28 décembre 2009

TETRO - De Francis Ford Coppola


Tetro
De Francis Ford Coppola
Avec Vincent Gallo (Tetro), Alden Ehrenreich (Bennie), Maribel Verdú (Miranda), Klaus Maria Brandauer (Carlo / Alfie), Carmen Maura (Alone), Rodrigo De La Serna (José), Leticia Brédice (Josefina), Mike Amigorena (Abelardo), Sofía Castiglione (Maria Luisa), Francesca De Sapio (Amalia), Erica Rivas (Ana)...

Synopsis
Tetro est un homme sans passé. Il y a dix ans, il a rompu tout lien avec sa famille pour s'exiler à Buenos Aires. Eclairagiste à ses heures perdues, il n'a plus qu'une passion : Miranda, son ange salvateur. Le rêve d'achever son roman et la promesse de revenir chercher son cadet, il les a rayés de sa mémoire. Pas Bennie qui, à l'aube de ses 18 ans, profite d'une permission de la marine pour retrouver Tetro. Entre les deux frères, l'ombre d'un père despotique, illustre chef d'orchestre, continue de planer et de les opposer. Mais, Bennie veut comprendre. A tout prix. Quitte à rouvrir certaines blessures et à faire remonter à la surface des secrets de famille jusqu'ici bien enfouis.
°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
D’emblée le ton est donné, celui d'une image noir et blanc travaillée, mise en ombres et lumières avec un talent fou ! L’arrivée du jeune matelot, sa déambulation à la recherche d’une adresse, celle de son frère, sa réception par la femme de ce dernier composent des plans à l’esthétique indéniable.
Il lui faudra attendre le matin pour que ce frangin Tetro (Vincent Gallo) daigne enfin se montrer, et rugueux manifeste son désaccord de le voir là. Le bateau de ce dernier étant en réparation il plie et accepte d’héberger le cadet le temps de la remise en état.
Le contraste entre les deux frérots est prononcé, l’un est sombre et plutôt renfermé, l’autre plus jeune Bennie (Alden Ehrenreich), lumineux semble naturellement joyeux.


Autre différence est non des moindres, si l’ainé semble vouloir à tous prix éviter le passé, le jeune Bennie cherche à combler le vide, en savoir plus sur sa famille et sa propre mère. Cerner également la personnalité de ce père, chef d’orchestre reconnu et personnalité étouffante.
Petit à petit se réveille des douleurs enfouies, notamment chez Tetro. Nous les recevons sous forme de tableau coloré cette fois, couleurs intenses, parfois rougeoyantes comme le sang.
Bennie n’hésite pas à fouiller dans les papiers de son frère, y puise une histoire et la couche sur le papier. Celle d’une saga familiale dont les deux frères sont parties prenantes, celle d’un chef de famille à la stature écrasante, celle d’une mère disparue et le trauma qui en résulte.
Et toujours à intervalles réguliers, ces sauts de carpe dans le temps ce passage à la couleur..
Est-ce la réalité qui doucement prend forme telle un roman, ou bien certains dés dans la main de Bennie sont ils à son insu pipés.
Alors qu’il croit atteindre au but, toucher la vérité, une fois encore elle s’esquivera…pour ressurgir, toute autre et difficilement acceptable, car tellement énorme !
Francis Ford Coppola livre une œuvre où il est impossible de ne pas ressentir le plaisir du cinéaste de filmer, ces plans dans ce petit théâtre, dans cet appartement, et bien plus tard dernier entracte, la scène du jacuzzi, pour se/nous faire plaisir et le dénouement , parmi un flot de voitures.
Tout est bien..qui finit trop bien !

Exene.Fr "...Le nouveau film de Francis Ford Coppola marque d'emblée par son audace visuelle, ce noir et blanc soigné permettant aux acteurs de se mouvoir dans un théâtre d'ombres. Utilisé sans dramatisation excessive, le traitement photographique colle à cette histoire de linge sale qu'on vient laver en fratrie décomposée..."
Excessif.Com "...Francis Ford Coppola a prouvé par le passé qu'il était le cinéaste de la famille, celui par qui les liens du sang rappellent le génie shakespearien. Il le prouve une nouvelle fois avec Tetro où les protagonistes tentent de réparer les fêlures d'un noyau familial qui a implosé..."
CritiKat.Com "...Si Coppola cherche ostensiblement à renaître à la création, c’est naturellement qu’il en exprime la douleur du processus. Pour cette seule sincérité qui prend vie à l’image, ce film de faux débutant sur le retour reste une bonne nouvelle qui donne espoir pour ses suites : rien n’est moins sûr que Coppola renoue un jour avec l’ampleur du Parrain, mais son cinéma sorti de sa traversée du désert commence à captiver comme rarement..."
Le Monde.Fr - "Tetro" : l'autobiographie rêvée de Francis Ford Coppola
-

Les Chats Persans - De Bahman Ghobadi - Iran


Les Chats Persans
Titre original :
Kasi az gorbehaye irani khabar nadareh - Iran

Réalisation de Bahman Ghobadi

Avec Negar Shaghaghi (Negar), Ashkan Koshanejad (Ashkan), Hamed Behdad (Nader)

