THE VISITOR
(Etats-Unis)
Un film de Thomas McCarthy
(Etats-Unis)
Avec Richard Jenkins, Hiam Abbass, Amir Arison, Anthony Blanco, Oliver Bokelberg, Jacqueline Brogan, Yevgeniy Dekhtyar....
Deauville 2008 :
le Grand Prix pour "The Visitor"
Synopsis
Professeur d'économie dans une université du Connecticut, Walter Vale(Richard Jenkins), la soixantaine, a perdu son goût pour l'enseignement et mène désormais une vie routinière. Il tente de combler le vide de son existence en apprenant le piano, mais sans grand succès...
Lorsque l'université l'envoie à Manhattan pour assister à une conférence, Walter constate qu'un jeune couple s'est installé dans l'appartement qu'il possède là-bas : victimes d'une escroquerie immobilière, Tarek( Haaz Sleiman), d'origine syrienne, et sa petite amie sénégalaise Zainab(Danai Jekesai Gurira) n'ont nulle part ailleurs où aller. D'abord un rien réticent, Walter accepte de laisser les deux jeunes gens habiter avec lui.
Touché par sa gentillesse, Tarek, musicien doué, insiste pour lui apprendre à jouer du djembe. Peu à peu, Walter retrouve une certaine joie de vivre et découvre le milieu des clubs de jazz et des passionnés de percussions.
Tandis que les deux hommes deviennent amis, les différences d'âge, de culture et de caractère s'estompent. Mais lorsque Tarek, immigré clandestin, est arrêté par la police dans le métro, puis menacé d'expulsion, Walter n'a d'autre choix que de tout mettre en oeuvre pour venir en aide à son ami...

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
Des non dits, nombreux, flirtant parfois avec le mensonge, ainsi de Walter, qui se prétend absorbé par la rédaction de son futur livre, Walter toujours qui s’obstine à essayer d’apprendre le piano usant et renvoyant sans ménagement ses différents professeurs, allant même jusqu’à laisser filtrer une certaine agressivité lorsque la derrière en date lui propose de racheter le piano.
Walter qui d’un coup d’effaceur modifie la date de ses cours, reprenant ainsi les même d’une année sur l’autre, oui Walter n’est pas au mieux de sa forme !
Walter qui évoque un surcroit de travail quand on lui demande ‘à l’occasion d’un congrès à New-York de représenter le livre qu’il a coécrit. Contraint d’avouer qu’il n’a fait que le cosigner, espérant ainsi échapper au voyage, l’argument se retourne contre lui et le déplacement est désormais inévitable.
Ce voyage forcé va littéralement, doucement transformer sa vie.
La force de ce film est de quasiment tout suggéré, les mots sont inutiles le plus souvent,, d’ailleurs Walter n’est pas très bavard au contraire de Tarek. La force du film, l’étranger est ici celui qui dans New-York est le mieux intégré, le résidant avec ses contraintes est lui d’abord plus muselé. Les mains dans les poches, le nez au vent je suis libre, englué dans ma condition sociale, professionnelle qui me pèse je souffre et suis prisonnier de . ..mon costume, mon job. ..du deuil de mon épouse..
La délicatesse de ce film brillant et attachant réside dans l’efficacité, jamais de discours revendicatif, une extrême pudeur dans les sentiments, s’il faut juger c’est à nous de le faire.
D’un coté un homme perd sa nouvelle patrie, sa compagne, gagne un nouvel ami, Walter qui reprend gout à la vie, la vraie celle où les plus belles histoires ne se terminent pas toujours idéalement bien. Walter qui se lâche et se fâche mitraillant ses roulements de colères sur son djembé.
Dans l’Amérique encore marqué par les évènements du onze septembre, un constat bien amer mais aussi une belle histoire humaine, d’amitié, d’amour, une histoire de sentiments qui se foutent pas mal des frontières. ..Mais en souffrent terriblement !
Voilou au final une œuvre de finesse, magnifique témoignage humain interprété par des acteurs convaincants. Mention spéciale à Richard Jenkins dont nous suivons la lente transformation, sublime et son duo, sa parenthèse amoureuse avec la mère de Tarek , Mouna Khalil interprété par Hiam Abbas .Ici aussi beaucoup de non dits, un peu moins car Walter est émancipé…l’entendre se faire sincérement appeler « habibi » est un instant de pur bonheur..Dans ce film « relativement grave »!
Mon Coup de Coeur assurement...Habibi !
qui pourrait aussi bien etre un coup de colère assurément !
Excessif.Com "...parce qu'il laisse toujours l'émotion sourdre avec une totale discrétion. C'est toujours simple sans être simpliste. C'est surtout évident. Comme la scène finale, qui résume à elle seule l'évolution de Walter pendant tout le film et s'adresse au spectateur sans avoir recours au discours: il suffit de faire plus de bruit que les autres pour mieux se faire entendre..."
CritiKat.Com "..The Visitor accomplit une sorte de petit miracle : accumuler les sujets casse-gueules (immigration, expulsion, clash des cultures et dépassement de soi) en évitant tout sentimentalisme poisseux. Une vraie réussite, signée Tom McCarthy, cinéaste à surveiller..."

3 commentaires:
Un commentaire sur mon propre post !
Etonnant, non, ce film sur un sujet grave, douloureux évite le piège de s'inscrire dans une démarche militante, il s'attarde et c'est sans doute l'essentiel sur l'humain,aussi douloureux soit la chute !
Perso je ne vis pas aux States, ici pas de trauma "post-septembre"...non nous on a une immigration de premier choix, le top c'est Sarko qui le dit, nous on a un maitre d'œuvre qualifiée, Hortefeux c'est Sarko qui l'y a mis ..quel brave type, nous on a une première dame de France qui en son temps à fui son pays pour se protéger des brigades rouges, une émigrée de luxe en quelque sorte !
Nous on reconduit à la frontière et même plus loin ..France terre d'accueil...oui mais pour qui !
Hortefeux,Sarko prenez le temps de visionner "The Visitor"..on peut toujours rever non ?
Tant que cela reste permis !
Quel film ! Quel acteur !
Des jours après, j'en suis encore bouleversée.
Rencontrer ces gens merveilleux jamais mièvres et gnangnans, pleins de colère et d'humanité, quel exploit.
Un de "mes" films de cette année.
@ Pascale : Oui Deauville a fait le bon choix. Richard Jenkins est d'une efficacité redoutable..
Oui un gros coup de cœur !
J'écris cela le casque sur les oreilles où "The Young Knives" déroulent leur album "Voices of Animals and Men", pop-punk-rock interprété par un trio anglais en costard. Leur coté bien propre sur eux et l'efficacité de leur musique me fait penser à notre prof mélomane ;o)
The Young Knives sur Myspace
Enregistrer un commentaire