25 janvier 2009

Slumdog Millionaire - De Danny Boyle


SLUMDOG MILLIONAIRE
Un film de Danny Boyle
Avec Dev Patel, Irrfan Khan, Anil Kapoor, Mia Drake, Imran Hasnee, Madhur Mittal, Freida Pinto..

Adaptation de" Les fabuleuses aventures d'un Indien malchanceux qui devient milliardaire" de Vikas Swarup.

Golden Globes 2009 : Meilleur film dramatique - du Meilleur réalisateur- - du Meilleur scénario -Meilleure bande originale -
Synopsis
Le récit pittoresque de Jamal Malik, une jeune homme de 18 ans illettré et issu des bidonvilles de Mumbai qui s'apprête à gagner une somme d'argent importante au jeu télévisé « Qui veut gagner des millions ? ». Alors que la partie est arrêtée pour reprendre le lendemain, il est arrêté par la police alors que les producteurs le soupçonnent de tricherie. Mais Jamal ne souhaite qu'une chose : retrouver la femme qu'il aime, égarée dans Mumbai, et fidèle spectatrice de l'émission. Il va raconter son histoire, celle de son frère, de leurs aventures sur la route, de leurs problèmes avec un gang local et de Lakita, la fille dont il est amoureux. Chaque chapitre de sa vie révèle la clé de ses bonnes réponses au jeu. Le jour se lève. L'inspecteur de police et 60 millions de téléspectateurs vont découvrir la fin de l'histoire et peut-être la réponse à la dernière question...
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Que reste-il, une fois pigé le » truc » ? Ce sur quoi s’appuie le scénario ! Oui la culture générale s’acquiert autant, sinon plus, dans l’expérience du vécu que dans les livres ou autre manière magistrale !
Que reste-il ? Oui j’ai fait un beau voyage, romancé certes, une histoire d’amour, deux frères qui cheminent, du bidonville à Bombay, ville nouvelle, surgissant du sol quelques années plus tard. Deux frangins qui s’épaulent, passent par maintes mésaventures, croisent la petite fille qui ne quittera plus l’esprit de Jamal devenant sa quête, son graal !
Une suite de rencontres et d’aventures, périlleuses parfois, enrichissantes souvent, au propre comme au figuré comme la suite le prouvera ! Deux frérots, deux chemins qui à un moment bifurquent, l’un optant pour l’argent facile auprès d’un chef de gang, Jamal de son petit job saisi l’opportunité de retrouver celle qu’il aime, participer à ce jeu suivi dans tous les foyers ou tout au moins lieux publics !
La chance lui sourira, le « vécu » portera ses fruits ! Ce passé que Danny Boyle nous fait revivre à chaque question, celle du jeu et celle de l’inspecteur cherchant à établir la fraude. Flashbacks en série donc, l’un après l’autre amenant la solution de l’énigme. Et en déroulant ce flot de questions, l’intrigue perd peu à peu de son âme, jusqu’à ne plus ressembler qu’à une gentillette histoire, hélas assez improbable.


On se retrouve au final avec une histoire d’amour qui malgré ce qu’affirme Catherine Ringer se termine bien, dans un océan de couleurs, comme ce très joli final. Autre image percutante, le destin tragique du frère ainé, et là je retrouve le Boyle de " Trainspotting ", je garderai cette image plus les séquences d’ouverture dans le bidonville qui cerne alors Bombay ! Le reste s’estompera rapidement de ma mémoire…
Excessif.Com "...Ce qui est gênant, c'est qu'à force de s'intéresser au parcours de Jamal, Danny Boyle, flanqué de son scénariste Simon Beaufoy (The Full Monty), semble passer à côté du vrai héros tragique de l'histoire : son ami d'enfance qui a mal tourné...Dans Slumdog Millionaire, il avoue presque sans l'ombre d'un remords que les bad-guy ne l'intéressent plus et qu'aujourd'hui ses héros sont de gentils enfants dans des corps adultes..."
CritiKat.Com "..Danny Boyle et son équipe s’égare en exportant une trame « occidentalisée » qui n’invite pas le regard à se fondre dans la véritable réalité indienne..."
Le Monde.Fr "Slumdog Millionaire" : du taudis à la richesse en quinze questions, le rêve indien de Jamal - 13.01.09
Et Aussi
Le Monde.Fr "Slumdog Millionaire" poursuivi en diffamation par les habitants d'un bidonville indien - 22.01.09

23 janvier 2009

PARC - De Arnaud des Pallieres


PARC
Un film de Arnaud des Pallieres
avec Jean-marc Barr, Sergi Lopez, Nathalie Richard, Géraldine Chaplin...

