28 décembre 2008

I FEEL GOOD - Un film de Stephen Walker



I FEEL GOOD !
Young@Heart
Un film de Stephen Walker
Avec la chorale Young@Heart, Bob Cilman

Les Young@heart forment une chorale à part. Résidents d'une petite ville du Massachussetts, ses membres, âgés de 75 à 93 ans, parcourent le monde pour des concerts où ils interprètent, à leur manière, des classiques du rock ou de la pop, des Clash à Sonic Youth en passant par Radiohead ou les Talking Heads...
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Vieux Rockeurs( que j'aimais), j’vous adore ! En fait ils ne sont pas rocks, avouant au départ une préférence pour la musique soit classique, soit traditionnelle ! Augmentant en cela le mérite de Bob Cilman, les avoir drainer sur des chemins musicaux impensables à priori .
Leur letmotiv, leur gout pour cette aventure commune, ils y ont gouté, elle ne les lachera plus.
La chorale, le groupe, où des individualités oubliant âge et douleurs se retrouvent .Et dans le chant et le défi, sans cesse renouvelé par Bob Cilman, ils abordent un nouveau morceau, un style, passant du punk des Clash, au groove funky de James Brown, s’essayant difficilement à un morceau de Sonic Youth , Schizophrenia .
Travail, répétitions, sans ménagements Bob Cilman mène sa troupe. Celle-ci suit le rythme meme si parfois la santé fait faux bond, même si parfois pour l’un des leur le destin est sans appel. mais quoi qu’il arrive, la troupe continue, show must go on semblent ils nous dire , conscient de leur vie déjà bien entamée, et que chaque jour qui passe et un jour de gagné..à chanter.
Ce film nous prends, nous touche et nous remue. On ne s’apitoie pas, le jeune chef de la chorale, l’instigateur du projet n’hésite pas à bousculer légèrement ses « anciennes » recrues. Et quand le tragique, l’inéluctable survient, c’est en hommage que l’on continue à chanter.
Franchement si l’on m’avait dit que j’irais voir un film furieusement rock’n’roll, punk dans sa pensée, « profites de chaque jour », que les frissons provoqués par ces chants imparfaits mais terriblement humains me remueraient les tripes…Oui si..j’étais passé à coté de ce film, ce documentaire, non disons ces répétitions et ce concert filmés . Ces portraits qui m’ont fait chaud au cœur…Ho et puis j’arrête là…Merci, Merci et ..Bravo !


Quand à vous qui me lisez, sceptiques peut-être, courrez le voir, et comme ces prisonniers conviés à une représentation dans la cour d’une modeste prison…vous verrez et changerez vite d’avis !
Excessif.Com "..Vous allez vite remballer vos a prioris et prendre un pied d'enfer devant ce film incroyable sur un groupe de chanteurs qui assument leur âge, vont à l'encontre de toutes les idées reçues, chamboulent les répertoires en chantant Sonic Youth, les Clash, les Rolling Stones ou encore Coldplay et participent à une émotion intense qui ne vous lâchera pas de tout le métrage. They Feel good ?! Nous aussi... terriblement !.."
QUI SONT LES YOUNG@HEART ? RECIT D'UNE HISTOIRE VRAIE

CritiKat.Com "...La clameur des applaudissements ainsi que le montage ciselé du générique s’accordent en premier lieu avec le rythme binaire du tube des Clash, Should I Stay or Should I Go . A cette frénésie plastique et sonore pour le moins identifiable, une voix incongrue, en léger désaccord, s’immisce pour faire entendre son timbre fragile et estompé. Le grain de cette voix qui provoque déjà une esquisse de sourire tant elle se démarque de celui du leader des Clash, prend corps sous les traits d’une mamie octogénaire aux antipodes du front sauvage que constitue sur scène les vibrations du groupe punk...
àVoir-àLire.Com "..Drôle, émouvant et dynamique, ce documentaire est un superbe hymne à la vie et à la passion. A découvrir d’urgence.."

LOUISE-MICHEL - de Gustave Kervern & Benoît Delépine


"Maintenant que nous savons que les riches sont des larrons, si notre père, notre mère n'en peuvent purger la terre, nous quand nous aurons grandi, nous en ferons du hachis."

LOUISE-MICHEL
Un film de Gustave Kervern, Benoît Delépine
Avec Yolande Moreau, Bouli Lanners, Benoît Poelvoorde, Albert Dupontel, Francis Kuntz, Hervé Desinge..

Synopsis
Quelque part en Picardie, le patron d'une entreprise de cintres vide son usine dans la nuit pour la délocaliser. Le lendemain, les ouvrières se réunissent et mettent le peu d'argent de leurs indemnités dans un projet commun : faire buter le patron par un professionnel.
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Je me faisais une immense joie, un à l’idée d’assister à une nouvelle folie du duo Gustave Kervern, Benoît Delépine, deux de retrouver une actrice fétiche, Yolande Moreau et de plus au coté de Bouli Lanners, acteur et réaisateur du très remarquable « Eldorado » !
Alors en espérais-je trop, un démarrage plus que correct, des gags disséminés relativement efficaces, un fond de revendication social clairement affiché, buter le patron quoi de plus clair. S’ensuit un presque road movie à travers les Flandres, mais là je préfère de loin celui d’Eldorado, par ailleurs le script délicat me semble enfermé Yolande Moreau dans un personnage hélas mutique ,seule la fin la verra littéralement exploser délivrant même dans son sillage un Bouli Lanners que je n’ai pas trouvé très à l’aise jusque là. Restent maintenant quelques images, quelques passages forts, à l’instar des sketchs dont nous abreuvent régulièrement les comédiens de Groland , féroces, surréalistes comme l’étaient leur précédents films. Ainsi d’un Benoît Poelvoorde , remarquez ses magnifiques parapluies et ses miniatures reconstituant le déroulement du onze septembre. Ce cabaret où nos deux héros/héroïnes se mettent à picoler plus que de raison, là encore participations exceptionnelles , « Notre » président et Katherine, « That’s Cabaret .. ».


