24 juillet 2009

Adieu Gary - De Nassim Amaouche


Adieu Gary

Un film français de Nassim Amaouche

Avec Jean-Pierre Bacri, Dominique Reymond, Yasmine Belmadi, Mhamed Arezki, Alexandre Bonnin ...

Grand Prix de la 48ème édition de la Semaine de la Critique Cannes 2009

Synopsis
Au milieu de nulle part, une cité ouvrière vidée de sa population depuis quelques années déjà.
Pourtant, certains habitants ont décidé d'y rester, plus par choix que par nécessité, parce que c'est là qu'ils sont nés et qu'ils ont grandi.
Parmi eux il y a Francis, l'ouvrier consciencieux qui continue d'entretenir la machine sur laquelle il a travaillé toute sa vie ; Samir, son fils , qui revient dans le quartier après une longue absence ; mais aussi Maria, la voisine, vivant seule avec son fils José qui veut croire que son père est Gary Cooper.
Il va donc l'attendre tous les jours dans la ruelle de ce no man's land contemporain, qui ressemble à s'y méprendre à un décor de Western...
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Un long tunnel, une voie ferrée quasi abandonnée, une antique Mercédès en guise de locomotive, à son bord Icham (Mhamed Arezki) et son frère Samir (Yasmine Belmadi). Celui vient tout juste d’être libéré, levée d’écrou pour une insignifiante histoire de trafic. Nous n’en apprendrons pas beaucoup plus.
Quand le soleil féroce inonde enfin les lieux, à la sortie du long boyau noir, le paysage écrasé de chaleur, saupoudré de poussière dévoile une cité quasi fantôme, un univers de labeur et d’agitation a laissé place à un désert où seul quelques « irréductibles » continuent de s’accrocher, parce qu’ils n’ont nulle part où aller, parce qu’ils sont ici chez eux.
Ainsi de Francis (Jean-Pierre Bacri ), qui inlassable continue d’entretenir une machine qui certainement comme les autres partira. Il a tout donné à l’usine, y a épousé la mère de ses deux fils Samir et Icham, veuf depuis il entretient une discrète liaison avec Maria (Dominique Reymond) dont le fils attend, mutique, les yeux rivés sur la rue ou sur la télé, le retour du père enfui, le sosie de Gary Cooper ! Et puis tout ce petit monde forme une petite communauté, destinée à dépérir..Pourtant un nouvel arrivant s’empresse de déblayer les locaux syndicaux pour y installer un lieu de prière ( The Times they are a Changing !)
Et pour Samir une belle escapade avec Nejma (Sabrina Ouazani) juste avant quelle ne parte et pour lui enfin par l’entremise d’un plateau de fruits de mer…geste symbolique ! Qu’il faut cueillir la vie sans plus attendre.
Ailleurs pendant que sa mère teste toujours pour quelques royalties des médicaments nouveaux, José (Alexandre Bonnin) avec l’aide, rêvé ou pas, d’un Gary Cooper de circonstance sort enfin du mutisme.
Oui même quand tout semble mort, ainsi de cette machine infernale qui finalement sous l’action conjuguée du père et du fils, magnifique et gratuite communion, vibre et emplit un moment de son tonnerre l’usine fantôme .Travail et lien, social !
A moins de partir de tout plaquer, il restera à ces hommes et ces femmes à réinventer un univers entier, tache impossible, à voir?


Inspiré par le lieu, un quasi coup de foudre et comme je le comprends, Nassim Amaouche filme celui-ci avec talent tout en y incluant ces personnages, les rendant discrets, silencieux quand il le faut. Joyeux et déchainés pour une soirée d’anniversaire des plus amicales et. ..Musicale ! Une exploitation de la photo et de la lumière sur ces ensembles abandonnées des plus réussies ! Enfin par-ci par-là une touche d’humour, le supermarché et les tenues grotesques, une pincée de fantaisie via Gary Cooper et José..
Ajouté à cela toute la bienveillance de Jean Pierre Bacri, la douceur de Dominique Reymond, un couple fondant de simplicité et d’authenticité, entouré de jeunes acteurs sans fausses notes bien au contraire. Et par un savant dosage Nassim Amaouche livre une œuvre, sociale, humaniste et poétique
Excessif.Com "..le jeune cinéaste choisit d'expérimenter une autre voie. Celle de la lumière, de la mesure et d'une représentation tout en ruptures de ton, de narration et de références. Ainsi, Adieu Gary à ses débuts lorgne vers l'absurde à la Kusturica, puis foisonnant mais toujours crédible, s'emploie à dépeindre avec tendresse, un monde semblant sortir de chez Jodorowski. Mais là où le métrage pourrait courir le risque de se perdre, Nassim Amaouche sait tenir les rênes avec brio, maîtrisant sa narration et ramenant son propos à un réalisme poétique qui émeut autant qu'il interroge. Une vraie réussite.."
CritiKat.Com "...simplement qu’Adieu Gary est un sacré chouette film où l’élégance visuelle, l’élaboration d’une atmosphère singulière, une forme de réflexivité se mêlent harmonieusement sans jamais entraver le plaisir de spectateur..."
Le Monde.Fr - "Adieu Gary", une perle douce pour l'été