Synopsis
A leur sortie de prison, une jeune femme Negar et un jeune homme Ashkan musiciens décident de monter un groupe. Ils parcourent Téhéran à la rencontre d'autres musiciens underground et tentent de les convaincre de quitter l'Iran. N'ayant aucune chance de se produire à Téhéran, il rêvent de sortir de la clandestinité et de jouer en Europe. Mais que faire sans argent et sans passeport...
°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
Les chats persans
Parce qu’elle est qualifiée d’impur, comme un tas d’autres choses, la musique en Iran est bannie, tout juste quelques formations distillant une musique traditionnelle et religieuse gagnent leur droit à exister.
Parallèlement, en deçà et plus précisément en dessous la musique, les musiques, d’inspirations occidentales ou autres continuent d’exister. Les performers, des jeunes de Téhéran principalement, ils officient dans les caves, les sous-sols là où on ne peut les entendre. Underground jamais le terme n’aura été mieux approprié.
Le risque, la prison, les châtiments corporels, le quotidien sous le régime des mollahs, alors que Negar (Negar Shaghaghi), attend Ashkan (Ashkan Koshanejad) à sa sortie de prison, bien décidé à récidiver, l’art, « la musique est un cri qui vient de l’intérieur, de n’importe quel pays ne n’importe quelle couleur. » dit le poète. Un moyen d’expression difficile, ils envisagent donc l’exil, le problème les passeports, l’envie aussi de réaliser un enregistrement voir un concert dans le milieu souterrain de Téhéran. Mis en relation avec Nader (Hamed Behdad), pour obtenir les papiers nécessaires mais aussi rencontrer d’autres musiciens afin d’étoffer et compléter leur groupe, ils commencent une longue tournée, prétexte à rencontrer différents groupes, du hard rock, séquence hilarante dans une cour de ferme aux autres caves aux insonorisations maisons. Comme partout la délation fleurit et germe parfois dans de très jeunes pousses et il faut sans cesse être sur ses gardes.
Ainsi Negar est elle méfiante vis-à-vis de Nader, trop beau parleur, trop optimiste ? Et pourtant il se remue, pour trouver argents et papiers, et les musiciens manquants, nouvelle destination à la périphérie de la ville, pour un rap mordant vis-à-vis du pouvoir. La caméra filme, choppant les images presque au vol, des avenues surpeuplées de voitures aux faubourgs miséreux et leur lots de chiffonniers dormant à même le sol.
Impossible alors de ne pas ressentir la tristesse du réalisateur de voir ainsi son pays. Son espoir il le puise, le filme au travers de cette jeunesse, bravant les interdits pour l’amour de la musique, pour la joie de jouer, pour dire regardez, écoutez, j’existe et vous ne pourrez rien contre cela le jour venu !
En attendant il faut ruser, à l’instar de Nader, qui arrêté en possession de vidéos est soumis à un interrogatoire, le risque, le châtiment, quelques coups de fouets…scène tragique qui vire au burlesque quand usant d’un bagout, d’une audace folle ce dernier échappe à la punition au terme d’un marathon verbal des plus ahurissants. Roulant les mollahs dans la farine avec talent !
Peu à peu le bruit se répand dans le milieu underground, la date du « live » approche, on prépare la cave, on attend Nader et les passeports
La suite..sur les écrans… La lutte..en Iran

Excessif.Com "..Il est certain que Les chats persans ne sortira pas en Iran. Heureusement, ce long-métrage courageux est parvenu à traverser les frontières strictes de son pays d'origine pour éclabousser le plus important festival du monde de son énergie, de sa fougue et de son pouvoir sensoriel..."
CritiKat.Com "..Les Chats persans est souvent captivant, étonnant, émouvant, sans oublier d’être drôle. On est entraîné dans un dédale d’escaliers que l’on monte et descend pour atteindre d’improbables pièces insonorisées artisanalement (la boîte à œufs est universelle), quand ce n’est pas du gros son metal dans l’étable d’une ferme isolée. Le film reflète bien cette urgence, ce combat mené contre beaucoup de choses à la fois. On est en fait face à un bien étrange objet qui fait entrer également, par le biais de Nader − dont l’abattage et le bagout sont proprement hallucinants −, un soupçon des comédies populaires que l’on peut voir en Iran.."
Le Monde.Fr - "Les Chats persans" : prologue musical au printemps iranien

-

25 décembre 2009

Le Père de mes enfants - De Mia Hansen-Løve


Le Père de mes enfants
De Mia Hansen-Løve

Avec Chiara Caselli (Sylvia Canvel), Louis-Do de Lencquesaing (Grégoire Canvel), Alice de Lencquesaing (Clémence Canvel), Alice Gautier (Valentine Canvel), Manelle Driss (Billie Canvel), Éric Elmosnino (Serge)...