Ainsi sur la piste du responsable, et le circuit de l’argent et des patrons voyous est long et diablement ramifié et peuplé de quelques cadavres(paix à leur ame compte en banque) nos deux acolytes atteindrons ils leur but ?
A l’arrivée et bien plus tard, une drôle de surprise, mais en cette période avoisinant noël, quelle belle version de la crèche revue et corrigée, derrière les barreaux, et la nativité version anar et sexuellement incorrecte…Le clou du film selon moi !
Voilou ! Au final, alors que j'écris ces quelques mots et me remémore donc le déroulement, les événements du film, assez anarchique en parlant de Louise Michel le mot est juste, me reviennent à l'esprit et m'arrachent un sourire, l’ensemble reste agréable, moins déroutant et hermétique qu'Avida, peut être moins poétique, une seconde vision plus tard ne se refusera pas !
Excessif.Com "..C'est le film le plus limpide et le plus accessible du duo, et ce que l'on pourrait presque lui reprocher est plus d'ordre affectif. Grosso modo, d'avoir abandonné, un temps seulement, des parti-pris plus radicaux et du coup de ne pas provoquer ce qui faisait le charme punk de Aaltra et Avida. En tout cas, ce qui créait une atmosphère à la fois étrange et burlesque. .."
Le Monde.Fr ".."Louise-Michel" : la solution ? Tuer le patron.."

27 décembre 2008

les Plages D' Agnès - Un documentaire d'Agnès Varda

Agnès Varda se dévoile avec Inventivité, originalité, pudeur , Respect !

LES PLAGES D'AGNES
Un documentaire d'Agnès Varda
Avec Agnès Varda, Jacques Demy, Jim Morrison, Jean Luc Godard, Alain Resnais, Harrison Ford Ford, Gérard Depardieu, Philippe Noiret...


« Sans toi, ni loi » m’avait marqué, je connais sans trop savoir pourquoi sa petite silhouette et sa frange au carré, j’ignorais par ailleurs tout de l’artiste en général, ces autres films, la plasticienne, la photographe et j’en oublie.
Faire plus ample connaissance fut donc un immense plaisir, commençant par de superbes images de cette mer du nord, la Panne, mon enfance. Mais si cette séquence s’avère être ma préférée, cela ne tient pas au lieu, mais bien à la mise en scène, installant cadres et miroirs, Agnès Varda crée un tableau vivant où la mer, les vagues s’affichent au milieu des bois et des glaces. De bric et de broc l’artiste joue...et gagne.
Le voyage nous mènera de Belgique à Sète, puis Paris aux grés de l’histoire, des rencontres, des apprentissages, cinéma, photos, voyage encore pour photographier et témoigner Chine, Cuba, les Etats Unis.
La Voix de Varga nous guide, commente en off,où souvent perce une bonne dose d’humour, d’autres une légère émotion quand il s’agit d’évoquer un être cher aujourd’hui disparu.
Voila je ne peux en dire plus, c’est à voir, tellement riche d’idée, d’inventivité, c’est drôle et émouvant aussi.
Moi qui ne connaissais pas la « Plasticienne » suis resté bouche bée devant tant de créativité, d’inventivité, l’image détournée, réinventée, associée..avant l’heure du multimédia il me semble…
Bref un documentaire, un reportage,…Ho ! Mieux que cela un sacré bon moment à passer avec une « nouvelle / ancienne » amie . Merci Madame Agnès Varda !
Excessif.Com "...Une leçon de cinéma qui ne laissera personne indifférant, Les plages d'Agnès regorgeant d'inventivités et de subtilités dans son montage, dans sa mise en scène, ou bien encore dans l'utilisation de la voix off .."
Le Monde.Fr ""Les Plages d'Agnès" : entre pudeur et affichage de l'intime, Agnès Varda reconstitue le puzzle de sa vie"
CritiKat.Com "..De quoi traverser d’un beau vol soixante années d’histoires et de voyages. C’est précisément ce que fait la cinéaste dans Les Plages d’Agnès pour parcourir sa vie, mêlant œuvres et souvenirs dans un nouveau jeu de mise en scène. Une riche et vivifiante continuité de ses récents travaux..."

21 décembre 2008

Le Chant Des Mariées - Un film de Karin Albou


LE CHANT DES MARIEES
Un film de Karin Albou
Avec Lizzie Brocheré,
Olympe Borval,
Najib Oudghiri,
Simon Abkarian,
Karin Albou
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Résumé

Tunis, 1942. Nour et Myriam, 16 ans, sont amies depuis l’enfance. Elles partagent la même maison d’un quartier modeste où Juifs et Musulmans vivent en harmonie.