19 juillet 2009

Le Roi de l’évasion - De Alain Guiraudie


Le Roi de l’évasion

Réalisation de Alain Guiraudie

Avec Ludovic Berthillot (Armand Lacourtade), Hafsia Herzi(Curly), Pierre Laur (Robert Rapaille)...

Présenté à la Quinzaine des Réalisateurs - Cannes 2009

Synopsis
Armand Lacourtade, 43 ans, vendeur de matériel agricole, ne supporte plus sa vie d'homosexuel célibataire.
Quand il rencontre Curly, une adolescente qui n'a pas froid aux yeux, il vire de bord.
Pourchassés par tous, ils bravent tous les dangers pour vivre cet amour interdit. Ils finissent par créer un drôle de couple. Mais est-ce vraiment de ça dont Armand avait rêvé ?
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Diantre qu’il est bon d’assister à une œuvre à la fois légère et enjouée tout en étant « JouÏssivement» incorrecte. Un bon coup de pied dans les conventions sociales et sexuelles, ainsi pourquoi une jeune fille de 16 ans ne succomberait elle pas au charme et à l’attirance sauvage d’un vendeur de matériel agricole, légèrement ventripotent et connu pour être « pédé comme un phoque », allez n’ayons pas peur de ces images et ces termes que certains pourraient trouver blessant, ici dans la campagne, on appelle un chat un chat, et on ne se formalise pas pour si peu de choses…
A l'image du film qui éclaire crument et sans hypocrisie les tendances de tout un chacun.
Surtout quand règne sur cette vallée comme une étrange frénésie ici on connait apparemment les plaisirs de la chair, à table ou au lit. A la petite communauté d’homosexuels avertis viennent se greffer des adeptes d’un moment, les sens, les appétits survoltés par l’absorption d’une étrange racine.
Cette plante magique sera le combustible dans la fuite d’Armand et Curly, le révélateur qui permettra leur union charnelle avant de s’avérer inutile, le plaisir s’apprend et le désir alors suffit, . Véritable booster de forces, il leur permettra de mettre en déroute les forces de police, renforcés par les chasseurs locaux lancées à leur trousse. Sous son effet ils galopent à travers la campagne ou les bois. Souvent dans le cas d’Armand peu vêtu, j’ai songé à Mireille Darc dans « Fantasia chez les Ploucs » bien que ce souvenir soit un peu lointain chez moi…
Je vous l’assure dans cette campagne, dans cette contrée peuplée de tracteurs, ici la vie paysanne, à la fois si simple et complexe, le couple formée par cette fille dont le tort est d’être aux yeux de la loi mineure et Armand quadra englobé responsable... .Mais de quoi. ..D’avoir découvert une autre façon d’aimer, ce que lui recherche, las des rencontres sur les parkings jouxtant la départementale. il cherchait un compagnon, c’est une jeune âme qui s’est présentée…
Voila en gros ce que l’on peut dire, ne pas trop en dévoiler..C’est sexuellement incorrect donc évidemment extrêmement bon ! Et si les corps se dévoilent, jeunes ou vieux le plaisir, le désir …comme dit le proverbe paysan quand y de la gêne..Vous connaissez la suite…
Avec une interprétation qui colle au sujet comme au terrain, une fée Hafsia Herzi qui explose une fois encore littéralement, rien que la chaleur de son accent nous séduit, elle donne une intense crédibilité à son personnage et à son amour soudain. Pour un Ludovic Berthillot tout en rondeur ,douceur et fragilité, également révolté !
Quand au réalisateur, Alain Guiraudie filme cela au plus prés aussi bien qu'en large plan panoramique sur la campagne environnante , avec tact mais sans pudibonderie on s’en doute ! Un vent de fraicheur en ces temps moralisateurs !
Alors si l’envie vous prend, tombez la veste, voire même un peu plus, venez cueillir quelque champignons...et « ayez bon temps ! » !

