03 avril 2008

La Zona - Un film de Rodrigo Pla



La Zona
Un film de Rodrigo Pla
avec Daniel Giménez Cacho, Carlos Bardem, Daniel Tovar...

Lion du Futur - Prix Luigi de Laurentiis de la Meilleure Première Oeuvre à la 64ème Mostra de Venise

Synopsis
Alejandro (Daniel Tovar), un adolescent, vit dans la Zone, une cité résidentielle murée, un havre de richesses et de privilèges, située au centre de la ville de Mexico, protégée par un service de sécurité privé. Tout autour, c'est la pauvreté la plus choquante. Aux petites heures de son anniversaire, 3 enfants des bidonvilles alentours pénètrent à l'intérieur de l'enceinte, s'introduisent dans une des maisons de la Zone. Le vol qui s'ensuit tourne mal et une vieille femme est tuée, sa femme de ménage s'échappe et prévient les vigiles, qui agissent brutalement et tuent sur le coup 2 des 3 enfants. Le troisième – Miguel (Alan Chavez - s'enfuit, et s'enfonce plus loin dans la Zone. Un groupe de résidents se rassemblent dans la maison d'Alejandro et décident plutôt que de prévenir les autorités, de poursuivre eux-même l'intrus et rendre leur justice. La chasse à l'homme commence. Les résidents de la Zone – adultes et enfants – sont alors pris dans une frénésie ardente de violence en ébullition. Les insoumis sont d'abord soupçonnés, ensuite traités avec une hostilité non dissimulée.
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La zona, habituellement c’est dehors la zone, l’endroit où tu erres, à l’affut d’un bon coup, d’un peu d’oseille, d’un truc à faire tout simplement. Ici non, La Zona c’est dedans, à l’intérieur, ce périmètre que longe la caméra, passant en enfilade des jardins soignés bichonnés même, des allées où ne traine aucun papier et des villas pimpantes devant lesquelles stationnent des voitures rutilantes. Dans la clarté l’œil suit l’objectif, se heurte à un mur, surmonté d’une cloture de barbelées et équipé de caméra dernier cri. Bienvenue à Sécur-Land…
Le contraste entre l’intérieur de La zona, lieux immaculés, maisons prospères et l’extérieur, la ville couleurs sombres, misère et taudis constitue la première claque. Il s’agit d’une fiction, le décor semble surréaliste et pourtant une évidence s’impose, la réalité n’est pas loin.
Tant de richesses, tant de misère, entre les deux un mur…de honte, situation presque obscène.
En deux nuits, parce que la vie de la rue surgit dans ce cocon blindé, que les peurs se réveillent, face à l’intrus, peur de perdre ses privilèges, la triste mécanique va connaitre quelques ratés, parmi les siens une contestation isolée ( ce père qui s’interroge sur ce qu’il invoquera pour expliquer à ses enfants qu’ils ont grandit derrière un mur), une chasse ignoble, des flics corrompus, tout cela sent mauvais, empeste…et l’œuvre atteint son but, provoquer un électrochoc . De quel coté de la barrière vivons nous, quel regard, quel attention posons nous sur l’autre ..
Devons nous être de plus en plus vigilant face à ce monde si prés du notre, à Berlin un mur est tombé, à la frontière entre les USA et le Mexique, un autre se monte, en Israel aussi, plus tout ce que je ne connais pas..
Voilou ce film de par son sujet impressionnant balaye les quelques maladresses de sa réalisation, un premier long métrage qui laisse des traces. Ainsi dans mon esprit j’ai revu les images de « WASSUP ROCKERS » de Larry Clark où l’irruption de jeunes hispano dans les beaux quartiers de Beverly Hills .
LaZona Site Officiel
CommeAuCinema.Com "..Tout porte à réfléchir, car même si tout se passe à Mexico, il n’en reste pas moins que la réalité dénoncée par Rodrigo Plà ne soit pas seulement imputable à cette ville. ..."
Liberation.Fr "..Le manque, la survie et l’envie d’un côté. De l’autre, une paranoïa obscène..."