Nour (Olympe Borval) est musulmane, Myriam (Lizzie Brocheré) est juive, (Myriam va à l'école tandis que Nour aide à la maison). Chacune rêve secrètement de la vie de l'autre : Myriam envie les fiançailles de son amie avec Khaled(Najib Oudghiri) , Nour aimerait apprendre à lire et regrette de ne pas aller à l’école comme son amie, Myriam qui rêve d’amour. Elle envie les fiançailles de Nour avec son cousin Khaled, sorte de fantasme partagé de prince charmant. Malheureusement, Khaled ne trouve pas de travail.
En 1942, lorsque l'armée allemande pénètre dans Tunis, l'amitié des jeunes filles s'érode petit à petit. Les allemands, à coup de tracts diffamatoires, tentent de monter les communautés l'une contre l'autre et soutiennent les musulmans contre « l'ennemi juif ». Poursuivant la politique de Vichy, les Nazis soumettent la communauté juive à une lourde amende. Tita(Karin Albou), la mère de Myriam n’a plus le droit de travailler, criblée de dettes, elle décide de marier sa fille à un riche médecin,Raoul (Simon Abkarian). Myriam voit d’un seul coup ses rêves d’amour s’évanouir...Khaled, contraint de travailler pour avoir le droit de se marier accepte de travailler pour la kommandantur...
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Le Chant des Mariées. Deux fillettes jouent dans la cour d’une maison de Tunisie, tour à tour elles se coiffent d’un voile blanc et chantonnent une chanson où il est question d’amour et de prince charmant.
Leur amitié est forte, consolidée au fil des ans, les années de guerre et l’occupation par l’armée allemande de ce protectorat qu’est alors la Tunisie va sérieusement mettre à mal leur affection mutuelle.
Deux vies, nouées d’abord, semblables dans l’enfance, qui dés l’heure des premiers frissons commencent déjà à s’éloigner, plus qu’une religion différente, le privilège crée l’envie, et l’incompréhension plutôt que la jalousie pourtant.
« -Pourquoi tu vas à l’école et moi j’y vais pas ? Pourquoi je porte le voile et toi tu ne le portes pas ? Pourquoi tu sors dehors sans qu’on te fasse une remarque ? »
Ces mots dans la bouche de Nour traduise toute sa frustration, mais c’est pourtant Myriam qui sur l’autel du mariage, contrainte par sa mère, forcée par la politique anti-juifs mise en place sacrifiera son rêve du bel amour.
Séparé par un océan d’incompréhension, Nour aveuglé par son amour pour Khaled, aiguillé par ce dernier s’égare dans une mauvaise interprétation du Coran ( il faudra la lumière des anciens pour éclairer d’un jour nouveau sa précédente lecture..), Myriam suit le rituel qui la prépare au mariage .
Le chemin des deux fillettes, devenues jeunes femmes se croisera il à nouveau.. Leur destin est il encore compatible?
Le choix, certainement imposé par un budget réduit de limiter l’action et les lieux, loin de desservir le film lui confère une patine toute particulière. Enchevêtrement sur plusieurs niveaux, de la cour où enfants jouaient les deux fillettes, jusqu’aux terrasses des toits, là où Nour connaitra ses premiers émois sensuels et sexuels. Ruelles où résonnent le bruit menaçant des bottes, ainsi de ce quai de gare, grisâtre, où brillent les rails noyés sous la pluie et train en partance pour le grand nulle part.
Littéralement, ce film irradie d’une sensualité toute féminine, cette impression qui s’élève du hammam en même temps que les volutes de vapeurs. La douce et tendre amitié qui unie les deux filles, dans ce monde où l’homme règne, l’épaule amie est indispensable. Une symbolique aussi se dégage lors des préparatifs à la cérémonie, l’homme te cueillera comme au premier jour de ta naissance semble-t-elle dire ! Karin Albou filme avec justesse sans pruderie mais avec tendresse, le soin apporté à l’image témoigne de sa considération pour ces jeunes filles.
La réalisatrice nous éclaire aussi sur une part d’histoire, française et tunisienne confondues, bien souvent ignorée au cinéma.
Le départ des trains, sous la pluie, se fait sous un déluge sonore interprété par Nina Hagen *, voix grondante en allemand, furieusement punky ,comme en une cathédrale, implorant peut-être ce qui ne peut être pardonné ! Nullement déplacé comme certains semblent le penser !
*Si vous connaissez le titre et l'album dont est extrait ce morceau..merci d'avance
Au final une sublime histoire d'amitié et de tendresse féminine, et Karin Albou confirme le talent révélé par son premier film ,"La petite Jérusalem !

Divergences ".. Le Chant des mariées , film des déchirements et des violences, est aussi un film intimiste. C’est une porte qui s’ouvre sur l’univers secret de deux adolescentes, mais également des mères et des femmes en général..."
Excessif.Com "..Tous ces thèmes mêlés avec retenue et finesse font de ce film un objet magnifique. Bizarrement, on a l'impression de redécouvrir la période. Aux antipodes du déjà-vu, Karin Albou cultive l'ambiguïté de personnages dont aucun n'est parfait, et brosse un joli portrait de ces femmes, enfermées dans une société aux accents féodaux..."
CommeAuCinema.Com "..Karin Albou dénonce aussi le poids du carcan religieux dans la vie de ces deux jeunes filles. Nour, peu instruite, se fait manipuler et doit adopter la façon de penser de son fiancé, d’autant plus qu’elle n’est plus vierge et qu’une épée de Damoclès est suspendue au-dessus d’elle. Myriam est mariée de force, pour sauver sa famille de la misère. Les destins des deux héroïnes sont entre les mains de leurs familles. Elles n’ont pas leur mot à dire. On ressent, dans l’énergie que met Myriam dans sa résistance à cette vie non désirée, la même fougue que Karin Albou déploie pour défendre le droit de choix et la liberté des femmes.
Mais il s’agit aussi de deux jeunes filles qui découvrent la sensualité, dans un environnement difficile, où elles ne peuvent s’exprimer clairement et sont au contraire brimées. Un film à fleur de peau, au sens propre et figuré..."

19 décembre 2008

Caos Calmo - Un film d'Antonello Grimaldi


Caos Calmo
Un film d'Antonello Grimaldi
Avec Nanni Moretti (Pietro Paladini), Blu Di Martino(Claudia), Valeria Golino (Marta), Alessandro Gassman (Carlo), Isabella Ferrari (Eleonora Simoncini), Hippolyte Girardot (Jean-Claude), Charles Berling (Boesson), Denis Podalydès (Thierry), Roman Polanski (le big boss)