CritiKat.Com "...Et Guiraudie, en véritable double de son personnage, effectue le même trajet : après avoir magnifiquement filmé le corps d’Hafsia Herzi et ses étreintes avec Armand dans les champs, il réussit à faire ce plan plus émouvant encore sur les ventres rebondis des deux amants masculins couchés côte à côte après l’amour. A travers cette recherche, c’est son propre désir de filmer que Guiraudie cherche et trouve avec bonheur..."
Excessif.Com "...Erotisé au possible, le Roi de l'évasion balance donc entre le récit d'un amour illégitime, la farce érotico-bouffonne et la quête d'un confort passant aussi bien par le corps et le désir que par l'envie d'une certaine stabilité tant sociale qu'émotionnelle.."
Le Monde.Fr - "Le Roi de l'évasion" : celui par qui la liberté vient aux hommes

16 juillet 2009

J'ai tué ma mère - De Xavier Dolan

J'ai tué ma mère

Un film Québecois de Xavier Dolan

avec Xavier Dolan, Anne Dorval, Suzanne Clément, Elise Guilbault, François Arnaud ...

Quinzaine des Réalisateurs Cannes 2009


-Art Cinéma Award, prix remis par un jury de programmateurs indépendants
- Prix de la SACD (Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques) qui récompense un long métrage francophone,
- Prix Regard Jeunes 2009.

Synopsis
Hubert Minel n'aime pas sa mère. Du haut de ses 16 ans, il la jauge avec mépris, ne voit que ses pulls ringards, sa décoration kitsch et les miettes de pain qui se logent à la commissure de ses lèvres quand elle mange bruyamment. Au-delà de ces irritantes surfaces, il y a aussi la manipulation et la culpabilisation, mécanismes chers à sa génitrice. Confus par cette relation amour-haine qui l'obsède de plus en plus, Hubert vogue dans les arcanes d'une adolescence à la fois marginale et typique : découvertes artistiques, expériences illicites, ouverture à l'amitié, sexe et ostracisme.
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Xavier Dolan exploite tout les ficelles qui veulent bien se présenter à son imagination débordante.
Passant des longs plans séquences, vues serrées dans l’habitacle de l’automobile familiale où la mère et le fils se livrent à un véritable pugilat verbal. Sorte de passage obligé, les mots fusent chacun semblant imperméable au discours de l’autre, et le ton de monter, ces mots rendus supportables par l’accent québécois mais pourtant au combien agressifs. De même dans la demeure là encore les repas sont rarement source de tranquillité, le malaise règne et du fils comme de la mère chacun semble ne pas voir ou essayer de comprendre, ce qui n’est pas chez l’un qu’une simple crise d’adolescence !