Prix Spécial Un Certain Regard - Festival de Cannes 2009

Synopsis
Grégoire Canvel a tout pour lui. Une femme qu'il aime, trois enfants délicieuses, un métier qui le passionne. Il est producteur de films. Révéler les cinéastes, accompagner les films qui correspondent à son idée du cinéma, libre et proche de la vie, voilà justement sa raison de vivre, sa vocation. Grégoire y trouve sa plénitude, il y consacre presque tout son temps et son énergie. Hyperactif, il ne s'arrête jamais, sauf les week-end qu'il passe à la campagne en famille : douces parenthèses, aussi précieuses que fragiles. Avec sa prestance et son charisme exceptionnel, Grégoire force l'admiration. Il semble invincible. Pourtant sa prestigieuse société de production, Moon Films, est chancelante. Trop de films produits, trop de risques pris, trop de passifs; les menaces se précisent. Mais Grégoire veut continuer d'avancer, coûte que coûte. Jusqu'où cette fuite en avant le conduira-t-il ? Un jour, il est obligé de voir la réalité en face. Alors surgit un mot : l'échec. Et une grande lassitude, qui va bientôt, secrètement, prendre la forme du désespoir.
°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
Des images lumineuses, de douceur, celle d’une famille épanouie, où tout semble complicité, amour et tendresse. Des moments intenses passés ensemble, dans la maison de campagne éloignée de Paris, au grand dam de la fille ainée d’ailleurs, des instants trop courts, celui d’un week-end volé sur l’emploi du temps surchargé de Grégoire. Ce portable qui n’arrête pas de sonner, mille et une tracasseries qu’il faut régler, mettre entre parenthèses. Sa société de production, trois projets, trois films en cours, les équipes qu’il faut manager et ménager ; Son équipe de fidèles, réunis au sein de sa maison de production, Moon Films, un nom qui ne doit rien au hasard..Mais cela nous l’apprendrons plus tard.
Grégoire se bat, vit comme un homme pressé...de réussir ses projets, de réunir de quoi les mener à bien, à termes. Il n’est pas homme de concessions, tout juste accepte t’il de mettre son catalogue, ses films indépendants dans la balance quand les banques se montrent par trop pressantes, compréhensives mais réalistes. La situation hélas ne va pas s’arrangeant jusqu’à l’impensable.
Commence alors une nouvelle vie, pour la famille, ceux qui restent, la lumière se teinte à peine d’une légère étoffe de deuil, et les survivants se regroupent, font le point et réunissent leurs forces pour continuer d’avancer. Que cette terrible douleur ne soit pas vaine, que le souvenir subsiste jusque dans la création,, essayer coute que coute d’’achever les projets, poursuivre l’héritage.
Reprendre un hypothétique flambeau en quelque sorte. Le temps aussi pour l’ainée de redécouvrir l’œuvre de son père, ces films pour lesquels il aura misé jusqu’à sa vie, en quelque sorte. L’heure aussi d’une révélation, un secret presque banal et pourtant…
La réalisatrice Mia Hansen-Løve signe un film sensible, duquel transpire aisément un amour véritable du cinéma. Un hommage aussi aux « petites mains » , celles des producteurs du cinéma indépendant, à tous ceux qui agissent par amour du 7eme Art. Elle rend ainsi hommage à celui qui a permis l’éclosion de son premier film « Tout est pardonné », Humbert Balsan dont le destin suit étrangement mais certainement pas de façon anodine celui de Grégoire, toutes réserves gardées, s’agissant d’une fiction.
CritiKat.Com "...Dans Le Père de mes enfants, il fait toujours beau ; certains y verront le signe d’une bienveillance forcenée, voire déplacée ou factice. Mais si le récit semble se construire autour du motif plastique et thématique de la clarté, pas un instant la réalisatrice ne prend cette clarté pour acquise. Ce qui s’affirme ici serait plutôt de l’ordre d’une résistance droite et sereine, qu’incarne à merveille Chiara Caselli dans le rôle de la femme de Grégoire Canvel..."
Excessif.Com "...Faisant la part belle aux secrets de famille et aux désillusions d’une réalité que l’on ne peut plus sauver, Le Père de mes enfants s’égare alors jusqu’à son terme en suivant alternativement la veuve de Grégoire Canvel et son aînée. Travaillant par l’image, les douleurs du deuil et l’après qui s’ouvre entre espoirs, larmes et impressionisme, le film peine à rebondir..."
Le Monde.Fr - "Le Père de mes enfants" : le cinéma, combat d'une vie
-

23 décembre 2009

Avatar - De James Cameron


Avatar (États-Unis)
Réalisation et scénario :
James Cameron

Avec Sam Worthington (Jake Sully), Zoe Saldana (Neytiri), Stephen Lang (Colonel Quaid), Laz Alonso (Tsu’Tey), Sigourney Weaver (Dr Augustine)...