Présenté en compétition au 58ème Festival International Du Film De Berlin 2008

Résumé
La mort soudaine de Lara, son épouse, bouleverse la vie heureuse de Pietro, jusque-là comblé par sa famille et son travail.
Le jour de la rentrée, Pietro accompagne à l’école sa fille Claudia, 10 ans et décide subitement de l'attendre.
Il se réfugie dans sa voiture, garée en face de l'école primaire.
Il fait de même le lendemain et les jours suivants.
Il attend que la douleur se manifeste et observe le monde.
Il découvre petit à petit les facettes cachées des gens qui l'entourent et l’abordent. Ses chefs, ses collègues, ses parents, ses amis, tous cherchent à comprendre ce drôle de « chaos calme » qui l’habite.
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« Caos Calmo », chaos calme, un film sur le deuil. Qui étrangement commence par un double sauvetage, tel un double pied de nez à la faucheuse. Ces deux hommes, deux frères sauvant de la noyade deux baigneuses imprudentes. Pour l’instant qui suit retrouver au domicile de l’un deux, une fillette en larmes, les secours recouvrant le corps sans vie d’une femme. La mère et l’épouse de Pietro.
Comme si la mort presque par vengeance frappe le héros d’un instant par personne interposée. Le drame cède rapidement la place à l’après, la reprise de l’école pour Claudia. L’attente pour Pietro, est ce autant pour calmer une éventuelle angoisse de sa fille que pour masquer la sienne, il lui promet d’être là, constamment à proximité de l’école et ces mots prononcés clairement et sereinement ne sont pas vains. Assis dans sa voiture d’abord, puis sur le banc de ce petit jardin public il attend. Tout guettant les fenêtres de la classe de sa fille, il dresse mentalement des listes éphémères autant qu’inutiles, liste de toutes les compagnies aériennes qu’il a pu emprunter, et elles sont nombreuses, paradoxe avec cet homme là aujourd’hui assis qui attend. Dresser des listes mentalement une façon de se « calmer l’esprit », en attendant ce sont des petits riens, une jeune fille qui promène son chien imposant, un jeune garçon trisomique , qu’il prendra l’habitude de saluer en commandant à distance le bip de fermeture des portes de sa luxueuse berline, à la plus grande joie du jeune handicapé, Pietro prendra ses habitudes au troquet du coin, repas servi en terrasse sur commande . Tout ce petit univers calme et là pas loin sa fille et à sa demande ses apparitions à la fenêtre.


De temps en temps ce sont les visites de ses proches, collaborateurs, secrétaire venant lui faire signer les papiers, puis ses « associés », venant s’enquérir de sa santé..son état mental.. ??, Et qui très rapidement étalent leur propre névrose, leur propre soucis, leur propre angoisse.
tel un sage sur un banc recevant les doléances de ce monde, la visite de son frère, de sa belle-sœur, passablement énervée, bref toute la folie du monde. Tous ces visiteurs eux ne sont pas investis de son calme, peut-être n’ont-ils pas suffisamment souffert ?
Pietro un personnage tout d’abord à la dérive, ou disons encore arrimé au rivage grâce à une ultime force qui se prénomme Claudia, qui du certaine façon se réinvente là assis en observant les autres..et c’est une petite main qui le moment venu, d’une manière très poétique qu’émouvante lui indiquera que le moment, la fin du deuil en quelque sorte est venue !
Voila avec en tête d’affiche un duo Nanni Moretti & Blu Di Martino époustouflant de retenue laissant filtrer l’émotion cependant nécessaire, plus une pléiade d’acteurs que le noble art du cinéma connait bien, Antonello Grimaldi signe un film chargé d’émotion avec cette particularité du lieu choisi , il y faisait bon vivre sur ce banc public, souffrir, se souvenir, revivre ..Foi de Kilucru !
CritiKat.Com "..Mais le jeu de Nanni Moretti confère de la légèreté à ce qui aurait pu être pesant ou ennuyeux, il revêt d’un vernis comique le gouffre que son personnage tente de masquer, de se cacher à lui-même. C’est assurément grâce à lui que le film évite la vacuité ou le schématisme qui menaçait dans le scénario, et qu’il instaure un équilibre toujours précaire mais maintenu entre la légèreté de la forme et la gravité du propos.
Le deuil est nié par le père autant que par la fille. Etrange petite fille, interprétée avec beaucoup de subtilité et de vérité par Blu Di Martino. "
CommeAuCinema.Com "..Caos Calmo fait partie de ces films coup de cœur de cette année. Sensible, drôle, simple, sans tomber dans le pathos, Antonello Grimaldi réussit un véritable coup de maître. Pendant près de 1h40, le spectateur suit Pietro dans son drame. Le réalisateur n’en fait pas trop. Juste ce qu’il faut pour que tout soit parfait. La lumière, les plans, les séquences, le scénario, les comédiens… le metteur en scène arrive à installer cette ambiance non pas morbide mais simplement réelle. S’ajoute à cela l’interprétation de Nanni Moretti : mémorable !.."

16 décembre 2008

Mascarades - Un film de Lyes Salem


Mascarades
Un film de Lyes Salem
avec Lyes Salem, Sara Reguigue, Mohamed Bouchaïb, Rym Takoucht, Merouane Zmirli ...
Résumé
Un village quelque part en Algérie. Orgueilleux et fanfaron, Mounir(Lyes Salem) aspire à être reconnu à sa juste valeur.
Son talon d’Achille : tout le monde se moque de sa soeur, Rym(Sara Reguigue), qui s’endort à tout bout de champ.
Un soir, alors qu’il rentre soul de la ville, Mounir annonce sur la place du village qu’un riche homme d’affaires étranger a demandé la main de sa soeur.
Du jour au lendemain, il devient l’objet de toutes les convoitises.
Aveuglé par son mensonge, Mounir va sans le vouloir changer le destin des siens...
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Comédie dans la poussière et sous le soleil algérien, fable sociale légèrement mordante et cruelle.
Mounir, ouvrier horticole chez le magnat du coin, un colonel que nous ne verrons pas, juste sa propriété où Mounir entretient les rosiers, là où régulièrement, loués pour l’occasion une farandole de 4x4, klaxons bloqués, fait dix fois le tour de la place du village. Un épais nuage de poussière recouvrant alors jusqu’aux anciens du village (« C'est joli, la poussière, c'est la poudre de riz des choses. » Natalie Clifford Barney).


