07 avril 2009

Nulle part, Terre Promise - De Emmanuel Finkiel


NULLE PART, TERRE PROMISE
Un film de Emmanuel Finkiel
Avec Elsa Amiel, Nicolas Wanczycki, Haci Haslan, Haci Yusuf Aslan, Joanna Grudzinska....
Prix Jean Vigo 2008 Festival de Locarno - Sélection Officielle

Synopsis
Trois personnages sillonnent l'Europe d'aujourd'hui. Un jeune cadre. Une étudiante. Un kurde et son fils. Vers l'est ou vers l'ouest, en camion, en business class, en stop, en train, avec ou sans papier, à travers l'Europe contemporaine, chacun en quête de sa terre promise ...
°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
Une route, autoroute, une gare, un train, un aéroport, une zone industrielle, autant de lieux, autant de moyens de transport, entrées et voies d’accès, à travers l’Europe. Trois personnages, trois statuts bien différents, une étudiante (Elsa Amiel) qui parcourt l’union, un père(Haci Aslan)et son fils(Haci Yusuf Aslan), kurdes clandestins sur le chemin de l’exil et un jeune cadre (Nicolas Wanczycki) qui accompagne la délocalisation d'une usine française en Hongrie. Un point commun, l’errance dans cette Europe pas si hospitalière que cela, pour les uns comme pour les autres.
Pour le réalisateur la possibilité d’adopter trois regards, trois optiques, l’une chargé d’espoir et de crainte mélangé, au fond d’un camion sans confort sans hygiène, l’autre interrogative et profondément humaine d’une étudiante qui munie de sa camera DV filme et noue un simple lien avec les laissés pour compte, ainsi ce clochard croisé dans le train s’estimant heureux et libre. Elle cherche à capter un peu de chaleur et d’humanité, celle là même qu’elle ne trouve pas au sein de la jeunesse étudiante qui l’a accueillie. Cette vision enfin d’un système mécanique où le jeune envoyé spécial, crispé, se retrouve bien seul et certainement cogite et se rappelle ces regards de désespoirs lancés par les ouvriers voyant s’enfuir leur matériel dans un impressionnant convoi .


Peu de mots, le son le bruit des routes, trains, une image épurées, limite glaciale, des angles, des prises de vues astucieuses, l’intérieur du camion, une mince fenêtre sur l’extérieur, les gares et leur rassemblement hétéroclite, on y traine on y squatte, on y mendie, on y vole, ailleurs la halle immense d’une future unité de production, cathédrale moderne d’un capitalisme souverain.
Emmanuel Finkiel ne porte pas de jugement, il dépeint avec brio optant pour la froide peinture du réel. Dans la même Europe que de fossé! Culture et langage même les cadres internationaux nécessitent une interprète. Quand à tous loin de chez soi, pour peu que l’on en ait un la solitude est le tribut à payer, bien souvent.
Voila un exercice filmé avec infiniment de talent, il devrait nous inciter à tendre encore plus fortement vers l’unité mais en révèle aussi toutes les limites et les obstacles, et encore que quelques uns à surmonter !
Pas franchement optimiste tout cela je trouve et pourtant..Comme le chante
Arno
«…
il y a des gens qui parlent
beaucoup
mais ne disent rien du tout
il y a des gens qui crèvent
de faim
putain putain
c'est vachement bien
nous sommes quand meme
tous des Européens
…… »

Excessif.Com "..Décidément les films sur la migration des hommes sont un sujet qui préoccupe le cinéma actuel, après Welcome, A l'est d'Eden et 14 kilomètres, Nulle part terre promise propose sa propre vision du phénomène. Si les trois films cités concernaient exclusivement l'immigration clandestine, Nulle part, terre promise propose un spectre plus large des déplacements...Nulle part, terre promise mérite amplement son Prix Jean Vigo 2008 tant la mise en scène et l'écriture du film sont en adéquation avec le sujet"
CritiKat.Com "..Emmanuel Finkiel revient au thème de l’exode, du transport des êtres qui ne trouvent ni de lieu pour vivre ni de place dans cet espace confiné qu’est l’Europe. En quête d’"images fortes", l’ancien assistant de Kieslowski filme avec émotion et sobriété la souffrance des uns, la misère des autres, et l’errance de tous en mal de sens..."
àVoir-àLire.Com "..D’aucuns reprocheront au réalisateur d’enfoncer des portes ouvertes ou de donner dans l’exercice de style consensuel, mais ce serait méjuger la cohérence et la force du résultat final, plus que du matériau scénaristique initial..."

Aucun commentaire:

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...