Synopsis
Jake Sully est un homme brisé. Ex-marine devenu paraplégique, ce combattant se voit offrir une seconde chance lorsqu'on lui propose de prendre la suite de son défunt jumeau, un scientifique envoyé sur la lune Pandora grâce aux financements d'un puissant consortium qui exploite sur place un précieux minerai. Moyennant un généreux salaire qui lui permettra de soigner son handicap, Jake devra explorer les jungles hostiles de Pandora en projetant son esprit dans l'avatar qui était destiné à son frère. Ces avatars, permettant d'affronter plus aisément l'hostile planète tout en facilitant une mission de pacification, sont d'onéreux hybrides nés du croisement ADN entre les Terriens et les Na'vis, une race d'autochtones humanoïdes. Mais entre la mission scientifique héritée de son frère, et son attachement aux valeurs martiales qui menacent de dominer la colonisation humaine, Jake va devoir faire un choix.
°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
Avatar
Troisième essai vis-à-vis de la 3D, le premier « La-Haut » le dessin animé ne m’avait pas emballé, mon grand âge peut-être et surtout une paire de lunettes déficientes, je ne le sus qu’après ! Mon deuxième essai, « Le Drôle de Noël de Scrooge » lunettes vérifiées m’avait vu sortir du cinoche comme un môme de dix ans, les yeux écarquillés, le sourire béat, l’air un peu idiot sans doute mais totalement émerveillé par cette fabuleuse technique, quel plaisir que de me retrouver au sein d’une bourrasque de neige, dans les ruelles de ce vieux Londres.
Je n’allais donc pas me priver d’embarquer pour Pandora, le film Avatar me tendait grand les bras ! Ici sur Lille en VO et 3D . je le dis de suite ce cinéma fortement commercial me laisse habituellement de marbre et passe donc à la trappe de mes sélections, ainsi n’ai-je pas vu le Titanic du meme réalisateur.
Non c’est bien uniquement attiré par une envie d’expérience nouvelle que j’achetai mon billet pour Pandora. Avatar, deux heures quarante minutes, sans une longueur, des colonisateurs armés, anciens bidasses d’une grosse puissance que l’on suppose américaine, une équipe scientifique emmenée par Sigourney Weaver, un marine atrophié, paralysé des membres inférieurs convié à la mission. D’abord agent double, il sert la science et rend compte de ses incursions dans le monde des Na'vis, les indigènes dont il revêt l’apparence physique ..L’Avatar ! Ses renseignements exploités pour le bien, la recherche, pour le pire aussi, le but d’abord inavoué s’emparer des richesses énergétiques de la planète.
Oui mais notre marine se plait, et dans son Avatar, ce nouveau corps et une mobilité retrouvé et dans ce nouveau monde qu’il découvre, et nous aussi d’ailleurs.
Un univers coloré, étrange et luxuriant, de quoi vous river à l’écran , émerveillé . Ainsi ai-je particulièrement kiffé sur les iles flottantes, gigantesques cailloux à la verdure luxuriante, ces images fortes me rappelaient certains pochettes du groupe de musique progressiste Yes, œuvres dues au dessinateur Roger Dean
Voilou, on peut y voir un parallèle évident avec les tribus indiennes des westerns d’antan, face aux envahisseurs dévastateurs des forces armées américaines. Une volonté farouche de conserver l’équilibre d’une planète jusque là harmonieuse par ses autochtones opposé à une volonté destructrices des chercheurs de ressources.
Bref presque que comme dans un western, y a des bons et des méchants, un héros qui change de camp, comme dans un film de guerre des ballets d’hélicos qui même en 3D ne rivaliserons jamais avec ceux d’Apocalypse Now…. non il faut voir en ce film un sacré divertissement, une longue et plaisante plongée dans un univers pas vraiment familier. ..ET PUIS SURTOUT ALLEZ LE VOIR EN 3D…cela sert à quoi que Cameron se décarcasse sinon !
Comment d’ailleurs a-on pu laisser sortir des copies en 2D ? Une histoire de gros sous certainement!
AVATAR Le Site Officiel
CritiKat.Com "...est l’attention portée à la création d’un monde. Avec Avatar, nous sommes en effet complètement transportés dans un ailleurs tout droit sorti de l’imaginaire. La promotion du film fait la part belle à la 3D : un gimmick dont on ne saurait trop recommander la recherche, Avatar se suffisant pleinement à lui-même, sans nécessiter cet ajout. Car Avatar tient du prodige technique - avant tout parce qu’il s’agit d’un film totalement digital, et pour lequel cette technique est non seulement poussée dans ses dernières perfectionnements, mais également pleinement justifiée..."
Excessif.Com "..Avec Avatar, Cameron nous jette brutalement au pied du mur, mais cette fois sans laisser poindre la moindre lueur d'espoir, si ce n'est dans le fait que son film se déroule dans un futur trop proche. Une morale d'une violence rarement vue dans un blockbuster hollywoodien, et qui aurait pu provoquer un tollé si le film ne nous permettait pas, durant ces bien trop brèves 2h40 de béatitude, d'adopter le regard de ces êtres supérieurs observant les pauvres Terriens propager le chaos.
À la moitié du film, quand Jake Sully commence à virer de bord, le personnage est clairement dépeint comme un « nolife » maladif, un drogué de sa vie parallèle..."

Le Monde.Fr - "Avatar" : sur Pandora, tout est extraordinaire, sauf les histoires
-

14 décembre 2009

Persécution - De Patrice Chéreau


Persécution
Un film de
Patrice Chéreau

Avec Romain Duris, Charlotte Gainsbourg, Jean-Hugues Anglade, Alex Descas, Gilles Cohen ...