Mounir désespère.., d’offrir à sa femme le micro-ondes qu’elle ne cesse de lui réclamer,de marier enfin sa sœur cadette Rym, fille magnifique qui s’endort sans prévenir, narcoleptique. Mounir inconscient ne remarque pas que la belle se languit pour son meilleur ami le jeune Khliffa(Mohamed Bouchaïb).
Par son mensonge, Mounir va enclencher une mécanique. .qui finira par le dépasser… !
Tous les regards braqués sur lui, ceux qui hier l’ignorait, le snobait, voire se moquait, vont maintenant l’encenser..oui mais quand tout repose sur du vent..
L’occasion pour Rym de forcer le destin, toute la famille s’engage bon gré mal gré dans cette Mascarade.
Ce film ressemble à un conte moderne, une fable actuelle, une histoire que ces villageois, ceux du film pourraient se raconter lors des veillées, Mounir son rêve de reconnaissance sociale, prêt à glisser sur la pente qui pourrait transformer ce chef de famille vertueux en escroc patenté. De là à y voir une satire sociale, nous sommes libre de notre choix..Rym jeune femme amoureuse prête à braver les coutumes et « l’hégémonie des hommes », ici le frère .Prête à s’enfuir avec celui qu’elle aime Khliffa, désargenté mais porteur de l’avenir. Lui ne rêve pas de magouilles mais patiemment construit son rêve pour qu’enfin il devienne réalité, un vidéo club certainement. Clin d’œil à la passion ciné au passage !
Il faudra la patience et la force des femmes, bel hommage rendu aux anciennes, rusées ,transformant ce proverbe occidental « ce que femme veut, Dieu le veut « en une certaine réalité magrébine ! . .et tout l’amour de Khliffa pour Rym ..Trés jolie version en cours de film de Roméo et Juliette.. !
Voila au final un film tendre et sincère, comédie tendrement moqueuse parfois, mais toujours humainement respectueuse. Jusqu’au final d’une grande leçon..Les pieds dans la poussière !
Excessif.Com "..Avec Mascarades, on est devant une comédie généreuse, qui a du sens et qui ne se moque jamais du spectateur. Un joli spectacle très humain...Mascarades donne le ton d'une orientation cinématographique algérienne résolument moderne qui fait un bien fou en cette fin d'année. .."
CritiKat.Com "..On l’aura compris, Mascarades est une douce, mais non moins aboutie, satire d’une société algérienne dans laquelle ce qu’on montre vaut plus que ce qu’on entreprend. En évitant le misérabilisme, Lyes Salem choisit d’éveiller les consciences par le rire. Mais que la fiction traite sans façon du conformisme, de la hiérarchie sociale, et du mariage forcé n’est pas remarquable en soi. Ce qui importe dans Mascarades, c’est que le film s’adresse d’abord à ceux qu’il entend représenter..."

12 décembre 2008

L'APPRENTI - Un film de Samuel Collardey


L'APPRENTI
Un film de Samuel Collardey
Avec Mathieu Bulle et Paul Barbier


Mathieu, élève dans un lycée agricole, est apprenti en alternance dans la petite ferme familiale de Paul. Au fil de son apprentissage, Mathieu n'apprend pas uniquement les gestes du travail dans une ferme, mais aussi à s'intégrer à la vie de la famille et surtout, l'apprentissage de la vie. Au fil des saisons et des travaux agricoles, des liens se tissent entre Mathieu et l'univers de la ferme.

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Une année scolaire passée en compagnie de Mathieu, ses séjours répétés dans la petite exploitation agricole de Paul en alternance avec les cours en internat au lycée agricole.

Autant le film de Raymond Depardon, « La vie moderne » pouvait sembler sombre nous présentant un monde agricole qui se mourrait, autant « L’apprenti » regorge lui de lumière, de jeunesse et aussi de sagesse. La sagesse celle de Paul bien sur, qui en compagnie de son épouse sait se contenter de quelques bêtes et vit chichement de sa petite entreprise. Tout en veillant à l’éducation de sa propre fille, Paul transmet son savoir faire à Mathieu et il faut, notamment au début, bousculer un peu le jeune homme, un peu cossard et qui regarde un peu éberlué peut-être l’exploitation et son coté un rien ancestral. Bien éloigné de ce qu’il apprend au lycée, ancienne et nouvelle vague en quelque sorte.


Pourtant passée une période d’observation commune, va naitre entre les deux hommes une relation de confiance, d’amitié respectueuse. L’un cherche à remplacer un père, Mathieu vit seul avec sa mère et refuse de voir celui qui les a abandonnés, l’autre dévoilera au jeune homme une blessure jusque là cachée.
Dans un cadre naturel qui vous oxygène les neurones et vous apaise, ce petit coin du Jura, nous sommes invités à suivre Mathieu, l’apprenti, ses frasques dans la cour de ferme, au lycée, en cours à l’internat avec ses traditionnelles batailles de polochons. Premiers amours, premières ivresses, une adolescence classique d’un jeune déterminé à faire le métier qu’il s’est choisi, " Je ne veux pas faire un métier pour me faire chier, je veux faire un métier pour me faire plaisir. S'il n'y a pas de plaisir, ce n'est pas la peine. "
Et l’apprenti ne pouvait pas mieux tomber, face à lui Paul est un océan de calme, de raison et affiche une philosophie sans mots mais efficace. Le réalisateur se contente de filmer la rencontre entre « le maitre » et » l’élève «, nous bénéficions nous aussi de la leçon. Superbe, magnifiquement humain, si ordinaire pourtant..Ou Parce Que .. !

Bref un gros, gros coup de cœur !
Kilucru, pas si loin de ce gamin,.. Pas aussi zen que Paul, loin s’en faut hélas !
Dis Paul tu me fais une aussi belle Luge..? Allez voir de film , merci !

Excessif.Com "..Tout ceci est filmé avec une justesse admirable, sans excès de mise en scène. Et cette justesse, cette sincérité donne un léger aspect documentaire à ce chef d'oeuvre. Même la lumière et les cadrages se veulent les plus naturels, les plus justes possibles, en concordance avec cet univers rural. De plus, l'interprétation est admirable et ceci pour une simple et unique raison : ces personnes jouent leurs propres rôles. Ils débordent alors tous de sincérité et sont donc honnêtes vis-à-vis d'eux-mêmes. Mathieu est Mathieu, Paul est Paul. Il n'y a rien d'autre à ajouter..."
CritiKat.Com "....Ce premier long métrage ne s’éloigne peut-être pas des sentiers battus dans ses thématiques, mais son réalisateur montre dans son rapport au réel une finesse qui donne un relief certain à sa chronique d’adolescence provinciale. Ignorant les schémas simplificateurs qui menacent, n’ambitionnant que de jeter sur son sujet un regard aussi délesté d’artefacts que possible, Samuel Collardey signe un film à la sensibilité maîtrisée mais aiguë..."
Le Monde.Fr "..L'Apprenti est truffé de scènes discrètement marquantes..."

