
Un Prophète
De Jacques Audiard
Avec Tahar Rahim (Malik El Djebena), Niels Arestrup (César Luciani), Adel Bencherif (Ryad), Reda Kateb (Jordi le Gitan), Hichem Yacoubi (Reyeb)Grand Prix du Jury Festival de cannes 2009
Synopsis
Condamné à six ans de prison, Malik El Djebena, ne sait ni lire, ni écrire. À son arrivée en Centrale, seul au monde, il paraît plus jeune, plus fragile que les autres détenus. Il a 18 ans.D'emblée, il tombe sous la coupe d'un groupe de prisonniers corses qui fait régner sa loi dans la Centrale. Le jeune homme apprend vite. Au fil des « missions », il s'endurcit et gagne la confiance des Corses.
Mais, très vite, Malik utilise toute son intelligence pour développer discrètement son propre réseau ...
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Impossible de céder à l’enthousiasme ambiant, quasi sans partage concernant le dernier Jacques Audiard ! Pas plus qu’il me soit possible de le dénigrer d’ailleurs !Alors quoi ? Un soupçon de battage médiatique trop important commencé avant même la remise de son grand prix du jury à Cannes cette année ? Un peu !
Que le film démarre de façon imposante, le trajet en fourgon cellulaire alors que Malik capte ses dernières visions du monde du dehors est indéniable! Que l’arrivée et la découverte du milieu carcéral et ses règles très particulières constituent des moments captivants, là encore Audiard a travaillé son sujet et remet une copie impeccable !
Mon hésitation, je dois la chercher au sein du duo Niels Arestrup, Tahar Rahim soit César Luciani en parrain corse et le jeune apprenti Malik El Djebena ! Il ne s’agit aucunement d’interprétation, fabuleuse pour l’un comme pour l’autre. Non, le détail, ce petit grain de sable, le truc qui me chiffonne...comment envisager qu’un homme doté d’autant de pouvoir, même si ceux-ci déclinent après l’éclatement du noyau corse, laisse derrière lui, eux si l’on envisage le clan corse, ceux- là même qui ont armé la main de Malik, déployant et démontrant pour cela un immense pouvoir un témoin . …qui aurait pu s’avérer gênant!

Qu’ils préfèrent en faire leur soubrette pour ensuite l’employer à des taches plus délicates et lui ouvrir une route vers un certain pouvoir..Mais bon là réside l’intrigue du film, un novice qui n’a pas oublié d’être malin, observateur et rusé ! ce qui ne me détruit pas me rend plus fort ..Malik avance , nous ne voyons plus que lui, même le grand César doit pousser des coups de gueule pour rappeler qu’il est encore vivant !
Je garderai en tête cette image bien particulière d’un presque gamin, dans un fourgon blindé, assourdi par le bruit de son arme …Et son sourire radieux ! Pour vite rembobiner et retrouver le même, une lame de rasoir entre les doigts…Proche de la nausée !
Voilou il m’aura fallu du temps . ..pour accepter ce film, je n’ai pas vraiment frissonné à la découverte des geôles ici reconstituées, je ne connais pas il est vrai l’univers carcéral. Bien plus abrupt fut la vision de « HUNGER » de Steve Mcqueen mais il s’agissait d’un film, quasiment un témoignage politique, ici nous restons dans le fictionnel ! Et à ce niveau cela fonctionne à plein régime !
Une nuance encore, un regret l’image finale, la sortie, un homme, une femme, un enfant et un long cortège. ..Quasi hollywoodien , presque une image à la Luc Besson !
"les chansons nous racontent que dans les vieilles prisons,
à Nantes ou bien ailleurs y'avaient des prisonniers
qui se la coulait douce dans les filles des geoliers...
...
Je vis dans un pays et c'est aussi le votre ou un gamin perdu pour un vol de bagnole
a Fleury merogis se fait serrer la vis
on la lui sert tellement la vis qu'il en peut plus
un jour la coupe est pleine et on le retrouve pendu
mon dieu quel beau pays, mon dieu quel beau pays .." François Beranger
CritiKat.Com "...et c’est sans doute la grande limite du film. La prison, minutieusement reconstituée en studio, et le milieu du grand banditisme sont avant tout utilisés comme de formidables moteurs fictionnels. Ce sont des toiles de fond et des terrains de jeu, un peu comme dans les séries américaines Oz ou Prison Break, qui ne brillent pas par leur réalisme. Rien n’est jamais dit sur la dureté et la solitude de l’enfermement, sur les dérèglements de l’administration pénitentiaire, sur la surpopulation carcérale… Ces problèmes ne sont pas niés pour autant, ils restent juste hors champ, sacrifiés au genre.."
Le Monde.Fr - "Un prophète" : la prison, une école de la vie selon Jacques Audiard

4 commentaires:
Pour ton doute par rapport au fait que Cesare Luciano aurait naïvement trop ouvert son clan à l'ingénu Malik, je pense qu'il avait ses raisons d'agir ainsi, contre l'avis d'autres du clan corse d'ailleurs.
Il a dû voir en lui comme la relève de sa protection, il se méfiait peut-être depuis toujours des membres de son propre clan, on sait qu'il faut toujours se méfier de ses propres frères.
D'autre part, Malik est et parle arabe et cela fait de lui un outil indispensable pour surveiller voir infiltrer le clan des barbus.
Et les corses n'ont jamais imaginé qu'il pourrait comprendre leur langue...
Enfin c'est mon avis.
Et j'ai rien vu d'Hollywoodien à la dernière scène....
Et d'ailleurs, d'après toi, il se passe quoi après ? Beaucoup de scenari possibles....
Hi ! Lo : Oui j'ai du mal à m'emballer ces temps-ci ! Hormis les frères Larrieu...mais bon le Audiard a tout pour plaire...et pourtant quelque part quelque chose me défrise...étrange..réaction allergique ???
La dernière scène, Malik en sketbas sort accompagné par la veuve et l'orphelin suivi de prés par une procession de puissantes berlines! Un parrain, un prophete est né...ouiche !
Mais bon je ne louperai pas son passage au petit écran lorsqu'il s'y presentera...j'imagine déjà l'excellent dimanche soir...
Ho je suis bad boy là sur le coup! faut que je me calme..en tout cas bravo aux deux principaux comédiens..là je m'incline !
à+
kilucru..ronchon( j'ai du trop trotté durant la braderie..lol)
Bonjour, je suis assez de parti pris concernant ce film car j'aime ce que fait Audiard en général et ses 5 films en particulier. C'est un grand réalisateur. Je suis d'autant plus subjective sur ce film en particulier car je l'ai vu en avant-première avec toute l'équipe du film (c'était magique). La progression dramatique est très bien amenée. Quel chemin parcouru entre Malik au début et Malik à la fin. Et tout ça en 2H30. Du grand cinéma. Bonne soirée.
To dasola : oui et peut-être ai-je inconsciemment un certain parti pris moi aussi...celui qui m'a empêché de m'emballer et que je ne m'explique pas !
Sombre et froid, mais la naissance d'un "parrain"..(quel est le terme en arabe ?Prophète ?)... oui est intéressante !
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