Synopsis
Un inconnu.
Daniel, trente -cinq ans, est poursuivi par un inconnu qui s’introduit chez lui régulièrement et l’espionne systématiquement. Comment ce garçon est-il entré dans la vie de Daniel ? Daniel lui-même ne s’en souvient pas.
Un jour cet inconnu se poste devant lui, le regarde et lui dit : «Tu es l’homme de ma vie». Daniel le chasse.
Une femme.
Daniel vit seul, mais il va deux ou trois fois par semaine chez Sonia, cette femme qu’il persécute et idéalise en même temps. Il ne lui passe rien et vit dans une dépendance affective totale à son égard. Cette femme lui donne tout ce qu’elle peut mais elle travaille beaucoup, et a peu de temps pour elle.
Elle veut aimer Daniel et vivre une vie autonome, un amour apaisé, mais il s’acharne à lui réclamer plus...
°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
L’amour n’est jamais que douceur et tendre compromis! Il relève bien plus souvent d’une tension perpétuelle, attirance, pulsion et répulsion. Ainsi de cette passagère du métro qui dans cette séquence idéalement filmée, glaciale et sèche se voit gratifier d’une baffe magistrale pour avoir soutenu le regard de cet être marginal, qui quémandait un peu de monnaie et n’avait rien à foutre d’un regard de pitié aussi loyal fut il ?
En quasi anthropologue, en renard urbain, vêtu de sombre, bonnet et parka Daniel ( Romain Duris) aborde la personne ainsi giflée, quasi humiliée et retourne un peu plus le couteau dans la plaie. Il n’a pas à priori l’air d’apprécier les êtres faibles.
Et il va en croiser, que ce soit son copain, Michel (Gilles Cohen) qui une fois son boulot de comptable fini passe le voir sur le chantier, les chantiers, Daniel s’active, retape des apparts, Michel l’aide, vient surtout pour causer, s’épancher, ses malheurs, sa vie conjugale.
Daniel le soir, certains soirs traine les bistrots, un plus précisément, il y retrouve Sonia (Charlotte Gainsbourg), la douceur, l’apparente fragilité de celle-ci tranche avec le caractère ronchon, presque un peu hargneux, il donne l’impression de toujours serrer les dents. Heureusement de temps en temps ces rencontres parsemées constituent des retrouvailles intenses, un apaisement sensuel et sexuel, une complicité…de courte durée. Ils(ou est-ce il), tout court se refusent à vivre ensemble, Sonia est souvent en déplacement, à l’étranger, elle l’appelle alors, ces coups de téléphone le rassure autant qu’il le mine. Mais proposez-lui de s’installer en couple et c’est la dérobade.
De ces instants de mauvaise humeur qui en résulte, Michel l’ami en fait les frais, Daniel ne supporte rien moins que la faiblesse. Il semble pourtant avoir un cœur immense, en témoigne ces visites fréquentes comme bénévole dans des institutions diverses, maison de retraite, aide à domicile..
Oui le personnage semble à multiples facettes et quand dans sa vie s’introduit un parfait inconnu, un homme (Jean-Hughes Anglade), entré par effraction, soûl, ivre et nu, un homme entraperçu lors de l’incident du métro. Et qui lui déclare qu’il l’aime..tout comme lui l’aime..dialogue de fou ? L’homme est expulsé manu-militari…
Il reviendra, tant est forte..quoi..sa folie ou son amour…
Il reviendra alors que la liaison compliquée entre Sonia et Daniel se complique. Pour Daniel c’est je veux et ne veux pas ce vers quoi je tends ! Et je fulmine et serre encore plus les dents…
Alors que la liaison semble ne plus tenir qu’à un fil, que la conclusion semble inévitable..
Une dernière rencontre entre Jean-Hughes Anglade et Daniel, dans une atmosphère apaisée, le voit se confier, expliquer le pourquoi de ces visites régulières aux maisons de retraite !
Oui l’ensemble du film de Patrice Chéreau est un appel à l’amour et une reconnaissance de la difficulté de ce dernier, quand il n’en souligne pas l’impossibilité. Ne pas aimer c’est souffrir, aimer aussi. Mais peut-être un peu moins seul !
Sur la scène métropolitaine, s’active un jeune homme beau et ténébreux, en colère, face à lui une longue beauté naturelle amoureuse mais dont la patience atteint une limite, autour d’eux, un etre égaré mais sur de son amour, et donc rayonnant, capable d’aimer sans l’être en retour, Anglade impressionne !
Evene.Fr "...Un homme, une femme, un inconnu et ces mots qui n'arrivent pas à tamiser la cruauté des sentiments, que la caméra de Patrice Chéreau traque et chasse à chaque instant, crue et sans détour. L'image est rêche, les corps sont durs, le son vibrant ; 'Persécution' ne fait pas les choses à moitié......Au-delà d'un Romain Duris dont la tension, à la limite de la rupture, rythme l'oeuvre, c'est Jean-Hugues Anglade, dont la fragilité et la force sidèrent et dont l'aplomb, stupéfiant, étonne autant qu'il fascine. Tout aussi subtil, Gilles Cohen encaisse et absorbe, à son tour, cette drôle d'amertume qui, loin de faire de 'Persécution' l'objet sombre du glissement vers la folie, le place avec grâce au-dessus de la mêlée, bouillonnant de vie et terrifiant de vérité..."
Excessif.Com "...Dans Persécution, Chéreau renoue avec un cinéma à la fois physique et métaphysique, où la frénésie stylistique traduit autant l'agitation des personnages que la pulsion dévastatrice, l'abandon de soi et l'urgence du désir brut - un inconnu offre son corps décharné à celui qui en veut encore. ..."
Le Monde.Fr - "Persécution" : un idéaliste persécuteur et persécuté
-

11 décembre 2009

Qu’un seul tienne et les autres suivront - De Léa Fehner


Qu’un seul tienne et les autres suivront

De Léa Fehner


Avec Farida Rahouadj (Zohra), Pauline Étienne (Laure), Delphine Chuillot (Céline), Dinara Droukarova (Elisa), Reda Kateb (Stéphane), Vincent Rottiers (Alexandre)...

Lauréat du Prix Junior du Meilleur Scénario 2007 Prix Michel d’Ornano du Festival de Deauville 2009