11 décembre 2008

BURN AFTER READING - De Joel Coen & Ethan Coen


BURN AFTER READING
Un film de Joel Coen & Ethan Coen
Avec George Clooney, Brad Pitt, Frances McDormand, John Malkovich, Tilda Swinton, J.K. Simmons, Richard Jenkins..
synopsis
Osborne Cox(John Malkovich), analyste à la CIA, est convoqué à une réunion ultrasecrète au quartier général de l’Agence à Arlington, en Virginie. Malheureusement pour lui, il découvre rapidement l’objectif de cette réunion : il est renvoyé. Cox ne prend pas très bien la nouvelle. Il rentre chez lui à Georgetown pour écrire ses mémoires et noyer ses ennuis dans l’alcool - pas nécessairement dans cet ordre. Sa femme, Katie(Tilda Swinton), est consternée, mais pas vraiment surprise. Elle a une liaison avec Harry Pfarrer(George Clooney), un marshal fédéral marié pour qui elle décide alors de quitter Cox.
Quelque part dans une banlieue de Washington, à des années-lumière de là, Linda Litzke(Frances Mcdormand), employée au club de remise en forme Hardbodies Fitness, a du mal à se concentrer sur son travail. La seule chose qui l’intéresse, c’est l’opération de chirurgie esthétique d’ampleur qu’elle désire subir. Elle compte sur son collègue, Chad Feldheimer( Brad Pitt), pour faire son boulot à sa place. Linda est à peine consciente que le directeur de la salle de sport, Ted Treffon( Richard Jenkins), est fou d’elle, même si elle rencontre d’autres hommes via Internet. Lorsqu’un CD contenant des informations destinées au livre de Cox tombe accidentellement entre les mains de Linda et Chad, tous deux décident de tirer parti de cette aubaine.
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« Burn After Reading », devons nous aussi bruler, effacer de notre mémoire ce dernier opus des frères Coen ? Certes l’action, la mise en place est assez longue. Le temps nécessaire de présenter et installer cette flopée de personnages, ce nid d’acteurs (et pas des moindres..), à défaut de nid d’espions, un seul en fait,Cox, sur les pas de qui nous pénétrons au sein des bureaux de la C.I.A pour en ressortir..viré ! Un agent du FBI ou CIA, Harry.., tombeur perpétuel, le chat sur le net est pour lui une aubaine, sa quête érotique une obsession, ne crée il pas une drôle de machine, ne s’envoie il pas la femme de son ami Cox, John Malkovich? Ne rencontre il pas ainsi Linda ! Linda, le trait d’union avec cet autre univers, celui des salles de fitness, culture du muscle et de l’apparence, Linda son obsession acquérir une nouvelle jeunesse grâce à une série d’interventions de chirurgie esthétique. Oui mais cela a un prix, qu’importe elle s’embarquera dans cette galère au coté de son collègue le blondinet (à hurler de rire..) Chad .
Alors faut il dédaigner cette œuvre fantaisiste, imparfaite certes, surtout n’en attendions nous beaucoup, un peu trop, après le dernier coup de poing de " No country for old men " . Nous ne sommes pas dans le même registre, une fois la mise en place effectuée, l’action peut se derouler et si par instant cela peut sembler un peu poussif, restent d’innombrables moments de pur plaisir, de sourire et de rires. Les acteurs, notamment George Clooney et Brad Pitt employés ici à contre emploi font merveille..Leur image y survivra elle ? ..Je plaisante !


Frances McDormand, dans sa lutte antirides, s’improvisant femme d’action, emboutissant la voiture d’ Osborne, s’invitant à l’agence russe fait elle aussi preuve d’efficacité. Mais la palme revient à John Malkovich, de son numéro du début, son départ à grand fracas de l’intelligence agency, à sa déchéance, chute, palier par r palier, arme au poing pour finir, en robe de chambre ,short et maillot de corps une hachette à la main dans une séquence sanglante. Un Grand John Malkovich comme je l’aime, légèrement fou furieux !
Des petits détails, une hachette, un flingue, un Brad Pitt blond paille limite idiot, un hommage indirect au cinéma avec Frances McDormand et George Clooney riant de concert face à un bon film, voila tout l’univers des frères Coen qui se remet en place. peut-être pas le meilleur mais suffisant pour passer un excellent et déridant moment.
Perce également dans ce film un regard moqueur sur les institutions que sont, un la CIA, larguée, dépassée par la réalité, et quoi de plus absurde qu’une centrale de renseignement qui ne sait rien [voir la fameuse histoire des armes de destruction massive), deux les centres de « un corps sain..dans un esprit sain/malade (*rayer la mention adéquate)] et enfin les rencontres du troiseme type c.a.d par internet .
Voilou ce ne sera pas le film transcendant des deux frangins, reste la possibilité d’agréablement se divertir et de rire aux dépens de George Clooney, Brad Pitt cela en compagnie de John Malkovich et Frances McDormand. ..Ha ! Remenber « Fargo » !
Excessif.Com "..Heureusement, les acteurs prêtent tout leur talent à cette combinaison binaire que ce soit George Clooney qui fait ressentir la médiocrité de son personnage tout en jouant sur un sex-appeal étrange (et c'est assez troublant) ; Brad Pitt qui arbore un brushing digne de George Michael dans les années 80 ; John Malkovich qui n'a pas l'habitude de si bien proférer des menaces ; Frances McDormand qui joue bien la blonde .."
CritiKat.Com "...Le joyeux foutraque de la situation peut de prime abord réjouir et amuser. Comme les contre-emplois des acteurs qui cabotinent jusqu’à la lie..."
Le Monde.Fr "..Un scénario aussi farfelu que cruel noue ces fils entre eux, pour livrer une image particulièrement grinçante des Etats-Unis. L'alliance de l'incompétence politique (la CIA), du culte de l'apparence (le fitness club) et de la stupidité crasse (tout le monde) y fait l'objet d'un règlement de comptes qui tient de l'exercice de foire. Aussi farcesque qu'elle en ait l'air, l'écume comique jaillit ici d'un gouffre d'amertume..."