Ce fils qui va jusqu’à se prétendre orphelin auprès de sa prof de français, cette dernière qui une fois le pot au rose découvert va chercher à l’aider, à mettre des mots sur sa souffrance, sur sa relation avec sa mère. Et enfin et surtout ce que cette mère ignore encore et que son fils lui cache, le nœud Georgien en quelque sorte qui les relient l’un à l’autre et qui non avoué cause tant d’inutiles souffrances !
Ce qui rend cette histoire (presque banale ) extraordinaire réside dans l’habileté déployée par Xavier Dolan, ce film il l’a muri, cogité, certainement construit et déconstruit pour peaufiner encore et arriver ainsi à son idéal cinématographique. D’autant plus important qu’il y rejoue sa vie.. À vingt ans …Sidérant !
Il utilise et tire de nombreuses ficelles, s’adressant en gros plan et en noir et blanc à une mini caméra DV il s’ouvre ainsi un au spectateur, analyse ses relations avec sa mère(Anne Dorval magnifique en maman un rien paumée, un rien butée ), enregistre ainsi une trace, simple exutoire elle aura son importance dans le scénario final .
Il orne également les nombreuses et orageuses confrontations avec sa génitrice d’images issues de son imaginaire, qui telles des bulles explosent dans son esprit, telle une peinture funèbre sa maman comme sur un lit de mort outrageusement fleuri, ou remonte le fil du temps et tente de barrer la route à une future mariée toute de blanc vêtue, sa future génitrice !
Enfin Dolan manie l’art visuel comme si tout le reste ne suffisait pas, qu’il s’agissent d’une scène d’amour succédant à une séance de " dripping ", du décor austère d’un pensionnat, d’un snack-bar seventies, tout est jubilatoire emmené qui plus est par une bande son émoustillante. A la violence des mots, des pensées, se superpose une légère insouciance agissant comme un révélateur et nous menant doucement à la conclusion.
Ce film si riche pourrait être indigeste, non chaque ingrédient à été minutieusement pesé. ..Et surtout comme Tout ce qui est fait avec Amour il se mange sans faim…Bref Mon Gros Coup De Cœur !
CritiKat.Com "...Le réalisateur tente beaucoup. Et il réussit souvent, composant une oeuvre fiévreuse, cohérente et dense qui a eu l’honneur d’une projection cannoise remarquée à la Quinzaine des réalisateurs. Le cinéma québécois tient là un prodige prometteur particulièrement précoce, il lui reste à ne pas se brûler les ailes..."
Evene.Fr "...Cette histoire de matricide fantasmé touche par sa sincérité et son authenticité : le récit nage entre film d’adolescent capricieux et surprenante déclaration - à la fois d’amour, de haine, de guerre et de paix..."
àVoir-àLire.Com "..Narcissique mais jamais prétentieux, Xavier Dolan évoque sans faux-semblants son parcours adolescent. J’ai tué ma mère, l’heureuse surprise de la Quinzaine des Réalisateurs 2009, présente un réalisateur ambitieux, dont le style et le talent promettent une filmographie riche et originale..."
Le Devoir.Com (Quebec )"..Xavier Dolan, qui décidément n'en finit plus de briller. «Je tombe des nues. C'est inattendu. C'est de l'absurdité. C'est du dadaïsme», commentait-il. J'ai tué ma mère, le film où il a porté tous les chapeaux -- scénariste, réalisateur, producteur, acteur -- moissonne trois prix (sur quatre) à la Quinzaine des réalisateurs.."

13 juillet 2009

Public Enemies - de Michael Mann

Public Enemies

Réalisation de Michael Mann

Avec Johnny Depp (John Dillinger), Christian Bale (Melvin Purpis), Marion Cotillard (Billie Frechette), Billy Crudup (John Edgar Hoover). ..
(États-Unis).

Adaptation d'un roman de Brian Burrough

Aperçu
Basé sur l'histoire vraie de John Dillinger, un braqueur de banques hors pair qui a sévi à de nombreuses reprises dans l'Amérique des années 1930. Avancé comme 'l' ennemi public numéro 1 par le patron du FBI, John Edgar Hoover, Dillinger sera traqué sans relâche par Melvin Purvis, l'un des agents fédéraux les plus efficaces.
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Michael Mann réalise un somptueux film de gangster , son thème John Dillinger (Johnny Depp) en héros face au premier balbutiement du FBI . Un braqueur de banques dans l’Amérique des années 30 traqué par les troupes de J. Edgar Hoover patron du FBI .A leur tête l’agent Melvin Purvis (Christian Bale) obtient les pleins pouvoirs de façon plus ou moins informelle pour arrêter ou stopper.. Dead. ..Or Dead, l’ennemi public numéro un à la popularité grandissante !
Bénéficiant d’une image parfaite, d’une trame, d’un scénario puisant dans le réel, le vécu, l’ensemble est encore agrémenté de la présence féminine de Marion Cotillard parfaite et juste en Billie Frechette, le coup de foudre de Dillinger.
S’il y a bien quelques moments épiques, évasions, brusques échappées aux pièges tendus l’ensemble , hold-up à répétition , arrestations . ..Bref tout cela a par moment comme un gout de déjà vu, celui d’un genre bien connu !
Il devient alors plus pénible d’avancer dans le film et il faut attendre la dernière longueur, le fantastique pied de nez quand le loup s’invite dans la bergerie et ose s’enquérir du score du match en cours, alors que des portraits de lui tapissent les murs de l’immeuble. …John Dillinger superstar !
Et ce final très cinématographique dans une salle obscure comme nous les aimons et la toute fin . ..Dehors et sans appel !
Voici l’histoire de John Dillinger et Billie Frechette dit Blackbird , et comme tant d’autres elle finit mal!
Excessif.Com "...Dans Public Enemies, il malmène le film d'époque et utilise le numérique pour reconstituer les années 30 avec une précision documentaire et un style presque aride. Ce mélange de vieux et de neuf ne va pas plaire à tout le monde, mais il a comme fonction principale de créer un climat d'immédiateté. Le vrai risque, c'est la désincarnation froide du style qui peut dérouter..."
CritiKat.Com "...Le film décrit la courte et fulgurante histoire de ce malfrat flamboyant, poursuivi par le jeune et coriace agent fédéral Melvin Purvis. Ces deux personnages sont respectivement interprétés par Johnny Depp et Christian Bale, deux des stars les plus glamour et bankable du cinéma hollywoodien.."
Le Monde.Fr - "Public Enemies" : portrait virtuose d'un truand qui soigne son image