Synopsis

Zohra a quitté l'Algérie pour chercher à comprendre la mort de son fils assassiné en France.
Stéphane, un trentenaire perdu dans un monde sur lequel il n'a pas de prise, se voit proposer un marché qui pourrait changer sa vie, mais à quel prix ?
Laure, jeune fille de quinze ans tombée amoureuse d'une petite frappe cherche un adulte pour pouvoir aller le voir en prison.
Deux femmes, un homme, trois parcours qui se rejoignent dans un parloir de la prison de Fleury-Mérogis ...
°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
Une femme pleure à genoux au milieu de l’indifférence quasi générale d’une foule qui attend. Que les portes de la prison s’ouvrent pour ce jour de visite, cette femme cherche son homme embarqué au petit matin pour elle ne sait trop où !
Ainsi Léa Fehner ouvre-t-elle son film, par des images de la dernière séquence. Occasion pour elle d’entamer le récit, le parcours de ces différentes vies qui toutes mènent ici, à divers titres d’ailleurs, plus ou moins indirectement également.
Qu’il s’agisse de Zorah qui pleure ce fils et cherche à remonter à l’homme qui l’a tué afin de peut-être comprendre, son parcours têtu d’Algérie jusqu’en France une fois le deuil passé est exemplaire et l’actrice Farida Rahouadj impose son visage triste et digne. Qu’un couple d’amants se déchirent régulièrement sur fond de pauvreté et de misère sociale, qu’une invraisemblable ressemblance laisse entrevoir l’espoir, on adopte le coté gadjo de Stéphane (Reda Kateb), être marqué, écrasé à qui sera peut-être donné pour une fois l’occasion de s’affirmer et pour une fois briller dans le regard de sa compagne Elsa (Dinara Droukarova). Et qu’un jeune loulou, Alexandre (Vincent Rottiers) dont le visage marqué, parfois voire souvent tuméfié le laisse entrevoir comme étant de tous les coups, le verbe emballé, emballant, la tchatche rapide sa rencontre avec la jeune fille dans un bus, Laure (Pauline Etienne), il la fait rire, elle le suit, pour quelques jours de fugues de squat en squat, d’amour de liberté, pour finalement le voir rattraper par une veille histoire et finir enchristé derrière les barreaux.


La prison, là où tous nos divers destins, du moins ceux de nos principaux personnages convergent, Zorah, face à l’inconnu, Stéphane, osera-il faire le grand saut, Laure son amour résistera-il, elle qui est encore mineure ?
Autant de questions, pour un dénouement plein d’inconnus, l’équation est complexe et force est d’admettre qu’il n’existe pas une mais des réponses, quand à écrire l’avenir il faudrait commencer par l’épilogue, et là est la force de ce tableau laisser place à l’interrogation, à l’imaginaire.
Le dernier acte une entrée de prison..et une femme qui pleure…

Voilà un film remarquablement construit, appuyé par une solide interprétation, à la distribution principale se greffe des seconds rôles tout aussi magnifiques. Pour son premier long-métrage Léa Fehner filme juste, conduit sa troupe avec talent sur un scénario brillant !
A recommander !!!
Excessif.Com "...Caméra épaule, généralement au plus près de ses personnages, Léa Fehner s'attarde en effet sur une société en totale autodestruction. Tous souffrent et manquent de repères. Ils ne comprennent pas vraiment le monde dans lequel ils vivent, et celui-ci ne leur accorde pas non plus la place qu'ils mériteraient véritablement. En ce sens, le film propose un final exceptionnel, où tous les personnages croisés jusqu'à présent se retrouvent au sein d'un seul et même décor, celui d'une prison et de son parloir. Un dernier tour de force, sous forme de métaphore, assez réussi..."
CritiKat.Com "...Faisant preuve d’une remarquable sagesse dans la construction de son scénario, Léa Fehner parvient à contrebalancer des choix potentiellement puissamment casses-gueule (le premier amour de Laure, la croisade de Zohra) avec l’écriture de personnages justes, aux psychologies en demi-teintes, qu’elle prend le temps de laisser se construire, et qui amène le plus souvent (avec tout de même quelques bémols sur le pathos autour de l’un d’entre eux) une véritable crédibilité. Marie de Laubier, directrice de casting venue du documentaire, a constitué une équipe d’acteurs tout à fait à la hauteur des enjeux de cette écriture − une équipe que Léa Fehner se révèle tout à fait à même de diriger avec maîtrise. La confiance de la réalisatrice dans ses acteurs transparaît dans sa propension affirmée à leur laisser occuper le centre de l’écran..."
Le Monde.Fr - "Qu'un seul tienne et les autres suivront" : la prison, vécue par ceux qui sont dehors
-

