui sert d’interprète (de prophète ?), il n’y a pas d’amis, pas de confiance ni d’amour dans ce monde-là, mais une haine et une peur d’autant plus inextinguibles que l’on doit non seulement se méfier de son prochain, mais également survivre à un environnement hostile. Dans Le Guerrier silencieux, tourné en Écosse, il n’y a pas une seule scène en intérieur : les personnages sont en permanence inscrits au cœur d’une nature à l’indifférence écrasante. Le talent du réalisateur pour filmer ces paysages majestueux est indéniable, et la Terra Incognita (l’Amérique du Nord ? l’Enfer ?) où échoue le frêle drakkar est montrée comme si jamais aucun être humain n’y avait jamais posé le pied d’une caméra..."
Le Monde.Fr - "Le Guerrier silencieux" : la brumeuse saga d'un Superman borgne
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9 commentaires:

zem. a dit…

A peine un an après son virtuose « Bronson », le réalisateur danois au nom imprononçable : Nicolas Winding Refn, nous offre un bien étrange objet cinématographique. Accompagné de son acteur fétiche, Mads Mikkelsen, (la série Pusher en autre...), NWR a décidé de réinventer le film de viking façon Conan le barbare pour en faire une sorte de quête existentielle dans un univers où l’abstrait et le mental joue un rôle prépondérant.

La trame du film de NWR s’inspire d’une découverte archéologique faite en 1960 dans l’Est du Canada où l’on aurait retrouvé le long du fleuve Delaware les traces d’un campement et une étrange stèle de pierre confirmant peut-être que des Vikings auraient pu s'aventurer jusqu'en Amérique du Nord bien avant les premiers conquistadors !
Guerrier-esclave borgne et muet, One Eye (Mads Mikkelsen) appartient à un chef de clan cruel qu’il enrichit en participant à des combats à mort sanglants. Surveillé et gardé comme un trésor car il gagne toujours ses combats, mais traité comme une bête sauvage car il est considéré comme invincible donc très très dangereux ! Un jour pourtant, profitant d’un moment d’inattention de ses geôliers, il réussit à s’évader. Suivi comme une ombre par un jeune garçon, il rejoindra une bande de mercenaires, aveugles justiciers de Dieu, décidés à rejoindre la Terre Promise (Jérusalem), mais leur voyage à bord d’un drakkar perdu dans une brume impénétrable ne se fera pas dans la bonne direction. Arrivée sur une terre inconnue, seule et livrée à elle-même, la bande de mercenaires va se retrouver face à la faim, la folie et la mort.
Dans ce « no man's land » où le danger peut surgir à tout moment au cœur d’une nature sauvage et hostile, le film se métamorphose en une expérience véritablement hallucinogène et pratiquement dépourvu de dialogues en incrustant des passages d’une violence quasi-insupportable, nichés au coeur de longues scènes contemplatives à la beauté irréelle, nous donnant à explorer l’âme humaine dans ses tiraillements les plus violents et ses retranchements les plus vains. La violence dans le cinéma de NWR est le sujet principal par lequel il cherche une explication au fonctionnement de l’Humain. Pourquoi sommes-nous violent ? Pour quelle raison le devient-on ? L’Homme peut-il vivre et survivre sans violence ? Tous les films de Refn sont pétris de ces questions.
Divisé en plusieurs chapitres, façon chemin de croix christique, ce film nous invite sans en avoir l’air à entrer dans la danse. Mais c’est une danse qui demande que l’on s’y abandonne totalement, au risque de se marcher soi-même sur les pieds ! Il faut se laisser glisser en douceur sur le parquet, entre lambeaux de chair sanguinolents et visions mystiques prémonitoires au risque de passé à coté d’un pur moment de cinéma à la limite de l’expérimental. Entre fanatisme religieux et croyance païenne, ce film risque d’en dérouter plus d’un car le rythme est très lent, la narration à la limite du mutisme, mais la réalisation, la mise en scène, la bande-son au tonalité rock et la photographie rouge, acier et bleu prend le spectateur aux tripes et nous hypnotise. Et que dire de l’incroyable performance d’acteur de Mads Mikkelsen, qui arrive à remplir l’écran sans dire un mot pendant 1h30 !
Ce genre d’expérience cinématographique étant plutôt rare, il ne faut pas hésité à la vivre, ne serait-ce que par simple curiosité ! Du début du film jusqu’à la fin, on flotte dans une sorte de léthargie suspendue entre le Paradis des uns et l’Enfer des autres. C’est un poème sublime qu’il faut aller chercher soi-même en se libérant de ses entraves, de ses habitudes, de ses croyances et de ses doutes.

Un vrai geste de cinéma donc !

Kilucru a dit…

To Zem : Tu en parles très bien, visiblement inspirée . C'est en effet un étrange objet cinématographique...vu dans une petite salle, un bien déroutant voyage ! quelques jours après j'y songe encore...

FredMJG a dit…

Totalement hypnotique... et Mikkelsen borgne, râââh lovely !
Si tu veux voir Mads dans un tout autre genre, n'hésite pas à te procurer Les bouchers verts... rigolade assurée !

Kilucru a dit…

To Fred : Mais sauront ils m'attendrir ? ;o)

Gus a dit…

LES BOUCHETS VERTS sont effectivement très sympas, après, de là à t'attendrir... :D

Concernant LE GUERRIER SILENCIEUX, je ne cautionne pas à 100%, tout d'abord du fait d'une violence parfois trop excessive - je ne comprends pas à quoi tu fais allusion en parlant de "la violence suggérée des premiers échanges" : elle est tout sauf suggérée !

Et puis il y a cette sur-stylisation qui tend à faire du film une authentique "expérience" cinématographique, ce découpage discutable en six temps, ces dialogues pleins de grands mots, etc... tous ces artifices ou ces parti-pris un peu prétentieux et un peu vains qui donne l'impression au spectateur de ne pouvoir rester qu'en surface de cette oeuvre cependant frappante et intéressante... Critique perso' prochainement sur mon blog !

Alain70 a dit…

J'ai adoré ce film (Pourtant j'ai du mal avec la violence qu'on trouve actuellement dans le cinema)
La photo est très belle.

Kilucru a dit…

To Alain70 : Oui cette photo et ce décor, la nature à l'état brut, atténue l'impact et le coté très violent mais sans toute était-ce une époque très brutale !

Anonyme a dit…

Le discours intellectuel qui accompagne Le Guerrier silencieux est très séduisant et peut-être même juste pour ce qui serait des intentions du réalisateur (absence de tout humanisme, stylisation, relations (in)humaines...). L'ennui (aux deux sens du mot...) pour moi, c'est qu'il s'agit d'une posture tellement appuyée qu'on ne voit plus qu'elle et qu'elle fatigue. Autrement dit : Winding Refn en fait tellement des tonnes qu'il m'a empêché d'entrer dans le film. Il y a plus de métaphysique dans 30 secondes de La Grande bouffe ou 5 secondes de Nostalghia (j'ai des goûts éclectiques) que dans dans tout ce film.
Yossarian

Kilucru a dit…

To Yossarian : serais-tu ce "Grand lecteur de romans noirs" qui officie sur over-blog ?

Bon sinon le terme "métaphysique" va m'obliger à ressortir un dico...Que NWR en fasse des tonnes, j'ai trouvé le film assez dépouillé et le fait de priver son acteur principal de la parole accorde plus d'importance à l'image..et donc je me laisse facilement entrainer vers ces temps anciens et obscurs !
mais bon je ne suis qu'un modeste spectateur ;o)

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