Chasse à l'homme dans "La Zona"
LEMONDE.FR | 25.03.08

© Le Monde.fr


12 commentaires:

Lo a dit…

Tu confirmes l'intérêt du film. De mon côté, grande déception, il ne passe pas dans les salles de ciné par ici !..... :-[ snif snif

Kilucru a dit…

Oui, j'ai parfois ce genre de problème, un article lu dans la presse , mon interet éveillé et..gloups le film ne sort que dans deux ou trois salles, généralement sur Paname, de chez moi une heure de Tgv mais non ..du coup j'écris au responsable de la programation savoir si j'ai une chance de le voir dans mes salles favorites...et parfois cela marche..au cours d'une manifestation particulière ou d'un petit festival..
Voilou sinon j'aurais plus regretté de ne pas voir "les Toilettes du pape" que "La Zona"...enfin je crois.
A suivre.. demain j'hesites "Le premier venu" de Doillon ou alors plan-sequence et "The Doors" d'Oliver Stone que je n'ai jamais vu...C'est mon "Réveil Tic-Tac" qui décidera, et l'heure où j'émergerais des plumes..lol

Pascale a dit…

C'est vrai qu'on passe outre quelques maladresses devant tant d'audace et de maîtrise malgré tout.
Un excellent film, très fort et dérangeant.

Kilucru a dit…

@ pascale : oui puissions nous le garder en esprit,et remiser nos éventuelles peurs ou angoisses au placard et sortir à la lumière du jour mais aussi en plein coeur de la nuit.."C'est beau une ville la nuit" !
Une des dernieres images du film, une "pitta" pour tout un symbole d'émancipation..
Tu as raison "très fort et dérangeant."

zem a dit…

Avec cette première œuvre « coup de poing », Rodrigo Pla nous met tous bien mal à l’aise. Ce thriller social d’un autre genre est une réflexion efficace sur la légitime défense d’une part, la peur paranoïaque de l'autre d’autre part et la violence urbaine en toile de fond. C’est une chronique amère d’une mort annoncée, qui se déroule dans un quartier résidentiel hautement sécurisé d’une ville d’Amérique latine.

Par crainte d'un monde extérieur trop pauvre pour être honnête, tout un quartier résidentiel de Mexico c’est transformé en un lotissement privé hautement sécurisé baptisé La Zona. Hauts murs d’enceinte quasi-infranchissables, caméras de surveillance à tous les points stratégiques et vigiles avec armes et chiens assurent concrètement la tranquillité de ce paradis artificiel ou les nantis peuvent vaquer à leurs occupations en toute tranquillité. A quelques dizaines de mètres seulement des barbelés, il y a un autre univers. L’univers de millions de gens entassés dans des kilomètres de bidonvilles qui suintent la pauvreté, la violence et la peur. Ces deux mondes ne doivent pas se rencontrer et tout est mis en œuvre pour cela, mais un soir d’orage, trois jeunes ados des bidonvilles arrivent à pénétrer à l’intérieur de La Zona. Effraction, vol, bagarre et coups de feu, la « visite » tourne mal...Deux des ados sont abattus par les résidents eux-mêmes et jetés aux ordures... Le troisième, Miguel, se terre en attendant une occasion de s’enfuir. Mais, s’il a pu entrer dans La Zona à l’insu de tous, en ressortir vivant est une toute autre affaire lorsque vous avez tout un quartier à vos trousses avec une seule idée en tête : vous lyncher ! Une véritable chasse à l'homme commence, menée par les habitants eux-même, qui ne connaissent et n’appliquent d'autres lois que les leurs ! Miguel découvrira donc que l’enfer peut aussi se rencontrer au « paradis ».