07 décembre 2009

Sommeil blanc - De Jean-Paul Guyon


Sommeil blanc
De Jean-Paul Guyon

Avec Hélène De Fougerolles, Laurent Lucas, Marc Barbé, Julien Frison, Clotilde Mollet ...
Synopsis
Dans le silence et le froid des hauts plateaux alpins, Camille, une jeune femme peintre, vit dans un chalet à l’écart du monde. Elle croise un matin le chemin d’un jeune garçon surgi de nulle part, qui va peu à peu envahir son quotidien. La jeune femme, au risque de voir sa vie bouleversée, va chercher à percer son mystère.
°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Ce sommeil auquel Camille se laisse aller de plus en plus souvent, même en pleine journée. Comme ce soir où son mari doit la réveiller, ses invités commençant à arriver. Dans quelques jours, Camille aura quitté la région, cette ancienne auberge, presque un refuge, envahie l’hiver par le froid et la neige, dans une région boisée, aux abords d’un lac.
Elle rejoindra son mari, le retour à la ville après une longue absence retirée cette contrée déserte. Elle est peintre et la solitude participe au principe créatif.
Alors que son époux s’absente quelques jours pour un congrès, sur la route enneigée Camille croise un jeune homme à pied dans, le seul lieu où il puisse se rendre est éloigné de quelques kilomètres encore. Pourtant s’il accepte d’être déposé au croisement suivant, il s’enfuit presque quand Camille propose de l’accompagner jusque chez lui. Tout cela n’a duré qu’une poignée de secondes. Et dans la blancheur environnante la jeune femme peut se demander s’il elle n’a pas rêvé cette soudaine apparition !
Aux alentours du lac, plus loin une équipe de plongeurs sonde les fonds, localise un véhicule et entreprend de le sortir de l’eau.
Alors que Camille censée faire les derniers cartons s’attarde, traine comme indécise une présence furtive se fait dans la maison. L’adolescent de retour, sans prévenir, sans même frapper est de retour.
Les rencontres entre Camille et le jeune homme se font plus fréquentes, ce garçon respire le mystère, Camille semble elle aussi posséder un secret.
Ce premier film démarre dans une ambiance idéale, la solitude ouatée des forêts enneigées, des individus dont seule l’ombre semble précise. Une réalisation impeccable, les extérieurs magnifiques de blanc vêtu et les intérieurs où la caméra cadre efficacement les individus entre les murs de pierre !
Petit à petit les faits se feront plus précis, et le film perdra de son mystère, une forme de réveil blanc où les réponses affluent. J’aurais aimé gardé une part de mystère, des interrogations non résolues. Pourtant force est de reconnaitre le mérite de ce premier film, à amplifier et confirmer donc !
Excessif.Com "...En ce sens, Sommeil Blanc souffre d'une double intrigue. La liaison se réalise sans aucun mal ou presque, mais chacune aurait presque pu servir à écrire un scénario à part entière. Sur une durée de seulement 90 minutes, Jean-Paul Guyon propose une multitude de pistes, obligeant ses spectateurs à être actifs (ce qui est une très bonne chose), avant de nous offrir l'unique « solution » propre à l'intrigue principale, hélas bien en-deçà de ce que l'on était en droit d'attendre après une telle tension et d'aussi nombreuses questions..."
Le Monde.Fr - "Sommeil blanc" : angoisse alpestre
-

06 décembre 2009

The Limits of Control - De Jim Jarmusch





















The Limits of Control

Réalisé par Jim Jarmusch
Avec Isaach de Bankolé (Solitaire), Jean-François Stévenin (Français), Alex Descas (Créole), Oscar Jaenada (Serveur), Paz De La Huerta (Femme nue), Luis Tosar (Violon), Tilda Swinton (Blonde), John Hurt (Guitare), Youki Kudoh (Molécules), Gael García Bernal (Mexicain), Bill Murray (Américain)...

Synopsis
L'histoire d'un mystérieux homme solitaire, dont les activités restent en dehors de la légalité. Il est sur le point d'achever une mission, dont l'objet n'est pas dévoilé. A la fois concentré et rêveur, notre homme accomplit un voyage à travers l'Espagne, mais aussi à l'intérieur de sa conscience...
°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
Comme je descendais des Fleuves impassibles
Je ne me sentis plus guidé par les haleurs

Arthur Rimbaud


Tout d’abord ces deux strophes de Rimbaud, comme pour nous dire bienvenue à bord, puis la rencontre du personnage, Isaach de Bankolé peu loquace, mesuré en gestes et paroles..en un mot essentiel, le pacte s’écrit, débute là dans cette aérogare, face à Jean-François Stévenin et Alex Descas ,le français et le créole, des instructions limités traduites dans les trois langues, embarquement !
D’abord cet appartement dans un immeuble à l’architecture travaillée, l’Espagne dans sa modernité. Cette Espagne que nous traverserons au fil des rencontres. Ces dernières guidées par des messagers atypiques, annoncés à une terrasse de café, quand comme à son habitude notre mystérieux solitaire commande des deux expresso selon un rituel bien établi. Etabli aussi sa concentration, ses exercices de, est-ce du yoga ou une forme particulière de Tai chi-chuan peu importe. Notre homme est tendu vers son but comme la flèche d’un archer zen. Certes nous aimerions le connaitre un peu mieux ce but, mais il nous tiendra en haleine jusqu’au bout ! Entretemps notre homme prouve son extrême volonté, résistant même aux charmes dénudés de Paz de La Huerta.


Alternant changement de lieu, ce long trajet à travers l’Espagne, les rencontres codifiées, échanges de boites d’allumettes comme signe de ralliement, nous assistons à un défilement de stars comme de nationalité, les premières incarnant les secondes, pour prétendre à une internationale qui trouvera sa raison d’être dans la toute fin et l’accomplissent de la mission.
Mais ce voyage allie but et objets, ainsi des lieux mais surtout des musées, où une toile sur laquelle la caméra et notre héros s’arrête…tandis qu’au même instant, au même endroit le bourdonnement d’un hélico témoigne d’une présence. Ce gigantesque frelon semble nous suivre ou est-ce nous qui le précédons ?
L’honneur de clore cette histoire reviendra notamment à Gael Garcia Bernal pour le quasi dernier passage de témoin, avant l’aboutissement dans un endroit copieusement gardé…mais chut ..à vous de découvrir l’ensemble et la fin !
Voila j’ai vu ce film voila cinq jours, j’en suis sorti à semi convaincu ayant moi-même du faire preuve d’une certaine patience…Pourtant il est bien toujours et profondément présent dans ma mémoire preuve qu’il y continue un travail souterrain..Donc essentiel !
Et puis quel plaisir de voir figurer le nom des « Black Angels » ainsi que du « lcd soundsystem » de James Murphy pour une infime partie de la bande son ! Quand à « Boris » je découvre !