09 décembre 2008

The Black Angels @ Grand Mix Tourcoing

J'aime pas les dimanches..Quoique !!!
Alors que la nuit tombe, à peine six heures du soir, oui un peu tôt pour un concert, qu'importe tout cela sera vite oublié !
Car chauffé par une première partie énergique, un duo, au son noisy et furieusement rock , The Black Box Révélation (Belgique), un guitariste et batteur déchainé, la salle quasi pleine pouvait accueillir The Black Angels..


Tournée européenne pour présenter leur second album, deux disques aboutis, « Passover » m'avait convaincu, une découverte au pifomètre à l'époque, « Directions to See a Ghost » plus psychédélique encore confirme le talent du groupe.
Du groupe, la musique et les talents sont ici partagés, de l'ensemble surgit une musique homogène. La batterie emmenée par Stephanie Bailey donne un tempo basique, régulier et fort, puissant comme si les tambours de guerre, indiens de préférence appelaient au rassemblent. Cette fille derrière ses futs m'a hypnotisé, merveille de régularité, pendant ce temps le reste du groupe basse et sitar, rytmique, tambours et autres percussions, claviers et synthés ( l'occasion pour moi de remarquer l'absence de Jennifer Raines, elle a apparemment quitté le groupe…à confirmer ? ) envoie de longs morceaux, rock psychédélique , longues boucles envoutantes, je me surprends parfois à fermer les yeux pris, envouté par la musique. Magique..Tout comme cette unité qui émane du groupe, le chanteur pose sa voix sur les textes , manie synthés et basse mais jamais il ne se démarque du groupe.
J'ai cru, j'ai ressenti, et tel était mon impression à la fin du concert , cool, baigné de rythmes lancinants, stupéfiants, ...oui le roi Lézard n'était pas bien loin
!
la Set list telle que je l'ai récupérée sur scène
(je deviens pro dans cette discipline ..lol )


Bravo Black Angels pour votre talent et votre humilité, seule importait la musique, vous nous l'avez magistralement servie !
Stephanie Bailey, Drummer de l’année ..je vote pour. ..et vous ..?
Bref un excellent Dimanche, incroyable non ! Quasi Irreductible cette phobie..Lol

07 décembre 2008

LEONERA - Un film de Pablo Trapero

LEONERA
Un film de Pablo Trapero
Avec Martina Gusman, Elli Medeiros, Rodrigo Santoro, Laura Garcia, Tomás Plotinsky ...
Synopsis
Ce matin là, Julie se réveille le corps couvert de sang, deux hommes étendus près d'elle, elle ne se souvient pas de ce qui s'est passé exactement, excepté qu'elle s'est défendue. Accusée, elle est incarcérée, elle n'a que 26 ans et elle enceinte. Elle donne quelques mois plus tard naissance à un petit garçon, Thomas, qui va lui apporter d'incroyables moments de bonheur, lui donner envie de se battre, de survivre, mais condamnée à 10 ans de prison, elle sait qu'elle ne pourra pas le garder auprès d'elle, qu'il lui sera enlevé dès ses quatre ans. Lorsque sa propre mère s'arrange pour lui ravir son enfant avant qu'il ait atteint cet âge, bouleversée, elle se révolte et va tout mettre en oeuvre pour le retrouver.

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Le film s’ouvre sur un gros plan de ce qui pourrait être un tableau, une chevelure et un profil de femme endormie dans sa blondeur, les mains et les ongles rouges.
Enjambant ce qui semble être les traces d’une mise à sac, le corps marqué passe sous la douche et file au travail hagard. Ce n’est qu’au retour, que l’appartement dévasté se révèle, deux corps y gisent…Billet d’entrée pour Julia à la prison pour femmes. A une nuance prés elle est enceinte et bénéficiera donc du quartier réservé aux futures mères, privilège accordé pour une durée de quatre ans.
Le réalisateur Pablo Trapero a choisi la carte de la véracité. La prison est réelle, le personnel et même une grande partie des détenues vivent dans cet établissement. Son actrice qui accomplit une performance enthousiasmante n’est autre que sa propre épouse. Et c’est peut-être de cette promiscuité entre deux êtres qui se connaissent bien, que provient la magie du film. Un homme qui filme une histoire terriblement féminine, il y est question de maternité, mais aussi de rapport de femmes entre elles. Et le script évite aisément les clichés, on s’aide, on s’aime, la sexualité n’est plus un tabou juste une nécessité, ici comme dehors il existe quelques règles assez souples comparées à celles que l’on peut rencontrer dans un univers carcéral où l’on est cantonné dans des cellules de quelques mètres carrés.
Une réalisation impeccable, la caméra s’attarde sur le tranchant diabolique de ces barbelés, s’éloigne et capte le mirador et le garde qui sillonne sur le mur d’enceinte. Plus tard plus bas, ce sera le défilé des voitures d’enfants, les mères emmènent leurs rejetons à la garderie, salles de jeu où seuls les enfants sont conviés.
Julia , à son admission refusant tout ,se martelant le ventre de coups de poing, refusait-elle l’enfant ou bien le fait qu’il puisse naitre en prison ? La question nous est posée !
Le quotidien pas si ordinaire de ses femmes mérite toute notre attention, la caméra est discrète et pourtant partout, elle capte des instants de joie comme de détresse, elle s’attarde sur l’amitié immense qui nait et jusqu’au bout jamais ne se démentira entre Julia(Martina Gusman) et Marta (Laura Garcia). De la protection, à la tendresse, l’entraide celle qui réunit sans doute bien des mères en ce monde, encore plus celle-là , sans oublier et cela il nous faut l’imaginer qu’au dehors règne un milieu machiste. Ainsi de cet ami lâche et fuyant.
De sa propre mère (toujours un plaisir de revoir Elli Medeiros), qui ne rêve que de lui arracher l’enfant pour lui offrir une enfance dorée..Oui mais loin de celle qui l’a porté et l’aime enfin plus que tout ce fruit de sa chair pour qui elle donne tout car ici tout acquiert une valeur autre !
Voila un film passionnant, une interprète magnifique, juste, faible puis forte, une présence remarquable de Laura Garcia à ses cotés, deux femmes qui s’épaulent. Une mise en image d’une grande justesse, un décor qui n’en est pas un, des détenues comédiens, tout cela concourt à un moment captivant. Suivre Julia dans son parcours, dans sa lutte s’avère jusqu’à la fin passionnant..
La fin, bizarre. ..J’ai comme un trou de mémoire..Vous me la rappellerez n ‘est-il pas ?