'Parc' est adapté d'un roman de John Cheever

Résumé ou aperçu
Georges Clou vit dans une de ces nouvelles banlieues résidentielles , le" Parc". Marié, il part au bureau le matin, va à la messe le dimanche, aime sa femme, son fils, son chien. Paul Marteau est jeune, beau, riche, intelligent. Mais déchiré entre la sévérité du jugement qu'il porte sur le monde et son désir malgré tout d'y appartenir. Un jour, par hasard, les chemins des deux hommes se croisent. Clou y voit l'occasion d'une nouvelle et sincère amitié. Marteau, lui, y trouve une nouvelle raison de vivre : crucifier l'idéal de bonheur de l'homme occidental, et son incarnation en la personne de Georges Clou. Un clou est une victime rêvée pour un marteau.
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Un jeune homme qui marche le long d’une route déserte, un club de golf à la main, le pas lent et trainant. Et moi qui me sent d’emblée perdu au milieu de nulle part.
Une riche automobile, à son bord un homme énumère devant chaque villa, nombre de salles de bain et prix astronomique, à son coté, silencieux, déjà inquiétant, Paul Marteau(fantastique Jean-Marc Barr)écoute et fait son choix.
Parc, villas, monstre de luxe, malaise chez moi, pas à ma place, et ce sentiment diffus qui se dégage de l’ensemble. En fond, les téléviseurs, écrans géants diffusent des bilans d’émeutes civiles, la banlieue qui descend sur la ville pour reprendre le titre d’une chanson Hubert Félix Thiefaine. Mais ici règne un calme presque surnaturel. La nuit les soirées s’animent, réception dans la communauté et dimanche messe dans cette église ultra moderne, au diapason architectural !
Ici tout est luxe mais pas volupté, comme des geysers de lave incendiaire, le mal ronge son frein, monsieur Clou (Sergi López) dont le fils s’abandonne à la mélancolie de façon gravissime.
Monsieur Marteau qui prépare de funeste projet…
Tout cela est d’abord assez lent, en plus d’être assez obscur, surtout si comme moi vous rentrez dans la salle quasi ignorant de ce qui vous attend ! Oui j’aime les surprises, les bonnes de préférences .Là j’avoue avoir subi une ou deux longueurs, avoir difficilement cerné où je me trouvais, et avec le recul je songe à la série " Le prisonnier " et Patrick McGoohan qui vient juste de nous quitter.
Parc, un lieu au sentiment d’irréel, renforcé par l’opposition de la famille Clou au froid Monsieur Marteau. Tout ceci est en plus bourré de symboles, restent à les dénicher, à les interpreter...et là je ne suis absolument pas sur de moi.
Sécurité, et repli dans des zones ( La zona) tranquilles, le dernier plan et ces rideaux , persiennes qui se baissent peut-être pour la première fois, alors que peu de temps avant le couple nous livrait une des plus belles scènes d’amour et de sexe de ce début d’année..
Sécurité, religion, profit, ..bref une semaine après ce film me taraude encore .. ! De questions m'assaille ! Pas de doute , c'est bien une des choses que je demande...entre autre au cinema !
Excessif.Com "..Arnaud Des Pallières signe un long métrage à la folie furieuse communicative. On en ressort bouleversé, surpris, et interrogatif. Le choc a été brutal mais on en redemande. Du grand cinéma, mais à ne pas mettre devant les yeux de tout un chacun. Oeuvre culte en devenir !.."
Le Monde.Fr - Le "Parc" : paradis illusoire .

16 janvier 2009

Les Trois Singes - De Nuri Bilge Ceylan


Les Trois Singes
Titre original : Uç Maymun
Un film de Nuri Bilge Ceylan
Avec Yavuz Bingöl, Hatice Aslan, Ahmet Rifat Sungar, Ercan Kesal

Prix de la mise en scène au Festival de Cannes 2008.
Résumé
Une famille disloquée à force de petits secrets devenus de gros mensonges, tente désespérément de rester unie en refusant d’affronter la Vérité. Pour ne pas avoir à endurer des épreuves et des responsabilités trop lourdes, elle choisit de nier cette Vérité, en refusant de la voir, de l'entendre ou d’en parler, comme dans la fable des "trois singes". Mais jouer aux trois singes suffit-il à effacer toute Vérité ?