CritiKat.Com "...Étrangement, malgré toutes ses qualités, The Limits of Control ne convainc pas totalement. Jarmusch se montre quelque peu redondant dans la construction de son œuvre : si la répétition des séquences que nous évoquions sert évidemment le discours filmique de l’auteur, celle-ci apparaît lassante au fil d’une œuvre qui ne surprend jamais. Le rythme est particulièrement défaillant, ce qui est étonnant pour ce cinéaste musical. Ce dernier est également maladroit dans l’expression de sa thématique de l’individu qui découvre le monde à la manière d’un tableau : il répète avec un peu trop d’insistance cette idée, le spectateur comprenant très vite où le cinéaste veut en venir. En raison d’un récit particulièrement tortueux, Jarmusch a peut-être eu peur de ne pas être totalement compris, d’où certaines redites inhabituelles dans son cinéma. Si cette œuvre est imparfaite, elle mérite d’être estimée en raison d’une véritable recherche artistique, d’une foi dans l’art sous toutes ses formes et pour Bill Murray qui nous gratifie d’une apparition finale à la fois absurde et dramatique..."
Excessif.Com "...Ce n'est pas un hasard si le personnage d'Isaach de Bankolé est le seul repère du spectateur. Impassible, froid et distant, il reste l'éternel observateur d'un défilé de personnages à la fois touchants et effrayants, issus pour la plupart d'un amour évident du cinéma (la femme fatale, le cow-boy, les citations ouvertes à Tarkovski et Welles). Le spectateur, lui, est volontairement forcé à assister à ces rencontres mineures, voire insignifiantes, enrobées dans une brume de mystère presque amusant si la finalité n'était pas clairement dramatique dès le début. L'absurde le dispute au suspense, et tout comme ce héros solitaire, on assiste impuissant à une série d'évènements sans queue ni tête. Jarmusch revendique cette volonté d'alourdir l'histoire jusqu'à un final qui, au lieu de donner un quelconque sens, ne fait que poser de nouvelles questions...."
Le Monde.Fr - "The Limits of Control" : la parfaite sérénité du solitaire
-

Canine - De Yorgos Lanthimos


Canine
Un film de
Yorgos Lanthimos
Titre original : Kynodontas
Avec Christos Stergioglou, Michelle Valley, Aggeliki Papoulia, Christos Passalis, Mary Tsoni ...

Prix Un Certain Regard Cannes 2009
Synopsis
Le père, la mère et leurs trois enfants vivent dans les faubourgs d'une ville. Leur maison est bordée d'une haute clôture. Les enfants n'ont jamais franchi la clôture. Leur éducation, leurs loisirs, leurs amusements, leur ennui, leur entraînement physique se conforment au modèle imposé par les parents, en l'absence de toute empreinte du monde extérieur. Les enfants pensent que les avions qui volent au-dessus de la maison sont des jouets et les zombies, des petites fleurs jaunes. Une seule personne a le droit de s'introduire chez eux : Christina, qui travaille comme agent de sécurité dans l'usine du père. C'est pour satisfaire les pulsions sexuelles du fils que le père fait venir Christina. Dans la famille, tout le monde l'adore, l'aînée des filles surtout. Un jour, Christina lui offre un serre-tête qui scintille, s'attendant à recevoir quelque chose en retour.
°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
Ambiance disjonctée, du monde, du réel pour cette famille. Le père, la mère ont-ils été marqué par un drame, un cataclysme interne à leur famille, tel que la disparition d’un enfant. On peut le présumer, tout comme il peut s’agir d’un prétexte pour garder les trois enfants sous cloche. La cloche ici, se résumant à une propriété de bonnes proportions. Jardin, piscine la situation du père semble confortable, lui seul garde un contact avec le monde extérieur, son travail et il n’hésite pas à débaucher une de ses employés, l’amenant masquée jusqu’à la chambre de son fils afin d’assouvir les besoins sexuels de ce dernier. Oui mais voila l’employée est aussi attiré par les filles, et incidemment va constituer le grain de sable pénétrant ce mécanisme malsain.


Ici où l’on nie l’extérieur, allant jusqu’à renommer les choses, où l’on cultive l’effroi de l’extérieur règne une indicible folie, presque un drame antique, l’absurde poussant jusqu’à l’extrême, des relations incestueuses en dernier recours ou mensonge ultime sur le signal qui sonnera l’heure de l’ouverture des portes pour les jeunes adultes...une histoire de canine ...vous l’aurez peut-être deviné !
Le réalisateur Yorgos Lanthimosne livre une œuvre étrange, une vision d’un quotidien qui se veut parfait et sombre dans le glauque le plus ultime. Si au début on est tenté de sourire, très vite le rire devient grimaçant. Assiste-t- on là à un paroxysme de nos vies actuelles, certes non, le trait est juste un peu, beaucoup exagéré mais fait mouche quand même !

CritiKat.Com "...La fin du film est un cadeau que l’on aimerait voir plus souvent à l’écran, tant est forte son incertitude, multiples les hypothèses que l’on peut faire sur ce qu’il est advenu de la jeune fille tentant de s’évader. Le dernier plan, très fort, donne toute son ampleur au récit que nous venons de suivre, à cette plongée dans l’enfer d’un paradis trop parfait..."
Excessif.Com "..Canine impressionne par sa capacité tenace à montrer des petites et grandes perfidies humaines dans un contexte fantastique voire fantasmagorique. Aussi méticuleuses qu'angoissées, les préoccupations purement physiques impriment une cadence palpitante au récit. Mais la plus grande qualité de ce second long métrage - plus substantiel que prévu, c’est avant tout de rire des choses horribles..."
Le Monde.Fr - "Canine" fait rimer patriarcat et Kafka
-
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...