Avec un tel sujet, âpre et sans compromis, Rodrigo Pla aurait très vite pu tomber dans le larmoyant ou le pamphlet accusateur, mais c’est tout le contraire. Avec une finesse de ton et une analyse objective, il ne prend jamais parti pour les uns ou pour les autres. Il essais de comprendre ce qui ce passe. Comment nos sociétés en arrivent à être divisées à ce point. La pauvreté et le désespoir de plus en plus grande des uns face à une richesse de plus en plus arrogante des autres ne peuvent mener qu’à des affrontements vains. Lorsque La Loi et La Justice pour Tous n’arrive plus à se faire respecter c’est la porte grande ouverte aux abus et à la sauvagerie. Nos sociétés sombrent irrémédiablement dans le chaos de l’insécurité et de la crise économique. Aujourd’hui, deux mondes se font face, le monde des exclus, de plus en plus nombreux et le monde des « riches » de plus en plus présent. Irrémédiablement, les uns envient les autres. Irrémédiablement, les uns ont peur des autres, et l’envie et la peur ne font pas bon ménage. Pour preuve, les habitants de La Zona, qui finiront par sombrer dans ce qu’ils détestent : la violence. Eux qui se sont retranchés derrière des hauts murs et des barbelés pour l’éviter, finiront par l’exercer d’une manière atroce. Et ce qu’il y a de sur, c’est qu’on ne pourra jamais réparer une injustice en en commettant une autre, et ce n’est pas en se faisant justice soi-même que la justice triomphera.

Rodrigo Pla a voulu, à sa manière, nous avertir et surtout nous alarmer sur ce qui pourrait bien nous arriver à tous dans un futur très proche si aucune instance gouvernementale décide d’en ébranler la direction actuelle. Nous vivons tous au même endroit : sur la planète Terre. Nous avons tous le droit à une vie digne. Nous avons tous le droit au respect. Quand l’un et l’autre auront la priorité partout dans le monde, c’est alors et alors seulement que nous pourrons dire que nous vivons dans un monde libre.


« Il devrait exister une forme de justice qui nous protège tous sans nous rendre ennemis, sans laisser la haine et la misère se dresser entre nous. » Rodrigo Pla.

Kilucru a dit…

@ zem : belle conclusion ! c'est vraiment un film fort, une fiction trop proche de la réalité. As-tu vu "Wassup Rockers" quasi documentaire de Larry Clark, moins coup de poing mais tout y est déjà ..dans une moindre mesure..!
Bon dim' @ toi !
ps : j'ai tenté de laisser un commentaire sur ton blog..sans succès d'ailleurs !

zem a dit…

Bonjour toi!
Non je n'ai pas vu "Wassup Rockers" et je le regrette. J'espère seulement que l'entêtement de quelqu'uns à maintenir un monde à deux vitesses finira par être ébranlé par le bon sens dont l'Etre Humain est capable quand il fait parler son coeur et non ses intêrets.C'est un film fort sur un sujet essentiel: La Vie.La notre est celle des autres.Saurons-nous en tirer les lecons qui s'imposent? Certe non! De part le passé,tant et tant d'exemples de notre "histoire commune" que nous n'avons pas su retenir.Des années de conflits, de guerres, d'assassinats et de génocides n'ont pas pu nous ouvrir les yeux.Nous sommes restés sourds et aveugles...nous commençons à en payer la facture et elle sera salée.
J'ai bien reçu ton mail qui m'a fait plaisir et je t'ais répondu.T'inquiète, je t'oublie pas.
Bonne soirée. Tiens il neige!!!!

Kilucru a dit…

Neige ici itou ! Au diable msn, hotmail et coe, je ne retrouve plus trace du post envoyé et encore moins de celui que j'aurais dû recevoir...
viva microsoft..
Ici j'utilise Thunderbird et Firefox, et bien sur Gmail, mais bon à chacun ses petites habitudes...lol

Lo a dit…

Ca y est, je l'ai vu, il passe ici enfin !

Kilucru a dit…

@ Lo : tu as de la chance d'avoir eu quelque chose d'intéressant à te mettre sous la dent, ici la semaine est plutot bof-bof...je me rattrape avec d'excellents concerts, mais retranscrire une émotion musicale sur papier est encore, enfin pour moi, plus dur que face à un excellent film.
j'ai bien vu "Passe-passe" qui m'a laissé totalement insensible et tout récemment "Desengagement" d'Amos Gitaî,...en fait j'ai peut-etre un peu la flemme de rédiger..les concerts me laissent sur les genoux..lol

Anonyme a dit…

Ce site est génialissime! Merci mille fois.
émilie

Kilucru a dit…

@ émilie : Ce film" est génialissime!
Houlla ! mais un Grand mot vaut mieux qu'un gros mot...
merci@toi de nous avoir lu, quand à tes commentaires sur tel ou tel film, voire disque et concert, ils seront toujours les bienvenus!
C'est sympa de se savoir lu
@+

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