Plus précisément :
Un politicien local provoque un grave accident et demande à son chauffeur de se charger de la faute pour sauver sa carrière politique. Cédant à l'argent qui permettra apparemment d'assurer l'avenir universitaire de son fils, le chauffeur accepte le pacte et déclenche ainsi au sein de sa famille une réaction en chaine lourde de conséquences.( Source Arte.Fr)
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Des méandres sombres de la route propices à l’accident, du petit port qui en ombre chinoise se dévoile, là où sur un banc deux hommes scellent un drôle de pacte ! Loin, bien loin d’en imaginer et nous aussi toutes les conséquences. de l’ombre à la lumière, , surexposée ou carrément absente, résultat parfois d’une incroyable couleur sépia, notamment quand la caméra s’attarde en gros plan sur un visage . Les lieux, cet appartement aux larges baies vitrées inondées de clarté, luminosité excessive, presque aveuglante, en bas le va et vient de quelques trains, plus loin les eaux sombres, couleur encore ou absence de celle-ci, du Bosphore !
J’ai songé à Simenon, pour l’étrangeté des lieux, cet immeuble en » tranche de cake » aux larges ouvertures donnant sur la voie ferrée, les eaux du port mais aussi et surtout pour l’art du réalisateur, plantant là ces personnages et les observant se débrouiller, s’accommoder plus ou moins mal avec la vie, avec l’espoir et son contraire le désespoir. De Simenon je suis naturellement passé à Béla Tarr, encore un réalisateur que je ne connaissais pas et qui m’avait littéralement estomaqué avec " L’homme de Londres ", comme ici Nuri Bilge Ceylan ! Oui je suis jusqu’à présent passé à coté de cet auteur, je dois l’avouer mes connaissances cinématographiques sont bourrées de lacunes !
« Les trois singes » sont servis par une photo éblouissante, la topologie des lieux ou plutôt du lieu, principalement l’appartement et sa terrasse, le ciel lourd se déroulant vers le Bosphore, menaçant, électrique, reflétant la tension des hommes il finira par craquer. Peu de mots ici, le strict nécessaire, la dramaturgie nait de l’image : Immense !
Excessif.Com "..Nuri Bilge Ceylan filme les tourments de ses personnages avec un oeil contemplatif pour révéler des états de tristesse, d'angoisse ou de désir qui sont aussi les siens. La plupart du temps, il se passe de commentaire (les mots ne servent à rien, surtout pas à communiquer)..."
CritiKat.Com "..Le prix de la mise en scène gagné à Cannes pour Les Trois Singes est absolument mérité : chaque plan, chaque lieu filmé, chaque dialogue de ce film fait sens et sert son sujet avec brio..."
Le Monde.Fr "Les Trois Singes" : un film noir sur les ténèbres de l'âme

07 janvier 2009

Frozen River - Un film de Courtney Hunt

Prix du meilleur film au Festival de Sundance 2008
Frozen River
Un film de Courtney Hunt
Avec Melissa Leo, Misty Upham, Michael O'Keefe, Mark Boone Junior, Charlie McDermott, Dylan Carusona, Jay Klaitz, Bernie Littlewolf, Michael Sky