10 juillet 2009

Amorosa Soledad - De Martin Carranza & Victoria Galardi


Amorosa Soledad
Un film argentin de Martin Carranza & Victoria Galardi
avec Inés Efron, Nicolas Pauls, Fabian Vena, Monica Gonzaga, Ricardo Darin ...

Synopsis
Suite à une rupture, Soledad décide de rester seule pendant 3 ans afin d'éviter un autre déboire amoureux. Dès lors, tout contredit son projet. Pour Soledad, hypocondriaque, rien n'est simple, jamais : nouvelle rencontre, retour de «l'ex", relations avec ses proches...

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Y a d’abord les couleurs, chaudes et intimistes de l’appartement de Soledad. Et puis cette jeune femme qui tout en pleurant trie et remplit un énorme sac de marin, la brosse à dent et toutes les petites affaires de celui qui dorénavant ne partagera plus sa vie. Les affaires rassemblées attendront sur le palier que l’on vienne les chercher. De cet amour passé Soledad fait le deuil, d’abord dans la souffrance trainant avachie dans l’immense dédale de pièces puis dans un sursaut elle se réapproprie l’espace, bouge et déplace encore les meubles, se construisant un cocoon d’être seul, où elle peut tout à loisir trainer en savates.
Décidée à affronter la solitude, d’en faire sa colocataire, elle retourne enfin soulagée à l’atelier, cette petite échoppe d’œuvres de décorations qu’elle partage ave deux amis.
Victoria Galardi et Martin Carranza réalisent un film tout en douceur, exploitant tout d’abord à merveille le lieu qu’est l’appartement, étirant la prise de vue sur la longueur , couleurs changeantes au fil des couloirs, pour toujours atterrir sur le visage aérien aux yeux d’opaline, grands et bleus à s’y noyer de Soledad .


Soledad qui semble si forte qu’elle apparait faible, quand terrassé par ses crises d’angoisses, qui à quelle que soit l’heure la font courir aux consultations de l’hôpital le plus proche. Ne suis-je pas en train de faire un infarctus docteur, oui Soledad est hypocondriaque, et il lui faut sans cesse être auscultée, rassurée.
Pour autant lorsque tout va bien, elle irradie, et doit bien rompre assez vite son vœu d’isolement, pour la gentillesse , la douceur et la force tranquille d’un agréable architecte …
Tout en douceur, chronique sentimentale pointilliste, une écriture par petites touches et une actrice. ..Sublime !
Qui peut apparaitre si vulnérable alors qu’elle n’est que légèrement vacillante.. L’espace d’un instant.
Voilà un total une petite aventure idyllique, concerto pour deux amants, une villa..et un Hôpital tout proche.. ! Léger comme une brise argentine !

Excessif.Com "..Soledad, c'est à elle seule toute une histoire. Anxieuse et névrosée, son petit univers semble s'écrouler à chaque tremblement de sa vie (les toilettes qui se bouchent, une douleur musculaire, la porte qui se ferme et la laisse sur le palier, etc.) et pourtant l'on a qu'une seule envie, la prendre dans ses bras tant cette fragilité est séduisante. Nicolas ne s'y trompe pas, lui qui, au contraire, est d'une stabilité architecturale. Loin de ses rôles beaucoup plus complexes et difficiles, Inès Efron joue ici la carte d'une aisance et d'un naturel stupéfiants. Son regard toujours aussi bleu..."
Le Monde.Fr - "Amorosa Soledad" : hypocondrie amoureuse

09 juillet 2009

Bancs publics (Versailles rive droite) - De Bruno Podalydès


Bancs publics (Versailles rive droite)
Un film français de Bruno Podalydès
Avec (voir l'affiche..)