Excessif.Com "...Alors que les conditions d'enfermement sont peut-être plus souples dans cet établissement accueillant de jeunes mères, quelques séquences venant d'ailleurs illuminer de façon inattendue ce récit, certaines images choquent néanmoins terriblement, celle de ces femmes conduisant leurs enfants à la crèche, poussant des poussettes derrière les barreaux le long d'un couloir dénudé, celle d'un enfant se balançant sur les grilles derrière lesquelles il s'amuse. Le regard du cinéaste est tranchant, sans aucune fioriture, il filme la réalité et en ce sens au-delà du cheminement désespéré de son personnage, son film se rapproche du documentaire...."
CritiKat.Com "...ce film où se jouent tout à la fois l’éveil à la maternité, l’existence carcérale, la solidarité féminine, avec une question centrale et insoutenable : comment préserver l’enfance, coûte que coûte, entre les murs d’une prison..."
àVoir-àLire.Com "..Si le tragique n’est jamais bien loin (cela dès la comptine du début dans laquelle des enfants demandent où est la maison... On verra que certains n’ont que la cellule de leur mère en prison), Leonera est tout sauf un film triste. Au contraire, c’est une ode à la liberté..."

01 décembre 2008

Le Plaisir de chanter - Un film de Ilan Duran Cohen

Le Plaisir de chanter
Un film de Ilan Duran Cohen
Avec Marina Foïs, Lorànt Deutsch, Jeanne Balibar, Nathalie Richard, Julien Baumgartner, Caroline Ducey, Dominique Reymond, Guillaume Quatravaux, Evelyne Kirch ...

"Grosso modo" :
Agent des services secrets, Muriel (Marina Foïs)et Philippe(Lorant Deutsch) forment un improbable duo amoureux. Dans leur nouvelle mission, ils sont chargés de mettre la main sur une clé USB cachée par Constance(Jeanne Balibar), la veuve d'un trafiquant d'uranium fraîchement assassiné. Cette étrange ingénue conduira le duo dans un cours de chant lyrique devenu un véritable nid d'espions. Dans cette comédie d'espionnage, les cordes vocales se libèrent, les corps se débrident et les âmes se poursuivent.
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Sérieux s'abstenir...quoique ! Cette comédie qui flirte avec le drame, toujours avec légèreté, polar ou plutôt espionnage, sexe et libido, sentiments et désirs profonds ou enfouis.
Il fallait un fil conducteur pour cette œuvre foutraque et délicieusement irrévérencieuse . Le chant, l’art lyrique, celui qui vous fait vibrer « les cloisons internes » dixit Marina Fois , celui qui vient du ventre et vous chauffe secrètement .
Entre une femme flic Muriel et son désir de maternité, elle épuise et bloque sexuellement son partenaire et subordonné hiérarchique, Philippe.
Une veuve épanouie et qui affiche des airs d’écervelée, Constance sublime Jeanne Balibar, en bourgeoise aisée, pas coincée le moins du monde, une jeune espionne homo qui se glisse dans le lit de Constance et y laisse sa vie. Puis un jeune homme à la bisexualité séduit et Muriel et Constance tout en officiant entre deux fellations pour son patron sur la piste de la fameuse clé USB…
Tout ce petit monde se retrouve dans l’univers douillet du cours de chant chacun surveillant tout le monde.
C’est pourtant à la périphérie de l’histoire que le film dévoile ce qu’il a d’intéressant.
Le désir de maternité, qui vire à l’obsession de Marina Fois, Constance qui enfin va prendre sa vie en main et faire ce qu’elle a envie de faire.
Voila tout cela est mené tambour battant, c’est joyeusement dénudé, un peu comme on savait le faire dans les années 70’, sans pudibonderies. le réalisateur Ilan Duran Cohen soigne l’image et les décors, les intérieurs sont magnifiques, on exploite à nouveau les enfilades de couloirs de ces grandes maisons bourgeoises.
les acteurs interprètent leur partition avec brio, pas toujours facile d’étre nus face à la caméra meme si tout cela reste chaste.
Balibar,( elle m’a vraiment bluffé), Fois y excellent mais la palme revient à ce jeune acteur à la beauté académique ,Julien Baumgartner , fille ou garçon son personnage est capable de tout et l’acteur n’a visiblement aucun problème avec la nudité . On doit à Jeanne Balibar et lui-meme une réplique qui devrait rester dans les annales « Vous n’allez quand même pas jouir là ? » « Si ce sera fait et nous pourrons ensuite aller nous coucher »
Voilou bon la partie action, ce simili roman d’espionnage, juste là pour la forme ne vaut évidemment pas un clou, peut-être l’ensemble aurait-il gagné en étoffant un peu plus cet aspect là !
Mais l’essentiel demeure la comédie, une drôle d’objet que ce film là, servi par de bien jolis corps.
Presque du Brisseau. ..en plus Funny !
Excessif.Com "..C'est le cas d'Ilan Duran Cohen, offrant ici un véritable ovni. Si son scénario reste assez simple et promet peu de rebondissements, il réussit néanmoins à mélanger les genres avec une facilité déconcertante. On passe ainsi allègrement de la comédie au drame, tout en flirtant avec le policier mais aussi l'érotique. Ainsi, le réalisateur filme les corps nus de ses comédiens avec une esthétique d'une rare beauté...."
CommeAuCinema.Com "..Le plaisir de chanter est une comédie d'espionnage sur fond de chant lyrique. Et tandis que les voix, magnifiques et réellement envoûtantes, se libèrent, les corps se mettent à nu, comme les âmes...."
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