Synopsis
Une petite ville américaine à la frontière du Canada. Ray(Melissa Leo) peut enfin offrir à sa famille la maison de ses rêves et bientôt quitter leur préfabriqué. Mais quand son mari, joueur invétéré, disparaît avec leurs économies, elle se retrouve seule avec ses deux fils, sans plus aucune ressource. Alors qu'elle essaie de retrouver la trace de son mari, elle rencontre Lila(Misty Upham), jeune mère célibataire d'origine Mohawk, qui lui propose un moyen de gagner rapidement de l'argent : faire passer illégalement aux Etats-Unis des immigrés clandestins, à travers la rivière gelée de Saint Lawrence, située dans la Réserve indienne.
Ayant cruellement besoin d'argent à la veille des fêtes de Noël, Ray accepte de faire équipe avec Lila. Pourtant, les risques sont élevés, car la police surveille les allers et venues, et la glace peut céder à tout instant ...
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Frozen River, un petit film indépendant comme je les aime, comme j’en raffole ! Un script qui tient la route et ménage quelques surprises et surtout deux actrices suintantes de vérité. Pas de star glamour, non on nage dans le réel, deux femmes éprouvées qui ne se résignent pas.
A l’aide d’une image travaillée pour être la plus « couleur réel » possible, la caravane minable de l’une au milieu d’un parc boueux, celle de l’autre dans la réserve indienne, au milieu des bois encore plus mal en point, nos deux actrices se montrent d’abord les griffes et le canon de leur arme, avant de pactiser et partager leur aventure. Cette comédie dramatique lorgne parfois du coté des frères Coen, « Fargo » ou même « No country.. », on y retrouve cette frontière coté grand nord cette fois, on pourrait alors songer aussi à « Into the Wild » foret et lac gelé mais non chassons vite ces images ! Ici les couleurs bleutés, l’âpreté des lieux, cet immense lac et sa solidité incertaine sont filmés comme l’histoire se déroule toute volonté en avant. Ray d’abord réticente, draine ensuite Lila et toute deux se lancent dans une collaboration fructueuse, pour survivre, exister pour ce quelle ont de plus précieux, leur famille et plus exactement leurs enfants…mais les complications guettent !!!
Au total un film fort, à l’écriture intelligente et qui privilégie aussi bien le coté humain que le suspense, chaque traversée et votre Kilucru était un peu plus tendu sur son siège (regardez bien il a dans ces moments là tendance à se dandiner, passer d’une fesse sur l’autre.)
Et puis cette rencontre et l’évolution d’une relation entre une jeune Mohawk (Peuple de la maison longue, une des nations Iroquoises) et cette femme blanche, volontaire, à la gâchette facile, un roc, bref leur amitié, d’abord improbable ensuite peu expansive mais bien réelle..et vous le saurez si vous aller voir ce film..Que je vous conseille Ardemment !!!
Excessif.Com "..Bien sûr, Frozen River n'est qu'un premier long métrage non exempt de scories dont le style est encore perfectible....aisément compensés par la farouche énergie d'une réalisatrice téméraire (Courtney Hunt) et d'une actrice bouleversante d'un simple regard (Melissa Leo). La maîtrise de certaines séquences, risquées sur le papier comme la rencontre entre les deux femmes à l'extérieur d'une caravane, explique certainement l'enthousiasme de Quentin Tarantino..."
àVoir-àLire.Com "..Une réussite indiscutable du cinéma indépendant américain....Mais c’est surtout l’amitié improbable, quoique prévisible, entre la femme Blanche à bout de souffle et la jeune Mohawk qui convaincra le plus.."

04 janvier 2009

Il Divo - Un film de Paolo Sorrentino


« si vous ne pouvez pas dire du bien de quelqu’un ne dites rien » La mère de Gulio Andreotti

Il Divo
Un film italien de Paolo Sorrentino
avec Toni Servillo, Anna Bonaiuto, Giulio Bosetti, Flavio Bucci, Carlo Buccirosso ...

Prix du jury au Festival de Cannes 2008.

Synopsis
A Rome, à l'aube, quand tout le monde dort, il y a un homme qui ne dort pas. Cet homme s'appelle Giulio Andreotti (Toni Servillo). Il ne dort pas, car il doit travailler, écrire des livres, mener une vie mondaine et en dernière analyse, prier. Calme, sournois, impénétrable, Andreotti est le pouvoir en Italie depuis quatre décennies. Au début des années quatre-vingt-dix, sans arrogance et sans humilité, immobile et susurrant, ambigu et rassurant, il avance inexorablement vers son septième mandat de Président du Conseil.
A bientôt 70 ans, Andreotti est un gérontocrate qui, à l'instar de Dieu, ne craint personne et ne sait pas ce qu'est la crainte obséquieuse. Habitué comme il l'est à voir cette crainte peinte sur le visage de tous ses interlocuteurs. Sa satisfaction est froide et impalpable. Sa satisfaction, c'est le pouvoir. Avec lequel il vit en symbiose. Un pouvoir comme il l'aime, figé et immuable depuis toujours. Où tout, les batailles électorales, les attentats terroristes, les accusations infamantes, glisse sur lui au fil des ans sans laisser de trace.
Il reste insensible et égal à lui-même face à tout. Jusqu'à ce que le contre-pouvoir le plus fort de ce pays, la Mafia, décide de lui déclarer la guerre. Alors, les choses changent. Peut-être même aussi pour l'inoxydable et énigmatique Andreotti. Mais, et c'est là la question, les choses changent ou n'est-ce qu'une apparence ? Une chose est certaine : il est difficile d'égratigner Andreotti, l'homme qui mieux que nous tous, sait se mouvoir dans le monde.
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- A un collaborateur qui lui lance « Ton ironie est atroce ! », Andreotti répond : « L’ironie est le meilleur remède pour ne pas mourir. Tous les médicaments sont atroces. »
ou encore « Les prêtres votent, pas Dieu »
Ou « Du sport ? Non, tous mes amis qui en ont fait sont mort ! »