Synopsis
Une banderole noire accrochée sous une fenêtre : "homme seul". Est-ce un cri du coeur, un appel au secours ? Les employés du bureau d'en face s'interrogent. Ils vont tenter de savoir de quoi il en retourne... Le même jour, au "square des francine", les amoureux, les solitaires, enfants, jeunes et plus âgés, une multitude de personnages se croisent. Plus tard, au magasin "Brico-dream", la valse des vendeurs et des clients. Les personnages des trois histoires se rencontrent. Des liens se tissent ...

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Sur les talons, au propre comme au figuré, de Lucie (Florence Muller) nous empruntons RER, métro au rythme du claquement des talons de ces chaussures rouges alors que défile à l’écran un casting des plus sidérant, une grande partie du cinéma français est là. De Deneuve à Chantal Lauby, de Mathieu Amalric à Bruno Solo.. entre autres, c’est vous dire l’éclectisme !
Si la première partie et l’intrigante question soulevée par cette banderole fascine, le spectateur comme les deux secrétaires qui partagent le bureau de Lucie, c’est finalement toute l’entreprise qui s’interroge et envoie ces dernières en éclaireuses, tenter de percer le mystère !
En vain !
A l’heure du check-point réunissant tout le monde dans le bureau patronal, un Pierre Arditi, déboussolé par un coup de fil d’une présumé femme ou maitresse perd son latin et multiplie les lapsus fortement orientés façon sexus ! Une des situations des plus drôles !
La seconde partie, correspondant à un changement de lieu, le jardin public, pour casser la croute à midi ou encore s’adonner à mille et un passe-temps, Backgammon pour les uns, modèles réduits sur le bassin pour les derniers grands enfants, dragues et pleurs..bref la vie..Incarnée par ce casting sidérant ! apparition de l’un pour quelques minutes..Indispensable ou carrément inutile, juste pour feinter le spectateur qui s’empresse de coller un nom, voir une carrière sur ce visage entrevu.
Et enfin bien que déjà entrevu le BricoDream ou BricoDrame selon l’humeur du néon, magasin d’outillage, où les vendeurs portent des blouses inspirés de « Folon », donnent d’ailleurs l’impression d’être dans la stratosphère ! Un magasin d’un genre nouveau, si proche de l’actuel si différent, un lieu où on évacue d’urgence l’ancienne armoire de Catherine Deneuve pour une opération de la dernière chance, un lieu où règne un surréalisme ici presque insupportable. ..too much is too much !
Et les vedettes défilent, heureusement notre appétit est encore et toujours aiguisé par l’énigme de cette bannière …
Et alors que Josiane Balasko découvre avec une allégresse non forcée, le magnifique aquarium (garni) célébrant son départ en retraite. Bien plus original qu’un banal voyage !
Là bas de l’autre cote de la rue, une histoire démarre alors qu’une « bannière » livre son redoutable et génial secret..Ce retournement final est fantastique je ne m’en suis pas douté une seule seconde…
Trop occupé par cette meute de "stars" de passage…. « tiens salut comment tu vas, t’as une demi-minute, on te consacre un plan..Cela roule ! Moteur, merci à la prochaine ! »
Voilou sur une idée de départ assez originale il faut malheureusement trop souvent s’égarer en route pour cependant arriver à une fin délectableDommage !

Excessif.Com "..La construction peut paraître légèrement « plan-plan » dans son ensemble, et le rythme en subit parfois les conséquences. Mais très vite, on s'attache aux nombreux personnages, en espérant les retrouver plus tard, ainsi qu'à cet étrange univers, d'abord réaliste puis fantaisiste, à l'intérieur duquel les êtres évoluent finalement avec beaucoup d'insouciance..."
CritiKat.Com "...Bruno Podalydès ... revient, après deux escapades au pays de Gaston Leroux, sur les terres franciliennes de son enfance, avec une galerie de personnages et d’acteurs qui rappellent l’étrange émotion que procuraient les films suscités, mais se noie bien trop souvent dans le convenu et le film à sketches mal dégrossi...."
Le Monde.Fr - "Bancs publics" : 80 acteurs français pour Podalydès

07 juillet 2009

Les vacances de Monsieur Hulot - De Jacques Tati

Les vacances de Monsieur Hulot
Un film français de Jacques Tati
Avec Jacques Tati, Nathalie Pascaud, Michele Rolla, Valentine Camax, Louis Perrault ...
Sortie en salles le 25 Février 1953
Reprise le 01 Juillet 2009


Synopsis
Les vacances, tout le monde le sait, ne sont pas faites pour s'amuser. Tout le monde le sait, sauf Monsieur Hulot qui, pipe en l'air et silhouette en éventail, prend la vie comme elle vient, bouleversant scandaleusement au volant de sa vieille voiture Salmson pétaradante la quiétude estivale des vacanciers qui s'installent avec leurs habitudes de citadins dans cette petite station balnéaire de la côte atlantique. Il promène dans l'ennui balnéaire, le plaisir émerveillé des châteaux de sable. Et, d'un seul coup, l'ennui éclate de rire, tandis que les châteaux de sable s'ouvrent sur la belle au bois dormant et qu'aux cris des enfants, la petite plage pétarade et reluit comme un quatorze juillet... Mais voilà septembre. Monsieur Hulot, inconscient du scandale, rentre... Où rentre-t-il au fait ? Dans les nuages sans doute, dont il n'était, d'ailleurs, jamais sorti. Mais les enfants, après qu'il ait disparu, ont regardé le ciel longtemps.
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Oui c'est bien de cela qu'il s'agit un émerveillement d'enfant, doublé du plaisir d'adulte face à cette somptueuse réédition. Une image toute en contraste de gris et blancs, une piste sonore qui ajoute une dimension supplémentaire à la photographie ainsi saisie.
D'une petite station balnéaire, un hôtel, une ou deux demeures cossues,, une plage, les fameuses cabines telles qu'on les croisent ici ou là en Normandie ou le long de la mer du nord!
Dans cette pension de famille, cet univers quasi réglé comme du papier à musique n’attend plus que son trublion, le dynamiteur, la bonne âme qui va révolutionner souvent bien malgré lui tout cela.
Ce gentleman zélé, qui fait trois fois le tour de votre pavillon en voulant vous aider à porter vos bagages, cet homme qui à peine arrivé crée sur son passage des courants d’airs à défriser les moustaches des militaires en retraite….Et j’en passe ..Oui Monsieur Hulot n’en rate pas une, mais il le fait avec classe, une certaine élégance qui nous le rend plus que sympathique, à nous ainsi qu’à la jeune fille splendide de bonne famille. Sa prestation sur le court de tennis moment d’anthologie achèvera de la séduire, son jeu si efficace et tellement peu académique (on dirait du John McEnroe à la sauce Dyonisos )..
Résumer ici par écrit tant de gags, non, évoquer la lumière du bord de mer, la couleur sable du noir et blanc, la poésie qui baigne le tout, cette immense silhouette dégingandée et son tacot pétaradant..Oui un instant de bonheur. Sourires et rires garantis, et un pincement de cœur quand l’aventure s’achève et que la belle s’éloigne. ..Trop de soucis mécaniques et une mère un peu trop froide face à ce soupirant non déclaré !. ..Allez elle reviendra l’année prochaine, Monsieur Hulot s’adonnera alors peut-être aux joies du camping. ..allez savoir !
Une comédie qui reste toujours aussi nerveuse et drôle, la qualité d’images, les gags à foison, boostés par un fond sonore ( terme plus adéquat que bande son, encore que je fus surpris par l’abondance des sons et dialogues .. )
ha quel magnifique feu d’artifice improvisé (m’a fait songer à «Un singe en hiver » Gabin et Belmondo..juste une parenthèse et pourtant Mr Hulot ne soufre t'il pas d'une involontaire solitude, le clown est il toujours voué à etre un peu triste )..
Voilou j’ai apprécié le magnifique travail accompli sur ce film, cette minutieuse restauration, images, sons, j’entends encore le cri des mouettes, le soir au fond des bois..Heu non désolé je m’embrouille dans les « story »..N’y voyez rien d’irrespectueux, peut-être un petit grain de fantaisie. ..Normal au sortir d’un film de Tati !