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Un homme comme caché derrière ses énormes lunettes, une silhouette un peu voutée, est-ce le poids du pouvoir ou l’incessante douleur, ces migraines perpétuelles, qui lui font ingurgiter autant d’aspirines effervescentes que ces alliés, ces convives, sa cour descendent de coupes de champagne à chacune de ses réélections.
Cet homme qui tous les soirs sous bonne escorte effectue une promenade millimétrée avant de s’enfermer dans sa vaste demeure, pour y faire les cents pas tandis que deux cachets bouillonnent dans un verre. Cent pas encore dans ce dédale de couloirs, la main trouvant automatiquement l’interrupteur, arrivant enfin face à cet immense lit dans lequel il ne trouvera pas le sommeil. Le visage toujours impassible, et c’est là le premier tour de force de l’acteur (remarquable et extraordinaire Toni Servillo) ainsi que du réalisateur, on devine l’activité cérébrale intense, comme radioscopée, une intelligence, une pensée sans cesse en activité, turbinant sans répit.
En vitrine règne le plus grand calme mais cette acuité de l’esprit lui permet lorsqu’il pose enfin ses mots de toucher au plus juste, sans effets outre mesure, mais redoutable et diablement efficace !
Les mots tombent, les sbires, les proches alliés, qu’ils soient du gouvernement ou de sphères plus occultes, église et Vatican, Loges maçonniques et enfin mafia agissent.
Il Divo règne, entouré, courtisé, mais seul, il le vit, il le sait, la solitude est le propre de l’homme, surtout en haut des marches. Et sa mémoire, aussi redoutable que ses archives, lui rappelle aussi son rôle ou plutôt son absence de réaction dans l'affaire Aldo Moro, incroyablement il semble presque jaloux que l'opuscule terroriste ne l'ai pas choisi lui ! Comble de vanité ? Réel regret ?
J’allais voir ce film sans grand enthousiasme, en tête les mots mafia et politique, je fus agréablement surpris, certes il s’agit de politique mais surtout du portrait d’un homme et du milieu dans lequel il évolue. Ce film bénéficie d’une image et d’une mise en scène fascinante, des rues sombres de Rome ,la promenade nocturne aux halls immenses des « ministères » , lieu d’une glissade improvisée, à ce repas des membres influents, la cour réunie autour d’Il Divo tel le christ dans la cène, le cadrage très travaillé enchante, pendant qu’une bande-son très tendance vous emporte.
Et au final, sans être réellement informé et passionné par la politique notamment italienne et donc étrangère, c’est avec un drôle de sentiment que je suis sorti du film.
Nota Bene : ce qui suit n’engage que moi !
En politique plus qu’ailleurs la fin justifierai les moyens, le pouvoir nécessiterai une bonne dose de mépris , un des lois et des institutions, ce qui revient à nier l’idée même de Démocratie, c’est pourquoi ici on murmure le terme Théocratie..Mais qui est « Le Dieu » dans tout cela ? Bref au final un sentiment inquiétant, mais pas vraiment nouveau, en Italie mais en France aussi et ailleurs, qu’en est-il vraiment de nos Démocraties et ce terme a-t-il encore une réelle signification ou est-ce simplement un concept pour rassurer les citoyens ?

Excessif.Com "..Avec Il Divo,... . Ce virtuose au talent de feu, venu de la publicité, y convoque une forme (révolutionnaire) et un fond (archi-documenté) pour proposer un portrait à charge, salopé au vitriol, de Giulio Andreotti, homme politique qui incarne à lui-seul la déréliction morale d'un pays, son désenchantement programmé, son effilochement rampant. Il faut absolument découvrir ce film, impitoyable et surdoué, pour apprécier la vigueur créatrice qui s'y exprime..."
CritiKat.Com "..On ne peut que se réjouir de ce que le cinéma italien se mette à élever le ton face à la corruption. Cette année, Gomorra, Grand Prix à Cannes, mais aussi Biutiful Cauntri, beau documentaire passé inaperçu en France, ont donné le ton. Il Divo se situe dans la même veine audacieuse, et il n’est pas étonnant que Sorrentino ait eu du mal à se trouver un producteur. Andreotti, c’est aussi celui qui, en tant que sous-secrétaire aux spectacles en 1949, s’est illustré en promulguant une loi liant à l’exécutif l’attribution des subventions aux films (en un temps où le néoralisme, « subversif », plaisait peu à la D.C.). Oser s’attaquer à cette figure, c’est aussi rappeler qu’on ne muselle peut-être pas l’audiovisuel si facilement, et que le cinéma a un rôle à jouer. Rappel dont l’Italie, et la France, ont bien besoin.."
Le Monde.Fr ".."Il Divo" : Paolo Sorrentino chasse "Nosferatu" dans les couloirs de son palais ."
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