Telerama.Fr "...Grâce aux Films de mon oncle, que dirigent Macha Makeïeff et Jérôme Deschamps, le long métrage de Tati le tatillon ressort en salles dans une version restaurée (et fidèle). Nouvelle vague, quoi. L’occasion de (re)voir et de (ré)entendre l’Hôtel de la plage, les bourgeois en goguette et la pétaradante guimbarde de l'une des plus célèbres silhouettes du cinéma français…"

CritiKat.Com "L’îlot drôle et poétique d’Hulot....Tati exploite le comique de geste et de situation comme un inventeur prolixe .."

Le Monde.Fr - "Les Vacances de M. Hulot" : les réjouissantes tribulations d'un saboteur de vacances nommé Jacques Tati

03 juillet 2009

Whatever Works - De Woody Allen



Whatever Works
De Woody Allen

Avec Larry David , Evan Rachel Wood , Patricia Clarkson , Ed Begley Jr , Henry Cavill ...
(Etats-Unis)

Synopsis
Un excentrique New-Yorkais, Boris Yellnikoff ,génie de physique qui a raté son mariage, son prix Nobel et même son suicide laisse de côté sa petite vie confortable au profit d'une existence "bohème". Désormais, ce brillant misanthrope vit seul, jusqu'au soir où une jeune fugueuse, Melody, se retrouve affamée et transie de froid devant sa porte. Boris lui accorde l'asile pour quelques nuits. Rapidement, Melody s'installe. Les commentaires cyniques de Boris n'entament pas sa joie de vivre et peu à peu, cet étrange couple apprend à cohabiter...
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Quand Woody Allen se présente face au miroir sous les traits de Larry David (Boris Yelnikoff), que ce dernier use d’un discours qui s’il n’est pas dénué d’humour, (et comment pourrait-il l’être chez Allen, encore que le merveilleux mais terrible Mach Point soit une histoire d’amour des plus sombres..), est donc teinté d’une certaine misanthropie chez ce vieux professeur un rien aigri peut-être un peu trop lucide. Il en vient parfois à lasser jusqu’à ces propres amis dans quelques coins de Greenwich Village.
Quand Boris rencontre Melody (Evan Rachel Wood ), quand la mère Marietta (Patricia Clarkson) de celle-ci croise un puis deux amis de celui-ci, quand le père de celle-ci..et donc le ou l’ex (je ne sais plus. ..veillez consulter l’état civil..) Mari rejoint l’équipée. Quand tous ces bons croyants aveugles sont comme inondé d’une rincée de scepticisme, le bon (hum !) Boris balayant toutes ces stupidités et la vie se chargeant d’éliminer le reste.


Le message ici est clair, face à l’absurdité de la condition humaine la seule chose qui reste est l’amour. Et ce dernier n’est quoi qu’il en soit pas un refuge sur !
Soyez libertaire semble nous dire Woody par la voix de Boris, quand à la religion..On ne peut être plus clair. ..Ainsi de la transformation des deux parents de Melody, mes passages favoris !
Je fus sinon un peu décontenancé par les multiples changements de plans, on assiste en effet à une multiplication des plans séquences, de l’appartement aux extérieurs de New-York, besoin de se réapproprier sa ville ? L’absence de transition me laissait comme une impression de coupe séches, comme si cela résultait du montage.
Surprenant aussi mais efficace la prise de parole de Boris, face à la caméra, s’adressant directement au spectateur, dés le début son " Ce n'est pas le feel good movie de l'année " fait mouche, il réitérera l’expérience plusieurs fois allant jusqu’à se cacher des autres personnages et se gardera la conclusion, de cette façon, pour la fin.... « Whatever Works » !
Cet acteur je le découvre juste vient du stand-up, a déjà collaboré avec Woody Allen, ceci expliquant cela ! Larry David sur Evene.Fr

Voilou en attendais-je un peu trop, si j’avoue avoir passé un bon moment me manque juste soit les étoiles dans les yeux, soit ce fameux coup de poing à l’estomac..Ce sont surtout les petites productions qui s’avèrent le mieux à même de me les procurer ces derniers temps !

Excessif.Com "..Woody Allen impose des plans séquences magistraux dans la simplicité et la fixité de leur cadre et laisse le temps à chacun de s'épanouir dans des scènes truculentes..."

CritiKat.Com "...Woody Allen revient à New York pour une comédie ..... Faussement léger, Woody tire à boulets rouges sur les petits travers de ses contemporains : un film mineur, certes, mais sacrément drôle..."

Le Monde.Fr - "Whatever Works" : Woody Allen se convertit à l'optimisme
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